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LA PRUSSE ET L'AUTRICHE

placer la Prusse et son gouvernement dans une situation nouvelle.

L'Allemagne ne voulait pas seulement soustraire à la suzeraineté danoise les duchés de Holstein et de Lauenbourg qui faisaient partie de la Confédération germanique, mais elle voulait encore rattacher à celle-ci le Schleswig, qui ne lui avait jamais appartenu. Frédéric VII, roi de Danemark, étant mort le 17 novembre 1863, l'armée fédérale allemande obligea les Danois à abandonner le Holstein et le Lauenbourg. Ils se retirèrent dans le Schleswig, déterminés à s'y défendre.

Le 1er février 1864, l'armée fédérale, composée de Saxons et de Hanovriens, et l'armée austroprussienne pénétrèrent dans les duchés de Schleswig et de Holstein. Les Danois sont 40,000 contre 70,000, et sans alliés. Napoléon III avait refusé son concours à l'Angleterre qui se montrait disposée à soutenir le Danemark menacé (i).

Le 18 avril, les Prussiens prennent d'assaut les redoutes de Duppel ; le 29, ils occupent Frédéricia, dans le Jutland. Un armistice est ensuite conclu, pendant lequel la France et l'Angleterre s'efforcent

(1) Lord Russeil, expliquant sa conduite devant les pairs d'Angleterre, prononça ces paroles : « Nous n'avons pas fait la guerre pour le Danemark, d'abord parce que la France nous a refuse son concours; ensuite, parce que nous n'avons jamais donné au gouvernement de Copenhague l'assurance formelle de l'assister. »

d'amener une transaction (1); sans vouloir rompre la paix de l'Europe pour le Danemark, elles demandent qu'il soit fait un appel aux populations des duchés. La Prusse et l'Autriche, d'accord avec la Russie, refusent les propositions de Londres pourle partage territorial du Sehleswig entre le Danemark et l'Allemagne. L'armistice expire et les fortifications de l'île d'Alsen sont conquises sur les Danois (26 au 29 juin). Le roi Christian s'adresse alors non à la diète de Francfort, mais directement à la Prusse et à l'Autriche. Les négociations aboutis- Traité sent au traité de Vienne du 30 octobre : le Danemark ne garde que le Jutland et perd un million de sujets; tout ce qui se trouve au sud du Jutland est abandonné exclusivement à l'Autriche et à la Prusse. Les deux chambres danoises ayant voté le traité, les ratifications sont échangées le 16 novembre.

La Prusse veut alors s'attribuer les duchés, tandis que l'Autriche, ne pouvant les posséder, désire en faire un État germanique indépendant. Après de nombreux incidents qui marquent un désaccord profond entre les deux grandes puissances de l'Allemagne, on conclut (14 août 1865) la convention de Gastein, laquelle maintient le condominium de l'Autriche et de la Prusse dans les duchés : la Prusse gouvernera dans le Sehleswig, l'Autriche

(1) Conférences de Londres (mai-juin 18(U).

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LA l'RUSSE ET L'AUTRICHE 1866).

dans le Holstein; en outre, la Prusse acquerra le Lauenbourg, en payant à l'Autriche une indemnité pécuniaire.

La transaction conclue à Gastein ne-pouvait être \r

de l'A ■

que provisoire; tôt ou tard 1 antagonisme des deux etdeia

i • ii i % Prusse.

grandes puissances allemandes devait aboutir a une guerre. Peut-être M. de Bismarck la désirait-il non-seulement pour annexer les duchés à la Prusse, mais aussi pour taire diversion à la lutte parlementaire qui s'envenimait et pouvait amener les plus graves complications. A cette guerre la Prusse voulait associer l'Italie, afin de diviser les forces de l'Autriche. M. de Bismarck eut, à la fin de 1865, une entrevue, à Biarritz, avec Napoléon III et s'assura que celui-ci était plus disposé à favoriser l'alliance de l'Italie et de la Prusse qu'à l'empêcher. Mais il fallait encore obtenir l'adhésion du roi Guillaume, qu'effrayait la responsabilité d'une guerre avec l'Autriche. Sur ces entrefaites, le général Govone, envoyé par le cabinet italien, arriva à Berlin et, le 8 avril 1866, l'alliance avec la Prusse était conclue; afin de ménager les scrupules du roi Guillaume, on ne la stipulait toutefois que pour le cas où la guerre éclaterait dans les trois mois entre l'Autriche et la Prusse (î). Le 28 mai, les grandes puissances, à l'instiga-

([) Voir : Un peu plus de lumière sur les événements politique*

et militaires de l'année 1866, parle général Alphonse La Marraora, patsim.

Alliance de la P. us

de l'Ilalif

'Autriche.

I8i HISTOIRE CONTEMPORAINE.

Rupture Uon de Napoléon III, firent une démarche collective pour engager l'Autriche, la Prusse, l'Italie et la Confédération germanique à se joindre à la France, à la Russie et à l'Angleterre, afin de régler pacifiquement les trois questions du Schleswig- Holstein, de la Vénétie et de la réforme fédérale de l'Allemagne demandée par la Prusse. Celleci envoie son assentiment; l'Autriche fait une réponse dilatoire et bientôt elle ordonne de convoquer les États du Holstein « pour recevoir les vœux du pays sur son sort à venir. » La Prusse déclare la convention de Gastein violée et fait réoccuper le Holstein par ses troupes. Alors l'Autriche, après avoir évacué cette province, proposa à la diète de Francfort de mobiliser l'armée de la Confédération afin de procéder à une exécution fédérale contre la Prusse. La majorité de la diète (9 voix contre 5) adopte cette proposition le 14 juin. La Prusse déclare le pacte fédéral rompu et son représentant se retire de la diète ; elle proclame, en outre, qu'elle ne rentrera que dans une confédération purement allemande, d'où l'Autriche sera exclue.

En quatorze jours, l'armée prussienne avait été mobilisée. Aussi put-elle engager la lutte au lendemain de la résolution prise par la diète. Le cabinet de Berlin somme la Saxe, le Hanovre et la Hesse électorale de se décider, dans la journée, à désarmer s'ils veulent que leur neutralité soit res-

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