Û PRÉFACE
deviendront nécessaires,- dès que l'on commencera à soumettre les faits à la discussion ; dès qu'on cherchera à en déduire des conséquences.
Il est une branche importante de l'histoire ancienne, la chronologie, qui a offert jusqu'ici un grand nombre de difficultés insolubles. Les systèmes se sont multipliés à l'infini pour se détruire les uns par les autres. Il y a eu plus de deux cents calculs différents pour établir le nombre d'années écoulées depuis la création du monde jusqu'à la naissance de Jésus-Christ. D'après le calcul le plus court, on ne trouve, dans cet espace de temps, que 3483 ans, tandis que le calcul le plus long assigne 6984 ans à cette durée ; ce qui donne une différence de 3500 années. Obligés de choisir entre tant d'opinions diverses, nous aurions désiré pouvoir adopter un système chronologique dont toutes les parties fussent parfaitement liées entre elles. Mais nous avons vu » avec regret, que la plupart des systèmes le plus généralement suivis sont incomplets et ne résolvent qu'une partie des difficultés dont l'esprit est frappé après un examen un peu approfondi. Nous ne craignons pas d'affirmer que les ouvrages composés jusqu'ici sur la chronologie ancienne manquent de cet ensemble qui peut seul en garantir l'exactitude rigoureuse. Ce qui reste à faire demande encore de longs travaux,* commencés par un des membres les plus distingués de l'Institut de France ^ et dont le résultat est attendu avec une vive impatience par tous ceux qui s'occupent des peuples de l'antiquité. Nous avons donc été réduits à suivre l'ordre chronologique ^eVAri de vérifier les dates avant J.-C. , où se trouvent d'excellentes parties qu'avaient rendues faciles les travaux de DesYignoles, de Fréret ctd'Albret. La chronologie' des Juifs, celle des Assyriens et des Lydiens, et celle de la république romaine, ont été discutées et établies avec une rare sagacité. Mais la chronologie des rois d'Égvpte offre des lacunes et des contradictions trop fréquentes pour que nous puissions les relever en détail. Dans la chronologie des rois d'Assyrie, les auteurs de Vu4rt de vérifier les dates citent , en l'approuvant , l'opinion de Fréret qui fait conquérir l'Asie par Sésostris de 1611 à 1579, et dans la chronologie des rois d'Egypte, ils placent le règne du même prince à l'année 1356 , oubliant l'opinion qu'ils ont énoncée à l'article des rois d'Assyrie. Nous pourrions faire remarquer d'autres fautes graves qui ont échappé aux savants auteurs de cet ouvrage, du reste fort utile ; mais, comme nous n'avons pas cru pouvoir mieux faire que de l'adopter dans son ensemble , en corrigeant les erreurs de détail , il serait peu convenable de pousser plus loin nos observations critiques (1).
(1) NoDS ne porto 08 ce Jugement qoe sur le Telune de Y Art de vérifier les âmte$ qui renferm* l'histoire des temps avant J.-C. , et que les Bénédictliu n'ont pas^u le temps d'achever. Ce volame, qui forme la première partie de leur grand ouvrage, a été publié en 1820. Les éditeurs ont souvent IhU preuve de dtsoernement et de savoir. Mais nous ne craignons pas de blesser leur amour-propre, en disant qu'ils sont inférieurs aux Bénédictins. C'est d'ailleurs un mérite réel à nos y eu que leur trtT«U ait été Jugé digne d'être réuni à celui des savants religieux de Saint-Maur.