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LES CONSEQUENCES DE SADOWA

secrètes qu'il avait conclues l'année précédente avec ces Etats.

En 1869,1e gouvernement français manifeste le dessein de s'emparer d'une des principales lignes stratégiques de la Belgique, le chemin de ter du Leekem» Grand-Luxembourg; mais, à leur tour, les Belles àuVL\s'opposent énergiquement à cette prétention et la font échouer. Derrière la Belgique, Napoléon III avait aperçu l'Angleterre et derrière celle-ci la Prusse, quoique le cabinet de Berlin affectât de s'effacer. Pour la troisième fois, la France avait été sur le point d'en appeler aux armes et, pour la troisième fois, Napoléon hésita et recula.

Voyant l'insuccès et l'impopularité de sa politique extérieure, l'empereur des Français espéra contenir l'opposition en lui faisant des concessions jusqu'alors inespérées. Un sénatus-consulte, promulgué le 9 septembre 1869, reconnaissait la responsabilité des ministres, le droit de la chambre élective de prendre l'initiative des propositions de lois, d'amender les projets du gouvernement, etc. Ce nouveau régime devait être inauguré par le cabinet qui se constitua, le 19 janvier 1870, sous L* la présidence d'un ancien républicain, M. Emile i Ollivier. Tout en prenant les allures d'un ministère parlementaire, le cabinet du 19 janvier n'abandonna point tout à fait les traditions napoléoniennes. L'empereur soumit à la ratification du peuple les changements qu'il avait introduits dans la consti-

miui stère du 9 Janvier.

tution de 1852 (i). Quoique plus de sept millions de suffrages fussent restés fidèles à Napoléon III, on ne pouvait se dissimuler que l'opposition se dressait plus menaçante; dans le vote plébiscitaire même, une partie de l'armée avait exprimé son mécontentement. « Le flot des partis à l'intérieur

(i) Napoléon III s'adressait au peuple en ces termes (24 avril i :

« Français, la Constitution de lx'.r2. rédigée en vertu des pouvoirs que vous m'aviez donnés et ratifiée par huit millions de suffrages qui ont rétabli l'Empire, a procuré a la France dix-huit années de calme et de prospérité qui n'ont pas été sans gloire. Elle a assuré l'ordre et laissé la voie ouverte à toutes les améliorations. Aussi, plus la sécurité s'est raffermie, plus il a été fait une large part à la liberté. Mais des changements successifs ont altéré les bases plébiscitaires, qui ne pouvaient être modifiées sans un appel à la nation. 11 devient donc indispensable que le nouveau pacte constitutionnel soit approuvé par le peuple, comme l'ont été jadis les Constitutions de la République et de l'Empire. A ces deux époques, on croyait, ainsi que je le crois moi-même aujourd'hui, que tout ce qui se fait sans vous est illégitime.

i La Constitution de la France impériale et démocratique, réduite à un petit nombre de dispositions fondamentales, qui ne peuvent être changées sans votre assentiment, aura l'avantage de rendre définitifs les progrès accomplis et de mettre à l'abri des fluctuations politiques les principes du gouvernement. Le temps perdu trop souvent en controverses stériles et passionnées pourra être plus utilement employé désormais à rechercher les moyens d'accroître le bien-être moral et matériel du plus grand nombre.

« Je m'adresse a vous tous qui, dès le 10 décembre 1848, avez surmonté tous les obstacles pour me placer a votre tête, à vous qui, depuis vingt-deux ans, m'avez sans cesse grandi par vos suffrages, soutenu par votre concours, récompensé par votre affection. Donnez-moi une nouvelle preuve de votre confiance.

En apportant au scrutin un vote ailiniiatif. vous conjurerez les menaces de la révolution, vous assoirez sui une base solide l'ordre

REVOi CT'ON ESPAGNOLE '1868'. 193

montant de plus en plus, on en vint pour dernière ressource au moyen souvent tenté d'une diversion à l'extérieur (1). »

Depuis le mois de septembre 1868, le trône urévoiation d'Isabelle II était renversé. Entraînée dans une voie réactionnaire sous la double influence du parti clérical et dune camarilla toute-puissante, la reine vit se tourner contre elle les chefs les plus populaires de l'armée, et elle fut détrônée et chassée par ceux qu'elle proscrivait naguère (2). La

et la liberté, et vous rendrez plus facile dans l'avenir la transmission de la couronne à mon fils.

a Vous avez été presque unanimes, il y a dix-huit ans, pour me conférer les pouvoirs les plus étendus : soyez aussi nombreux aujourd'hui pour adhérer à la transformation du régime impérial. Une grande Dation ne scurait atteindre tout son développement sans s'appuyer sur des institutions qui garantissent a la fois la stabilité et le propres.

« A la demande que je vous adresse de ratifier les réformes libérales réalisées dans les dix dernières années, répondez oui. Quant a moi, fidèle a mon origine, je me pénétrerai de votre pensée, je me fortifierai de votre volonté, et, confiant dans la Providence, je ne cesserai de travailler sans relâche a la prospérité et a la grandeur de la France. »

(1) Voir Histoire de la guerre franco-allemande de 1870-187 1, publiée par le grand état-major prussien.

(2) Les vicissitudes dont l'Espagne a été le théâtre depuis la chute d'Espartero en 1843 et qui devaient aboutir au détrônement d'Isabelle II ont été clairement exposées dans l'ouvrage de M. Ch. de Mazade : Les Révolutions de l'Espagne contemporaine, quinze ans d'histoire (4854-1868). L'auteur conclut en ces termes : « Isabelle n'avait qu'à rester L'image tranquille et facilement respectée du pouvoir héréditaire au sein des luttes régulières de la

révolution n'était pas antimonarchique quoiqu'elle eût été faite aux cris de : A bas les Bourbons I Aussi, pour sortir de ce provisoire, le maréchal Prim, le principal auteur de la révolution de septembre, n'hésita-t-il point, quelques mois après, à rétablir la monarchie en cherchant un roi dans une autre maison. Il allait fournir le prétexte qu'attendait la France pour obtenir la revanche de Sadowa

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