CHAPITRE XXXII
Histoire des Macédoniens, des Grecs et des Perses, depuis l'avén^nent d'Alexandre et de Darius jusqu'à la destruction de la monarchie persane, ZZ6-430.
On a jugé jusqu'à présent le commandement exercé en Grèce par Philippe et par Alexandre sur les déclamations'd'unbràieùr vendu à la Perse; il est tepaps d« lé juger sur les dépositions i libre avant Philippe et Alexandre , prQiiyer que ces deux assertions sont également fausses', en établissant par les faits l'état de la. Grèce, antérieurement à leurs r^nes, et pendant leurs règnes.
luiaiiuiis u un uraieur irenau a ta rerse ; ii esi ic^ips ue . unanimes des historiens. On a dit que la* Grèce était xandre , et qu'elle fut'asservie' par eiix.' ircsÏTàcile de
S L -^^Éiat de la Grj^ec avant Philippe et Alexmét^t . ^
Veut-on attacher là servitude dé la Grèce â la 'suprématie exercée , par l'on de« États , sur les nombreux États dont se composait ie corps h'eUéniqueP'aidn il faut dater l'esclavage des Grecs, non pas du règne de Phili]q)e et d'Alexànidrè ; mâlàdt la guerre Médique. En eflSet, dès cette dernière époque, ils reconnaissaient pour
(i) Il y. a quelqae incertitude dans l'époque des nombreoses invationi que fait Pbi- Upfte , soit dans la Thjaoe/.soii dans l'ile d'Eabée. Son expédition dans le PélôponcM occupe, dans quelques historiens, ane autre place que celle que nous lui. aToasdMnée dansée ehà'pitre. Après avoir examiné les historiens de l'antiquité qui ont écrit rbifiÎMre des MâipédoniensV il nous a paru qu'il conVeniiit de'suiVre; poiur la suite def> faits , l'ordre qu'a suivi Olivier' dans son Histoire de Ptiilippe. . 1 .
iftGKS rr CONQDÊTKS D^ÂLBXAKDRS. 357
gfoëralissimes les Spartiates Earybiade et Pansanias. Le commandement passa four à tour des Spartiates aux Attiéniens après la prise dé Byzance ; des Athcniens aux Spartiates après iSgos-Potamos ; dés Spartiates aux Thébaîns après Leuctres; mïis subsista, sans discontinuité,' dans rintènralle écoulé entre la. bataille des Thermopyles et celle de Mantinée- Les Macédoniens le prirent sortant des mains dé ces peuples ; et une profonde ignorance de l'histoire grecque peut seule imputer à leur ambition d'avoir créé une suprématie jusqu'alors inconnue en Grèce.
Cette suprématie, ce commandement pouvait se légitimer par l'usage qu'on en faisait. La première condition , imposée à ceux qui l'exerçaient, était de ne pas détourner à leur profit la force militaire et l'argent des confédérés , de ne pas les convertir à des projets d'agrandissement particulier, mais de les appliquer à la défense commune , et à la destruction des rois de Perse. A partir de Darius , ces princes s'étaient fait une habitude et un système de conjurer contre l'indépendance des Grecs. « Rs avaient envahi leur pays, insulté leur reKgion, brûlé leurs » temples, réduit et opprimé leurs colonies , excité et alimenté sans interruption • ces animosités cruelles qui avaient rempli toute la Grèce de séditions et de » sang (1). >» Tant d'outràges demandaient vengeance; et les chefs de la Grèce, quels qu'ils fussent, étaient chargés de la tirer des Perses. Le second devoir des dominateurs était de maintenir à chaque petit état grec se» propriétés publiques et particulières , son gouvernement intérieur, ses magistrats , ses lois , sa judicature, ses usages.
- Voyons comment les Spartiates, les Athéniens, les Thébains remplirent les obligations attachées au commandement. Par le traité de Ci mon , par l'expédition d'Agésilas, les Athéniens et les Spartiates travaillent à l'abaissement de la Perse^ à l'indépendance de la Grèce. Mais au traité de Gimon , à l'expédition d'Agésilas , succède le traité d'Antalcidas , conclu par les Spartiates , souscrit par les Athéniens et par les Thébains , aux termes duquel les Grecs d'Asie deviennent pour cinquante ansr388-338, les esclaves du grand roi, et les Grecs d'Europe, ses sujets. En effet. Tan 337 , Dius d'Éphèse vient représenter avec une énergie touchante aux Grecs assemblés à Corinthe les vexations et l'oppression que les colons asiatiques éprouvent journellement de l'avide cruauté des satrapes persans (2). Dans les années .37 4 et 3M , Artaxerxès et Ochus signifient insolenoment aux Grecs d'Europe de terminer leurs différends, et de venir les aider contre leurs sujets révoltés : ils les contraignent à leur envoyer vingt mille hommes sous la conduite d'Iphicrate, huit mille sous les ordres dePhocion, quatorze mille commandés j)ar le Thébaln Lacratès, l'Argien Nicostrate, le Rhodien Mentor , pour soumettre l'Egypte et l'ile de Chypre, dont les Grecs avaient intérêt à favoriser la révolte (3).
Voyons comment les Athéniens et les Spartiates usèrent de l'autorité , du com*
(0 Isocrat , Oral, ad Pbilipp.
(3) Isocrac, Orat. ad Phitipp. H y a un autre passage relatif au même sojet, Panégyrique, t. Il, p. 246, 248.
(3) Plut., in Artax. Diodor., I. XV , c. 41 ; I. XVI , e. 41-48.
