PRECIS
DE L'mSTOniE
D'ATESNES.
Dans un lîeu preste , au milieu ({es forêts , sur la cime d'un rocher dont le pied était baigné par la petite rivière d'Helpre , s'élevaient çà et là quelq[ues chaumières autour d'une chapelle rustique; c'était Avesnes au xi« siècle *. Wederic-le-Barbu y bâtit une tour *. Son fis Thierrî convertit cette tour en château y et fit cons^ truire une vaste et belle église ^ à la piace du modeste édifice qui jusqu'alors avait eu la mé« me destination.
En chassant dans la forêt de Mormal, Thierrî; emporté par son ardeur loin de ses gens , tomba dans des embûches qu'Isaac de Berlaimont , son ennemi, avait fait dresser pour le surprendre, et fut assassiné^. Comme il n'avait
♦• 8 «^ pas d'enfana, il eut pour successeur Gossum dH3isy, son neyeu, châtelain de Cambrai, à qui Bauduin de Jérusaleiù, conféra la dignité de pair du Hainaut.
Gossuin ayant fait ceindre Avesnes de murailles j malgré le comte , Bauduin irint^ la tête d'une armée , dans It dessein de Tobliger à respecter ses volontés. Gossuin marcha au^de- Tant de lui. Leurs troupes se rencontrèrent sur la Sambre. On s'y battit pendant deux jùwtB avec des chances incertaines; mais au troisième, Gossuin fut vaincu et fait prisonnier. On Tenferiha dans le château de Môns, où, pour rhumiher, on hri fit couper la barbe. Le comte lui rendit néanmoins la liberté au bout de quelque temps, et le laissa pais3)Ie^ ment achever de fortifier Âvesnes ^.
Au retour d'un voyage en Terre - Sainte , Gossuin alla terminer ses jours dans le pionas-* 1ère de Liessies ^. En lui succédant, Gautier, «urnommé le Beau, quitta le nom d'Oisy, pour-
prendre celui d'A^esnes, qu^un seigneur de cette maison, Gérard, tué misérablement sur les remparts d'Arsur, avait déjà illustré 7.
Maître altier, voisin turbulent, vassal insubordonné, Gautier était d'un caractère intraitable. Les efforts de Saint Bernard, pour le reconcilier avec les moines de Liessies, auxquels il avait fait beaucoup de mal ^ , et qu'il voulait dépouiller des biens que ses prédécesseurs leur avaient donnés , n'eurent qu'un succès éphémère. Obligé de comparaître à la cour de son suzerain au sujet de plusieurs méfaits, il se livra dans la chaleur des débats , à un si violent accès de colère, qu'il tomba évanoui, et fut transporté mourant, dans une pièce voisine, où il expira la nuit suivante 9. Le second de ses Ms, Nicolas , surnommé le Beau, comme son père , obtint l'investiture des terres de Condé , de Leuze et d'Avesnes '**.
Nicolas bâtit le château de Landrecies. Il avait épousé la, veuve d'un brave chevalier",
^ 10 ^ dé laqueHe il eut trois enfsuQS : IMné, Jacques d^Ayesnes, lui succéda.
I^es brillantes qualités de Jacques d^Ayesnes, sa rare yaleUr , ses talens militaires lui acquit rent, dés son début dans la carrière des armes, une grande renommée. Toutefois il ne put se layer du soupçon d'ayoir ordonné un lâche assassinat ", ni éviter d'en subir les désastreuses conséquences. Un prélat, dv^ nom de Robert, promu récemment k l'éyéché de Cambrai, traversant Gondé pour se rendre dans sa ville épiscopale , fut assailli, quoique muni d'un sauf-conduit du comte de Hainaut, et massacré par les gens de Jacques d'Avesnes. Le comte, à qui leur maître avait déjà donné d'autres sujets de mécontçntement , ravagea ses terres, prit Gondé qu'il livra aux flammes, '^'ouvrit, à travers la haie d'Avesnes *^, une voie assez large pour que cent hommes armés pussent y passer de front , et s'approcha de la ville avec rinlenlion de l'emporter de vive force et d'y mettre tout à feu et à sang. Le téméraire vassal^
intimidé par l'imminence du danger, s'empressa de se soumettre et de solliciter un pardon , qu'il dut moins toutefois à la plausibilité de ses excuses qu'à l'indulgence du comte.
n eut un commandement dans toutes les guerres qui, dans ces temps malheureux, ensanglantèrent la Flandre, le Hainaut, le Brabant , le Limbourg , le Luxembourg , le comté de Namur ; il remplit ces diverses contrées de l'éclat de ses victoires et des horreurs de la dévastation. S'étant Kgué avçc le comte de Flandre , qui l'établit chef de son conseil, l'archevêque de Cologne et le duc de la Basse-Lorraine, contre le comte de Hainaut , dont il voulait se venger , il commit d'affreux d^ats dans toute l'étendue de cette dernière province, et jusque sous les murs de Mons , où Bauduin s'était enfermé. Le comte usa de représailles ;" les campagnes des environs d'Avesnes furent dévastées, incendiées, et la ville elle r même,, malgré la garnison flamande à qui le soin dç la défendre avait été confié , eût échappé diffil-
cilement aux dangers dont elle était menacée ,' si la paix n^avait été conclue.
Jacques d^Ayesnes ^e distingua parmi les preux qui, devançant en Asie, Philippe- Auguste et Richard Cœur-de-Lion , allèrent grossir Farmée de Lusignan, sous les murs de Saint- Jean-d' Acre , que depuis deux ans elle tenait assiégée. Après s^étre signalé dans ces contrées lointaines, par un grand nombre de nouveaux exploits , il termina sa glorieuse carrière aux champs d^Antipatride , et pour ainsi dire à la vue de la Cité sainte, en frayantpar sa mort le chemin de la victoire aux Chrétiens '*.
L'ainé de ses enfans se mit en possession de ses terres. Cet arrière petit-fils de Gautier, portait le nom de son bisaïeul. Les habitans d'Avesnes lui durent leur affranchissement ,« et les droits de commune , qu'il leur accorda par une charte du mois de février de Pan 1200 '^ Il assista au siège de Constantinople , par lei latins , et dans le partage que les croisés firent
entre eux , des provinces de rempre , il eut l'Ile d'Eubée ou Négrepont. D revint néanmoins mourir dans sa patrie.
Le frère p^uiné de Gautier, Bouchard d'Avesnes, épousa Marguerite de Flandire '^, et fit passer , au moyen de ce mariage , le comté de Hainaut dans sa faqfiille, qui donna aussi des coihtes à la Hollande et à la Zélande, une reine à l'Angleterre , une impératrice à T Allemagne , à la France , une princesse dont le sang est mêlé à celui de ses rois.
Les habitaùs d' Avesnes tenaient, ou du moins croyaieût tenir de Marguerite de Flandre , le droit de chasse 6t de pèche , dont ils usèrent jusqu'à la suppression générale des privSèges de ce genre. A cette grâce, elle en avait ajouté d'autres qui ne devaient pas être moins précieuses pour ceux qui les i^eçurent : c'était une liberté semblable à celle dont jouissaient les bourgeois de Yalenciennes dans toutes ses terres, et la faculté de prendre dans la forêt
#. 14 ^ de Mormal, le bois nécessaire pour la hÂfcisse et le chauflEage '7.
Quelques semaines après la mort de cette princesse , Ayesnes devint, comme beaucoup d'autres villes du Hain^ut, le théâtre d'un spec^ tacle aussilugubre qu'étrange. Jean d'Avesnes, deuxième du Qom , qui succéda à son aïeule dans la possession du comté ^ aiyant fait exhumer le corps de son père, enseveU depuis vingtdeux ans dans la collégiale de Leuze, le fit placer sur un char avec lequel il parcourut la province : il voulut qu'on rendit partout à ces cendres les hommages dus aux souverains à leur joyeuse entrée '^ , et les honneurs d'usage dans la célébration de leurs obsèques. Lorsque le convoi paraissait à la vue des lieux où il devait s'arrêter , le son funèbre des cloches annonçait son approche , et les habitans les plus notables , précédés de leurs magistrats '9, sortaient à sa rencontre , portant un flambeau d'une main et une épée de l'autre. La bière était déposée dans la principale église , et à l'issue du service , de
bruyantes acclamations, succédant aux acoens de la douleur, devenaient le signal des réjouissances. Ces fêtes disparates se terminèrent dans relise des frères prêcheurs de Valenciennes; où les restes du fils de Marguerite furent de nouveau rendus k la terre *".
Gautier n^avait laissé qu'une fille qui / en épousant Hugues de Chàtillon , comte de Saint- Pol, transporta la seigneurie d'Avesnes dans la maison de Chàtillon. Hugues la transmit à son tour, à Jeanne sa fille , laquelle , après Favoir portée d'abord en dot à Pierre de France, comte d'AIençon et Pun des fils de Saint-Louis, eo disposa , dans son reuvage , en faveur d'un cousin germain, nommé comme son aïeul Hugues de Chàtillon. Hugues eût pour successeur Guy de Chàtillon, son fils, qui épousa Marguerite de Valois ««.
