DU SUPERLATIF RELATIF
Par celé lei que vus tenez plus salve [RoL^ 649) (par cette loi que vous tenez pour la plus salutaire).
Tolent lur veies e les chemins plus granz (Roi., 2464) (coupent leurs voies et les chemins les plus grands).
Encore au xvi^ siècle : Levers plus coulant est le vers plus parfaict. (Du Bellay, II, 69.)
Voire au xvii® : Tout ce qu'il y avoit alors à Paris de prélats plus considérables. (Racine, IV, 417.)
Mais ce sont là des archaïsmes. Dès le Moyen Age, la langue cherche à distinguer les deux formes du comparatif et du superlatif relatif en faisant précéder ce dernier de l'article ; au xv« siècle, l'usage s'affirme, au xvi^ surtout. Ex. : Disant que les plus rebours et les plus farouches poullains sont ceux qui à la fin deviennent les meilleurs chevaux (Amyot, Thém.j éd. 1574; 134), et Malherbe fait reproche à Desportes d'avoir écrit ; Et le cœur plus dévot qui fut oncq en servage (pour le plus dévot)., (Malh., IV, 286.)
Les cas oii l'on avait encore la liberté de supprimer l'article ont ainsi peu à peu diminué ; il n'y en a plus guère qu'un aujourd'hui, c'est celui où un possessif accompagne le substantif. Ainsi on dira : cest mon plus cher souvenir, à côté de ; c'est le plus cher souvenir de ma vie.