26g BBic» hb. L*w«roiHi ÀNcmani.
mandement» 4ans leun rapporte a?«c le» étoto inférieun , «mciaeli Ito 1 le titre d'aUiéa par une sangUole déri&ion. As leur Màrent lears geoiwnRmiani particuliers, les Albénlena^tabliaunt la démodcatie dans ite cfibéa û&ttoenfttqaeis les Spartiates , par eontre , semaettaot tentes les répobliqoes ééstocoatliioeB à Foligarchle des ticente et das 4iL (I). Us leur envoyèMni tantôt d'Atlièoes , taniftt de Siparte, des ^amisoBS et des despote»., niMimiés gesfcrnean et kansofti. tti In arrachèsent à leurs juges natuiiels : les Aâiéiiieiisles contraignirent à venir piaMer à Athènes leurs causes ciriles et criminelles , pour les tenir à la fois dans la plus servile dépendance, et pour s-enricliir des frais occasionnes par les procès; les Spartiates s'arrogèrnsnt sur euL te dr^t de vie et de mort, et les tondamnèfent aa dernier supplice sans jugement (2). Les Atikéniens exigôreni d'eux one eoutziliatien annuelle élevée peu à peu jusqu'à six cents talents (a,3OO,660 lîr.) avant la guerre du Péloponèse, et jusqu'à douze et treize cents talents dans le coaas de cette guerre : le produit de ces tributs avait mis wi momaat dans leur trésor ju«|n*à neuf mille sept cents talents (a) (au delà de ^3 mîHioa»). Les ^rtiates^ de leur cftté , frappèrent les seuls Grecs d'Asie du tribut annuel de raille tsloits (4) (5,500,000 fr.). Thucydide nous aj^rend que les Atbéniens dépensèsent tmis mille sept cents talents à laeonstruction des prc^yléeade lenr eitad^e. et au iriége de Potidée. Aristote et PUitarque i^outent que « Péiiclès gagna le pen^^ e» lui » assignant un salaire pour assister au théâtre, aux assemblées publiques, auK » tribunaux, et en lui accordant des pensions faites atix dépens du trésor, etd*autns » largesses encore (5). > Voilà à quels usages était employé le produit de ces c«ntributions , qui réduisaient les alliés à la détresse et au désespmr. Quand oett»<i essayèrent de rejeter un joug insupportable^ Ua furent punie de leur révaUn par nne expropriation et par une extermination timéôt pariieUes» tentât géaéraleft; de sorte que la perte antérieure de leur liberté civile et politique ne fuiras ^'un ]irélude de leur ruine totale.
Les Athéniens étendirest cas atroces exécutions à Naxos, Thasos , ISg^, TBa» bée, Samos, avant la guerre du Féloponèse; à Leabos, Mélos, Scioae, pendait
CO Diodvr., 1. XIT, c. 13. « Lysandre ayant parcoara , selon l'ordre des éphores, les • villes soBonsea «k Lacédéflwvieng> «Tait établi dans toutes PoUgardrie , et somnis m même quelques-unes an gouvenieiBent de dix hommes seulemeiit.i» PluC, ia Lfiaiid.
(2) Xénopb., de Republ. atben., c. 5 : « Les Aibéniens forcent leurs alliés A venir par x mer chercher la justice à Athènes. » Xénophon donne , en une page que je ne puis transcrire , rénumératton de toutes les iniquités ruineuses auxquelles se trouvent ex> 'fosés les. alliés , par suite dehi puissance jvdfeiaire que se sont arrogée les Athénienff. Isoçrate, Panalhen., t»U«p. 46S : • Si «n rappeale les prooés qu^ont etattyéa nos alliés ji devant notre tribunal , est-il quelqu'un si dépourvu de aens qui ne réponde que les j> Lacédémoniens ont fait mourir plus de Grecs, sans forme de jugement, qu'il n'y a eu ^œ vfM^SaeaRMi^^NeaeK' jfMMe^vepfiM la* 'flOBvetioir ve* ta viiie t •••••wf , ov pa^e*
(3) Thucyd., 1. II, çh. 13, Plut., in Arist., p. 333. Andoc, de Pace, p. 34.
(4) Diodor., I. XIV, c. 10 : « Les Spartiates imposèreat des tributs sur les vaincus, et » se firent un revenu annuel de plus de mille talents. »
(5) Thucyd., I. II, c. 13. Arist, de Re^iibl.» 1. U, c. i% Plut., in PericL
B7 COlfQDtl» D*.àI.BXJlllMLB. 3tf0
«ettegaene. Voici, d'afnrès Thueydide, leur compatriote , comment ils traiièrettt les Scioniens : « Les Athéniens prirent Scione; ils tuèrent les hommes en âge de » porter les armes, réduisirent en esclavage les enfants et les femmes , et don- » nèrent.aux Plaiéeas le territmre à cultiver. » Les Spartiates, yainqpeurs à JEgoe-^otamos , renouvelèrent ces scènes de carnage et de destruction à Milet^ et dans la plupart des villes de TAsie Mineure, à Byzance, à Héraelée, cIms les CBtéeB&U).
Pour établir leur domination dans la Béoiie, les Thébalns détruisirent Platée» "Eliespies, Orchomène : ildèles à l'exemple donné par les Spartiates et les Aihôiaianfr» « ila maasacràreat tous les Orchoméniens en âge de porter les armes, et • Coadamaèrent à Tesdavage les enfants et les femmes. » Us refusèrent constam*saentdereyrer lews gamiaons de toutes les cités béotiennes, qu'ils prétendaient toe de leur dép^idance (2). On peut juger par ces faits jusqu'à quel point les alliés auraient gi^né à passer, des lois d'Athènes et de Sparte, sous celles de •IhUèea, si fistlé dernière r^ublique était parvenue à établir plus pleinement sa suprànatie, et à conserver le commandement qu'elle perdit à la mort d'Épawiaondag*
L'an a77 , peu après le traité d'Antalcidas , Athènes , qui avait intérêt alors à se iBontrer nMMiérée pour ndlier les Grecs à son drapeau et combattre Lacédém^ae , loiça le modèle d'une confédération dans laquelle devaient entrer toutes les villes avec des droits protecteurs dé leur liberté politique et civile , jusqu'alors foulée aux yieds. Au rapport de Diodture» « elle établit un conseil général , dont les membres .» étaient les d^tés de soixantenlix viiles soulevées contre Sparte. On conviât
* unanimement ^ue le conseil se tiendrait dans Athènes ; que chaque ville , grande
• OH petite f aurut une voix, ni plus ni moins , dans les délibérations; qu'elles se » gonverneraient toutes par leurs propres lois; que la présidence seulement ap^ » partiendrait aux Attiéniens (3). » Mais à peine Atàènes, avec le concoun de «is Tilles, eut^^elle Fétabli en partie sa puissance, qu'elle revint à son ancien de»> fotisaWi La %Qiexfé Ssi^iale, que lui firent Rhodes , Chio, Cos, Byzance, n'avait l^a d'antres eauses que ses exactions et ses hauteurs incorrigibles (4).
