‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 94 sur 320 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

EMPRUNTS AU LATIN

i54. Les mots latins d'origine savante sont très anciens dans la langue; dès les premiers temps on en rencontre. Ainsi dans Saint-Léger : caritet, veritet; dans V Alexis : nohilitet, fecunditet, etc.

Les emprunts se continuent ainsi en petit nombre jusqu'au xiv^ siècle; ils sont plus abondants au xiv^ et au xv, innombrables à partir de la Kei^aissance (Voir V Histoire de la langue, page 23). La langue s'est ainsi rapidement rapprochée du latin, et cela, non seulement en lui

prenant des mots tout faits, mais en lui redemandant des éléments de formation.

Dérivation latine,

155. Généralités. — Des suffixes abandonnés par le latin populaire ont reparu, les uns confinés dans un coin de la langue scientifique, comme ium, qui sert à former des noms de métaux : calcium, gallium; les autres qui ont pénétré profondément dans la langue, ainsi : ation, iser, ité, atoire, if, etc.

Ces suffixes s'attachent soit à des radicaux français, soit à des radicaux latins; axill-aire, génér-ique sont formés sur le latin axilla, genus; au contraire, central-iser, centrali-sation viennent du français central.

Naturellement, les suffixes ainsi empruntés prennent une accentuation qu'ils n'ont jamais eue en latin.

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