‹ Précis de l'histoire ancienneChapitre 73 sur 103 · MACÊDOUHE ET GRÈCE ; PHILIPPE II · texte numérisé non relu

MACÊDOUHE ET GRÈCE ; PHILIPPE II

par sa fuite, le triomphe de ses ennemis. Ce premier événement de la guerre contribue à la rendre plus animée. Athènes donne soixante galères à Charès et un pareil nombre à Iphicrate et à Timothée. Les alliés, enorgueillis de leur succès, ravagent les îles dlmbros et de Lemnos et assiègent Samos. Les généraux d'Athènes se portent sur Byzance; les alliés, pour la secourir, abandonnent Samos. Toutes les forces maritimes des deux partis se trouvant concentrées dans THellespont, une bataille générale semble inévitable; mais la prudence dlphicrate et de Timothée s'oppose à ce qu'elle ait lieu sur une mer que vient d'agiter tout à coup une violente tempêje. Charès accuse ses collègues de trahison et les fait déposer du commandement par les Athéniens. Chargé seul de la conduite de la guerre, il offre des secours à Arlabaze, révolté contre Ochus , et en obtient à son tour des subsides considérables; mais le roi de Perse, s'étant déclaré l'allié des villes rebelles, force les Athéniens à rompre avec Artabaze et les détermine à mettre fin à la guerre Sociale. Ils reconnaissent l'indépendance des cités maritimes après une lutte de trois ans , 556.

IIL Origine de la guerre Sacrée, Premiers revers des Phocidiens, 555-552. — Le conseil amphictyonique , sur les plaintes des Thébains, avait condamné les Spartiates à une grosse amende pour s'être emparés de la citadelle de Thèbes, et il avait prononcé une sentence plus sévère encore contre les Phocidiens pour avoir cultivé à leur profit le Champ Cirrhéen, consacré à Apollon. Ce double jugement donna lieu, pendant neuf ans , aux plus cruelles hostilités. Philomèle , un des principaux habitants de laPhocide, fort de l'appui de Sparte, soulève ses concitoyens contre les Amphictyons , défait les Locriens, s'empare dé Delphes et arrache des colonnes sacrées le décret qui a frappé sa patrie. Alors éclate dans la Grèce une guerre à laquelle prennent part presque tous les peuples , oubliant que ces dissensions préparent leur asservissement et le triomphe de Philippe. Les Béotiens, les Locriens, le^Thessaliens, les Perrhèbes, les Doriens, les Dolopes, les Atiamanes et quelques cités moins importantes, prennent les armes pour maintenir l'autorité des Amphictyons. Les Phocidiens ont pour alliés les Lacédémoniens, les Athéniens et plusieurs peuples du Péloponèse. Avec les trésors qu'il enlève au temple de Delphes , Philomèle soudoie dix mille mercenaires, et soutient pendant deux ans la guerre contre les Thébains et les Locriens avec des succès balancés ; mais il est vaincu dans les montagnes de laPhocide, et il se donne la mort pour ne pas tomber entre les mains de ses ennemis, 555. Onomarque, ^on lieute-

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nant, lui succède, rassemble de nouvelles troupes, met la division parmi ses emiemis, confisque les biens des Phocidiens qui s'opposent à la guerre, se rend maître de Thronium, réduit les habitants d'Amphissa , ravage les terres des Doriens , pénètre dans la Béotie , s'empare d'Orchomène et menace Chéronée. Repoussé par lesThébains, il est forcé de chercher un asile en Pbocide.

Les ^Athéniens , alors occupés des alTaires de la Thrace et des entreprises de Philippe, ne portaient qu'un intérêt secondaire à la perre Sacrée ; ils infestaient les côtes de la Macédoine. Philippe, ayant créé une marine, subjuguait les îles d'Imbros et de Lemnos , abordait sur la côte de Marathon et enlevait aux Athéniens la galère Parélienne ou sacrée. En Thrace, la mort de Cotys avait livré son royaume à Tanarchie ; ses trois fils en étaient venus aux mains : 'un d'eux , Kersobleptes, pour échapper au joug des Macédoniens, avait abandonné la Ghersonèse aux Athéniens. Sestos voulut échapper à leur doçiination ; mais elle fut réduite par Charès, tandis que Philippe se rendait maître de Méthone , détruisait ses fortifications et distribuait son territoire aux soldats vainqueurs.

Phaylle envahissait la Thessalie dans le même temps qu'Onomârque, son frère, désolait la Béotie; mais il y trouvait Phihppe, auquelles villes , opprimées par la tyrannie de Lycophron , avaient déféré la protection que Pélopidas avait exercée quelques années auparavant: Philippe défait Phaylle et le rejette dans les montagnes de la Phocide. Onomarqua accourt à son secours, oppose plus de résistance et fait éprouver quelques pertes aux Macédtmiens dans deux actions consécutives. L'année suivante, 55ât, son axméeesi taillée en pièces : ûqûmarque et six mille Phocidiens ou périssent en combattant, ou se noient en voulant gagner à la nage la flotte athénienne , qui tenait la mer non loin du rivage. Les prisonniers, au nombre de trois mille, sont jetés à la mer comme sacrilèges. Phaylle prend alors la dire|Ction générale de la guerre, et la poursuit avec énergie. Les LacédémoQieDS, les Athéniens» les Achéens et les Thessaliens secondent ses efforts. L'appât des richesses du temple de Delphes attire sous ses drapeaux des soldats de toutes les villes. Cependant les Béotiens repoussent one iK)iïvelle invasion des Phocidiens et les battent trois fois, près d'Orchomène , du Géphiseet de Goronée; mais Us échouent à leur tooi près des murs de Naryce, ville des Locriens , qui est détruite de fond en comble par les Phocidiens. Au milieu de ces succès , Phaylle succombe à une maladie cruelle. Phaloecus, fils d'Onomarque, eft Moaséas

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