g Hi-^ Ém âê tû Cfém lotM Philippe et »6t»t Ai9xandte*
Nous avens pronvé que sous la domination despotique de Sparte et d'Athèae» « la Grèce fut enclave , presque sans interruption, depuis la guerre Médique juaqnfà fat gnerre Sôdale. Nous allons établir maintenant qu'elle trouva sous le commar^
(1) Voyea Tbucyd., 1. 1. c 117 ; l. Il, c. 27; 1. IV, c. 57; l.V, c. 32 et IIS. Plut., in Pcripl. et in Lysand. Diodor., t. XIV, c. 38.
(2) Diodor., I. XV, c. 37, 40, 7».
(3) Diodor., I. XV, p. 346, 347, de Rhod.
i) Diodor., 1. XVI, p. 4i2, 424. Isoerat., de Pace.
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360 PRÉCIS Bs l'histoire ÀNCIEimS.
dément de Philippe et d'Alexandre tout ce qu'elle avait yainement demandé à ces deux républiques.
V Les Athéniens et les Spartiates avaient constamment déshonoré leurs victoires pur les massacres, l'esclavage, la confiscation. Au rapport de Polybe, Philippe ne marqua la sienne que par des bienfaits. « Philippe, qui défit Ie8 Athé-
• niens à Chéronée , a moins fait par la force que par la modération et la douceur; m car, dans cette guerre, il ne vainquit par les armes que ceux qui les avaient » prises contre lui. Ce fut par sa douceur et son équité qu'il subjugua les Athé- » niens et Athènes elle-même. Bans la guerre, la colère ne l'emportait pas au » delà des bornes; il ne gardait les armes*que jusqu'à ce qu'il trouvât Toccasion
• de donner des marques de sa clémence et de sa bonté. De là vint qu'il rendit les » prisonniers sans rançon , qu'il eut soin des morts, qu'il fit porter par Aiitipater » leurs os à Atlièncsj et qu'il donna des habits à ceux qui s'en allaient. Ce fat » par cette sage et profonde politique qu'il fit à peu de frais une conquête très- » importante. Une telle grandeur d'âme étonna l'orgueil des Athéniens; et, d*eD- » nemis qu'ils étaient, ils devinrent ses alliés (1). »
Alexandre détruisit Thèbe» ; mais en exerçant cette rigueur obéit-il à ses propres inspirations, ou céda-t-il à la nécessité et à une volonté plus forte que la sienne? C'est ce que nous apprendront les détails relatifs à cet événement. Les Thébains avaient égorgé les chefs de la garnison macédonienne. « Quand il fut sous leurs ». murs, il voulut leur donner le temps du repentir , et fit publier à son de trompe » une amnistie et une sûreté entières pour tous ceux qui reviebdraient à lui. • Ils ne répondirent à ses avances que par des insultes et par une sortie (2). Après les avoir vaincus, « jl fit assembler le conseil de la Grèce, auquel il laissa décider » quel jugement on porterait de la ville de Thèbes, Quelques monbres du conseil » qui n'aimaient pas les Thébains alléguèrent que ce peuple avait toujours été » partisan des Perses contre la Grèce ; que , dans l'expédition de Xerxès , ils avaient » porté les armes à son service, et qu'ils étaient le seul peuple de la (kèceaux » ambassadeurs duquel les rois de Perse fissent jpréaenter d^s sièges d'hbnnenr , en » reconnaissance des obligations qu'ils lui avaient. Par ces discours , ils aigrirent » de telle sorte les esprits contre eux , que l'assemblée décida qu'on raserait leur » ville, et qu'on vendrait le reste de ses habitants. Alexandre,' conformément à ce » décret, fit raser Thèbes, et imprima par cette exécution une grande terreur à : tousceux qui se sépareraient du corps hellénique (3). » Il promit aux Athéniens de donner asile aux fugitifs de Thèbes , et Plutarque ajoute « que dans la suite le » malheur des Thébains lui causa de cuisants repentirs, et que tous les Thébains » échappés à cette défaite , qui eurent affaire à lui et sollicitèrent quelque grâce,
(1) Polyb., l. V, c. 10. Le déclamaleur Orose nUnfirmc'ce témoignage , 1. IH, c. J4. que relativement à Thèbes; mais les erreurs doht son récit est rempli rendent sulBsamment suspectes ses assertions et ses accusations.
(2) Diod., l. XVll, c. ». Plutarc.» in Alexand. '
(3) Diod. Sic, XVII, 14. Trog. Pomp., apud JusUn., l. XI,'c. 3. Plutarc., in Aleund.
HtGNB ET CONQUÊTES d'aLEXANDRB. 361
» obtinrent sur-le-champ ce qu'ils demandaient (1). » S'il raina Thèbes, il releva Thespiesy Platée» Orchomène, détruites antérieurement par les Thébains; en sorte qu'il réparait, sur un point de la Béotie, les pertes qu*il lui avait fait essuyer sur un autre. Qu'on compare cette conduite avec celle des Athéniens et des Spartiates dans les pays révoltés , et qu'on juge.
