LE PORTUGAL ET LE RRËSIL
les provinces du nord, se formèrent des troupes nombreuses de patriotes qui secondèrent l'armée anglaibe accourue pour repousser les Français. Victorieux à Vimeiro (21 août 1808), Arthur Wellesley (Wellington) put dicter la convention de Cintra qui amena l'évacuation du royaume, abandonné à l'influence anglaise, en l'absence du gouvernement, transféré au Brésil.
Cet état de choses dura jusqu'en 1820. Le inspection 24 août, une révolution éclate à Porto : ce mouvement libéral, auquel s'associe une partie de l'armée, a pour objet la convocation des cortès. Le royaume est proclamé monarchie constitutionnelle sous la maison de Bragance ; la régence de Lisbonne, soumise à l'influence anglaise, est abolie; on veut une nouvelle constitution, sur le modèle de celle de l'Espagne. Lord Beresford était revenu du Brésil avec les pouvoirs de vice-régent ; la junte insurrectionnelle l'empêche de débarquer (10 octobre) et il est obligé de se retirer en Angleterre.
Quelques mois après, le Brésil devient aussi le J^gjgp théâtre d'une révolution. « Des militaires ont poussé dans Para, dans Madère, et dans Baya même, la seconde ville de l'Etat, les cris de : Vive la constitution! Vivent le roi et la religion ! (10 février 1821.) Des juntes composées d'officiers ont remplacé les autorités légales ; les troupes qui se trouvent dans Rio de Janeiro se chargent du reste,
entourent le palais du roi et en gardent les issues avec des pièces de canon. Le prince héréditaire, don Pedro, apporte de bonne grâce, à la salle du théâtre, où se tient le conseil populaire, un décret par lequel Sa Majesté accepte d'avance la constitution du Brésil telle qu'elle sera faite par les cortès du Portugal. Des nègres vont chercher le roi Jean VI à sa maison de campagne et le ramènent en triomphe, le traînant en guise de coursiers. — Après avoir changé son ministère, le roi annonce son prochain départ pour l'autre moitié de son empire, où une nouvelle constitution réclame depuis longtemps sa présence et sa sanction suprême. Il confie en effet la régence du Brésil au prince royal (26 avril 1821) et s'embarque pour Lisbonne avec sa famille et tous les représentants des cours étrangères (i). »
JSVeL ^ean ^ I' débarqué à Lisbonne le 4 juillet, prête serment à la constitution décrétée par les cortès. Mais l'assemblée ayant refusé, selon les expressions d'un publiciste, d'admettre le Brésil au bénéfice de cette égalité dont elle se montrait si jalouse pour les Portugais d'Europe, provoque le cri d'indépendance. Le Brésil demande à se séparer du Portugal. Le 23 février 1822, une assemblée nationale ouvre ses séances à Rio de Janeiro; le
1 1 Tableau ie l'histoire générale de l'Europe, par Alletz (Pans, 1835), t. I"r, p. 390.