LA HOLLANDE ET LA BELGIQUE INDÉPENDANTE
Lorsque les puissances eurent ratifié le traite des vingt-quatre articles, la Belgique ne cessa d'en réclamer l'exécution, c'est-à-dire qu'elle demandait la libération du territoire qui lui était assigné. Le général Goblet, nommé ministre des affaires étrangères le 17 septembre 183:2, conçut un plan nouveau : il feignit de renoncer à l'évacuation préalable et de condescendre au désir de la IIol-
(I) La république de Cracovie devait également disparaître; Autriche l'incorpora a ses Etats en 184G.
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lande en entamant avec celle-ci une négociation directe. Or, le jour même où le plénipotentiaire belge se déclarait autorisé à ouvrir cette négociation, le plénipotentiaire hollandais s'y refusait éncrgiquement, disant que le roi des Pays-Bas ne sacrifierait jamais au fantôme révolutionnaire les intérêts vitaux et les droits de la Hollande. Le gouvernement belsre attendait cette déclaration. En acceptant une négociation directe sur les bases suggérées par le cabinet britannique, il avait eu pour but de mettre à l'épreuve les dispositions conciliantes manifestées par la Hollande, de désabuser l'Europe et de l'obliger à exécuter un traité qu'elle-même avait imposé à la Belgique. Le gouvernement belge était maintenant fondé à réclamer, avec plus d'insistance que jamais, l'emploi de mesures coercitives pour amener la délivrance complète du territoire que l'Europe lui avait assigné. Si les puissances garantes de l'indépendance du pays se refusaient plus longtemps à remplir l'engagement qu'elles avaient contracté, le peuple belge, après avoir épuisé tous les moyens de conciliation, ne devait plus hésiter, disait le cabinet de Bruxelles, à reprendre les armes pour affranchir lui-même le sol national.
Une mise en demeure fut. donc adressée à la France et à la Grande-Bretagne. Elle donna lieu à la deuxième intervention française, au siège et 5 la prise de la citadelle d'Anvers (novembre-dé-