‹ Précis de l'histoire contemporaineChapitre 13 sur 59 · EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

EN ESPAGNE

Les chefs de la Sainte-Alliance n'étaient pas encore satisfaits de l'œuvre accomplie à Laybach. Metternich pressa les souverains et les ministres de se réunir de nouveau et d'intervenir en Espagne. Le nouveau congrès se tint à Vérone, où vinrent Ci:r?r s

^ de \ èruiie.

(septembre et octobre 1822) le roi de Prusse et

(1) En 1823, il s'adjoindra, eomrae volontaire, a l'armée que le duc d'Angoulênie conduisait contre les révolutionnaires espagnols.

3G HISTOIRE CONTEMPOHYINE.

les empereurs d'Autriche et de Russie. L'Angleterre, après le suicide de lord Castlereagh, y fut représentée par le duc de Wellington (i). Les représentants de la France étaient le vicomte de Montmorency, ministre des affaires étrangères, et le vicomte de Chateaubriand, ambassadeur à Londres. La France, plus intéressée dans le soulèvement espagnol, se plaignit de la contagion révolutionnaire. Aussitôt les trois souverains du Nord voulurent s'engager par un traité à soutenir la France « dans l'étendue, la forme et le moment quelle voudrait. » Tel n'était point le sentiment cann.ng du cabinet britannique. George Canning, qui avait succédé à lord Castlereagh, voulait bien, selon les expressions de Wellington, que la France veillât sur ses frontières, mais il n'était point d'avis qu'elle les franchît. Villèle, qui était devenu président du ministère français, prétendait, de son côté, ménager l'alliance des rois, mais sans heurter l'opinion publique; il voulait être ou du moins paraître libre dans ses mouvements. Metternich obtint toutefois de M. de Montmorency que la France ne serait que la simple exécutrice des décrets de la Sainte- Alliance. Louis XVIII, obligé d'opter entre M. de Montmorency et Villèle, se rangea du côté de ce dernier. Montmorency donna

(\) Le \1 août précédent, lord Castlereagh (depuis lord Londonderr>,.dans un accès de démence, s'était coupé la jugulaire avec un rasoir.

Page 1