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se faire par des mutations partielles, opérées tous les deux ans, de manière à ce qu'il y eut toujours dans chaque division un seul régiment nouvellement incorporé. Dans tous les cas, il n'est pas certain que ce soit une cause absolue de supériorité à la guerre. Les corps d'armée de Wagram et de Borodino n'étaient plus les mômes que ceux de Boulogne et d'Ulm, et ils n'en valaient pas moins » (*),
Des lignes ci-dessus, rapprochées d'autres nyis épars dans divers écrits postérieurs, on peut inférer que l'auteur du Précis ne saurait qu*op~ prouver, au double point de vue d'une bonne instruction des masses combinées de toutes armes comme à celui d'une prompte mobilisation, le système des corps d'armée permanents et des manœuvres dites d'automne, actuellement en vigueur dans toutes les armées européennes.
Nous pouvons maintenant revenir à la Conclusion du Précis et mentionner que parmi les points qu'elle résume il y en a deux notamment à rappeler aux lecteurs de notre temps, souvent
(*) Brochure citée de 1866, pages 10 et 11.
MO Chapitre final.
trop portés à confondre les exigences secondaires avec les fondamentales, les exceptions ou particularités avec les règles, au détriment de ces dernières.
C'est d'abord que la guerre n'est pas une science exacte, mais un drame passionné, soumis à trois ou quatre principes généraux et à une foule de complications morales ou physiques et d'influences accidentelles. Parmi ces dernières il ne faut pas oublier les décrets insondables de la Providence se manifestant par des causes tant directes qu'indirectes ; jamais Napoléon ne se montra plus grand capitaine qu'en 1813 , 1814, 1815 ; jamais plus grands revers ne l'accablèrent ; tous les contretemps tombaient à son préjudice, tandis que, quelques années auparavant, ils tournaient tous à son profit. Rechercher les causes premières de tant de ces nombreux contretemps qu'offre l'histoire militaire de tous les âges, n'aboutit qu'à faire tristement constater la permanence obstinée quoique variée de l'imperfection humaine ; d'où la conclusion que les efforts soutenus et redoublés auxquels devra toujours s'astreindre le génie humain, même transcendant, pour assurer toute sa part des combinaisons de la guerre, ne le garantiront point contre la part que le Dieu des