Suivant les lois et les mœurs du temps , Guy dut quelquefois sacrifier les affections de famille aux devoirs de là vassatitë : on le comp-*
tait au nombre des ennemis de Philippe, lori^r que Parmée française et Farmée anglaise, le»
deu^ plus belles qu^on eût Tues en Europe, se trouvèrent en présence dans les plaines de Buronfosse. Sur le point d'en venir aux mains, eUes se séparèrent sans combattre. Edouard, en se retirant, logea cette nuit même avec sa suite dans Avesnes, dont le con^te de Hainaut avait donné le commandement au sire de Fauquemont *\ Guy contribua efficacement à la trêve qui fut conclue, quelque temps aprè^, entre le roi de France et le roi d'Angleterre.
Son fils, Louis de Chàtillon, qui lui suc* céda , fut tué dans la trop mémorable bataille de Crécy. Louis avait trois fils, Louis, Jean et Guy, qui possédèrent successivement la terre d'Avesues, et moururent tous trois sans pos»
térité. Après la bataille de Rosebecq, les bandes brétones, bourguignones et savoyardes, qui s'étaient promis le pillage des vill^ rebelles de la Flandre, mais auxquelles cette proie échap^ pa, voulurent s^en dédommager par celui du
» 17 *# Hainaut : Guy , plus connu sous le titre de comte de Bloi^ , qu^il retint même après la Tente du comté , fut assez heureux pour faire avorter ce complot. Il reçut des peuples qu'il arait ainsi préservés d'une afi&euse calannté, les témoignages de la reconnaissance la plus touchante et la plus flatteuse. Une mort prématurée lui ravit le comte de Dunois, Louis, son fils unique '^. Sa succession lut partagée entre des collatéraux, et la terre d'Avesnes échut au comte de Penthièvre, Jean de Blois ou de Bretagne, que les Anglais retinrent trente-six ans prisomiier **.
Le duc de Brabant, Jean IV, fit occuper la ville pendant ses démêlés avec Jacqueline de Bavière, et en confia le gouvernement au sire d'Havrez *^
Elle appartenwt alors au comte Olivier de Bretagne , qui vint s'y ref li^ier , après avoir été dépouillé de tous ses autres biens. Petit-fils de ce Charles de Blob qui, ma^ré les dispositions
^ 18 *<^ de Jcan-le-Bon, la reconnaissance des états, la décision de la cour souveraine , la force des armes , la protection soutenue de Philippe de Valois , ne put se maintenir dans Théritage de ses pères, Olivier descendait en ligne directe des ducs de Bretagne , et conservait Pes^oir de recouvrer le duché , dont Jean V, de la maison de Monlfort, était en possession. L'ambitieuse Marguerite de Glisson '* n^avait rien né* gligé pour en inspirer le désir à ses enfans. Le comte Olivier , crut que le moyen le plus efficace pour parvenir à se rendre mattre des états de Jean V , était de s^assurer d'abord de sa personne. Les troubles qui agitaient la France lui en fournirent l'occasion ^ et la mésintelligence qui s'était déclarée entre le Dau* phin et le duc de Bretagne , un prétexte. Quoiqu'il inspirât au duc une secrète défiance , il était admis à sa cour et dans sa familiarité. Il feignit le dessein de lui donner une fête, l'attira da6s un piège, et le jeta dans les fers. Tandis qu'il le traînait de forteresse en forteresse , toute la noblesse de la province , indi-
». 19 ^ ^ée d^tine telle perfidie, prit les armes, investit et ruina ses châteaux , saccagea ses villes, dévasta ses terres, et le contraignit à rendre la liberté à son illustre captif. Un arrêt soleanel le déclara infâme.
Proscrit et fugitif, il ei^a quelque temps dans le midi de la France ; séjourna à Genève , passa en Suisse, et fut arrêté sur les bords du Rhin, par le marquis de Bade qui , le retenant prisonnier sous prétexte que plusieurs Badois avaient été détroussés au pays de Hàinaulty ne le re- Wcha qu'après en avoir reçu une énorme rançon '7. n ne trouva pas une entière sécurité , même ati milieu de ses vassaux. Plusieurs gen-* tilshommes bretons, envoyés par lé duc avec la comùùssion de Fenlever, avaient fait des dispositions pour le surprendre ; mais leur peu de précaution les trahit ; quelques-uns parvinrent à se sauver; on emprisonna les autres *^.. Le comte voulait que la main du bourreau le vengeât de Fe&oi qu'ils lui avaient causé.
Toutefois ceux qui n'avaient pu lui échapper^
se firent réclamer par la cour suzeraine é0 Mons , à laquelle il dut les abandonner et qui leur ren4it la liberté. Olivier s^enferma dans le château d'Avesnes , ou prit du moins la réiolution de ne plus s'éloigner. Ayant perdu sa première femme, Isabeau de Bourgogne, il épousa Jeanne de Lalain. Il en eut plusieurt enfans, mais ils passèrent tous du berceau dans la tombe où lui-même il les suivit en 1538.
U fut inhumé dans le chœur de l'église parois- «îale d'Avesnes '».
Une dame pieuse et riche , Quantine de Jauche , fit construire dans la prairie qui bordait de chaque câté la rivière et s'étendait jusqu'au pied des murs ie la ville, un couvent pour des cordeUers, qui en prirent possession vers le milieu du xv« siècle ^. La charité avait déjà ouvert aux mêmes lieux un azile à la vieillesse indigente ^\ Des maisons particuUères bâties dans le voisinage du couvent ou de l'hospice , et dont le nombre s'accrut progressivement, formèrent bientôt un quartier nouveau.
m^2î ^ La viDe était bien peuplée; Tindustrie était parvenue à s^ créer des ressourcés; les champs^ les eaux, les forêts qui Penvironnent , y entretenaient Fabondance. On y remarquait plusieurs édifices publics, des chapelles proprement décorées, de belles fontaines, une maison de paix ^** Les maisons particulières disposées en amphithéâtre sur la pente du rocher, s^élevant les unes au-dessus des autres derrière des touffes Itères de verdure ; le château avec ses terrasse^ et ses donjons ornés de girouettes, dominant Bur les alentours; des toits plus éloignés et fuyant vers Phorixon, entremêlés de ctmes d^arbres et surmontés de quelque^ pointes de clochers; les murailles de la ville couronnées d'un parapet et flanquées de tours crénelées ; les hauteurs voisines d'un vert richement nuancé, couvertes de chaumières , d'arbres à fruits et de troupeaux de bœufs, cet ensemble offrait aux r^ards du voyageur surpris , un aspect pittoresque et vraiment enchanteur.
Les enfans d'Olivier de Bréiaghe étant morts
en bas âge , son frère Guillaume devait lui suc-^ «éder; mais Guillaume expiait dans les prisons d'Auray , les torts de sa famille et les siens propres. Il avait été le complice d'Olivier, sans pouvoir comme lui se dérober au châtiment par la fuite. On assure qu'il versa tant de larines qu'il en perdit la vue. 11 était enfermé depuis vingt -huit ans lorsqu'il recouvra la^ liberté. Il n'eût qu'une fille ^' qui devint dame d'AvcMies, épousa le sire d'Albret, et fut la bisaïeule de la célèbre Jeanne d'Albret, mère d'Henri IV.
Louiai XI, à son avènement au ferône, reçut dans Avesnes les députés des villes et des différens corps de l'étal. On y célébra un service pour le repos de l'âme du feu roi 34. Les personnages les plus distingués des deux cours de France et de Bourgt^ne assistèrent à cette cérémonie. Le prince , le duc de Bourgogne, le comte de Charoloîs^ le comte d'Elampes, Jacques de Bourbon, Adolphe de Clèves , et plusieurs^ autres grands
seigneurs, tous en nmr, <îompOdaiemt le deuil. Quand l'office fut terminé , Louis se revêtit de la pourpre royale, et des cris d'allégresse, répétés par Ja foMle , retentissant de toutes parts , annoncèrent à la France un nouveau r^ne *^, Les fêtes durèrent plusieurs jours.
Le troisième, le roi partit d'Avesnes^, et le duc de Bourgogne en partit le lendemain. Le TOi s^en raj^ocha jAusieurs années après, mais dans des dispositions bien d^rentes ^7.
Le comte de Charolois , devenu duc de Bourgogne à son tour, avait été tué devant Nanci, laissant une princesse de vingt ans pour hé- '•-^
ritière de ses vastes domaines. Louis XI , après . '
avoir annoncé hautement la prétention de réu- \
nir une partie des états de la jeune duchesse à )
la couronne, et de prendre la garde du reste ^•, envahit les provinces limitrophes de la France. r
La plupart des villes du Hainaut lui ouvrirent leurs portes, mais Avesnes lui ferma les siennes. *
Le rire d' Albret , qui avait pris poste à Car-
tigiûes i^Qp deux mille hommes, tâchait d^en^ gager par toute sorte de motifs , les bourgeois à se rendre. Il leur représentait qu'il était leur seigneur (considération peu puissante de la part d^un vassal armé lui-même contre sa dame su- SLéraine); que c'était son désir comme sa vo-» lonté qu'ils évitassent les calamités d'un siège ^ et préservassent leurs champs du fléau de la "dévastation ; et employant à la fois les sollici^ tations et les ordres, les instances et les menaces j il détermina les principaux d^entre eux, à lui adresser une députation qui obtint des conditions honorables. Le menu peuple excité par le sire de Mingoval , qui comman* dait dans la place au nom de Marie, murmure et se mutine. Tandis que ne sachant à quoi se résoudre, on >était dans l'hésitation, trente deux hommes d'armes détachés par le sire d'Aimeries, se présentent aux portes, en criant : f^oici du renfort! vive Bourgogne!
