‹ Précis de l'histoire contemporaineChapitre 41 sur 59 · F^ ANNEXIONS · texte numérisé non relu

F^ ANNEXIONS

France, il s'exprimait en ces termes : « ... La cession de la Savoie et de Nice était indispensable pour maintenir les masses françaises dans de bons sentiments envers l'Italie. A tort ou à raison, je ne veux pas le discuter, elles croient que ces proviuces appartiennent naturellement à la France...» Il ajoutait : « Je tiens à grandhonneur d'avoir pris sur moi cette terrible responsabilité de conseiller à mon souverain la cession de deux nobles et antiques provinces ; car il le fallait pour consolider l'alliance française, qui nous est nécessaire pour arriver au but où nous aspirons tous (t). »

Napoléon III avait cherché à désarmer l'opposition de l'Angleterre en signant le traité de commerce du 23 janvier; il n'y réussit pas. Lord Russell,au nom du gouvernement de la reine, exprima sa désapprobation de l'acte accompli et ses appréhensions pour l'avenir. « L'accomplissement d'un acte tel que l'annexion de la Savoie, disait-il, engagera la nation française, guerrière comme elle l'est, à demander de temps en temps des actes semblables à son gouvernement, et en conséquence, malgré notre vif désir de vivre dans les meilleurs termes avec le gouvernement français, je pense que nous ne devons pas nous séparer des autres nations de l'Europe, afin que si, dans l'avenir, il s'élève d'autres questions de ce genre,

M) OEuvre parlementai»-, p. 540.

De-approbation

Angleterre

ffii HISTOIRE CONTEMPORAINE.

comme cela peut fort bien arriver, nous soyons toujours prêts à agir avec les autres, et à déclarer toujours, dans des termes modérés et amicaux, mais fermes, que l'organisation et la paix de l'Europe sont chères à l'Angleterre, et que cette paix et cette organisation ne peuvent être bien assurées s'il faut à chaque instant trembler pour elles, s'il faut aujourd'hui redouter telle annexion, demain entendre parler de telle autre, et vivre ainsi dans des craintes perpétuelles de bouleversement... » Ces paroles trouvèrent de l'écho dans la chambre des députés de Prusse. « La France, s'écria un orateur, donne pour reprendre le double. Les journées de Leipzig et de la Belle-Alliance figurent encore à notre débit, maintenant que les comptes de l'Autriche et de la Russie sont réglés. César n'oublie rien, mais il sait attendre. » Fwû il François II avait succédé à son père sur le trône

roi <!e* deux » J

sidies. des deux Siciles. Pour faire oublier l'impopularité du dernier règne (1), il avait octroyé une constitution, et il avait même recherché l'alliance du Piémont. Mais il ne sut pas inspirer à son peuple une confiance pleine et entière ni se dégager des intrigues réactionnaires qui se nouaient sans interruption autour de lui. On affirme, au surplus, qu'il était disposé à donner la main au général Lamoricière,

I Cf. Deux Icttiis au lord Aberdeen sur les poursuites pallie gouvernement napolitain, par l'honorable W.-E. Gladstone, membre dn parlement anglais 0S

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