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LA PRUSSE ET L'AUTRICHE

pectée. Ces États ayant résisté à cette sommation, leurs territoires furent immédiatement envahis.

Les Prussiens pénétrèrent ensuite dans la Bohême, dont les défilés ne furent pas défendus. Après une série de combats partiels et heureux, ils se trouvèrent, le 3 juillet, sur la rive droite de l'Elbe, non loin de Kœni-'ûTietz-Sadowa, en face ABï1a,llle

~5> ' de Sadowa

de la grande armée autrichienne que commandait Benedek. La victoire resta à la Prusse. Les Autrichiens , après avoir perdu 40,000 hommes, 174 canons et 18,000 prisonniers, ne trouvèrent de refuge que de l'autre côté de l'Elbe, sous ies canons de Kœm^rœtz.

Dès le lendemain, l'empereur François-Joseph, pour désarmer l'Italie et peut-être dans l'espoir d'obtenir l'intervention de la France, remettait la Vénétie à l'empereur Napoléon. L'Italie continua cependant la lutte et Napoléon n'accepta la cession de la Vénétie qu'en se réservant de proposer sa médiation pour le rétablissement de la paix entre toutes les puissances belligérantes. Le 18 juillet, le quartier général du roi de Prusse était à Nikolsbourg, à l'extrémité de la Moravie, à dix milles de Vienne. L'empereur François-Joseph, ne pouvant livrer une seconde bataille, se décide à accepter les propostions de la Prusse qui, le 26 juillet, sont converties en préliminaires de paix. Ces préliminaires servirent de bases au traité définitif, signé à Prague le 23 août suivant.

de la Vénétie

ISfi HISTOIRE CONTEMPORAINE.

Traiv En vertu de ce traité, la Prusse s'engageait à

de I'iague, « e>

évacuer tous les territoires autrichiens qu'elle occupait. — L'empereur d'Autriche reconnaissait la dissolution de la Confédération germanique, telle qu'elle avait existé jusqu'alors, et donnait son adhésion à une nouvelle organisation de l'Allemagne sans la participation de l'empire d'Autriche; il promettait également de reconnaître la confédération restreinte que le roi de Prusse fonderait au nord de la ligne du Mein et déclarait consentir à ce que les États allemands, situés au sud de cette ligne, formassent une union dont les liens nationaux avec la confédération de l'Allemagne du Nord feraient l'objet d'une entente ultérieure des deux parties. — L'empereur d'Autriche cédait au roi de Prusse les droits que le traité de Vienne lui attribuait sur les duchés de l'Elbe; toutefois les districts du nord du Schleswig seraient de nouveau réunis au Danemark, s'ils en témoignaient le désir par un vote librement exprimé. — L'Autriche payait à la Prusse vingt millions de thalers pour les frais de la guerre. — La Prusse, selon le vœu de l'Autriche, laissait à la Saxe l'intégrité de son territoire actuel, mais elle se réservait de régler les frais de la guerre à payer par la Saxe et de fixer par un traité particulier la position de cet État dans la Confédération du Nord; d'autre part, l'empereur d'Autriche s'engageait à reconnaître les nouveaux arrangements, y compris les change-

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ments territoriaux, qui pourraient être faits par le roi de Prusse (1).

Le o août, Guillaume Ier avait ouvert à Berlin le nouveau parlement du royaume (2). 'Après avoir remercié de ses victoires Dieu et le peuple en armes, il demanda un bill d'indemnité pour les irrégularités du budget militaire des années précédentes, cause d'un conflit prolongé avec les députés, mais cause aussi des éclatants succès remportés par les armées prussiennes. L'adresse, qui accomplissait le vœu du roi, fut votée à une immense majorité. Quelques jours après, le 17, le comte de Bismarck donnail lecture au parlement du message royal qui déclarait réunis à la monar- An chie prussienne le royaume de Hanovre, l'électorat de Hesse, le duché de Nassau et la ville de Francfort-sur-Mein.

La Prusse domine dès lors l'Allemagne tout entière. Les États au nord du Mein forment, sous l'hégémonie de la maison de Hohenzollern, la Con- u confé fédération du Nord; leurs troupes sont placées imvZH sous le commandement de la Prusse et les intérêts communs de cette nouvelle confédération seront réglés dans un reichsta^ qui aura son sié°'e à Berlin. De leur côté, les États du Sud (Wurtemberg, Bude et Bavière) avaient accompagné leurs traités

(i) La paix eutre l'Italie et l'Autriche fut conclue le 5 octobre. (2) Les élections avaient eu lieu le 3 juillet, pendant que se livrait la bataille de Sadowa.

xion du Hanovre,

de la Hesse, etc.

avec la Prusse de conventions secrètes stipulant une alliance offensive et défensive. La France croyait avoir déjoué les desseins ultérieurs de la Prusse en faisant ajouter à la paix de Prague qu'une « existence internationale indépendante » serait assurée à l'union des États de l'Allemagne qui pourrait se former au sud du Mein. Or, en ouvrant, le 24 février 1867, le premier parlement de la Confédération du Nord, le vainqueur de Sadowa laissa entrevoir que dès lors l'unité germanique pouvait être considérée comme accomplie. « L'organisation, disait-il, des rapports nationaux de la Confédération du nord de l'Allemagne avec nos compatriotes au midi du Mein a été, lors des négociations de paix qui ont eu lieu l'an passé, librement déterminée des deux parts. Pour l'exécution de cette entente, notre main est ouverte à celle de nos frères du Sud et leur sera tendue aussitôt que la Confédération du Nord aura fait assez de progrès pour être débarrassée des difficultés à résoudre. Le maintien du Zollverein, les efforts communs pour la défense du territoire allemand seront des garanties de la bonne harmonie à cet égard. De même que la direction de l'esprit allemand se porte en général vers la paix et ses travaux, de même l'union des États allemands prendra un caractère purement défensif. Aucune tendance hostile à nos voisins, aucune vue de conquête n'est résultée depuis dix ans du mouvement allemand,

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