LES FRANÇAIS EN ESPAGNE
ver le trône d'Espagne à un petit-fils d'Henri IV. »
Tandis que les Français se dirigent vers les ],„ &„&* Pyrénées, les cortès (20 mars) se transportent à Espace. Séville, où Ferdinand VII est forcé de les suivre. Le 7 avril, les Français passent la Bidassoa; le 24 mai, ils entrent dans Madrid. Ni Mina ni les autres généraux constitutionnels n'ont pu arrêter leur marche. Le duc d'Ançoulême reconnaît la régence royaliste présidée par le duc de l'Infantado. De leur côté, les cortès, menacées par l'approche des Français, emmènent (12 juin) Ferdinand VII de Séville à Cadix, le déclarent en état d'empêchement moral et nomment une régence provisoire. Mais les généraux constitutionnels doivent de nouveau céder à la supériorité des Français. La conduite du duc d'Àngoulême est d'ailleurs digne d'éloge. Le 8 août, il rend à Andujar une ordonnance pour empêcher les arrestations arbitraires et les exécutions sanglantes ordonnées par le parti royaliste, et les officiers français ouvrent eux-mêmes les prisons, malgré les protestations de la régence d'Espagne.
Le 17 août, le duc d'Angoulême prend le Trocadero, forte position entre Cadix et l'île de Léon, et le 17 septembre, Pampelune capitule. Les cortès rendent alors la liberté à Ferdinand VII qui, le 1er octobre, quitte Cadix où les Français entreront bientôt. Les cortès disparaissent. Le 7 novembre, le général Riego, pris le 27 septembre précédent,
iO HISTOIRE CONTEMPORAINE
est exécuté à Madrid. Le 13, Ferdinand VII rentre dans sa capitale. Une exécrable tyrannie pèse dès lors sur l'Espagne. A peine Ferdinand eut-il recouvré la liberté qu'il signa (1er octobre) un décret déclarant nuls et non avenus tous les actes du gouvernement constitutionnel. Des lévites et des zélateurs ecclésiastiques, selon les expressions d'un historien, s'étaient malheureusement empressés de renouveler une funeste alliance entre le clergé et la populace. Le duc d'Angoulême luimême, en quittant l'Espagne, exprima le dégoût qu'il éprouvait « à l'aspect de ces royalistes en guenilles et à réactions sanglantes. »
Ces déplorables réactions provoquèrent de nouveaux troubles, et le gouvernement de Ferdinand VU demanda une prolongation d'occupation militaire. La France y consentit : les troupes qui devaient quitter la péninsule au 1er juillet 1824 y restèrent jusqu'au mois de janvier 1825.
Le Portugal.
L'intervention française en Espagne avait aussi arrêté les progrès de la révolution en Portugal. En 1807, tandis que Napoléon Ier faisait envahir ce pays, la cour de Lisbonne, dans l'impossibilité de résister, s'embarquait pour le Brésil (20 novembre). Dès le lendemain, le lieutenant de Napoléon faisait son entrée dans la capitale du royaume, qui fut traité en pays conquis. Mais bientôt, dans