‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 202 sur 320 · cas. Le radical latin est terminé par un f · texte numérisé non relu

cas. Le radical latin est terminé par un f

Prenons pour exemple le verbe valoir {valere). Son radical est val. Mais ce radical se modifie sous l'influence du y de flexion, qui mouille le l. Ex. :

je vail {vateo).

On dira de même je tressail, à côté de il tressait {transsalit) ^ nous tressalons.

Mais de bonne heure ces formes réagissent par analogie les unes sur les autres :

Dans le verbe tressaillir, voisin des verbes en ailler comme travailler, qui avaient ail à toutes les formes, le radical en ail supplante partout le radical en a^; on dit tu tressailles, il tressaille, nous tressaillons, etc.. au lieu de tu tressais, il tressait, qui seraient aujourd'hui tu tressaux, il tressant.

Dans le verbe valoir le résultat est contraire Ce sont les formes en al qui ont assimilé les autres. Je vail est devenu je val. puis je vais, d'où par vocalisation du / : je vaux. Toutefois cette transformation n'a pas été complète. Au subjonctif les formes en ail : que je vaille, que tu vailles, etc., sont restées.

Le verbe wu/oiV est absolument dans le môme cas. Il avait deux radicaux toniques veuil et veut. Ex. . je veuil, il veult. L'action de l'analogie a produit les mêmes effets que sur le verbe valoir. Les formes en /mouillé ont disparu, sauf au subjonctif (r, 2% 3« pers. du singulier et 3* du pluriel).

346. 6* cas. Le radical latin est terminé par une nasale. — Prenons pour exemple le verbe tenere (tenir). Le radical atone français de ce verbe est ten, le radical tonique tien. Mais aux formes où ce radical se trouve être suivi de l'e, i de flexion, il s'augmente d'une gutturale g, c, résultat du développement de cet e, i. Ex. : je tienge {teneam).

On dira de même : que je vienge, que tu vienges, etc. Ces formes étaient régulièrement employées dans l'ancienne langue. Ex :

Ne forrat hum ne t'en tienget pur fol. {Rcl., 2294 } (Personne ne l'entendra qui ne t'en tienne pour fou.) Il n'en reste plus actuellement aucune trace.

ACTION DE LA FLEXION SUR LE RADICAL. :>U:i

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