2* P^lippe et Alexandre ne chargèrent les Grecs d'aucun impôt. Philippe ne plaça de garnison que sur un petit nombre de points en Théssalle et en Acarnanie, aux Thermopyles , à Thèbes et à Corinthe. Alexandre souffrit que les Acarnaniena chassassent la garnison macédonienne , et leur rendit leur démocratie (2). Ils lai^ fièrent aux Grecs tout ce que les Spartiates et les Athéniens leur avaient arraché, leurs gouvernements, leurs loisT leurs magistrats, leur judicature. En voici une preuve irrécusable tirée du décret original rendu par Philippe Arrhidée, fils de Philippe; frère et successeur d'Alexandre : « Nos aïeux ont comblé les Grecs de » bienfaits. Notre intention est de suivre les principes par lesquels ils se sont » conduits , et de manifester à tous la bienveillance qui nous anime envers les » Grecs. Depuis la mort d'Alexandre et notre avènement à l'empire , bous avons » déjà écrit à toutes les villes que nous voulions leur rendre la paix , et leurs » formes de gouvernement que notre père Philippe leur avait confirmées... » Et il répète un peu plus bas : « Nous vous assurons la paix^t vos institutions, dont » vous avez joui sous Philippe et sous Alexandre (ito^iTetoK;, taç iià ^nkiTermu xa\ » A'ke^Mpou) (â). B Cette pièce curieuse.-de la chancellerie d' Arrhidée ne peut laisser aucun soupço'h sur l'aUtb)3nticité dés détails qu'elle iM>ntient. En elTet, Arrhidée n'avait alors aucune autorité en Grèce ; et ne pouvait mentir aux Grecs, sous peine "de s'aliënèr leur affection , qu'il vôufait précisément gagner. S'il avançait hardiment le fait qui nous occupe, c'est que ce fait était de notoriété publique et d^u ne vérité incontestable.
- 3*» PhtUppe et Alexandre établirent une véritable fédération hellénique, sur le plan de celle que les Athéniens avaient organisée l'an 377 , mais qu'ils avaient si prdmptement détï-uitè , comme contraire à leur despotisme. Dans ce nouveau système, les rois macédcmiens furent chefs on commandarits'des états coniposant le corps iiellénique, mais chefs', et non pas maîtres. Les républfques* perdirent le droit dé guerre privée, la liberté illimitée de se déchirer entré elles, de s'affaiblir au point de devenir vassales et tributaires du roi de Perse , état auquel elles se trouvaient réduites depuis le traite d'Antalcidas. Mais elles conservèrent le droit d'envoyer à l'assemblée nationale des députés qui réglèrent l'emploi de leur force
(1) Plutarc., in Alexand. Diod , XYII, 15. Justin, ihid,, c. 4. 3
(2) Diod., XVIÏ, 4.
' (8) Diodore, XVIIl, 56. Les traductions latines et françaises de ce passage sont inexactes. Le sens du grec est fort clair, cependant, quand on le rapproche des détails qu'on trouve au commencement de ce chapitre. Anlipaier avait établi dans toutes les villes le gouvernement du petit nombre. Pour les gagner, Arrlildée leur rend leurs anciennes constitutions, leurs démocraties respectées par Piiilippe et par Aleiandre.
3flS nuteis jm l'histoiu AifCiEmoL
flftiUialre , décidèrent de la paix et de la guerre , prononeèfeiit mst toatn 368 ^te»tiona, soit d'an intérêt général, wHt d'un grand iotépèt particulier. Nous Teoaai de Yeif le eeiueii helléDique proaottc«r sur le sort de Thèbes. Ce fut une di^ fii déevéta VvxpédiUon de Pêne, à la fin du règne de Phiii]^ : ce fut ane diète fii rordoima au conunencement du règne d'Alexandre. Laissons parler Biadore di Sieile et Trogue Pompée ; ils nons apprendront si Philippe après Cbmaée, si Alexandre après la pctoe de Tbèbes, se eondntsirent en deapeles on es ebefsdsii Grèce demeurée libre; s'ils érigèrent leur Yoionté en toi suprême , <m a'Usseiédnisiiwntau lûle d'exécuteurs de la volonté publique» « Philippe fit senn lam- » veUeqn'il voulait attaquer la Perse ponr venger les Grées » et pour la pnair du » profisnatians qu'elle »\rait comnrîses dans les temples de la Grèce. Bans ses np- » ports généraux et particuliers avec les Grecs , ayant également gagné 4int k » monde par ses manières affables , il ann^ça enfin anx répnbtiqees^u'il vwdidt » conférer avec elh» sttr Ui inîérêtê de la wUion. Une assemblée génénk » ayant été indiquée à Gorintiie , il discuta la question de la guerre conbe Ifl » Perses,, et en présentant de grandes espérances de succès, il «asAvrla las dé- » pmés à la guerre. Choisi pour commandant général et suprême de la Gfèoe, » il fit de grands préparatife pour l'expédition de Perse, et ayeuott réglé le ooBtiii- » gent de soldats que chaque viUe devait fournir, il retourna en Maeédoiwu » Al^umdve convoqua ensuite à Gorinthe, de toutes les parties de la Grèce, lie » ambassadeurs et les r^ésentants des vJUes. Après que ceux qui eoo^onieit » ordinairement le conseil général furent asaen&lés, le roi ayant diaevtf » (StaXexSsCç) et parlé avec une grande modération , jwrnMMla aux Grecs de le » nommer leur chef suprême . et de lui fournir 4es secours c<Hiitie les Panes, pour » venger les griefs de la Grèce(l). » A chaque phraae, et pvesqae à duquesHt de ces deux passages, se manifeste le libre ariMtre des Grecs. Selon Trayiie Potipée, Philippe composa des députée de toutes les villes greoqses un oenseil général. Le roi et lè Conseil, de concert, «n-gaïusèrent la Grèce sur on neaveu pian, établirent pour toutes les républiques la loi de la paix» et dressèrent l'état des contingents que ehaque république fournirait, dans le cas où la Grèce aurait à repousser une i^taque étrangère, ou bien voudrait attaquer eUo-mâme : i« total des eontingnits s'éleva à :200,000 hommes d'inâmterie et à 1&»000 de cavalerie (2).
