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RESTAURATION DES POURRONS

sacrifié. Fouché fut disgracié le 49 septembre et Talleyrand abandonna le gouvernement le 24 (1). Le duc de Richelieu, ancien gouverneur d'Odessa et honoré de l'amitié de l'empereur Alexandre, forma un nouveau cabinet.

Deux jours après, le 26 septembre, paraissait L|uj^nete le traité ou déclaration de la Sainte- Alliance. Les trois souverains de Russie, d'Autriche et de Prusse s'engageaient « conformément aux principes de l'Evangile, qui commandent à tous les hommes de s'aimer en frères, à rester liés par l'indissoluble nœud d'une amitié fraternelle, à se prêter mutuellement assistance, à gouverner leurs sujets en pères, à maintenir sincèrement la religion, la paix et la justice. » Ils se considéraient « comme les membres d'une seule et même nation chrétienne et chargés chacun par la Providence de diriger une branche de la même famille. » Ils invitaient «toutes les puissances à reconnaître ces principes et à entrer dans l'alliance. » L'Angleterre n'accéda pas à ce traité, à cause de ses termes vagues; la France y donna son adhésion.

Le gouvernement français ne s'arrêtait pas encore dans la voie d'une réaction qui alarmait les intérêts et provoquait des ressentiments implacables. Le ministère était d'ailleurs dominé par la

(1) Le duc d'Otrante avait été nommé ambassadeur à Dresde. Deux mois plus tard, atteint par la loi contre les régicides, il se retira à Trieste, où il mourut en 1820.

r .. chambre chambre dite introuvable. Des lois exceptionnelles suspendirent la liberté individuelle, punirent de la déportation les cris séditieux, établirent la censure des écrits périodiques, instituèrent les cours prévôtales qui jugeaient sans appel, condamnèrent à un bannissement perpétuel les régicides, signataires de l'Acte additionnel ou qui avaient servi le gouvernement des Cent jours. La réaction obtint un dernier triomphe par la mise en jugement et le

h* maréchal supplice du maréchal Ney. En vain l'illustre guerrier invoqua-t-il devant la chambre des pairs le bénéfice de la capitulation de Saint-Gloud; la sentence de mort fut prononcée, le 6 décembre, par 139 voix sur 161 votants, et, le lendemain, le héros de la Moskowa était fusillé (i).

Quelques jours auparavant, le 25 novembre, le duc de Richelieu avait communiqué aux deux .rait.. chambres le second traité de Paris, conclu avec les alliés le 20. Les négociations avaient été laborieuses. Non-seulement les plénipotentiaires de Louis XVIII avaient débattu million à million, mais ils avaient soutenu que le territoire français était inviolable. Les alliés, réfutant cette doctrine, déclarèrent «que ce serait attenter contre l'idée dega-

(1) Gerviims rapporte, dans son Histoire du dis -neuvième siècle, qu'au moment de la condamnation du maréchal Ney, la duchesse d'Ângoulème, auprès de laquelle on intercédait pour lui, ne savait même pas qui il était. Louis XVIII d'ailleurs ne voulait pas pardonner.

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