IL DES PERSONNES
411. Flexions et pronoms. — Nous avons VU que les pronoms personnels contribuent plus que les flexions même du verbe à distinguer les personnes.. Sans eux il serait difficile de reconnaître la 1"*, la 2% la 3^ personne du singulier, et la 3^ du pluriel dans le plus grand nombre des verbes français. Ainsi les flexions s, nt^ de aimes, aiment, ne sont plus qu'orthographiques, et ne s'entendent pas dans la prononciation.
A un moment donné la désorganisation avait été plus loin. La première personne du pluriel tendait à remplacer celle du singulier. Palsgrave affirme que l'usage général au xvi" siècle était de dire j'avons, yallons, etc.
Ex. : J 'avons espérance qu'il fera beau temps, veeu ce que disent les estoiles que f avons eu le loisir de veoir. (Marguer., citée p. Darmesteter, xvi' siècle.)
Et au xvii" siècle un auteur satirique, du Lorens, se moque des seigneurs qui ont conservé l'habitude de parler ainsi. Cette habitude a survécu pourtant dans les campagnes, comme en témoignent les patois.
(Sur l'emploi de la deuxième personne du pluriel au lieu de la personne correspondante du singulier, voir aux Pronoms personnels, § 251.)
Des verbes impersonnels.
41%. Origines. — Il y avait en latin un certain nombre de verbes dits impersonnels, qui, même aux temps et modes personnels, n'avaient qu'une forme unique, la 3« personne du singulier. Ex. ; pluit (il pleut).
Le français a conservé des verbes du même genre, ainsi il pleut, il gèle, il bruine. Ex. :
Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
(V.Hugo, Chat., V, 13,1.)