l^ iËtoUens, les Laeédémoniens, refusèrent d'entrer dana la ligue heUcn»que (a); quelques antres peufto songèrent pandant ^nsieurs années à en sortir : leur ambition s'indignait de faire partie d'un corps où ils n'avaient pas le gobmandement. Cette disposition était dangereuse pour la Grèce , en présence d'un ennemi tel que les Perses; et mmrteUe en face â!un ennemi tel que les Bemains,
(i) Diod., XVI, 89; XVIt, 4.
(2) Trog. Pomp., apad Justin., 1. ÎX, t. 5»
(30 Idem, I. IX, c. « , et l. XXVÏII, c 2.
Rfe^KS CT CONQUÊTES B'jbLBXAKDRB. 366
ûQiDBie lepiDttTerala suite des éfénemenU. Alexandre laissa en Maeédofne des feTces aufflsfintes pour écraser les LacédcmonienB , quand ils voulurent i^taquer le nouveau système les armes à la main. H sut ensuite lui donner de nomliTeux pwtisans par un grand bienfait : il proclama une amnistie génécale, et permit, par m décret, à tous les bannis pour opinicSi politique de rentrer dans leur patrie. « Cette » proclamation fut reçue avec des transports de joie aux jeux Olympiques- Toute » rassemblée marqua sa reconnaissance par de grands applaudissements, car 11 se » troora là plus de \ingt miile de ces bannis (1). »
En donnant quelque attention à ces divers détails , on verra que Philippe et Mesrandre avaient établi en Grèce une fédération juste, générale , régulière , qui lui avait :lonjoiir8 manqué jusqu'alors, et dont l'absence avait causé dix guerres oMes, arant d'afoener Fasseirissement à la Perse.
4'' Avec raiâéedont la Créée kir fournit une partie (S) , a^ les renlbrts qu'hèle lui envoya à diverses reprises , dans le cours de son expéditioa , Alexandre rm^ versa Tempire des Perses. Les 315,000 soldats dont la levée avait été organisée par Philippe , et qui pouvaient se doubler dans le cas d'un péril iouninent , étaient suffisants pour repousser victorieusement l'attaque des Romains. Le salut et la gloire de la Grèce étaient à jamais assurés , si les circonstances permettaient à l'admirable ouvrage de Philippe et d'Alexandre de se consolider.
% m. — jÉtel de la Maeêdoine, de la ThracB^ de Vlllyrie^ de la Grèce ^ A la mort de PhUippe IL
A la mort de Philippe, les Grecs prétendent briser le pacte fédéxatif qui vient de les unir, et r^rendre le pouvoir de se déchirer. Une partie des Thraces et lu niyriens se révoltent. Les seigneurs macédoniens ont poussé le bras de l'assassin de Philippe : leur indocilité, leur ambition , leur esprit factieux, qui reparaîtront dans les ccmspirations d'Alexandre le Lynceste, dePhilotas et d'Hermolaûs , pendant la vie d'Alexandre, et, à sa mort, dans le partage de ses états et le massacre de sa famaie, se signalent, à son avènement au trène , par une révoite. Attale, l'un d'eux , envoyé dfavanoe par PhUippe en Asie , ei^leie l'armée dont ee priiiee loi a cfmflé te eoraaaatiiBnKnt à dépoi^er son filsi H teventse les pr^tenOiM d'Amyntas, oncle d'Alexandre. Pendant qu'on lui dispute même sa couronne, Alexandre prend la résolution de maintenir la suprématie que lui a léguée son p«Mwr les Thwees , sur le» Blyrien», sur tes Grec», et d'exéci^er se» projets de conquête contre la Perse.
<i)Biod.,l.XVIlI,cS.
(2) Alexandre avait dans son année treize mille Grecs levés ahe« les aUîé», huit mille volonUires , cinq mille soudoyés. ( Diodore, I. XVIÎ, c. 17.) Aussi le trophée élevé en mémeire de la victoire du Granique avait-il pour inscription : « Alexandre et tous les » Grecs, excepté les Lacédémoniens, ont enlevé ces dépouilles aux Perses. » La Grèce Ifià envoya de nombreux renforts, à diverses reprises, dans le cours de son eapéditien.
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364 PRÉCIS DE L*HI$T0I1IE ANCIEimS.
I. Aténement d'Alexandre au trône de Macédoine (1) ; $on expédition contre les Thraces , les Gèles et les Illy riens. — 336. Alexandre, âgé de vingt ans, est reconnu par un parti, et succède à son père Philippe II. Il se concilie la faveur du peup]f en accordant aux Macédoniens une entière immunité, et en lie les astreignant qu'à porter les armes. Il s'affermit encore sur le trône par la mort du consp|irateur Attàle, des assassins de son père, et de Caranus, fils de Philippe et d'une étrangère. Il est nommé d'abord par le conseil des amphictyons assemblé aux Thermopyles, et ensuite par les députés des diverses républiques réunies à Corinthe, chef de la Grèce, et généralissime des. Grecs contre les Perses. La même année 336 , et quelques mois après ravénement d'Alexandre, Darius Codoman reçoit le sceptre de Bagoas, meurtrier d'Ochus et d'Arsès. .
