DEUXIÈME DÉCLINAISON DES ADJECTIFS
Malgré ce qui précède, Ve muet n'est pas dans les adjectifs français la marque caractéristique du féminin. Un certain nombre d'adjectifs l'ont aussi au masculin.
l" Ce sont des adjectifs comme tendre (du lat. tenerum), povre, pauvre (du lat. pauperum)^ où la présence d'un groupe dt consonnes finales, impossible à prononcer sans une voyelle d'appui, a amené un e euphonique.
A ces adjectifs il en faut ajouter d'autres comme tiède (de tepidum), raide (de rigidum), dans lesquels Ve muet a été introduit pour la même raison, à une époque où la consonne unique aujourd'hui contenue dans le radical n'avait pas encore remplacé le groupe primitif.
2° C'est pour une cause analogue que sage (de *sapium)y rouge (de *rubium), étrange (de *extraneum), ont le masculin semblable au féminin. La rencontre d'un e ou d'un i consonnifiable avec la consonne du radical avait amené la formation d'un groupe de consonnes à la suite duquel Ve muet était devenu nécessaire.
3° Enfin il faut ajouter que par une réaction facile à comprendre, la forme du féminin a influencé celle du masculin et dans un certain nombre d'adjectifs l'a assimilée. 11 y a eu autrefois une différence entre les deux genres dans les mots : fermes large, vide, etc.
Ainsi ferme faisait au masculin : fers, ferm. Ex. :
A Socrates seras semblables, Qui tant fu fers e tant estables. {La Rose, 5872. L.) (A Socrate seras semblable, qui fut si ferme et si constant.) Tant ai en H ferm assis mon corage. {Couci, XIX. L.) (Tant j'ai en elle ferme assis mon courage.)
Puis l'analogie du féminin l'a emporté, et ferm est devenu ferme.
Si». Deuxième déclinaison. — Type tels (latin talis). D'après le type latin, on aurait dû avoir en français :