Les bourgeois répondent par les mêmes cris^ et rejetent malgré le magistrat , les articles convenus. Le sire d'Albret informé de ce qui
#*25 ^ ie passe , donne ordre à sa troupe d'avancer, fait dresser une potence à la vue des habitans , et jure de punir ceux qui avaient osé refuser la capitulation. Mais tous étant restés calmes, la troupe «e retira. Tandis que le roi faisait les dispositions nécessaires pour un siège , les sires de Perwez, de Culembourg et de Jauche , que la duchesse avait envoyés du Brabant, amenèrent dans la ville huit cents recrues. On y introduisit bientôt après un héraut chargé de dépêches de ^ part du roi pour inviter ces officiers à des pourparlers. Les bourgeois, rassemblés en tumulte , déclarent qu'ils ne souffriront pas qu'on se commette sur la foi de ce prince perfide, et défendent d'un ton menaçant ^u héraut de reparaître jamais avec de semblables messages y. ajoutant qu'ils ne craignent ni le roi ni ses troupes. Cependant Louis XI , qui s'était approché en personne à la tête de l'armée , fit avancer l'artillerie. Plusieurs pièces de gros calibre foudroyèrent la muraille dont une partie , en s'écroulant , ouvrit un large passage. Les Français tentent de
s^introduire par là bréfche , et s^emparent de deux tours abandonnées à dessein; mais à peine s^ sonl^ils logés qu^elles Sautent dans les airs avec un fracas épouvantable , et couvrent aU loin la terre de débris fumanS, de cadavres mutilés, de lambeaux et de membres épars.
Tel fut TeCPet de Fexplosion d^artifices que les assiégés avaient fait jouer à propos. Le roi ordonna incontinent la retraite. Les Français perdirent environ mille hommes dans cette attaque y qui leur eût coûté d^avantage s^il avait été possible de se mettre à leur poursuite. Mais la peur avait saisi les recrues ; deux cents vieux 'soldats , soutenus de la bourgeoisie , avaient résisté seuls à Tennemi; les autres s'étaient cachés. Le sire de Perwez parvint, à force dé soins et de mouvemens , à les tirer de leur^ refuges ténébreux, à les rallier autour de leurs bannières, à les remener sur les remparts; mais ce fut envain qu'il essaya de les enconr«^er par des harangues , qu'il usa même envers un grand nombre d'un traitement rigoureux, la peur semblait les avoir rendus sourde
et insensibles. A la veille d^ne nouvelle attaque , il témoigna par un signe le désir de parlementer; les hostilités furent un instant suspendues, et le roi chargea le comte de Maris* saille d'aller entendre les propositions des assiégés. Malheureusement un trait décoché du haut des murs et parti de la main d'un bour^ geois , atteignit le comte de Marissaille , et le renversa dans la poussière. Le roi ordonna aussitôt l'assaut. Les Normans, qui ouvraient la marche , s'avancent pleins d'ardeur ; ils arrivent précipitamment à travers une grêle de dards, de pierres, de balles; ceux-ci s'élancent sur la brèche, ceux-là tentent l'escalade. Les premiers qui se présentent sont repoussés et culbutés dans le fossé , d'autres leur succèdent et subissent le même sort. Les bourgeois et les soldats se défendaient avec une égale intrépidité. Le sire de Perwez conduisit les siens à l'endroit où le danger était le plus imminent; mais voyant qu'au Heu de combattre , la plupart jetaient leurs armes, il passa par un autre côté, suivi des sires de Jauche et de Culem-
#> 28 •« bourg, dans le camp du roi. Cette défection déconcerta les assiégés qui n'opposèrent plus qu'une faible résistance. Les assaiUans au con* traire , renforcés de troupes fratches et remarquant que le parapet était presque entièrement dégarni, redoublèrent leurs efforts et pénétrèrent dans la yille par le boulevard de la porte d'Engbien, et par l'ouverture que le canon et le jeu des artifices avaient faite auprès de la porte Cambrésienne. Us s'y livré, rent aux plus horribles excès ; saccagèrent , brisèrent, arrachèrent, renversèrent tout; massacrèrent sans distinction d'âge ni de sexe, la population entière ; et lorsque la fureur eut enlevé à la lubricité ses dernières victimes , qu'il ne se trouva plus rien qui pût exciter leur convoitise, ils mirent le feu aux bâtîmens. Ce qui de cette ville malheureuse ne fut pas la proie de la soldatesque devint ainsi celle des flammes. 11 n'échappa que huit maisons, outre le couvent des Franciscains et l'Hospice des vieillards, et seize ou dix -sept personnes jugées riches, qu'on n'avait épargnées que dans
#*2Ô ^ Tespoir d^en Urer de grosses rançons* Entai ^ les tours furent démolies, les murailles abat^* lues, les fossés comblés ^^.
L'honneur de celle triste conquête, entreprise et consommiée vers la mi-juin 1477^ demeura au comte de Dammartin.
Louis XI fit retirer Tannée suivante ses trou* pes du Hainaut dont rarchiduc Maximilien , qui avait épousé Marie de Bourgogne, avait reconquis plusieurs places ; mais la frontière de cette province , du côté de la France, resta exposée aux incursions et au dégât , jusqu'à la conclusion du traité d'Arras.
Dépuis ^nq ans, Avesnes, entièrement décrie, gisait ensevelie sous ses ruines. On n^appiochait qu^en frémissant d^un lieu dont Faspect remplissait Pàmo de tristesse et d'effiroi. Personne n^àvait encore osé remuer ces dénombres ensanglantés qui recouvraient des cà4
davres. La paix ayant ramené des jours plus
IranquiDes, quelques indiTidui? sans asile TÎn* rcnt en chercher un dans les ruines d'Avesnes^, et se formèrent des demeures avec les débris qui s^offiraient sous leurs pas. Plusieurs familles s'y réunirent ; les cordeliers se remirent en possession de leur maison ; la ville parut renaître de sesoendres , du moins une bourgade form ée en peu d'années en occupa la place»
Les troupes qu'entretenait Maximilien, obKgé d'être continuellement en armes, étaient en grande partie composées de stipendiaires étrangers qui , dans les intervalles de loisir que leur laissait une trêve ou la paix , dévastaient le pays qu'ils devaient défendre. Les bandes ailemandes envoyées à la frontière , après la réduction de Gand à l'obéissance du prince, avaient leurs quartiers à Marubeuge et dans Avesnes : teur solde n'étant pas exactement payée, ces troupes se mutinèrent , pillèrent iei le couvent des cordeliers^ là celui des soeurs j^ioeS) et chargées de butin et d'imprécations^ allèrent se loaer à b f'vwixct.
^ âl ^
• La guerre s'était rallumée eatre î*ArchiduC et Charles VIII qui semblait, en succédant à Louis XI , avoir hérité de ses prétentions. Elle étendit ses ravages dans PArtois, la Flandre , l6 Brabant, la Picardie, le Hainaut. Avesaes fut prise de no\fveau par les Français qui y mirent encore le feu après l'avoir saccagée. Les habitans de cette ville malheureuse, dépouillés, chassés, dispersés, dans le dénûment le plus absolu, se réfugièrent dans les bois. Le traité de Senlis assura la paix aux provinces , sans rendre aux peuples la sécurité. Néanmoins les habitans d'Avesnes y rentrèrent et reconstruisirent leurs demeures. Privés des ressources qui jusqu'alors avaient entretenu Fabondance au milieu d'eux , ils s'en créèrent une nouvelle , en obtenant de la commisération de l'Archiduc l'établissement d'une foire franche. C'est celle qui se tient le mercredi d'après la Quasimodo ^.
La ville , au bout de quelques années , avai t repris assez d'apparence pour faire naitre parmi les bandes françaises qui rôdaient dans les
alentours, la tentation de la piller. Elles s^y jetèrent un jour de fête et pénétrèrent jusque dans Téglise où les habitans rassemblés assistaient à l'office ; mais tout à coup elles s'arrêtèrent comme frappées d'épouvante , se retirèrent avec précipitation , et prirent )a fuite *•.
Louise d'Albret, l'une des filles d'Alain, à qui elle avait succédé dans la seigneurie d' Avesnes^ avait par son mariage avec Charles de Groy, prince de Ghimai , transporté cette seigneurie de la maison d'Albret dans ccIIq^ de Groy ^*. Cette princessç quittait rarement Avesnes. Elle y perdit deux enfans.en bas âge , et cette perte^ en l'attachant par le double attrait de l'amour et de la douleur aux lieux où reposaient leurs cendres *' , contribua peut-être à l'y fixer. Elle y trouva dans les œuvras d'une dévotion expansive et bienfaisante de puissantes consolations. Elle prit des pauvres un soin particulier. Le service de Fhôpital avait été abandonné à de pieuses femmes qui , sous le nom de Filles^ Dieu^ se vouaient à la pratique des œuvres à»
charité; soit qu'elles fussent en trop petit nom* bre ou qu'un tel emploi leur convint peu , Louise d'Albret leur associa des sœurs-grises qu'elle fit venir de Brugelette , ensorte qu'on peut la considérer comme la fondatrice du couvent de récollectines qui se forma de celtç réunion ^^.