' Les Triballes," peuple de Mœsie vaincu par Philippe, et les peuplades des Thraces demeurées indépendantes de ce priuce, prennent les armes contre son successeur; ils menacent de lui enlever les provinces tributaires de la Thrace. Alexandre défait les Thraces libres au passage du mont Haemus ; les Triballes et leur roi Syrmus , au delà de ce mont; les Gètes, au delà de lister (Danube), qu'il traverse; il reçoit les présents et la soumission de Syrmus. Il se dirige ensuite, à l'occident de la Macédoine contre les tribus illyriennes soulevées sous la conduite de Clitus, et de Glaucias, roi des Taulantiens. Il dissipe leur armée et rétablit la domination macédonienne sur les lUyriens , voisins de l'Adriatique. Dans ces deux guerres, il montre une rare prudence et ne donne rien au hasard : il ajoute à ses forces l'excellente cavalerie légère des Thraces-Agriens.
II. Expédition d'Alexandre contre la Grèce révoltée, 335. — Pendant son séjour en lUyrie, Démosthène, gagné, disent Justin et Diodore, par l'or de la Perse (2) , forme contre la Macédoine une nouvelle
(1) Sources principales poor ce chapitre : Arrian., Exped. Alexand., I. I-ffî. Diodor. Sic, 1. XVII, c. 1-74. Plutarc, in Alexand Trogus Pompeius, apod Justmam, I.Xl.U roman de Q. Carlias n'est propre qu'à donner les idées les plus fausses sur le caractère et les projets d'Alexandre. Les erreurs géographiques se trouvent entassées dans son ouvrdge è côté des erreurs historiques, comme on peut s'en convaincre en comparant son I. Vil, c. 3, avec le I. V, c. 103, d'Arrien , et le I. XV de Strabon. Parmi les modernes : Montesquieu, Esprit des /oia, 1. X, e. i3; Salnle-Groix , Examen eriiiqusdtt ane, hist, d'Alexandre.
(2) Justin, I.XI, c. 2 ; «» Àtexandro nuntiatur Àlhenienses et Thebanos aheoaâPerm » defecisfe^aurtorenique ej^ts defectionis^ magno auri pondère à Persis corruplooif >» Demosthenem oratorem extilisse. » Diod. Sic., XVII, 4 : « Démosthène voulait se di»-
RÈaifS ET GORQDftTES D^ÀLEXANBRB. 365
ligue, dans laquelle entrent les Athéniens et les Tbébains, à laquelle les Lacédémoniens et d*autres peuples grecs sont sur le point d*accéder. Alexandre fond sur la Grèce. En traversant la Thessalie, il obtient des habitants la disposition de leur cavalerie et de leurs trésors. Il accorde la paix aux supplications des Athéniens, et attend quelque temps sous les mijrs de Thèbes le repentir des Thébains. Leur brutale sortie lé contraint à les assiéger. Leurs troupes vaincues et la ville prise, il refuse d'abord de la renverser. C'est le conseil, ce sont les députés de tous les peuples de la Grèce qui prononcent Tarrêt de Thèbes. Si Alexandre l'exécute , c'est qu'il est dans la néciessité de frapper.dë terreur cëiix qui songeraient désormais à se séparer du corps hellénique (1). Miàis au' milieu des ruines de Thèbes, il laisse subsister la 'maison de 'Ridll'rè , gage de son respect pour le génie qui passionne lés'Gfecsî mais à côté de ces ruines il relève deux villes, Platée et Orcbomène; mais enfin il s'applique constamment dans la suite à réparer le malheur des Thébains. Il s'annonce aux Grecs pour un chef sans faiblesse comme sans despotisme.
111. Préparatifs d'Alexandre contre les Persei, — Dès lors il ne songe i)lus qu'à se livrer aux préparatifs nécessaires pour exécuter ce que Cimon, Agésilas et Philippe n'ont pu faire. Il veut renverser le trône de ces rois de Perse qui, depuis cent cinquante ans, n'ont cessé d'attaquer la Grèce d'Europe , tantôt avec des millions d'hcMumés, tantôt avec l'or et les intrigues, et qui actuellement même tieninenten servitude et tyrannisent les Grées. d'Asie. Alexandre confie à Antii)à*er le gouvernement de la Macédoine, avec vingt mille homnies,' destinés à tenïr^ ce. pays dans l'ordre, et la Grèce, dans l'obéissance. Il lève trente mnie,hommes:d'infanterie, quatre. mille cinq cents de cavaicrie ; se inunitxie soixante^iï talents { trois cent :quatre-vingt^inq mille francs ) , de vivres pour quarante jours, d'une. flotte de cent soixante galères : il prend pouriieutenants les meilleurs, généraux de Philippe, entre autres Pannénion.Avôc cette, armée: médiocre par. le nombre; mais Vieillie ^s la guerre, il court attaquer Darius, qui va réunir contre lui six. cent miHe I^erses, et, ce qui est bien plus redoutable, cinquante mille Grecs mercenaires, dont ses immenses richesses, l'avidité et les dispositions hostiles de plusieurs répubhques contre Alexandre, lui permet-^ tent d'acheter les services. "
» culper auprès du roi de Perse de la guerre qui se préparait conlre lui : car on dis|M(^ » q'a'H avait reçu beaucoup d'argent des Perses. » ^
(ODiodor.Sic.,l.XVlI,c.ll.
