HOTE SUR LES FAITS ANTÉRIEURS
» exprès, de la part des rois, de ne délivrer l'argent qu'à lui seul. » (Diodore, 1. XIX, p. 662 et 664.)
Olympias tombe plus tard au pouvoir de Cassandre ; elle a provoqué la haine des Macédoniens , en mettant à mort cent de leurs officiers. Cependant tel est l'ascendant que conserve sur eux la mère d'Alexandre , que Cassandre n'ose lui laisser plaider sa cause dans leur assemblée, et que le fer tombe des mains des .^-oldats qu'il a envoyés pour la mettre à mort. Il est obligé de recourir aux parents des victimes d'Olympias pour trouver des bourreaux. Ainsi Diodore , Plutarque, Justin, tous les historiens qui ont présenté l'histoire de cette époque , s'accordent pour nous montrer l'iniluence exercée sur les événements par les idées de la légitimité. Les détails que nous venons de rapporter, et que les historiens modernes n'ont pa» même aperçus, prouvent que les successeurs d'Alexandre auraient trouvé des difficultés, peut-être insurmontables , à dépouiller les héritiers légitimes, si trois circonstances n'avaient favorisé leurs projets : l" Les chefs conspirèrent constamment contre l'autorité d'Eumène , qu'ils méprisaient en qualité d'étranger et d'homme d'une naissance obscure ; 2* La lâcheté ou la trahison de Peucestas livra à Antigène le bagage des Argyraspides , et mit aux prises leur intérêt personnel avec leur fidélité à la cause des rois , et leur obéissance à la personne d'Eumène ; 3* Les dissensions de la famille royale lui ôtèrent la plus grande partie de ses ressources , et les fureurs d'Olympias apprirent à verser le sang d'Alexandre.
Note III.
(Diodore de Sicile, 1. XÏX, c. 62.) « Antigène convoqua l'assemblée des soldais » et des Macédoniens, qui se trouvaient réunis alors en ce lieu, accusa d'abord » Cassandre du double crime d'avoir mis à mort Olympias, et de retenir mainte- » nant en captivité Roxaneetle rot" lui-même (Alexandre Aigus). IHui reprocha » ensuite d'avoir épousé par force Thessalonice (sœur d'Alexandre le Grand) , pour » acquérir par là un titre au royaume de Macédoine^ et pour le réclamer » comme sa propriété. Toute l'assemblée étant entrée dans son ressentiment, if » fit passer uff décret par lequel on déclarait Cassandre ennemi public, s'il ne » retirait de ses prisons le roi et Roxane, sa naère , pour les rendre aux Macé- » doniens, et s'il ne se soumettait à Antigène, nommé généralissime .et gardien
» de la couronne de Macédoine Quand 'ce décret publié eut été approuvé par
» toute V armée y on fit partir des courriers pour le distribuer de toutes parts
» Les capitaines qui avaient servi sous Alexandre , et qui étaient satrapes de diifé- » rentes provinces de l'Asie, soupçonnaient beaucoup Antigène de vbuloir intérim rompre la succession naturelle de la couronne d'Alexandre, Il espérait > beaucoup de les ramener à son parti par cette idée de guerre entreprise » pour le service de la maison royale : ce qui les engagerait tous à se réunir » sous ses enseignes et à favoriser ses démarches^ couvertes d'une apparence 9 si avantageuse, »
(Justin , 1. XYI , c. i .} Démétrini Poliorcète! , le justifiant auprès de l'armée d«
4S0 PRÉCIS DB l'histoire ancienkf.
meurtre d'Alexandre , fils de Cassandre, dit « qu'Alexandre Pavait attaqué lê.pre- » mier; qu'au reste, il était roi à plus juste titre, soit que l'on considérât lV»xpé- ».rience que donnaient les années, soit que l'on s'attachât aux règles du droit; » que son père avait toujours suivi le roi Philippe et Alexandre le Grand dans » toutes leurs expéditions militaires ; que depuis il avait été fidèle ministre des » enfants d'Alexandre et toujours le ^premier à poursuivre ceux qui s'étaient » révoltés contre eux; qu'au contraire, c'était Cassandre , père des deux jeune» » princes , qui avait exterminé la maison royale ; qu'il n'avait épargné ni les prin- » cesses ni leurs enfants , et qu'il n'avait point eu de repos qu'il .n'eût fait » .périr jusqu'au dernier rejeton de la tige royale; que, comme il n'avait, pu » venger ce crime sur Cassandre lui-même, il l'avait vengé sur ses enfants; » qu'en conséquence de cette action , si les mânes étaient capables, de quelque » sentiment, Philippe et Alexandre le Grand aimaient mieux voir. sur le trône de
• Macédoine ceux qui avaient vengé leur mort et celle de leur race, que cenxqoi » en avaient été les auteurs. » Ayant gagné les esprits par- ce discours, on va