Avesnes , quoiqu'exposée tour à tour aux dévastations de l'ennemi en tems de guerre et aux déprédations des pillards dans les intervalles de paix, avait réparé ses pertes ; elle était entièrement reconstruite et repeuplée lorsqu'un incendie aflfreux la réduisit en cendres. Les édifices/ publics comme les bâtimens par^ ticuliers , l'église à l'exception du chœur, la maison de paix avec les archivei, tout devint la proie des flammes qui, de toutes parts, étendirent leurs ravages jusqu'aux extrémités de la ville. Malgré les ressources que le voisinage des forêts offrait aux habitans pour rétablir des édifices qu'on était dans l'usage de construire presque tout en bois , on se ressentit
long-tems de ce désastre dont les hideuses^ trace;s, vingt ans après l'événement, affligeaient çncore les regards ^K
La princesse contribua Yraiseniblablemen(t paV ses libéralités à la réédification de Téglise paroissiale. Elle la fit ériger en collégiale , sous l'invocation de Saint-Nicolas, en fondant un chapitre qu'elle dota de treize prébendes , dont ia collation fut confiée au vénérable abbé â,e Blois et à ses successeur^ ^^,
EUe releva dans le même tems et dota aussi la maison des béguines/ C'était un établissement pour cinq femmes veuves , ou célibataires , de mœurs pures , d'une conduite sage, d'une réputation intacte , dont la principale occupation devait être d'assister aux offices et de prier Dieu ^.
X-ouise d^Albret survécut peu à ces pieuseii dispositions ^7. On lui dressa un mausolée dans le chœur de la collégiale qu'il décojait eur ,€ore en 1793^*;
Elle avait laissé pour héritiers Aime de Croy, sa fille unique , et son neveu , Philippe de Croy, l'époux de celte jeune princesse, qui, dès qu'il^ fut en possession d'Avesnes , s'occupa d'en relever les fortifications ^9, Son fils Charles de Croy lui succéda.
JLe maréchal d'Aanebaud , qui commandait une division de l'armée que François I" avait amenée dans les Pays - Bas , sje présenta devant Avesnes avec l'intention de la soumettre ; n^ais , soit qu'il prévit^ trop de résistance , ou que des obstacles imprévus l'eussent obligé d'abandonner son projet , il se retira sans riea entreprendre.
Lorsque le prince d'Espagne eut atteint sa vingt-deuxième année, Charles -Quint , rassasié de gloire , fatigué de l'exercice de la puissance et méditant déjà sans doute le dessein qu'il exécuta quelque tems après, voulut faire inaugurer ce. fils, l'objet de ses prédilections* Philippe, mandé par sQn père, se rendit,
^ se ^
accompagné du cardinal de Trente, du duc d'Albe et de quelques autres , de Madrid k Bruxelles, en traversant Tltalie et FAIlemagne. Il fut accueilli partout comme devait Tétre un tel personnage ; mais rien n^est comparable à la réception qu^on lui fit dans les Pays-Bas ,^ dont toute la cour s'était portée à sa rencontre avec la reine de Hongrie et un cortège ausst brillant que nombreux. Le jeune Prince, parcourant sous la conduite de PEmpereur ces contrées florissantes, fit le 17 août 1549 sa joyeuse entrée dans Avesnes. Il y reçût les honneurs dûs au souverain et le présent d'usaçe. Il en partit le lendemain ^*».
Charles de Croy , qui mourut sans enfans ^^ eut pour successeur son frère , Philippe de Croy. Ce prince était à peine en possession de «es nouveaux domaines quand Henri II , étant venu cami>er à la tête d'une armée , à la Flamengries s» , alors le dernier village de la frontière de France, voulut faire mettre le siège devant Avesnes , et envoya des gens pour la
reconnattrô ; mais des pluies continuelles , en brisant les chemins , les avaient rendus tellement impraticables qu'il fallut renoncer à cette entreprise. Cependant le Roi, malgré les difficultés et les dangers d'une marche ^ travers des bois où, à chaque pas, on pouvait tomber dans une embuscade , s!avança jusqu'à Trélon dont le château , emporté d'assaut et livré aux flammes après que la garnison en eut été passée au fil de l'épée , ne fut bientôt plus qu'un monceau de ruines fumantes. Tandis que la lueur de cet incendie répandait au loin l'épouvante et la consternation^ les troupes du roi entraient dans Chimai par la brèche.
Les seigneurs d'Avesnes , depuis Louise d'Al^ bret , avaient leur résidence habituelle dans la ville où leur présence , au milieu des officiers de leur maison, d'une garde nombreuse, de Péclat et du luxe d'une cour , alimentait le commerce, excitait l'industrie, et répanda^ l'abondance^^
#• 88 ^ Âyeflnes , comme d^autries villes de la frontière, avait un gouverneur. Gel officier y exerçait une autorité fort étendue. Cumulant les diverses attributions de commandant militaire et de chef de la justice *', il concouraU aussi aux actes de Fadministration municipale.
Cette administration , composée d'im mayeur et de douze jurés, devait assurer la tranquillité publique , veiUer aux intérêts coinmims, r^er remploi des revenus de la ville, faire la répartition des tailles ou des subies, et tenir sur pied une milice formée des habitans, assujétis à porter les armes ^^. Elle exerçait en outre la basse et la moyenne justice dans les limites de la ville et des banlieues.
La haute justice et la poursuite des crimes étaient exercées par les officiers du seigneur. On faisait subir aux condamnés, selon qu^ils avaient été jugés plus ou moins coupables, le supplice du feu , de la roue , de la potence , ou la peine du fouet, de la marque et du carcan ^^»
Les grands criminels étaient exécutés hors deaf portes de la ville ^. Les cadavres, transportés au bord d'un chemin fréquenté , sur des fourches patibulaires, y restaient exposés à la vue des passans.
Il n'y avait en ville qu'un petit nombre de marchands : on achetait soit au marché , soil dans les halles, car il en existait plusieurs, telles que la halle au bled, la halle au filet ^t^ les choses nécessaires k la consommation journalière ; on se pourvoyait dçs autres en foire.
hes artisans étaient divisés en corps de mé« tier, et chaque corps de métier formait une confrérie ayant sa chapelle , son guidon , ses statuts, ses assemblées, ses banquets^".
Plusieurs habitans avaient des exploitations et se livraient aux travaux de l'agriculture ^ d'autres engraissaient des troupeaux de bœufs, le reste de la population était composé de manouvriers et de prolétaires.
♦* 40 ^.■ La ville possédait un collée, ou une école ^^ latine , dont Porigine n'est pas bien connue ^°«
Philippe II remarqua- 1- il , ma%ré ïe peu d'heures qu'il passa dans Ayesnes, de quelle importance était par sa situation à l'extrême^ frontière , une place si avantageusement assise et si bien fortifiée , et frappé du danger de laisser cette clef des Pays-Bas à la dispo-^ sition d'un vassal qui pouvait les ouvrir à l'ennemi, conçut-il dés lors le projet de se la faire céder ? On peut le conjecturer sans trop d'invraisemblance , puisqu'il n'était que depuis peu maître absolu des Bays - Bas lorsqu'il se fit mettre en possession d'Avesnes. L'acte de ces^ sion est du 22 juin 1556 ^\ A l'exception de quelques intérêts pécuniaires^ PhiUppe de Croy* ne se réserva que la faculté d'entretenir dans la ville les officiers chargés des différentes parties de l'administration du reste de ses domaines.
Les changemens qu'un tel événement devait occasionner furent d'abord peu sensibles ^'^
> 41 <<i Les fonclionnaires de tous les ordres conservèrent leurs emplois , que plusieurs d'entre eux continuèrent d'exercer au nom du roi, comme ils l'avaient fait auparavant, au nom du seigneur ; les autres habitans ne cessèrent point de se livter à leurs occupations habituelles.
La mort en avait emporté ungrajrui nombre avant la fin de la troisième année de cette nouvelle dotnmation. Les prairies qui se déploient, entre le haut et le bas de la rivière, comme une immense nappe de verdure sur laquelle se dessinent les forUfications de la place, étant autrefois moins soigneusement cultivées , se convertissaient^ dans les tems pluvieux , en de fai^eux marak dont les émanations délétères pénétraient dans la ville , et y firent souvent éprouver les inconvéniens d'un si pernicieux voisinage. Le typhus y enleva , dans diverses conjonctures, une grande partie de la population, n est probable qu'il y devint très-meurtrier loutes les fois qu'une cause accidentelle ,
une agîlàtîon violente , la mauvaise qualité des comestibles, la proximité d'une armée en développa les germes. Il y laissa, en 1558,4e longs et douloureux souvenirsu
Attachée à la religion catholique et soumise au prince , Avesnes s'abstint de prendre part aux trouWes qui, sous le règne de Philippe II,, ensanglantèrent autour d'elle les différentes provinces des Pays-Bas ; mais sa tranquillité ' fut fréquemment menacée. Quoique éloignée des divers centres des opérations militaires., elle vit fondre à ses portes toutes les calamités d'une guerre d'extermination, sans pouvoir les écarter lii s'en préserver toujours. Les partis ennemis, les maladies, la cQsette y répandirent souvent Pâlarme, le deuil et la misère. Des Iroupes françaises , allemandes , espagnoles , italiennes, néerlandaises, allant faire le d^ât sur les terres ennemies , passaient et repassaient sous les murs et quelquefois dans l'enceinte de la ville, où elles jetaient l'épouvante et le désordre. Les campagnes , livrées aupil-
lage et aux flammes^ afl&aient partout dea trace» d^une affireuse dévastation.
