‹ Précis de l'histoire contemporaineChapitre 2 sur 59 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

tenait des mots ambigus qui permirent, quinze années plus tard, à Charles X de s'affranchir des clauses essentielles.

« Lord Castlereagh ne peut être rendu respon- l0 d cas»*. sable de la violation des promesses solennelles que les chefs militaires de l'Europe avaient faites aux peuples en vue d'obtenir leur assistance contre Napoléon. À Châtillon, lord Castlereagh avait été tout-puissant; il tenait la clef du coffre-fort de l'Angleterre et pouvait distribuer les millions aux souverains unis. En 1815, la Grande-Bretagne avait encore dépensé 140 millions pour la guerre des Cent Jours. Mais, après Waterloo, l'œuvre était accomplie, et l'homme d'Etat, qui avait été tout-puissant à Châtillon, fut moins puissant à Vienne. Il essaya d'arracher la Pologne à la Russie et il aida Talleyrand à défendre la Saxe contre l'ambition de la Prusse. Mais ni la Russie ni la Prusse ne demandaient plus de subsides; des armées immenses furent dès lors employées à surveiller tous les symptômes de résistance...

« 11 arriva donc que, après les efforts gigantesques de l'Espagne, de la Russie et de l'Allemagne, presque tout le continent retomba sous l'autorité de ses anciens et pour la plupart stupides souverains; au lieu des améliorations et des bénéfices matériels gagnés par les efforts de l'assemblée nationale française de 1789, le continent de l'Europe revit les vieilles lois féodales et l'administration

corrompue des monarchies despotiques. Ainsi le gouvernement anglais, en renversant Napoléon, et en éteignant les flammes d'une révolution jacobine, ne réussit pas à établir une situation satisfaisante ou durable (1). »

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