EMPRUNTS AU GREC
160. Généralités. — Jusqu'au XIV® siècle, le français ne connaît que peu d'éléments grecs. A ce moment, ils commencent à pénétrer dans la langue. Nicole Oresme, qui traduit Aristote sur la traduction latine, introduit un nombre considérable de mots grecs dont il dresse luimême la table.
On en trouve quelques-uns qui ont fait fortune depuis. Ex. : aristocratie, démocratie, économie^ monarchie, oligarchie, agonie, agronomie, anarchie, harmonie, démagogue, gymnastique, mélodie, philanthrope, poème, poétiser, politique, sophisme.
Beaucoup d'autres qui n'ont pas passé : gérasie, kalokagathon, obolostatique, etc.
Du reste, les œuvres de cet écrivain ayant été de bonne heure oubliées, un grand nombre de ces mots périrent, et la plupart même de ceux qui semblent avoir survécu ont été en réalité repris plus tard directement.
Au xvi^ siècle, on fut sobre d'emprunts au grec. D'une façon générale, c'est par la science et non par la littérature que la langue grecque a pénétré la nôtre. Encore les mots de la terminologie scientifique ont-ils fait un long stage en latin avant de passer en français. Ambroise Paré (1517-1590), le célèbre médecin, commence cependant à transcrire dans ses œuvres écrites en français un grand nombre de termes grecs sans même modifier leur forme. Bientôt ils trouvent place avec d'autres également nouveaux dans le dictionnaire de Tbévenin, chirurgien du roi, en 1658.