La petite armée française avec laquelle le baron de Genlis s'était promis de reprendre Mons , ayant été défaite par la division de l'armée espagnole aux ordres du grand -bailli Noircarme ^ la plupart des vaincus restèrent sur le cban^ de bataille ; les autres furent ou dispersés dans la campagne et massacrés par les paysan»^ ou faits prisonniers et répartis dansp les places, fortes des environs : tous subirent une mort violente* Ceux que renfermait Âvesnes périrent dans des puits où leurs gardiens les précipitèrent.
Les Italiens et les Wallons qui servaient dan» Tarmée du duc de Parme, s'étant mutinés après la mort de ce prince , s^emparèrent de Pontsiw-SamlMre.,. s'y fortifièrent, et se répandirent de là dans les Ueux circonvoisins pour les mettre à contribuGon^ tandis que d'un autre côté, Balagny^ devenu tout puissant clW9 Gaxii}>rai
par sa soùnnssion au roi de Franee, dent il avait eu Thonneur de baiser k boite , ravageait l'Artois et le Hainaut.
Le grand bailli du Hainaut , Cbarle» ée Ot^j^ vint à Avesnes en t69S. Il y fut aceneilli par les anciens vassaux de sa famille , avee les démonstrations^ d'une grande joie. Ils lui donnée rent des fêtes, défrayèrent les geQ3 de sa suite^ et lui offrirent une coupe de vermeil. Sa pré-» sence excitait ce sentiment mStè de douceur et d'amertume qu*on éprouve à la vue d'objets qui rappèlent des temps plus heureux. On n'avait que trop de sujet» de regretter c^s anciens seigneurs dont la domination était ^ douce , qui ne levaient pas d'impôts , qui se mêlaient peu des affaires de la bourgeoisie , et qui souffraient que leur garde même fut assujétie à l'octroi.
Henri IV, en déclarant la guerre aux Espagnols, avait extrêmement compliqué les embarras de leur position dans les Pays-Bas. Perdant journellement quelque place, repoussés de plu-<*
#- 45 -# sietirs^ proymces, odieux à celles qui éfaîeni restées soumises , ils De rencontraient partout que des ennemis déclarés ou prêts & se déclarer. Le duc de Bouillon enU*a dans le Luxembourg à la tête d'une armée française , y prit et saccagea Verton,^ Yvoi^ Montmédi, Laferté- Le marquis de WarenAon rassembla des troupes à la hâte et , pour opérer une diversion, sfla ravager les frontières de la Picardie. Les Français , usant de représailles , incendièrent Avesnes. £Ue était alors remplie de malades.
S^èlevantdu sein des villes fumantes et des campagnes désolées ^ une affireuse épidémie s^était rapidement étendue sur les vastes contrées qui séparent le Rhin de la Seine ^ et semblait en menacer , bien plus redoutable que l'épée du soldat , la population toute entière d'une destruction prochaine.
Les conférences tenues à Vervins , oula paÛK fiit conclue en 1598 y suspendirent les hostiUtés-, et les cœurs s'ouvrirent à l'espoir d'un avenir moins malheureux.
Philippe II , que le désir d'assurer le gouvernement) des Pays-Bas à sa fille, avait rendu facile sur les conditions de cette paix , ne put en signer la ratification : la mort ne lui laissa pas la consolation de connattre les heureux effets de la conduite sage et humaine d'Albert et d'Isabelle^'.
Les troubles qui , depuis la mort d'Henri IV, agitaient la cour de France , et dont l'ambition de Marie de Médicîs avait été constamment la cause ou le prétexte ^ ayant déterminé cette princesse à quitter le royaume, elle partit furtivement de Compiègne , la nuit du 18 juillet 1631, et ne s'arrêta que dans Avesnes où le prince d'Epinoy vint la recevoir au nom de l'archiduchesse ^^. Isabelle, restée veuve, gouvernait alors seule les Pays-Bas.
Le duc d'Orléans alla rejoindre la reine mère à Bruxelles. La fuite de ces personnages, l'accueil que leur fit la gouvernante, l'asile qu'elle leur accorda devinrent l'occasion de beaucoup
^ 47 ^ d^intrigues et de complots qui ne pouvaient manquer d'amener une rupture entre les deux cours *5. Les seigneurs des Pays-Bas catholiques, qui voulaient secouer le joug des Espagnols, formèrent le projet de livrer à la France plusieurs places frontières , nommément Bouchain , le Quesnoy, Landrecies et Avesnes **.
La guerre entre les Français et les Espagnob ne tarda pas k se rallimier. IsabeHe avait eu d'abord pour adjoint ensuite pour successeur , le cardinal infant , dom Ferdinand. Ce prince allant commander l'armée que De Wert ^'J et Picolomini conduisaient en Picardie , passa par Avesnes , dont les clefs lui furent solennellement présentées le 9 juillet 1636 , par le Ma^ gistrat, à la porte du château. L'infant les remit gracieusement entre les mains de ceux k qui la garde en avait été confiée , et le reste du jour se passa en réjouissances.
Un mois était à peine écoulé que des symptômes alarmans annoncèrent le typhus. Cette
.^ 48 ^ «nieOe maladie qui, dans les années 1570 el 1596 avait, comme en 1558, dépeuplé ht ville, fit des progrès rapides* On employa pour les arrêter un expédient étrange, mais alors généralement usité. Les maisons qui renfermaient des malades furent barricadées avec des chaînes cadenassées \ des mercenaires dont les gages étaient assignés sur les fonds communs, eurent la charge de porter des alimens ou de» remèdes à ceux qui pouvaient encore en user^ et celle d^ensevelir les morts.
Lr^armée française , <jue commandait le cardinal de La Valette , emporta Landrecies en quatorze jours de tranchée ouverte , descendit la Sambre jusqu^à Maubeuge qu'elle soumit , et se partagea ensuite en deux divisions. L'une alla , sous la conduite du vicomte du Turenne, devenu depuis si célèbre , prendre et piller Solre-le - Château ; l'autre , dirigée par le cardinal en personne , vint insuher Âvesnes , dont eUe fit mine de vouloir entreprendre le siège , détruisit un pont-levis établi sur l'Helpre à
#. 49 ^ Saint- Hâaire , brûla le viUage , et marcha tovs La Capelle ^».
Pri^ et reprise tour-à-tottv par les Espag^ob sur tes Franeais^, et par lea Français mt les Espagnols, laCs^He fut encore assi^éepav ces derniers en 165ft. Pans leur armée, cpie commandait Parchiduc Léopold - Guillaume , êtfient deux jeunes soldats liés d'une étroite amitié. L'un d'eux est atteitit d\ine balte dans les fossés de la place ; Tautre accourt pour recevoir les derniers soupirs de son ami , et en le serrant dans ses bras, lui-même il expire. L'archiduc , pénétré d'admiration, les fit transporter à Avesnes, pour y être inhumés dans un même tombeau, et voulut qu'un monument digne d'un si touchant trépas en perpétuât la mémoire ^^.
Foulés en tous sens par des armées les unes amies, les autres ennemies, les environs de cette dernière ville étaient exposés à de continuels ravages. La ville elle-même , souvent remplie de
troupes, surchargée de logemens militaires* ^^ accablée d^mpôts et de vexations, était presr que toujours en alarme ; mais elle n'eut pas du moins à subir les horreurs d'un siège. Le prince de Condé et dom Juan d'Autriche y rassem* blèrent, en 1656 , l'armée destinée à secourir La Gapelle , alors assiégée de nouveau^
La paix des Pyrénées, en 1659, amena de grands changemens dans Avesnes. Cette place ayant été comprise au nombre de celles (jue l'Espagne dut céder à la France ^o, le commissaire des guerres Damoresan, délégué par le vicomte de Turenne, en prit possession, au nom de son souverain, le 15 de mars 1660 ^'^ Le régiment de la marine , dont il s'était fait accompagner jusqu'à la distance d'une lieue „ fut introduit dans la ville pour y tenir garnison. Le comte de Brogfie, qui venait y rem^ placer le baron de Vange en qualité de gouverneur ,. s'y trouvait dès la veille , mais il ne s'y fit reconnaître qu'au bout de plusieurs semaines 7^ On y reçut, dans le même tems, un
Seutenant de roi, et finalement la place leilt um état-major complet i^
lue Magistrat ^ titre conféré au corps municipal dont les membres, administrateurs et juges tout ensemble , exerçaient en efiFet une double magistrature , prêta serment entre leji mains du nouvel intendant du Hainaut , Talon. Les jurés '^ qui -composaient ce corps furent, peu de tems après , réduits de douze à huit^ »ana èlre privés toutefois de la faculté d'élire^ au scrutin secret, le mayeur , lequel pouvait, à son tour , renouveler , avec Pautorisation du gouverneur , tous les membres du corps municipal. On leur adjoignit un procureur du roi , chaîné de surveiller leurs actes. Mais cet ordre de choses ne subsista pas long-tems; quelques années plus tard , le magistrat ne se trouvait plus composé que d'un mayeur , de quatre échevins , d'un procureur du roi , d'on trésorier massart t* ^ d'un greffier ; et ses attributions avaient beaucoup moins d'étendue 7*.
