‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 57 sur 63 · Chapitre final · texte numérisé non relu

Chapitre final

drapeaux, et que la configuration géegrapliique du pays l'exige sans doute ; il serait difficile et coûteux d'amener des régiments de Kœnigsberf-^ et de Saarbrûck dans la plaine de Tempelhof, près de Berlin.

» Quant au système de former annuellement plusieurs camps, il faudrait d'abord bien constater ce que l'on pourrait en attendre. En ftiit de manœuvres, les soldats n'ont besoin do bien savoir que l'école de peloton, les sous-officiers l'école de bataillon ; les officiers doivent connaître toutes les ordonnances, y compris les manœuvres de ligne et le service de campagne ; il suffit de se rassembler quelquefois par brigades pour acquérir ces connaissances.

» Les camps ont un but plus élevé : les colonels et généraux peuvent s'habituer à apprécier les accidents du terrain, à calculer les distances et l'emploi combiné des trois armes. Or, les camps de Châlons, de Lyon et de Versailles paraissent bien suffisants pour cela. Depuis six ans, tous les régiments auraient pu y passer.

» Si l'on organisait un camp dans chaque grand commandement territorial, c'est-à-dire six camps chaque année, il ne resterait pas de troupes à l'intérieur pour faire le service ; clmque commandant de ces camps aurait un système à lui.

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iï Et, en définitive, qu'en résulterait-il ? Ce qui se passe à la guerre est-il bien pareil à ce qui se passe sur les champs de manœuvres?

» De tous les camps, celui de Boulogne fut le plus remarquable par sa durée et son importa née : on y fit beaucoup de manœuvres, on en inventa même de nouvelles; mais ce qui s'exécuta à Elchingen et à Ulm, ressemblait-il en rien à ces manœuvres? et y avait-il beaucoup de soldats de Boulogne à Wagram en 1809 ?

)> Quant à l'organisation en corps d'armée permanents, chacun sait que la France en a donné la première l'exemple depuis le camp de Boulogne en 1803.

» On a pu en apprécier les avantages comme les inconvénients. Il est certain qu'avec des chefs de corps comme Masséna, Soult, Davoust, Ney ou Lannes, et des divisionnaires tels que Priant, M^ilitor, Maison, Legrand, Lecourbe, Gudin, le système est excellent. Mais si les divisionnaires se trouvaient être médiocres, les régiments sous leurs ordres ne pourraient-ils pas à la longue apprécier leur infériorité et n'avoir plus la même confiance en eux ? J'en ai vu des exemples. On ne saurait méconnaître, néanmoins, les avantages qu'offrent des corps d'armée permanents, en leur donnant certaines limites ; ce qui peut

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