3tt PBtos M l'hih*^iuub AjiciiaaiB.
lY* EapédUion à*AUxamârê contre k$ Pertti. BmtaMUim Qrttnipte^
êimquéU de VAm Mineure^ 354. «- Alexandre put de PeUa an eoo^-
menceiDeoft da printemps, il kmge tes côtes près d*Am|^ipoys, passe le
Stry mon , THèhre , et arrive eo vingt jours à Sestos. Les fksttes persanes
pouvaient lui di^uter le passage de TH^espont ; Timprévoyanee et la
lenteur de Barius lui épargnent ce danger : il débarque sans oppositioB
sur les rivages de TAsie Mineuee, où il visite rancim royaume de
Priam est le tomlieau d* Achille. Oans le eonseil des Satrapes, Memnon
le Rhodien, le plus habile des généraux de Darius, propose de dévaster
les provinces sur^ le passage d'Alexandre , et de le réduire, par le défaut
de vivres, à sortir d'Asie : ce plan est rejeté. Les satrapes rassemblent
sur les IxHtis du Granique vingt mille cavaliers et un pareil noml»e'de
fantassins» composés en grande partie de mercenaires grecs, aâiénieas
et autres. Alexandre détruit cette année dans une bataille , où Gtitus lui
sanvelavie.etoùpérisseatlegeiMlredeDarius, le gonvemear général
de TAsie Mineure, les satrapes particuliers de Lydie et de Cappadooe.
Cette grande victoire devient pour Alexandre Tune des causes principales
de la conquête de TAsie Mineure. La présence des mercenaires grecsau
Granique lui prouve la haine profonde des Grecs pour la dominaficm
macédcmienne. Il essaye, maisiea vain, de les gagner en les associant
pcditiquement dans ses trophées à Thcmneur de son triomphe. 0 prsnd
la résolution de rendre inutile leur mauvaise volonté, et de phv^Daiios
de leur puissant secours, ensoivant, avec une imperturbable constanee,
le projet de s*empaier des provinces maritimes de Teminre persan;
prqet dont le résultat immédiat doit être de rompre toutes les communi-
CKtions entre la Perse et la Grèce, d'en faire deux mondes à part. Ttat
<|a*il ne possède pas une vaste étendue de provinces, il conduit aussi
son armée de terre le long des côtes, pour n*étre pas séparé de sa flotte,
pour ne pas manqua de subsistances.
£n partant du Granique , il soumet la Mysie et la Lydie : Sardes, capitale de la Lydie, lut ouvre ses portes ; il y trouve les bordereaux de» sommes que Démosthène avait reçues du roi de Perse pour alimenter m Grèce la guerre contre Philippe (1). Il subjugue la Carie , où Memncm défend longtemps contre lui Milet et Halicamasse. Dans toutes les viltes grecques, il rétabht la démocratie, leur gouvernement £sivori. A use
(1) « Tout fat découvert dans la suite par Alexandre, qui trouva à Sardes quelques » îettres-quittances de Démosthène, et tes registres des lieutenants du roi, 6Ù étaient » marquées les sommes qu'ils lui avaient fournies. » Plutarc, in Demoslh.
RÈCHIS ET GONQUÊTB D'ÀLBXAlTmtE. 387
èpmpm où les »ip«r8kiti<m8 pateoiMB exerçaient sur les esprits xm anpire ittoiBCé, comme le prouTent les deux guerres de religion faites par HiRippe, Alexandre ofbpe aux Éphésiens de rebâtir leur temple de Bénie. Dtas diaqae pnmace il rend a«x Asiatiques leurs lois héréditaiies, et ronp^iee le dei^tisme des rois de Perse par un gouvememesX éipiilable et moâéré; il ne yeut laisser derrière lui que des peo^^ qui le regardât comme un libérateur. Après s'être emparé des ports de la Lfeie et de la Pisidie jusqu'à Perga, il entce en Phrygie, am^ à Taficieime capitale Gordinm , coape le eélèère noeud gorâien , el p^^uade à ses scddats, déjà rassurés antérieurement par des prédio* tionB et des i»odiges fararables» qu'il a rempli Toracle qui hd donne l'^g^re de FAsie.
Après la bataîUe du Oraaiqoc, livrée contre son avis, Kemnon, endemi digne d'Alexandre , lui avait disputé le terrain pied à pied, était parvenu à affaiblir son armée dans les ^éges prolongés de Miletét d'fialkamasse. En sortant de cette dernière ville, et pendant la mw^elie dtt Maeé^nien en Lycie, en Pamphylie, en Pbrygie, Memnon avait monté la flotte persane, avec là résection d'occuper les lies de la mer ISgée, surtout les plus voisines des côtes de l'Asie. Il voulait r^ablir laa ccHUBiuaic^ions entre la Grèce et l'Asie ; préparer des lieux d'où les iMroenaires gpecs puBaent ilaicilement passer sur les terres des Perses ; «niper même la retraite à Alexandre, dans le cas où il prouverait une déSûte. Esï quittant les Hes, Memnon devait se porter en Bfocédoine et m Orèoe, y fomenta les mécontentements et une insurrection gélérale. Il se saisit des Iles de €os et de Lesbos, tandis qu'Alexandre le Lynceste, gendre d'Antipater et l'un des principaux seigneurs macé*» doniens, séduit par l'or des Perses et par son ambiticm, portait ses wmB jusqu'au trône de Macédoine, et complotait à i4iaselis contre les idurs du conquérant. Memnon préparait peut-être à Alexandre dîneur- »(WWbies dâicultés, quand il périt au siège de Mitylène. Après sa «lort, on ne trouva pas dans tout l'empre de P«^ un isetd bomme aapabJa de suivre ses préfets, et Alexandre put désormais exéculer'tet MBS sans diistffaetioa.
Il reçut la soumission de la Galatie et des Paphlagoniens , traversa la Cappadoce en vainqueur, força les Portes Ciliciennes, subjugua la Cilicie et s'empara de Tarse, la capitale. Il tomba malade à Tarse , pour s'être ba^né dans les eaux du Gydnus ; mais l'habileté de son médecin Philippe le rendit bientôt à la vie , à Tamour de ses troupes et aux combats.