^ 52 <# Le roi, par un édit du mois de iioyembre 1661, établit plusieurs jurisdictions au seia de ses nouyelles conquêtes, entre autres, un baillage à Avesnes. Bienfait inestimable! s^il «ût été possible , en créant des emplois , de <3réer aussi des hommes capables de ks remplir 7«.
La création du baillage fut suivie , quoiqu^à un long intervalle , de rétablissement d^un siège de maréchaussée, sorte de tribunal criminel institué pour juger les cas prévôtaux77j en sorte qu' Avesnes se trouva renfermer dans son étroite jenceinte quatre difiFérens corps de judicature : le baillsCge royal , le baillage de la terre ou de la seigneurie?*, la justice prévôtale, et celle des échevins qui, comme la remarque en a déjà été faite , avaient aussi des attributions judiciaires. Plusieurs seigneurs des environs conférèrent les emplois de baillis et de procureurs fiscaux de leurs domaines à des gens de loi de cette ville où, d^abord rares, ils se multiplièrent tellement qu'ils y formèrent une des
de^ classes les plus nombreuses de la popu* latioa.
Ayesnes fit d'autres acquisitions encore, et devint le chef- lieu d'une subdélégation t^. Le service des fermes générales y concentra une multitude d'employés dp tous grades^.
Elle avait , à l'instar de la plupiirt des villes des Pays-Bas , ses privilèges , çspèce de palladium à la conservation du(]uel on attachait « d'autant plus d'importance qu'on en connais« I sait moins les avantages. Les privilèges d'Aves* • nés consistaient dans le droit de chasse et de pèche j et la garde des x^Iefs de la ville ^\ Le roi les confirma , mais avec une restriction qui priva la bourgeoisie de la ^loitié des clefs. Elle continua péanpioins d'entretenir le guet •*.
Les hostilités venaient de recommencer* Impatient de signaler sa valeur, Louis XIV allait se mettre à la tète de ses armées dans les Pays«
Bas; la Reine l'accompagnait. M'^ de Mont*
^64^ peîffiiêr, M^'-tte Moûtespan, M"* de La Vàllière, Louvois, toute la cour était du voyage **. Le ministre avait règle l'ordre de la marche : oh ilevmt se rendre en une journée de Saint- ^entin 4iXandreei68;'mai8 une pluie eonti* BueHe avait tellement gronsi les eaux d'une rivière qu'il faBait traverser , quele passage s'en trouva impraticable. On fit halte dans un village, et la cour la plus* fastueuse ^e FEurope pasi^a là nuit dans une ehaunrière, entr^ les muraflles ûues de dçux bouges ^rc4ts. Le-Roi , la Reine , M"* de Montpensier, Monsieur , et plusieurs autres , après^^voir fait un souper fort maigre et him froid , se couchèrent dans la inêtoe place sur des matelas étendus^ à terre. Au lever du soleil, on se hâta de gagner Landrecîes. La cour s'y arrêta trois ou quatre joiirs*^. Elle en partit, précédée d'un régiment de dragons, pour se rendre à Avesnes , où elle arriva le 9 juin 1667. Le magistrat, qui s'était avancé hors des portes au-devant du monarque , lui présenta les hommages des habitans, et le harangua. La pluie n'avait pas disconli-
nué. M"' de Montpen^ , cra%A{ait que le
oomte de Lauzim. ufi set3 moiùll^ davantage si
le9 dragons , qu'il? ooïkimaiHlGât , éftaieait obl%éa
de camper. , obtint duBoi Vocdre de logercette
troupe en yille. On joua le soir chez la Reine.
Le comte de Lauzun y Tit M"' de Montpensier ,
eut avec die un entretien> fort long ^^^ , dy dans
ses épanchemens, la petite-fille d'Qenri.I¥: ne
s^oublià. guère moins que Ibrsque a placée à
talde derrière Louis XJY, elle recevait dans^son
manchon , 1^ billets qu^y glissidt Lauzun^^. )>
On sait que Tinfoitané comte e^ia par une^
captivfté de dix^ années un seutjour d'eq>érance.
Le lendemain , le maffUtrat présenta^, dans une des s^dles du château, les i^ins^ au roi; les mémea officiers allèrent ensuite offrir- à la Reine , qu'ils rencontrèrent au sortir de son appartement , im grand bassin de dragées et de confitures. La cour ne se remit en route qu'au bout de six jours, qui avaient été, selon toute apparence , autant de jours de £éte ; car la gloire, les plaisirs ^ la grandeur, la galan^
ierie occupèrent les premiêrei années du rè-gne de Louis XIF •* , et les habitang d^ Avesnes H^avaient probablement rien négligé^ pour ren« dre le séjour de leur yiUe agréable à leurs augustes hâtes.
Les rapides conquêtes du rot et là paix qui les suivit devinrent autant de sujets de réjouissances. Le magistrat donna. dans l'Hâtel-deyiUe,.à Toccanon de la paix, un grand repas auquel assistèrent le sergent-major, le chapitre, le bailliage , les anciens .échevins , les régens du cpUé^e avec leur principal, et plus de cent autres personnes. C'est le premier festin de ce genre dont il soit fait mention dans les archives de la .ville. Il avait été pirécédé d'un Te Deum etfut suivi d'un feu de joie *9. L'air, agité par les salves d'artiUerie et les décharges de mousqueterie, grondait de toute part. Deux cents boui^eois en armes garnissaient les parapets. Iljse.fit iine.distribution de vin dans chaque rue. L!i|llégresse était telle que six jours consécutifs se passèrent en réjouissances 9®.
La place était en mauYak état , on ajouta aux fortifications un grand nombre d^ouyrages exécutés sur les dessins de Vauban. Les fossés furent élargis, garnis de demi4unes , de contrei^ gardes, et bordés de diemîos couverts. avec de larges glads. On étsJ[>lit sur la rivière une éoluaa d'un càté , de Tautre un fortin 9^ Àvesnes avait autrefois trois portes , celle d^Enghien , ceUe des Demoiselles et la porte Cambresienne^ ou de Cambrai 9^. On décora les deux premières, à Pextérieur , de façades , en pierre bleue , d'une architecture noble; la dernière, alors déjà condamnée depuis long-temps , n'a pas été r^uvette. De nouveaux ponts en maçonnerie, supportés par des arches en' pierre de taille, coupés par des ponts-levis, i>ccupèrent la place des anciens et se prolongèrent beaucoup audelà. On construisit dans la ville des mc^^ns , des arsenaux, des casernes, des corps-de-garde. L'usage d'employer dans ces sortes de cons-^ Cructions la pierre et la brique , au lieu de bois , avait déjà prévalu ; il devint général pour toute ^rte d'édifices, s'étendit même aux maisoiis
#^ 68 ^ particulières, et ces bàtimens difiFormes, com« posés de grossières charpentes , d'ais noircis ou vermoulus, dont l'aspect attristait les regards ^ disparurent insensiblement : il ne resta de l'ancienne Ayesnes que le sol, le nom et quelques souvenirs. Ces travaux occasionnèrent toutefois des pertes. On fut obligé , pour avoir du terrain, d'abattre plusieurs groupes de maisons ^^, Deux des quatre chapelles renfermées dans l'intérieur des murs, furent démolies; sur les fondemens de l'une on érigea une boulangerie militaire qui dans la suite devint la proie des flammes ; l'emplacement de l'autre disparut dans le terre-plein des remparts : celles qu'alors on laissa debout , eurent un siècle plustard à- peu-près la/néme destinée 94. De longs tuyaux de bois amenaient autrefois de sources situées à plus d'une Ueue , jusque dans la Placed' Armes, une eau aussi fratche, plus pure et moins crue que celle qui découle du rocher.
En se renouvelant sans cesse dans le bassin disposé pour la recevoir, elle formait une fontaine vive et limpide, plus regrettable en-
^ 50 ^ « tore sous le rapport de l'utilité que sous celui de l'agrément : on coupa les tuyaux, en creusant les nouveaux fossés, et les communications entre le bassin et la source qui l'alimentait se trouvèrent irrémédiablement détruites; aucun des essais tentés jusqu'à présent, pour suppléer par des puits aux f ontaiiies , n'a réussi ' «
Germaine de Foix avait vendu , en 1519 y à Guillaume de Croy, dix-sept terres du nombre desquelles était celle d'Avesnes; toutes avaient été léguées par l'acquéreur au marquis d'Arschot et au comte de Zeuinghem : cette disposition, mal exécutée, fut l'origine d'une longue suite de procès que , ni des arrêts nombreux , ni des traités de paix , ne purent terminer, mais que trancha la conquête. Le duc d'Orléans à qui , de transmissions en transmissions , les droits des héritiers de l'un des légataires, étaient échus, se fit adjuger, en 1706, la terre d'Aves- Bes qui dès lors devint toute française, comme la ville, où le prince fit bâtir un hôtel pour l'usage de ses oflSciers 9^.
