‹ Précis de l'histoire contemporaineChapitre 52 sur 59 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La crise révolutionnaire de 1848, plus violente que celle de 1830, marque réellement le point de départ de l'histoire contemporaine pour la seconde moitié du xixe siècle.

L'Europe a été bouleversée et, en partie, transformée.

En effet, quels ont été les résultats définitifs des révolutions de 18-48?

L'érection en France d'une seconde république qui fut bientôt remplacée par un second empire.

Celui-ci succomba à son tour, après avoir duré vingt ans.

Si l'on excepte la guerre de Crimée, toutes les conceptions de Napoléon III ont avorté ou ont tourné contre lui.

Il était monté sur le trône avec le dessein avoué

de détruire les traités de 1815; il les déchira, en effet, mais en partie, et en faisant surgir, pour contenir la France, des États plus puissants que ceux de 181o.

L'Italie, après avoir repris les armes en 1849, avait succombé à Novare avec Charles-Albert. Napoléon III, dix ans après, entreprit de la relever et de la rendre libre des Alpes à l'Adriatique. Il vainquit l'Autriche comme il avait vaincu la Russie; mais en laissant son œuvre incomplète, en se faisant remettre, pour prix de son intervention, la Savoie et Nice , il indisposa le peuple qu'il avait affranchi, et la nation italienne, au lieu de rester dans la dépendance de la France, devint, de l'autre côté des Alpes, un contre-poids à sa suprématie.

Les tentatives pour établir l'unité de l'Allemagne n'avaient point discontinué depuis 1848 et avaient fini par provoquer une guerre entre l'Autriche et la Prusse. Napoléon III supposa sans doute que cette guerre affaiblirait à la fois les deux grandes puissances germaniques, et il attendit son heure pour intervenir. La foudroyante victoire de Sadowa déjoua tous ses calculs. Dès ce jour, l'unité germanique était fondée sous l'hégémonie de la Prusse et la Confédération de l'Allemagne du Nord n'était qu'un acheminement vers la fondation de l'empire d'Allemagne.

Napoléon, désappointé, fit proposer à la puissance victorieuse le trop célèbre traité secret où il

Page 1