ÉCHANGE DES VOIX ACTIVE ET PASSIVE
asseoir^ descendre sont pour : faire asseoir, faire descendre.
De même de nos jours : cesser un travail^ sonner les cloches, c'est-à-dire : faire que le travail cesse, que les cloches sonnent.
Échange des voix.
4to. Il arrive dans certains cas que les formes de la voix active remplacent celles du passif, et réciproquement.
A. Actif au lieu du passif,
\^ A V infinitif. — On trouve dans l'ancienne langue beaucoup d'expressions comme : aisés à estre vaincus ( Montluc, I, 248) ; mais dès ce moment l'infinitif actif se rencontre aussi. Marguerite dira : tout ce qui est digne d'escripre. [Lett,, 166.) (Nous dirions : d'être écrit.)
De nos jours on dit couramment : je Vai fait voir, facile à dire, vin prêt à boire, proprement : je Vai fait être vu, facile à être dit, etc.
2'* Au participe présent. — Nous avons un certain nombre d'expressions comme : couleur voyante, rue passante, où le participe variable a le sens d'un participe passif : une couleur voyante étant proprement une couleur que Von voity qui se voit.
Ceci s'explique facilement, si l'on songe que le français n'avait qu'une forme de participe passif exprimant l'idée du passé, et point de participe passif exprimant l'idée du présent. De là la nécessité de trouver une forme pour rendre ce présent.
Or le latin populaire employait déjà le participe présent
actif avec un sens réfléchi. Ex. : mediœtatem de loco noncopante Pladano (la moitié d'un lieu s'appelant Pladanum, ou oppe/éPladanum). (Paul Meyer, Textes b. lat., 6.) Le français reprend cette construction. Ex. : une personne bien portante (une personne qui se porte bien). Puis du sens réfléchi au sens passif la transition est facile, comme le montre l'exemple latin, et la langue franchit ce dernier pas. (Voir plus loin sur le passage du réfléchi au passif.)
Il faut distinguer des expressions comme celles dont nous venons de nous occuper celles qui ne sont que des métaphores. Quand on dit : de la musique chantante, on n entend pas parler de la musique qui se chante ou chantée, on attribue tout simplement par une figure à la musique dont on parle une action qu'elle n'accompUt pas elle-même, il est vrai, mais dont elle facilite l'accomplissement par sa nature, à laquelle par conséquent elle a une part, ce qui autorise l'emploi de l'actif.
B. Emploi du passif pour V actif.
Cette construction ne se rencontre qu'au participe. Elle a dû être amenée par l'absence d'une forme de participe passé actif. On en trouve des exemples très anciens :
Il n'y eut jamais de si bonnes nopces quil n'y en eust de mal disnez. (Gomm., I, 14.)
De nos jours on trouve ainsi un participe passé passif là où l'on attendrait bien plutôt un participe présent actif. Ex. : un homme osé, une fille repentie, un politique dissimulé.
Dans le second exemple : une fille repentie, le participe a encore quoique chose de sa valeur de passé, repentie n'est pas synonyme de repentante, qui mettrait l'action au présent. Mais il est évident qu'wn politique dissimulé n'est pas seulement un politique qui a dissimulé, mais un