RÈGNE ET CONQUÊTES D' ALEXANDRE
blit les rapports qui ont subsisté depuis entre Tlnde, l'Europe et TAfrique. Alexandre commence sa marche , 323 , en traversant la Gédrosie : il y perd les trois quarts de la division qu'il commandait. La conduite insensée qu'on lui prête en Caramanie est traitée de fable par Arrien. Dans ce pays, il met à mort Cléandre et Sitalus, convaincus d'avoir exercé de coupables concussions contre les Mècles. Dans la Perse et dans la Suziane, il punit également du dernier supplice les gouverneurs prévaricateurs de ces provinces, et contraint Harpalus, gouverneur de Babylone, à se sauver en Grèce. Mais à ces exécutions justes, quoique sanglantes, il joint celle de l'innocent Orsine, descendant de Cyrus et gouverneur de Perse.
La prodigieuse activité, la force de son génie, partagées jusqu'alors entre les opérations militaires et l'administration intérieure , se concentrent, s'exercent exclusivement, dans ses dernières années, sur les plans de commerce, de découvertes, de réformes générales et particulières, de perfectionnement de la nature humaine, dans les diverses parties de son vaste empire. Il prend des mesures pour attirer dans les provinces centrales le commerce de l'Inde. H fait reconnaître les côtes méridionales du golfe Persique, et ordonne de visiter celles de l'Arabie, dont ses navigateurs ne peuvent doubler le cap méridjpnal. Depuis longtemps le canal Pallacopas, branche de l'Euphrate, s'était affaissé, épuisait le fleuve, et ne lui permettait plus de fertiliser les campagnes assyriennes en les inondant; Alexandre trace lui-môme un nouveau lit à ce canal. Peu après il travaille aux embellissements de Babylone. A la fin de ses conquêtes, il ordonne la reconstruction du temple de Bel ou de Baal, comme il voulait se charger, au commencement, de celle du temple de Diane à Éphèse. Toutes les croyances sont respectées et protégées par lui. Il incorpore dans ses troupes les recrues des barbares au nombre de trente mille, armées, exercées, disciplinées à la manière grecque. Une sédition éclate à cette occasion parmi les Macédoniens, dont il venait de payer les dettes avec la générosité d'un roi et la délicatesse d'un ami : il comprime leur révolte par sa magnanimité. Les nombreuses colonies appelées depuis longtemps de Macédoine et de Grèce en Asie tendaient à la fois à maintenir les Perses dans l'obéissance, à les régénérer par le contact avec les Européens, à unir enfin les deuï peuples. Alexandre s'e^rce de nouveau de les fondre ensemble par son mariage avec Statira, fille de Darius, et par celui de dix mille Grecs et Macédoniens avec des femmes persanes. Il essaye de répandre la littérature, les idées, la civilisation de la Grèce dans tout l'Orient»
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m céiélmrat les jeoî du gynmase et les fêtes musicafes, en faisant représenter à E^bataire ïes drames de* la Grèce, 324^.
Harpalu», retiré à Atbènes, corrompt Démosthène et cherche à soulerer;,les habitants. Alexandre arrête de châtier les Athéniens : bientôt il apprend qu1îs ont chassé Harpalus; il abandonne alors tonte idée de vengeance. Mais la Grèce ne peut trouver de repos à l'intérieur, de sûreté contre ses voisins, qrjedans l'existence d'une fédération hellénique, sans cesse menacée'ou attaquée par la passion des Grecs pour une indépendance sans restriction. Alexandre donne des partisans à cette grande institution et à la suprématie macédonienne par un acte éclatant dejustice : il rend à vingt mille bannis, que les factions ont chassée, leur patrie, leurs biens, leur état de citoyens. Il dompte les Cosséens, et reçoit sur les [bords de TEuphrate les ambassaxieurs de la moitié des peuples connus. Il entre à Babylone, accueille avec bonté les députés de la Grèce, et médite pendant un an d'immenses et nouveaux projeta de conquête et de découvertes. Il meurt à Babylone, 525, âgé de trentecfeux ans et huit mois, des suites de ses fatigues et de ses excès (i). So^ trépas est pleuré par la famille du roi qu'il a détrôné ; partons les peuples vaincus, dont il a amélioré le sort, chez lesquels il fonda plus de villes que les autres conquérants n'en ont détruit.
Vingt et lin siècle» se sont ëconlés depuis la nwrt d^Aleiraiidre. D«m» «et espace de temps , il n*a pas cessé un moment de fSnuv l'attention de la postérité : swi nom tfesls inconnu k aucun homme; plus de eent écrivains, anciens ou modemefr, ant raconté, jugé, apprécié ses actions. Cette préoccupation de touft les siècles- à son égard suiUrait pour constater sa supériorité : le génie seul jouit d'un paxâl privilège. Les déclamateurs Tout traité de fou. Les grands esprits , depuis César jusqu'à Condé , Bossuet et Montesquieu , frappés de la hauteur de ses idées et de ses combinaisons , en rapport avec les leurs , se sont réunis pour l'admirer. Sa conquête fut juste ^ elle délivra la Grèce des dangers et des humiliations que lui prodiguaient les rois de Perse depuis deux cents ans. De plus , il la rendit saïn^ taire aux virfncns , et acquitta ainsi la dette immense que tout conquérant contracte envere ritnmanîlé. Son administration passe les vulgaires éloges comme PimitatioB'. Élèm d'Aristote, Tesprit le pAas Bnvvereel de Pantiquité, il eon^ait ioolcft les idées qe» FOrient,. rai»àlft disjpoiritiaa du pbilM0|»h6 de Stagyre, tel tBmMmi mitre, el iî emefioiju sa taute^^scance à le» exécater. Êcoulon»,» mm fB» un^paBégQfristeri, inaia ua histocieiii,. ragontant firoideaient tes psojeC» gob^
(1) Nans adoptons la date vulgaire 323, au lieu de la date 324, indiquée par quelques erfifqtres*
pav Ihî pour rapprocher les membres épar» àe la grande femlMe humaine par ]^ lieofi de la religion et du cominerce » et nous pourrons alors juger sa hauteur d^n» seul coup d'œil. « On exposa devant les Macédoniens de longs mémoires que ^^ » Boiraort avait laissés. Dens les plus considmbles, on trouva le projet de fiai»» » eenstruire dans la Phénicie, dans la Syrie, dans la Gilieie, et dans €hypre^ » mille vaisseaux plus forts que des galères , pour porter la guerre sur les rivaget^ » die 1* Afrique, deFEspagne et de tous les pays qui environnent la Sicile. On de- » ¥ait eonstruire aussi, par intervalles , le long des rivages, des ports et de» * ri>ri8 convenables pour une flotte de cette importance. Le but de cette entw-* »• prise était d^aseurer par tous les odtés de la mer intérieure ou Méditerranéen» »fc passage lifrre et aisé jusqu'aux colonnes (FHercules. Il était ftiit mention de st\ » tenn^ee magnifiques, à la construction de chacun desquels il destinait qttln«<^ » cents talents. Il indiquait les moyens de peupler les nouvelles villes qu'il dev«H% » lure bàtif . H pourvoyait h la transmigratton réciproque des Asiatiques en K»- »fc rope et des Européens en Asie. Par les alliances et les liaisons légitimes q^ » les deux parties de la terre contracteraient ainsi ensemble, il voulait qu'elle» » vécussent désormais dans une paix profonde (1). » A. P.