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LES CONSÉQUENCES DE SADOWA

Politique napoléonienne.

Sadowa fut un coup de foudre pour Napoléon III. Il s'était attendu, sinon à la défaite de la Prusse, du moins à une longue guerre, dans laquelle il serait intervenu comme arbitre tout-puissant. Les plans qu'il avait conçus s'évanouissaient. La Prusse héritait soudainement de la force et du prestige que possédait la France après les guerres de Crimée et d'Italie. L'empire français voyait se former à côté de lui un autre empire qui allait lui disputer cette prépondérance, objet constant de l'ambition de Napoléon III.

L'ambas- 'a'l"ur français demande

Désappointé et partageant les angoisses de son entourage, l'héritier du vainqueur d'Iéna chercha des dédommagements. Le 6 août 1866, l'ambassadeur de France (i) vint trouver M. de Bismarck et Mayencerctc. lui posa en quelques mots cet ultimatum : que la Prusse (indépendamment du pays entre le Rhin et la Moselle) devait céder Mayence à l'empire français ou s'attendre à une déclaration de guerre immédiate. M. de Bismarck répondit sans hésiter : « Eh bien, alors la guerre ! » Quelques jours après, on se ravisa à Paris et l'on donna à entendre que les instructions de l'ambassadeur avaient été arrachées à l'empereur Napoléon pendant une maladie (2). Convaincu que le roi de Prusse se refuserait à toute cession du territoire allemand, ne fût-ce que celle d'un seul village, Napoléon III tourna les yeux d'un autre côté. Il se mit à conspirer ténébreusement contre l'indépendance de la Belgique.

Léopold Ier, après un règne mémorable, était descendu au tombeau le 10 décembre de l'année LaBdfriqne précédente, laissant à son successeur, Léopold II, L.r,p°oldii. un État florissant et invinciblement attaché à sa nationalité. L'avènement du populaire duc de Brabant avait été signalé par des démonstrations qui prouvaient non-seulement la confiance des Belges dans leur nouveau souverain, mais aussi leur im-

(1) Le comte Benedetti.

(2) Reichstag allemand, séance du 2 mai 1871. Voir les Discouru du prince de Bismarck, t. 111, p. 4<>.

seciei.

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muable volonté de maintenir l'indépendance reconquise en 1830 et sanctionnée par l'Europe.

Or, vers la fin du mois d'août 1866, l'ambassadeur de France, exécutant les nouvelles instructions de l'empereur, avait rédigé un projet de traité en vertu duquel Napoléon III admettait et Le t™u reconnaissait les acquisitions récentes delà Prusse et promettait de ne pas s'opposera l'union fédérale de la Confédération du Nord avec les États du midi de l'Allemagne, à la condition que le roi de Prusse faciliterait à la France l'acquisition du Luxembourg et l'aiderait, en outre, envers et contre tous, à conquérir la Belgique entière (1). Ce projet de traité, dit secret, fut remis au chancelier de la Confédération du Nord, qui le conserva précieusement. Si le gouvernement prussien avait voulu se rendre le complice de Napoléon III contre l'indépendance de la Belgique, il évitait la guerre, qui dès lors semblait inévitable; mais Guillaume Ier aima mieux faire la guerre que de commettre ce crime politique.

N'ayant pu se faire céder la Belgique, Napo-

(1) En marge de la minute de ce projet de traité, Napoléon III avait écrit de sa main : « Il est bien évident que l'extension de la suprématie de la Prusse au delà du Mein nous sera une occasion toute naturelle, presque obligatoire, pour nous emparer de la Belgique; mais d'autres occasions peuvent se présenter — nous devons en rester les juges exclusifs; — la rédaction très-claire et trèsprécise du projet nous maintient à cet égard une liberté précieuse. »

Rentra li-

du Luxembourg.

ïéon III, en attendant de meilleurs jours, aurait voulu se contenter du Luxembourg. Que d'efforts en 1867 pour s'approprier cette province!... Ils vinrent de nouveau échouer contre l'opposition de la Prusse, appuyée par les autres puissances. La Prusse échangea son droit douteux de garnison dans la forteresse de Luxembourg contre la neutralisation du pays (1). Le gouvernement prussien n'aurait-il pas mieux fait de garder une forteresse allemande et de combattre la France avant que celle-ci eût pu achever ses préparatifs? La modération qu'il montra en cette circonstance était plus habile : il désirait, comme on l'a dit, conserver la paix aussi longtemps que l'honneur le permettait. Ce nouvel échec, dont il conservait un profond ressentiment, ne découragea pas encore Napoléon IU. Au mois d'août 1867, il eut à Salzbourg une entrevue avec l'empereur François-Joseph : elle devait avoir pour but de conclure une alliance austro-française contre la Prusse ; mais ce traité, Napoléon ne l'obtint pas. Il avait espéré, d'autre part, détacher de la Prusse les États du Sud; le gouvernement prussien dissipa son illusion en rendant publiques (19 mars 1867) les conventions

(1) La France renonça au projet de se faire céder ou vendre Je Luxembourg par la Hollande, et le grand-duché fut déclaré État neutre, indépendant et inaliénable, sous la garantie collective des puissances signataires de cette déclaration (traité de Londres du 11 mai 1867).

Luxembourg

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