Quatre grandes routes , tracées en 1725, et dont Avesnes est le centre, ouvrirent à cette Tille, jusqu'alors pour ainsi dire isolée, un accès facile dans Tintérieur de la France el dans les Pays-Bas ^i.
Les premières garnisons françaises avaient été logées chez les habitans à qui cette charge parut tellement insupportable , que plusieurs d'entre eux abandonnèrent leurs demeures.
On reconnut enfin que des casernes étaient in« dispensables dans une place de guerre, et il en fut construit plusieurs corps , durant le» dernières années du xvii* siècle , dans le quartier alors le plus désert, quoique l'un des phi» sains de la ville «•. Le bourgeois, après trente* cinq ou quarante ans de gène , se trouva dis* pensé de partager ses foyers avec le soldat ; mais il fallut continuer à fournir le logement aux officiers, car ce ne fut qu'en 1738 qu'on bâtit, pour les y réunir, un hôtd où chacun d'eux eut un appartement garni ^. Cet édifice , composé de deux vastes pavillons, séparés par
une grande cour carrée, est te pki9 beau de ceux que renferme Ayesnes.
L'Hôtel-de-ViUe a été réédifié en 1757 «-.
Leff agitations de 1780 furent pour ÀTesnes, où il se tint une assemblée de baillage , comme pour toute la France, le présage d^une destinée nouYelle. Les quarante années qui se sont ^ écoulées depuis lors et durant lesquelles , d'abord comme chef -lieu de district, ensuite eomme chef-lieu d^arrondissement , et siH*tout comme ville de guerre , elle éprouva tant de vicissitudes, composent la période de son existence tour-'à-tour la plus florissante et la plus désastreuse, et constamment la plus féconde en événemens '^'^ Le typhus la désola plusieurs fois , elle tomba à deux reprises au pouvoir de Pétranger ; détruite , en grande partie , par Texplosi^i d'un magasin à poudre , elle subit pendant plusieurs années le joug accablant d'une occupation militaire. Avesnes fut en juin 1815 , le point de départ de l'armée et de son
chef, qui'se mireiiteainarohe le 14poiur dlw au deyant de rennemi; Le' V^^ l'année , dans la déroute la plus complète et la plus horrible confusion, roulant a^vec Ik sapidité d'un torrent dont les flots se précipitent , revint se rompre sous les murs d' AveiHies. Le 22 , la ville , à demi ensevelie sous ses ruines, était à la mef«o« <i«i vainqueur***.
m®iï]
i , L*Attmolooie du nom ê^Avesnes n'est pas exaciement connue. Jj*opinion la plus générale est qu'il vient des ehamps d'avoine, avenœ, dans lesquels on conjecture que les premiers fond^aiens de la ville ont été jetés.
sue est située sous le 21 « degré 33 minutes de longitude et le 50« degré 10 m. de latitude. L'air y est vif et sain, surtout depuis que les marais sur lesquels elle s'avance au nord, ont été convertis en prairies. Toutefois les vents contraires ^ui y régnent et les pluies souvent abondantes qui y tombent une partie de l'année , en ^rendent , par des transitions subites , l'atmosphère tour- à -tour sec et humide; aussi , quelques précautions qu'on prenne , est-il difficile d'y échapper aux maladies de poitrine , telles que les rhumes , les eatharres , les pleurésies.
Le nombre des habitans d'Avesnes est de 3,166 ; on y compte 551 maisons disséminées sur un sol inégal, et généralement mal bâties. Elles étaient autrefois plus nombreuses : s*il n'y a pas d'erreur ou d'exagération dans le clûffre de Piganiol de la Force f Description, historique et géographique de la France) , et de Bruzen de la Martinière (Grand Dictionnaire géo' graphique, historique et critique) , la ville, au commencement du siècle dernier, avait 700 feus. Las habitations étaient alors plus étvoites/ on en a souvent
i^uni depuis plusieurs ensemble pour u*eu former qu'une seule,
Avesnes avait un idiâme et une physionomie propres que lui ont insensiblement fait perdre la multitude d'étrangers incorporés dans la population , et le séjour plus ou moins prolongé d*un grand nombre éB jeumis gens dans la capitale: lia bonhomie caustique d'iin bowgeois indigène se reâétiiit>s-ilest peemis de s'exprimer ainsi, dànsson langage naïf et piquante A travers son flegme, une teinte de rudesse et les bov tades d'une franchise qui ressemblait k de la brusquerie, il laissait transpirer d!exccUentes:qualités, mêrr Ûes, comme dans tous les hommies, k quolquesdéfanli , On retrouve plusieur&de.sesitDaât8 dans cette ébauche empruntée k un cotttemporain : ,
Les habitans d' Avesnes , U jAopart dlune complexion baieuse, sont prompts., chatbuillettx, ircasciblcs. Ils ont resprit indolent et comme engourdi jusqu'à certain»âgc> alors ils se développent et se montrent ingénieux, fins, habiles, propres a touti Quoique naturelleinent ttœâdes, ib ne manquent ii l'iuscasiony n^ de hardiesse, ni de courage. Les > grands airs et les grands mots Jie leur en imposent guère , toutefois il^ les prodi^aent quand ils veulent eux-mêmes en imposer. Leurs réparties facétieuses et. pnesque tou|ours inattendues annoncent, avec une soite d'originalité:, b^au" coup de justesse dans les idées. Us raillent volontiers^ ^ leur& railleries, pleines dSmsel mordicant sous des formes miMleuses, ont toute l'acrimonie du sarcasine. Médire est une jouissance qu'ils se procurent moins parmalignitéquepar besoin; quoique la chaiité chrétiemi^ne soit pasia vertu ^omiii^te dans leurs cardes,
ib JMiiit Q&àeAx, coitatppitissaas, amis. de Itordd^i att«^é8 k la-religioii deieurs pères y «but ibobservea^ tà^MimoHts fins scmpulettseiiieiit les pratiques queues précepftes. L'amour'du devoir n^esdnt pas en eux le gontt des plaisiia. Ils ont nn grand atirak^ ksiunnmes IpMur ksliqueuis emvrasbeS} lesifeiimies^Qttr.la dmae. DHuie taille. aiMfessas àt la majetme^ ^rfismines eut la|ieau bUnohe^ le 4eint frais , les traits végmliers^ide IpraBd&yettZAmrs ^milieu»; mais lesunes mdÂi'eip, les Mrtves ^eap peud'emlmipoixitj'emrmaiqtien.çit grafiey ienrabordfroid ;ellesme aontponrtanA pas insjenaibles i lents gdanâeries oot>esercé , «dans ^^us d*ane conjOBC» tore y la patieitce 4e leurs maris , âa^ca vttoitë de leuvs «Diniis, la iMrye des ohansonuieiDS. «Ce u^est pas qae yà vemUe, ajoute L'asteur^^iafalir ici unertif^e^gé^ nérale, il en est dont la vertu exemplaire mérite excep- 4itk.¥> fM^i niss*)
Creyons que cette re$tricliim We&ttqu*uiie éj^igsanue; que oboqué delà l^ëiteté de quelques SEentmes, iVuleur avait conon d*in)mtes préV^BJtionS CDùtoe ioutes; et que eelles qui commiMideat l'e9tîme;par leur modestie y la ^évéïÂtjé de lewrs misui«> la décence de lenr coadmte^iforiiieiit'daBS teiasies iems le pins ^namd noeobre.
Les portriéts de Camille» que plusieurs h a hit aM censervènt dans leurs ataisams 9 adteatent d'ailleun que nos aïeules n'avaient pas en «fiet moins de diar- JDes que leurs petites filles. liCS figures de iemraei qu'on remarque dans ceuxtde» tableaux de Louis Wat« teau qui décorent la diapelle de la Vierge 1 sont oelles de kelie» personnes de la ville qœ ce peintfe avait prises -peut modèle».
