GRÀNDE>GRÈCE ET SICILE
d'un potier, décrié dans sa jeunesse par la licence de ses mœurs, s'illustra plus tard par ses exploits dans les armées de Syracuse. Banni deux fois de la ville par les factions, il fut investi du généralat par raveugle confiance du peuple, en 517. A peine revêtu de cette dignité, il établit son despotisme par le massacre de dix mille Syracusains. Les mêmes moyens le rendent maitre absolu dans Messane, Tauroménium, Gela, 315-311, villes qui composaient à cette époque le domaine de Syracuse, avec Agrigente , Léontium, Catane, Égeste, Camarine. Agathocles reprend le projet favori de tous les tyrans et généraux de Syracuse», il veut chasser les Carthaginois de la Sicile. Il y est battu par eux, et assiégé dans Syracuse, 310. Dans cette situation difficile, il prend la résolution de les arracher des murs de Syracuse, en allant les attaquer sôus les murs de Carthage. Il débarque eu Afrique avec une partie de sa flotté et de son armée; il prend la Grande-Ville, Tunis, Utique, range sous sa domination deux cents villes ou bourgades sujettes de Carthage, défait les armées de cette république dans deux batailles, et la réduit aux dernières extrémités. Il s'allie avec Ophellas, roi de Cy rêne, Tassassine, joint les Cyrénéens à ses troupes, et augmente ainsi ses forces de toiltes les leurs, 511-307. Pendant ce temps, ses lieutenants repoussent les Carthaginois des murs de Syracuse, et tuent leur général Amilcar. Mais la révolte d' Agrigente et de quelques autres villes siciliennes contraint Agathocles à repasser en Sicile : il accable les rebelles, les assujettit de nouveau et retourne" en Afrique , où ses affaires ont décliné en son absence. Il est vaincu dans une bataille décisive, abandonne lâchement son armée, et s'enfuit à Syracuse, 307. Il conclut la paix avec les Carthaginois , 306 ; détruit ensuite le parti de Dinocrate , qui â rassemblé jusqu'à 2o,000 hommes contre lui, 305; dirige ses efforts contre les villes de la Grande-^rèce , ruine Crotone, 299, et prend Hipponium, 293. Son petit-fils Archagate et Ménon Tempoisônnent en 289, et mettent fin à une vie toute pleine de crimes, d'entreprises aventureuses et d'exploits.
Aucun de ces deux ambitieux ne parvient à lui succéder. Icétas réta* blit la démocratie, obtient du peuple la charge de général, et l'exerce pendant neuf ans, 289-280. Il est dépouillé par Tynion ; celui-ci trouve un rival dans Sosistrate : Syracuse, déchirée par la guerre civile qu'ils allument , assiégée parles Carthaginois, appelle Pyrrhus à son secours, 278. Pyrrhus reçoit lès clefs des principales villes siciliennes, 277, chasse les Carthaginois de presque toutes leurs possessions, délivre les Siciliens du brigandage des Mamertins , mercenaires de la Campanie à la solde d'Agathocles, qui se sont récemment emparés de
Hessane par une odieuse violence. Mais Pyrrhus tyrannise à son tour les Siciliens et se voit contraint à quitter leur île, 276.
275. — Après sa retraite , Hiéron, descendant de'Gélon, est élu chel de l'armée de Syracuse : il marche contre les Mamertins, se défait des soldats étrangers , auteurs de la plupart des troubles, et taille en pièces les Mamertins. Rentré vainqueur à Syracuse, il est déclaré roi et reconnu pour tel par les alliés, 269. Son règne n'est troublé que parla défaite qu'il éprouve l'an 264 , en combattant les Romains conjointement avec tes GarUiaginois, alors ses alliés : il conclut avec les Romains une alliance prok)ngée dans un espace de cinquante années : pendant ymt ce temps, .il assure à ses sujets un bonhâUF et une prospérité que leurs démagogues n'avaient jamais pu leur donner. L'an 241, à la iki delà première guerre Punique, il voit la moitié de la Sieile passer de la domination de Carthage sous celle de Rome et devenir province romaine: dans cette province se trouvaient enclavées plusieurs- villes grecques, Agrigente entre autres. Hiéron conserve Syracuse et toutes les villes dépendîtes de Syraci^, jusqu'à. sa mort, arrivée esï 215.
Htéronime , son petUrûls, lui succède : le faste et la tyrannie de ce prince soulèvent l'indignation générale ; il est assassiné après un an de règne, 214. Ses beaux-frères, Andranodore etThémistius,. songent à hériter de son pouvoir : ils sont massacrés par la feiction démocratique» qui enveloppe dans leur perte leurs femmes, derniers restes du saog " d'Hiéron. Épicyde et Hippocrate, nommés premiers magistrats, se déclarent pour Annibal contre les Romains : soixante - six villes siciliennes, parmi lesquelles Agrigente , abandonnent également le parti de la république. Marcellus met le siège devant Syracuse : longtemps défendue par le génie d'Archimède, elle succombe en 212. Les autres villes siciliennes tombent en la puissance de Marcellus et de Lagnnus, ou se rendent volontairement. Toute la Sicile est réduite en proTinee romaine,. 210. Laevinus désarme les Siciliens et tourne tous leurs travaux, tûutes leurs pensées , vers la culture de feur fertile terrHc4re. U Sicile , devenue province, conserve ses magistrats particuliers et ses lois dans chaque ville; mais Rome y envoie un préteur pour surveitier son obéissance, pour exiger le tribut en argent et en blé qu'elle pay^ annuellement, et auquel les Italiens ne sont pas assi:ûettis..
Histmre de la colonie de CyrMui depuis la mort d^Alexeondte. -^ Après la mort d'Alexandre , Cyrène devient une province des Lagidesr sous PtoléméePhyscon, elle est érigée en royaume particulier. Appion, fris natiurel de ce prince, la lègue par testament aux Romains, a7. Cy-