Chapitre final :m
leurs auteurs ne voient de salut que dans la concentration des forces, et, quand ils en arrivent à Tapplication, le principe de concentration fait place à la dissémination : ils ne trouvent de sécurité qu'en bouchant toutes les issues, en élevant des forteresses dans toutes les directions.
Rohan, Turenne, Frédéric, Napoléon, l'archiduc <:;harles, Jomini, ont toutefois exposé sur la guerre des idées générales, dans lesquelles on peut trouver d'utiles enseignements : c'est dans leurs écrits que nous puisons les principes pour l'établissement de la défense des états.
Ils admettent, d'une part :
Que la défense passive est pernicieuse ;
Que les forteresses qui n'ont point de but utile bien déterminé^ sont nuisibles ;
Que les états ont généralement trop de forteresses ;
Que les forteresses ne doivent pas avoir pour objet de fermer la frontière d'un état;
Que tout dispositif de défense érigé en cordon sur la frontière d'un état est vicieux, parce qu'il mène aux détachements.
Et, d'autre part :
Que la défense active est la seule bonne ;
Que les opérations actives exigent des forteresses à grand développement ;
Que la défense de flanc doit être combinée avec la défense de front;
386 Chapitre final.
Que la combinaison de ces deux défenses réunies est la meilleure ;
Que la capitale , le foyer de la puissance nationale^ le but des attaques^ doit être aussi le foyer de la défense générale , c'est-à-dire une grande position retranchée où se trouvent concentrées-les principales ressources militaires de l'état;
Que, dans les dispositions à prendre pour la défense des états, on doit tenir grandement compte des nouveaux moyens de locomotion ;
Et, enfin, que les forces militaires de l'état et la topographie du pays doivent décider du nombre de ses forteresses; la stratégie de leur emplacement; et la tactique de leur forme et de leur développement
C'est conformément à ces préceptes que nous établirons la défense des états.
Dans les chapitres qui suivent, Téminent écrivain belge développant son système de défense des états d'abord pour une contrée-type, puis pour la Belgique et les principaux états de l'Europe, dit encore :
Sans pousser nos suppositions plus avant, on voit par ce qui précède que, dès l'entrée en campagne, le défenseur se trouve dans de fâcheuses conditions, sa capitale étant immédiatement menacée; or une guerre mal engagée aboutit généralement à une fin malheureuse.