‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 32 sur 320 · VOYELLES ET CONSONNES · texte numérisé non relu

VOYELLES ET CONSONNES

29. Pour comprendre la possibilité de changements dans la prononciation, il est nécessaire d'expliquer avec quelques détails comment se classent les sons du langage, quels rapports et quelles différences ils ont entre eux. La leçon sera rude et rappellera la scène fameuse du Bourgeois gentilhomme. Mais elle est l'introduction nécessaire de toute étude phonétique. La liste alphabétique des sons ou plutôt des lettres que l'on donne ordinairement ne peut suffire. Traditionnelle et nullement scientifique, elle isole des sons voisins et rapproche ceux qui n'ont entre eux aucune parenté, et par conséquent ne laisse nullement deviner comment ils ont pu s'échanger.

On distingue en général dans les mots des voyelles qui, prononcées seules, forment une voix^ c'est-à-dire un son, et des consonnes qui ne forment un son distinct que si on les prononce avec des voyelles. Cette classification est défectueuse; elle donne une idée inexacte des faits, car il est

faux que les consonnes aient besoin pour se faire entendre d'une voyelle d'appui. Ainsi Vs se prononce fort bien seule.

Il faut, pour démêler les éléments matériels du langage, remonter un peu plus haut.

On sait qu'un courant d'air passant à frottement à travers un tuyau ou sur une arête, fait naître un son. Ce son, lorsqu'il SG rattache à une vibration régulière et rythmique du corps ébranlé ou de l'air environnant, prend le nom de son musical ou simplement et proprement de son. Au contraire lorsque la vibration est irrégulière, que des intervalles inégaux séparent ses ondulations successives, l'oreille perçoit l'impression, non plus d'un son, mais d'un bruit.

Or, les organes de la respiration peuvent produire chez l'homme, soit par inspiration, soit par expiration, des sons et des bruits très nombreux.

Sauf des cas très rares, c'est le courant d'expiration qui est seul employé par la parole. En outre, parmi les sons déterminés par le passage de l'air le long du trajet du poumon aux lèvres, l'homme n'utilise que les sons formés dans le larynx par les cordes vocales.

Le langage articulé est la combinaison de ces sons avec les bruits formés dans la voie aérienne, au larynx, à la cavité buccale. Ce sont les sons que les grammairiens désignent sous le nom général de voyelles, les bruits qu'ils confondent sous le nom de consonnes.

30. Voyelles. — On désigne sous le nom de résonance le phénomène de la vibration communiquée par un corps vibrant à un autre corps voisin. L'ébranlement de celui-ci donne alors lieu à un son qui, ou bien est identique au premier et alors se confond avec lui en le renforçant, ou bien en diffère, et alors produit une impression auditive spéciale qui, combinée avec la première, modifie l'impression générale reçue par l'oreille.

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