C. Emploi du réfléchi pour le passif
Cette construction est à peu près inconnue à l'ancienne langue, elle s'est développée au xv^ et au xvi^ siècle. Ex. : . La nature et utilité du règne de Jésus-Christ ne se peut autrement comprendre de nous. (Calvin, Inst.^ II, 15, 4.) Ne se fait mention d'autre huile au récit de St-Marc. {U., IV, 19, 21.)
L'influence italienne contribua à la répandre, comme nous l'indique un mot railleur de Béroalde de Verville : la soupe se mainge; je pindarise, je cuidois (pensais) dire; on mange la soupe. (Moyen de parvenir , 7.)
Au xviii^ siècle, d'Alembert dira : Je n* entretiendrai pas Votre Majesté de toutes les sottises qui se font et qui se disent, et qui se lisent ou ne se lisent pas dans le séjour que f habite. (Lett. au roi de Prusse^ 1778. L.)
Il reste dans la langue actuelle beaucoup de tours analogues ; Ex. : ce qui se dit. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. Je me nomme Pierre, etc.
Il est visible que la langue cherche le moyen de remplacer la forme trop lourde du passif, et ce n'est pas là le seul cas. Nous ne dirions plus avec Calvin :
Ce que la foy est dite justifier [Inst., III, 18, 8) ; ni : Ceux qui veulent estre estimez parler plus reverem-
ment de Dieu (Id., I, 15, 1); on cherche d'autres tournures.