‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 26 sur 63 · Chapitre final · texte numérisé non relu

Chapitre final

régiment, soit un corps d'armée, je prierais Dieu de ne pas m'envoyer trop de simples soldats lettrés ou topographes. Si je me trompe, c'est que l'espèce humaine aurait terriblement changé et, jusqu'à nouvel ordre, j'aimerai toujours mieux les soldats de César que ceux de Pompée. »

Un autre point de l'art. 13 du Précis appelle un complément qui ne manque pas d'intorêt dans cet ouvrage. Quittant le domaine de l'organisation d'armée pour celui des nouveaux moyens de destruction de plus en plus meurtriers, le général Jomini, bien que ne connaissant pas les feux gigantesques et rapides actuels, émettait, et plus tard réitérait (*) un vœu très pieux en ces termes :

« Si les souverains ne se réunissent pas en » congrès pour proscrire ces inventions de mort » et de destruction, il ne restera d'autre parti à » prendre qu'à composer la moitié des armées de » cavalerie cuirassée, pour pouvoir enlever avec » plus de rapidité toutes ces machines ; et Pin- » fanterie même devra reprendre ses armures de » fer du moyen-âge, sans lesquelles un bataillon » serait couché par terre avant d'aborder l'en-

(*) Voir Précis, II* Partie, art. 47, page 305.

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» nemi. Nous pourrons donc revoir la fameuse » gendarmerie toute bardée de fer, même les che- » vaux.

» En attendant ces circonstances, etc. »

Sur cet objet le général Jomini a été entendu. Outre l'extension universelle des conventions internationales de Genève du 22 août 1864 et du 20 octobre 1868 pour la neutralisation des services sanitaires et des blessés, et de la convention de Saint-Pétersbourg des 29 novembre et 11 décembre 1868, interdisant les petits projectiles explosibles, tout ce qui tend à humaniser la guerre, en compensation de ses effets plus terribles, a été recherché par tous les états civilisés. La Russie entr'autres, a pris, à cet égard, une louable initiative, non seulement par la convention de Saint-Pétersbourg sus-indiquée, mais encore en convoquant, en 1874, à Bruxelles, une grande réunion internationale, dans le but de formuler des principes généraux améliorant les lois et coutumes de la guerre. Ces « Conférences de Bruxelles » élaborèrent, sous la présidence du premier délégué russe, qui n'était autre que le baron Alexandre de Jomini, fils cadet de l'auteur du Précis, un excellente « Déclaration » en douze titres et 57 articles, qui a eu un grand retentis-

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