RESTAURATION DES BOURBONS (1F
leur conduite et à leurs opinions politiques. » Déjà il était impossible d'arrêter la réaction royaliste que Ton entrevoyait. Louis XVIII, qui était sorti de Gandle 22 juin, avait, le 28, publié à Cambrai une proclamation où il disait : « Le sang de mes enfants a coulé par une trahison dont les annales du monde n'offrent pas d'exemple; les auteurs de cette trame horrible seront désignés par les chambres à la vengeance des lois. »
Les Prussiens entrèrent dans Paris le 7 juillet et Louis XVIII les suivit le lendemain avec le drapeau blanc. Fouché, le régicide, l'avait ramené sur le trône que Talleyrand avait tant contribué à relever l'année précédente. Talleyrand fut nommé président du nouveau ministère, et Fouché garda le portefeuille de la police, que naguère il avait reçu de Napoléon.
Les soldats de l'Europe avaient pénétré de toutes Les coatis* parts en France ; plus d'un million d'hommes couvraient les départements. Le 10 juillet, les trois souverains de Russie, d'Autriche et de Prusse étaient également arrivés à Paris. Les alliés exigèrent le licenciement de l'armée de la Loire. De son côté, Louis XVIII ordonnait que dix-neuf généraux ou officiers seraient traduits devant un conseil de guerre. Trente-neuf autres personnes notables devaient quitter Paris dans les vingtquatre heures et se retirer à quarante lieues de la
capitale pour y attendre les ordres du gouvernement. On déclarait ensuite close à tout jamais la liste de proscription.
Le 13 juillet, Louis XVIII convoquait les collèges électoraux afin de former une nouvelle chambre des députés, et, le 19 août, il rendait la pairie héréditaire. Les élections pour la chambre se firent d'après d'anciennes listes électorales complétées au choix des préfets et produisirent une assemblée ultra-royaliste qui devait ou provoquer ou favoriser les déplorables représailles de 1815.
Déjà le Midi était le théâtre d'une violente réaction. A Nîmes, le 17 juillet, la garnison est attaquée par les fanatiques partisans de l'ancien régime, et les calvinistes, proscrits, sont égorgés dans les prisons. Le 2 août, le maréchal Brune est assassiné à Avignon et son corps jeté dans le Rhône. Le 15, le général Ramel est, à Toulouse, tué à coups de sabre.
Le colonel Labédoyère qui, le premier, était accouru au-devant de Napoléon, est fusillé à Paris le 19, et les frères Faucher sont exécutés à Bordeaux le 27.
La chambre nouvelle approuve, encourage la réaction. Un député ayant demandé une enquête sur les scènes d'horreur qui ensanglantaient le Midi, l'assemblée le rappela à l'ordre.
Le ministère lui-même, que la coterie du comte d'Artois trouvait trop modéré, ne tarda pas à être