CHAPITRE XXXIV
Sistoire des sïi4ce«seurs d'Alexandre , depuis U mort d'Alexaudce yminlk la batftUle d'Ipana.» 32a*3<)l. *
^ I.-— jf/ol de l empire , de l'armée , de la famille^ des capitaines d'Alexandre^ au moment où il mourut.
État de r Orient, — En mourant , Alexandre laîssftît le» peuples nombiQmiéRft province» persanes safet» (îe la Maeédoine et de la Grèce. Le grand oovragt de leur régénération , de l'importation de te dvilfeatkm grecque dan» l'Orient, wm* imneé par lui, restait à a^ever.
Étca dtB to Grèce. — II lalssaH les pevples grecs en possession Ae leurs goti^ Tevnemenls, éte leurs lois , de leur» coûtâmes, de leurs magistrat» , de leur MlMsIé pleine et enttère, nwtes ch6*s que le» Athéniens et les Spargate» leur avAiesd Mes, quand il» arsfent obtenu le eommandeffieiit. De leur liberté politique, il ne leur avait enlevé que le droit de guerre pr»véo, q«rt, après avoir couvert la Grèce de sang, Favait asservie aux Perses. H n'avait attribué à la Macédoine que
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376 PRÉCIS DE L'hISTOIBE ANCISimB.
la suprématie, le commandement, dont les Spartiates, les Athéniens, les Thé* bains , avaient été investis tour à tour. II avait remplacé les guerres civiles perpétuelles, les despotismes successifs, par Tordre, la paix, la force suffisante pour résister à toutes les attaques de l'étranger , quel qu'il fût , résultant de la constitution fédéralive qu'il avait donnée à la Grèce (1). H avait laissé Antipater en Ma* cédoine avec 20,000 hommes pour maintenir ce nouvel état de choses. Les Spartiates et les Athéniens , déchus d'une puissance dont ils avaient si cruellement abusé , avaient tenté deux fois de la recouvrer en bouleversant la Grèce. Mais les Spartiates et leur roi Agis avaient été vaincus; maib les Athéniens s'étaient vus contraints de chasser Harpalus ; mais Alexandre avait donne vingt mille partisans, vingt mille soutiens à son système , en forçant les diverses cités de h Grèce à rappeler ceux de leurs bannis qui avaient été chassés sans jugement et par les cabales des chefs des diverses républiques. Ce grand acte de justice paternelle avait excité le mécontentement de tous ceux qui avaient à se reprocher quelque iniquité, et en particulier celui des iEtoliens et des Athéniens. Les premiers, ayant injustement chassé l'ancienne et puissante famille des ^Eniades , s'attendaient à être punis incessamment de cette violence; les seconds avaient plus in-, justement encore partagé entre eux le territoire des Samiens , qu'ils étaient peu disposés à rendre. A la première nouvelle de la mort d'Alexandre , les Athéniens, qui avaient des ressources dans les trésors que leur avait laissés Harpalus , envoyèrent Léosthènes se mettre à la tête de huit mille soldats, vétérans des guerres d'Asie , congédiés par les gouverneurs de Perse , et stationnés alors aux environs du Tœnare de Laconie. Ils équipèrent une flotte de deux cent quarante galères. Ils envoyèrent des orateurs dans les villes grecques , pour les appeler à la liberté , et en obtinrent divers contingents de troupes qui portèrent Tarmce confédérée à trente mille hommes. Les plus riches des Athéniens , les plus sages de chaque république, Phocion à leur tête, désapprouvèrent l'entreprise; mais leur voix fut étoiTffée partout par les ambitieux , « dont le métier était d'émouvoir » le peuple, qui ne pouvaient vivre aux dépens du public que par la guerre; » genre d'hommes dont Philippe disait autrefois que la guerre était pour eux un » temps de paix , et que la paix leur faisait la guerre (2). »
Tel était l'état de la Grèce à la mort d'Alexandre. Il reste à examiner celui de son armée , de sa famille , de ses généraux.
JStat de l'armée, — Alexandre avait eu plusieurs fois à comprimer dans ses soldats l'esprit d'indépendance , d'opposition à ses vues , de révolte même ; mais Tamour pour sa personne, l'enthousiasme pour ses exploits, qu'ils avaient partagés, étaient vifs et profonds. Quand il mourut, ces sentiments dont il avait été l'objet se changèrent en affection pour sa famille, en désir manifesté , à plusieurs reprises , de la placer sur son trône (3).
(i) Voyez ci-dessus , pages 360-363.
(2) Diod., I. XVllI , c. 8-10. Justin, I. XIII, c. 5.
(3) Yoyet dans la note II, à la fin de Pliistoire de la Grèce, de curieux détails en preuve de cette assertion.