‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 192 sur 320 · EMPLOI DE L'ARTICLE PARTITIF · texte numérisé non relu

EMPLOI DE L'ARTICLE PARTITIF

noms de villes. Ceux-ci, sauf quand l'article en fait partie intégrante (ex. : le Havre, le Tréporl), sont employés seuls. Au contraire, les noms de pays, de rivières, de montagnes, sont presque toujours accompagnés de l'arlicle. On dit : l'Afrique, la Seine, les Alpes.

Toutefois l'usage est capricieux, on dira : la rivière de Seine et les montagnes des Vosges; je viens d'Italie et je pars pour l'Italie.

Remarque I. — Ces différentes observations ne s'appliquent, bien entendu, qu'aux noms propres employés seuls. Lorsque ces noms propres sont déterminés d'une façon quelconque, par un adjectif, un substantif en apposition, un substantif précédé d'une préposition, l'article reparaît.

On dit : le vieux Rhin, Colroy-la-Grande, Charles le Téméraire, ainsi de suite.

Remarque II. — Quand les noms propres deviennent noms communs, ils suivent naturellement la loi de ceux-ci,

et prennent l'article. Ex. :

... La jeune Vénus, fille de Praxitèle.

(Alf. de Musset, A la Malibran.)

J'ai là l'Intermezzo de Heine, Le Thomas Grain-d'Orge de Taine^ Les deux Goncourt.

(Th. Gaut., Émaux et camées, 221.)

388. L'article partitif. — Le partitif est très rare dans les anciens textes. On peut dire que le vieux français en ignore à peu près l'emploi, même devant les noms concrets. On construit comme en latin : manger viande, boire vin, et non manger de la viande^ boire du vin.

Villon dira encore :

378 FrlUIES ET SYNTAXK.

Boire ypocras, à jour et à nuyctée^»,.

Les vy tous deux.

(Contredictz de Franc-Gontier.) Je leur lendz eau, fromage, pain et fruict.

(Bail, de la Grosse Margot,) '

Au xvi^ siècle, les exemples semblables sont très nom breux :

On sème contre icelle horribles rapports. (Galv., Préf.)

Commissaires furent depeschez. (D'Aub., I, 432.) La plus part de ceux-ci estoyent braves soldats, bons petardiers du séminaire de Maurevel. (Id., II, 361.)

On en trouve même au xvii*' siècle, particulièrement dans Corneille :

Collines^ qui servez de ceinture aux campagnes^ Qui vous fit bondir comme agneaux?

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