V. Bataille d'Issus ; conquête dt la €élé$yrie^ 4$ la Fkénieîe, de la
568 PRÉCIS DE L'H^TOmi ANCiSmiB. :
Palestine, de V Egypte. -^'3515. Alexandre défait dans les plaines d-Issos la multitude des Perses, et trente mille Grecs mercenaires que Darius conduit contre lui. Il s^honore en respectant la famille du roi vaincu. Il le laisse fuir au delà de TËuphrate : fidèle au plan qu*il s*est tracé dès le commencement, il prétend achever Tinvasion des provinces maritimes, et s'affermir dans les conquêtes déjà faites avant de commencer de nouvelles. La révolte de la Phénjcie sous Ochus, les révoltes continuelles de l'Egypte depjods Carabyse ,'lui;garantissent le succès de l'invasion. Il fait reconnaître son autorité danslaÇélésyrieetàDamas, où il trouve une première partie des .trésors de Darius, et les ambassadeurs d'Athènes, de Thèbes, de Sparte, qui ne se lassent pas de conjurer avec les Perses contre ses succès et ceux de la Grèce. Dans la Phénicie, Âradus, Marathus, Byblos, Sidon, hii ouvrent leurs portes avec empressement : Tyr résiste , il la prend et la saccage après sept mois de siège, 552, mais ne la détruit pas, cgmme on Ta avancé sans fondement (1 ). La conquête de la Phénicie entraine celle de la Palestine : les Macédoniens sont longtemps arrêtés devant les murs de Gaza, défendue par Bœtis (2). Les Égyptiens lui livrent leur pays : il sacrifie à leurs dieux dans Memphis ; les rétablit dans la jouissance de leurs lois et de leur religion ; attribue le gouvernement civil à un naturd du pays, et le pouvoir inihtaire à un Macédonien: ordre établi par lui dans la plupart des autres contrées, afin dé concilier sa'stureté avec le respect pour les mœurs, les coutumes, les propriétés des vaiùcus.Il fonde la richesse et la prospérité de l'Egypte pour mille ân§, en teàèaiat lui-même le plan d'Alexandrie,' destinée' par sa position àdevénit/àla place de Tyr dévastée, rehtrepôt commercial de rA«friQ^uê;":de'4^ife.et de l'Europe, 551. Il va ensuite en LybieT comme il est âllé'à G<Ji'dîwn, se concilier les oracles, et donner à ses armes l'appui dés sûpefêâ^iis païennes. Après s'être fait déclarer fils lîe^Jupiter par les prêtres du temple d'Ammon, après àVoir obtenu liiie'réponse qui lui éstfàvijrafele auprès^ de ses soldats et des barbares , après avoir reçu de nonibrèuses recrues delà Macédoine, de la Thrace, de la Grèce, il court au delà de l'Euphrate et du Tigre chercher Darius, dont il a repoussé les propositions de paix. . : '
(i) Tyr fut si peu délraile, que dix-huit ans après elle fii^t assiégée par Ahligone, et qu'elle lui résista quatorze mois. . .
(3) Arrien, Plutarque, ne disent rien de l'indigne traitement exercé par Aleundre Ontre fiœtis dans le rdmAD da Onint«X!nrM. ' - /. - . . /
contre fiœtia dans le roman de Qainte^urce.
RÈGNE ET CONQUÊTES D'àLEXàNDRE. 369
VI. Bataille d'Arbelles , mort de Darius , fin de la monarchie des Perses. — 351. Alexandre gagne la bataille d'Arbelles; dans celte action-, la conduite de Parménion peut justement paraître suspecte (1). Le petit nombre de mercenaires grecs qu'on y vit combattre prouve la sagesse des plans d'Alexandre. Darius fuit. Le vainqueur s'empare d'Arbelles, de Babylone, de Suze; défait les Uxiens, force le pas de Suze, se rend maître de Persépolis, où il incendie quelques bâtiments attenants au palais des rois de Perse (2) ; il entre ensuite dans Ecbatane , ville principale de la Médie. Ainsi il se saisissait, avec toutes les capitales de l'empire de Perse, du centre de l'administration et du gouvernement, comme des richesses de l'ennemi, sa principale ressource. Ce n'est qu'après la prise de possession de ces villes importantes qu'il commence la poursuite de Darius, 330. Ce prince est trahi , puis assassiné par Bessus et par Nabarzane aux frontières de l'Arie : sa mort met fm à la monarchie persane, qui avait duré 206 ans depuis Gyrus.
Pendant que ces événements ont lieu dans l'Orient, les Thraces se révoltent, et les Spartiates arment vingt mille hommes. Antipater msui'che contre eux. Les Thraces sont domptés. Les Spartiates sont vaincus, en Arcadie , dans un combat où ils perdent cinq mille soldats et leur roi Agis, 330; Ces soulèvements arrivent trop lard pour détruii*e la suprématie d'Alexandre en Grèce, et l'arracher de l'Asie; mais ils prouvent, avec l<i guerre Lamiaque, ce qu'aurait pu faire un homme tel queMemnon. A. P.
(1) « En^^général on accusa Parménion de n'avoir pas fait son devoir dans cette jourf> née, et d'avoir marqué ou beaucoup de lâclieté ou beaucoup de lenteur, soit que la » vieillesfte eût éteint son courage et son audace, ioit , comme l'écrit CaiUsthènes, qu'il » regardai comme un fardeau intupporiable la grande puissance d'Alexandre , et qu'il » portât envie à ion élévation t laquelle , à $on gri^ devenait trop grande. » Plut., in Alexand.
(2> Gillies, c, XXXVIU; Volney, Lévesque, t. Hï, p, 422, ont prouvé qu'Alexandra n'avait brûlé ni ia>ille ni même le palais de Persépolis, mais quelques bâtiments aliénants. Quinte-Curce n'épargne pas une seule maison de Persépolis.
370 ntofs me LtesroïKE kTKisnx.