DUCHE DE BASSE LOTHARINGIE
parti des Olhons, y compris le métropolitain de Rheims, Adalbéron, qui avait déiendu les intérêts de Théopbanie, à la mort d'Otlion P', et le célèbre Oerbert, qui fut élevé sur le siège apostolique par Othon III.
Hugues Capet avait d'ailleurs resserré les liens qui Faltacbaient à ses cousins de Germanie, en allant trouver Otbon II à Uome, en 980 ; il s'y était concilié les bonnes grâces de l'impératrice Tbéopbanie, qui paraît avoir dès lors promis de seconder son ambition. Hugues Capet s'appuyait donc sur le parti allemand, qui était opposé à l'élection de Charles. C'est précisément le contraire de ce qu'a supposé Augustin Thierry pour fonder son système.
Hugues se hâta de profiter des avantages de sa situation. Avant que Charles eût fait valoir ses droits, il se fit proclamer roi par les grands réunis à Sentis sous la présidence d' Adalbéron, et dès le premier juin il était couronné à Xoyon par un archevêque qu'il venait de sauver d'une accusation grave. D'autre part, le duc Charles réunit quelques troupes, entra en Neustrie et parvint à s'emparer de la ville de Laon.
Le roi nouvellement élu envoya des députés dans toutes les directions ; il fit un appel aux Français de la Marne à la Garonne. Lorsque leurs forces furent réunies et formèrent une armée, ils marchèrent sur Laon pour en faire le siège. Un camp
fut établi sous les murs de cette ville ; on l'entourna de fossés et de chaussées. Il paraît que l'armée d'Hugues Capet passa l'été dans cette position; quand l'hiver s'approcha, quand les nuits devenues longues fatiguèrent les sentinelles par leur durée, le roi tint conseil avec ses lieutenants, les principaux chefs de l'armée; tous décidèrent qu'il fallait se retirer, sauf à revenir au printemps prochain. Cette résolution fut exécutée sans délai. Après leur départ, Charles ne resta point inactif; il parcourut tous les dehors de la ville, examina les lieux, les positions stratégiques, augmenta ses moyens de défense, fit restaurer les murs, agrandir et fortifier la tour par des constructions plus solides en dedans et en dehors.
Dès que l'hiver fut passé et que la belle saison permit de se mettre en campagne sans trop d'inconvénient, Hugues rassembla une nouvelle armée et vint camper avec huit mille hommes devant la place de Laon. H fit entourer son camp de fossés et de chaussées, comme il l'avait fait l'année précédente. H semblait craindre l'ennemi, plutôt que de vouloir l'attaquer. Cette précaution ne le préserva point d'une défaite. Par une belle nuit du mois d'août, les assiégés firent une sortie de la place et tombèrent à l'improviste sur les assiégeants endormis ; ils portèrent l'incendie et la mort dans leur camp ; la confusion fut telle que le roi épouvanté s'enfuit avec les grands qui l'entouraient. Son armée n'avait