Chapitre final
sèment dans le monde entier. Bien qu'encore soumise à trop de réserves et dépourvue de sanction suprême, ce qui poui*ra compliquer son application en quelques cas, il n'en est pas moins à croire que cette Déclaration contribuera puissamment à rendre les futures guerres moins féroces que celles des temps passés. Entr'autres les articles 12-14 du titre « Moyens de nuire à l'ennemi » et les articles 15 à 18 de celui « Sièges et bombardements » répondent en bonne partie aux vœux humanitaires du général Jomini. Pour le reste, si l'on n'est pas près de redonner aux combattants d'aujourd'hui, dont on exige un surcroit d'agilité, les pesantes armures métalliques du XV« siècle, qui seraient d'ailleurs inefficaces, la part de la protection défensive au moyen de blindages divers, de campagne et de position, pour corps de troupes et pour matériel, pour affûts et pour individus, ainsi que l'utilisation plus minutieuse des couverts naturels, n'est pas restée en arrière. Dans les incessants efforts de ^concurrence entre le projectile et la plaque qui se poursuivent depuis si longtemps, les dernières inventions, soit de fortification rapide, de gabions perfectionnés, de cuirassements mobiles, de tourelles, coupoles tournantes et autres engins ressortant à l'arme du génie, soit d'effets
342 Chapitre final,
d'habillement et d'équipement de matière moins lourde et plus résistante, môme une étoffe paraballes, relativement très légère, dit-on, paraissent plutôt donner, pour le moment, la prépondérance à la plaque (*). De plus, quelques-unes des dernières batailles tendent à faire prévaloir un principe nouveau et de mœurs adoucies à l'instar de la guerre de places fortes : Ces batailles ont montré que par la seule supériorité bien évidente résultant de l'établissement d'une forte ligne de feux convergents, les fureurs de la lutte pouvaient s'assoupir et aboutir à la constatation de la défaite sans en pousser la démonstration jusqu'au bout, c'est-à-dire à des redditions en masses, qu'on eût condamnées jadis comme honteuses, mais qui, aujourd'hui, sont pardonnées, en raison de la puissance formidable des feux. On clôt ainsi, plus humainement, des engage-
(*) Il va de soi que nous laissons en dehors de la collection des projectiles conformes aux usages de la guerre la nouvelle et bizarre invention de M. Turpin, grosse mitrailleuse ou coupole tournante qui vomirait des explosifs asphyxiants, de manière à Ir détruire en quelques minutes toute une contrée et toute sa po-
pulation à deux lieues à la ronde. Ce moyen de guerre n*est pas ■ plus admissible que l'empoisonnement des eaux et des vivres. Il
;^- ferait reculer la civilisation jusqu'aux temps de la plus affreuse
W barbarie.