Influence d'une flexion commençant par une voyelle
341. Les verbes français en aindre, eindre, oindre [sdiuî geindre et craindre) viennent, comme nous le verrons, de primitifs latins en angere, ingère, ungere. Le g qui terminait le radical latin a eu une double action : il s'est porté sous forme de voyelle sur la voyelle du radical et en a fait une diphtongue, ai, ei, oi, en outre il a mouillé le n qui le précédait. Mais cette seconde action ne s'est pas étendue à toutes les formes. Partout où la flexion commence par une consonne, le n est tombé en nasalisant la voyelle précédente, et par conséquent il ne se mouille pas. Ainsi dans : je plains (prononcez iple). Ce n'est qu'aux personnes où la flexion commence par une voyelle qu'un n reparaît, mouillé. Ex. : nous plaignons, que je plaigne.
Les verbes de ce genre ont donc un radical variable suivant la nature de la flexion qui suit.
3. Influence de la présence d'une consonne dans la flexion sur les radicaux de verbes terminés en 1.
348. Suivant la règle, l se maintient devant une voyelle, mais se vocalise bientôt en u devant une consonne.
valere sera donc valoir, mais valet — il vau^calere — chaloir, — calet — il chau^.
Les verbes de ce genre auront ainsi un radical variable suivant que la flexion qui suit commence par une voyelle ou par une consonne.
Dans certains verbes, comme vouloir et moudre, celte action est moins sensible. En effet, ces verbes ayant déjà
396 fun^ES ET b'uîïAXE,
dans leur radical une diphtongue terminée par m, le / vocalisé s'est confondu avec cet u, auquel il ne pouvait pas s'ajouter; on dit donc : je mous (aujourd'hui : je mouds), je veux, et non je mouus, je venus. Toutefois la trace du l se retrouve chaque fois que la flexion commence par une voyelle. Ex. ; nous moulons, vous vouiez.
Tressaillir, faillir ont été refaits sur les verbes en ailler,