PREMIÈRE PARTIE
État social et politique dp la Grèce vers le temps d^ la gue;nrç de Tmoie.
I. Nom. — Les peuples qui occupent les cinquante et un petits États grecs (î), au temps de la guerre de Troie, n'ont pas encore de nom général. Homère les appelle tour à tour Danaens, Achéens, Argiens,
(1) Poar ce chapitre XIV, voir les développements et les preuves dans la troisième Mitim du Prèâi , de U page laa à U piig« t33.
Crète et dans les lies de l'Asie Mineure.
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preuve certaine qu'ils n'avaient pas alors de nom général, et qu*en les désignant par l'une de ces appellations, il ne faisait qu'étendre au tout le nom de la partie. Il parle des Panhellènes, des Hellènes, de l'Hellade, mais il n'indique par là qu'un petit pays et un petit peuple compris dans les États d'Achille.
II. Coutumes et mœurs. -— Il n'existe non plus chez les Grecs aucune uniformité dans les coutumes, soit civiles, soit religieuses. Les uns ont retenu les coutumes desPélasges et des Hellènes primitifs, les autres ont adopté celles des Égyptiens, des Cretois, des Phrygiens. Chez le plus grand nombre, les habitudes sont déjà dépouillées de ce qu'il y a de plus violent'; mais les passions rompent parfois le frein des lois, et l'homme, avec ses penchants indomptés, se montre encore, quoique moins souvent que le citoyen. Les Grecs n'en. sont plus à l'état sauvage ni même à l'état barbare, mais ils ne sont pas arrivés encore à une civilisation parfaite : ils restent au point intermédiaire , à l'état héroïque : c'est ce que peignent admirablement les poëmes d'Homère.
III. Religion, — Nous avons vu que, dans le principe, tous les Grecs indistinctement avaient une même religion, simple et sublime. En s'établissant successivement en Grèce, les Arabes et Chananéens, les Égyptiens, les Phéniciens, les Phrygiens, les Thraces, y apportèrent et y propagèrent le culte de leurs dieux respectifs, de Saturne,, de Jupiter, de Zano ou Junon, de Neptune, de Bacchus, etc., etc. Aucune de ces nouvelles divinités n'étendit son culte à la Grèce entière; mais chacune d'elles régna dans une ou plusieurs localités particulières. Ici une seule ville, plus loin deux ou trois cités, avaient leurs dieux en petit nombre et leur culte à part, regardaient comme abominables les dieux et le culte de la peuplade voisine. Tel était l'état religieux de la Grèce , vers le temps de la guerre de Troie. .C'est l'époque des cultes locaux, exclusifs, ennemis.
La religion exerçait une grande influence sur les affaires civiles et politiques des Grecs, en ce sens qu'ils n'entreprenaient rien sans chercher à connaître la volonté des dieux par l'examen des présages, l'inspection des entrailles des victimes, les réponses des oracles de Dodone et de Delphes déjà existants; en ce sens que chaque citoyen croyait à des dieux rémunérateurs des bonnes actions, vengeurs des crimes. Mais quoique les prêtres joignissent à l'autorité de la religion celle des lumières; quoique les Telchines et les Dactyles ou Curetés eussent propagé en Grèce les utiles secrets de la civilisation, jamais les prêtres ne dominèrent la royauté, le gouvernement et la société en Grèce : ils