Âvesnes est aujourd'hui le chef-lieu du cinquième arrondissement du département du Nord , consëquenv* ment d*une sous-prëfecture et d'un ressort judiciaire ^ celui du tribunal civil de preinière instance et de commerce j qui comprend cet arrondissement entier. Elle renferme deux justices de paix, un tribunal de simple police, une société d'agriculture y une société d'archéologie, un collège communal, deux pensionnats de demoiselles, une école d'enseignement mutuel^ deux écoles piimaires , une conservation des hype^ fhèques, un bureau d'enregistrement, un bureau central de douanes, un bureau central de contribu* tions-indirectes , des bureaux de poste, deux imprt^ menés, une marbrerie, des clouteries, de» tannerie» et plusieurs autres établissemens.
m >• Wederic4e-Barbu, seigneur d'Avcsncs , de Leuze et de Gondé, était, suivant les conjectures les plus vraisemblables, un des descendans au quatrième degié de Wederic Lisors ^ à qui un comte de Hainaut f qu'on suppose être l'un des Régnier, avait donné les lerres situées entre les deux Helpres. Il avait établi sa demeure aux Fayts, sur une éminence entourée de bois, près des bords de l'Helpre mineure. Les bois ont disparu, les acciden»du terrai^ ne (Nmt plus les mêmes, les lieux ont changé d'aspect, fixais on voyait encore 4ans le village , il y a peu d'années j des ruines de l'ancien château des seigneurs d'Avésiies. Wederic. assista, -en 1066, à la dédicace de la collégiale de Saint-Pierre à Lille , et apposa comme témoin , sous le npm de Wederic de Tournai, son seing au bas de l'acte de dotation du chapitre. Il eut trois enfans : Thierri ou
Thëoderic , qui lui succéda; Gëiard, qui accompagna Godefroi de Bouillon dans la preoiière croisade 9 et Ida ou Ada, qui épousa Fastraded'Oysy , avoué de Tournai. Jacques de Guise préle&d qu4l mourut mi» sérablement intestat ; mais on ignore les circonstances et la date de sa mort. U fut enterré à Liessies. On bû reprocha d'ayoir lait ouvrir le tombeau de saiirte Hiltrude^ d'en avoir rétiré le testament de Ja sainte t qsi était gravé sur le plomb, et de Pavoir détruit pour a*emparer des biens qu'elle avait légués au monastèi^e ûe Liessiesy ou elle s'était vouée à la retraite.
3 Oa> comme il semble qu'on doive l'induire des expressions de Jacques de Guise, il fit reconstruitie l'ancienne surfin plan plus vaste. Quelque plausibles que puissent paraître les coniectures de ceux qui 4;onsidèrent le chœur de l'égKse actuelle comme un reste de celle de Thierri y il est néanmoins permis de douter que cette partie de l'édifice, quoique plus ancienne que les autres et d'un genre d'ai^chitecture di^Térent , remonte h une aussi haute antiquité. On t remarque des traces de l'incendie qui a consumé la nef : plusieurs pierres du cintre qui l'en séparait sont calcinées.
4 Thierri chassa de Liessies, en 1095 , les cbanoines^, qui en avaient pris possession^ et les remplaça par des moines , auxquels il donna la terre de F^'on et d'autres biens , pour les dédommager de ceux dont son pèice avait dépouillé le monastère. On rapporte qu'irrité des courses des chevaliers de la garnison de Mau* beuge, et des brigandages qu'ils conmiettaient sur s^ terres, d les poursuivit jusqu'^ Mons^ y pénétra mal-
gré tine tire résistance, et rëduish en cendres Fégliser de Sainte - Waudra. On ajoute que sa mort, prédite par un solitaire de Brocqueitry, fut considérée comme un châtiment de cette impiété. Il fut inhumé auprès de son père , à Liessies , où sa veuve , la comtesse Adft de Roucy/ qui avait déjà perdu deux autres époux^ résolut d'aller finir sa vie. B y avait anciennement des nonastères doubles, ou composés de deux cloîtres , l'un pour les hommes', l'autre pour les femmes; man d'épaisses et hautes murailles et de sévères défenses s'opposaient a toute communication entre les deux sexes. Tel fut peut-étte dans l'origine celui de Liessies-, où sainte Hiltrude rassembla une communauté de femmes daiis le voisinage de la communauté d'hon»mes que saint Gonthard , son frère , y avait établie. Toutefois il ne s'y trouvait plus que des religieux Iot»« que Ad», toute entière a sa douleur ,^ s'achemina vers les lieux où reposaient les cendres de ThieiTÎ, pour y passer le reste de ses jours. Elle y vécut pieusement et retirée r mais non pas en recluse, dans une maison qu'elle s'était fait bâtir et <pù n'avait rien de oommum avec le monastère^
5 « Thiery seigneur d-Avesnes, de Leuze et Condé » mourut sans hoirs, et Gossttin son neveu , surnommé » le Borgne, fils d'Ade sa sœur, et de Fastré d'Oysl^ » advoué de Tcumay, luy succéda aux terres d'Aves- » nes> Leuze et Gondé ; il entoura de murailles là » ville d*Avesnes, y dressant une tour, qui a porté le » nom de Grosse*, dont le comte d'Haynau, duquel » il estoit pair et vassal défendit la poursuite , et à son » refus , le somma de paroistre au chasteau de MonSy
b pour en renàre raison , mais en vain ; lors le comté i> pour le ranger a son devoir, mît a la baste quelques h troupes sur pied ; Gossuin ne manqua point 4e luy Sfr venir au devaiit, avec lés gens qu^il peut ramasser, n et s*estans rencontrés sur la Sambre , après diverses ift saillies de deux jours , le troisième Baudouin em- )$ porta le dessus, et mena Gossuin prisonnier au chasx> teau de Mons, où pour chastiment il lui fit raser là j» barbe ; mais par après il le reçut en grâce, et luy 1^ permit d'acbever la tour selon son dessein , larquelle » à fait depuis de la peine aux comtes d*Haynau. » f Annales de la proviièce et comté d'HayitaUy etc. i recueillies par F. Yincbant, augmentées et acbevées par A. Kuteau.)
^ B avait embrassé la yie monastique et fut inhumé en habits religieux. ^
7 a Godefroi résolut de faire le siège de cette ville % rebefle (à'Jrsur) ; 9 assembla ses trOupes, les conh duisit devant Arsur, et se mit en devoir de livrer un » assaut à la place. Déjà les tonrs roulantes s'appro^ » chaient des remparts , les béliers ébranlaient les mu- » railles , la ville allait être emportée, quand le» assiégés » employèrent un moyen de défense digne des bar- » bares^, Gérard d'Avesnes , qui leur avait été donoié en J» otage par Godefroi, fut attaché a la pointe d'un mat &> très-élevé, qu'on plaça sur la muraille même où se h dirigeaient tons les coups des assiégeans. A la vue » d'une mort inévitable et sans gloire , ce malheureux » chevalier chrétien poussa des cris douloureux , et » conjura son ami Godefroi de lui sauver la vie par
» une retraite volontaire. Ce spectacle cruel déchira h Tame de Godefroi , mais n'ébranla point sa fermeté y> et son courage. Gomme il était assez près de Gérard » d' Avesnes , pour se faire entendre de lui , il l'exhorta » k mériter par sa résignation la couronne du mar* » tyre. « Je ne peux pas vous sauver^ lui dit-il; lors » même que mon frère Eustache serait a votre place | » je ne pourrais le délivrer de la mort. Mourez donc, p illustre et brave chevalier , aVec le courage d'un hé- » ros chrétien ; mourez pour le aalut de vos frères et x> pour la gloire de Jésus- Christ, n Ces ps^roles de Go- » defroi donnèrent a Gérard d'Avesne^ le courage de to mourir; il recommanda à ses anciens compagnons D d'offrir au Saint - Sépulcre son cheval et ses armes ^ k> afin qu'on fit des prières pour le salut de son ame. » Peu* de tems après il succomba sous une grêle de » javelots lancés par les chrétiens. » (M. Michaud, Histoire des Croisades, ) *
8 Gautier fit prendie les armes k ses vassaux pour Aller saccager le monastère. Les moines , avertis de sa marche par un prévôt d'Avesnes, nommé Gossuin^ et d'autres qui comme lui avaient des fils ou des neveux dans cette maison^ sauvèrent ce qu^ils purent et particulièrement leurs calices, leurs livres, leurs orneijfens d'église. Guillaume-le-Flament> habile calligraphe, homme de bpnne mine et plein de vaillance, monta dans la tour, approvisionné de pierres, qu'il lança par les fenêtres sur les assaillans. Un des leurs eut la tête cassée ; mais en descendant précipitamment l'échelle, Guillaume -le-Flament fut renversé et i-eçut un coup d'épée qui le mit hors de combat. L'abbé
ayant été informé que Bauduin> le comte de Haînaut^ était a Maubcuge, envoya tous les enfans admis an nombre des cénobites lui porter plainte. Gomme ils arrivaient "près de la ville , Bauduin qui en sortait les aperçut, descendit aussitôt de cheval et s'avança à leur rencontre. Ds l'abordèrent les yeux noyés de larmes y la voix entrecoupée de sanglots. Après les avoir écoutés , Bauduin se prit k pleurer avec eux y et s'adressant ensuite à leurs conducteurs , il leur dit que Gautier d'Avesnes lui avait fait a lui - même plusieurs dommages, et leur recommanda de planter, en cas de nouvelle insulte « sa bannière sur la tour de l'abbaye^ afin que ses gens et les habitans des lieux circonvoiûns y avertis par ce signal , allassent prêter secours. H concéda ensuite cette petite troupe et la fit escorter par son prévôt. A la Vue de la bannière du comte flottant au-dessus du monastère, Gautier devint furieux , fit abattre la tour; et chassa les moines.
9 Celle du lendemain de la Toussaint, en Tan 1U7. Son corps fut transporté et enterré k Liessies.
** L'atné avait péi-i malheureusement. C'était un jeune homme valeureux , mais d'une insatiable avidité. n avait épousé la sœur du comte de Hainaut^ et fier de cette alliance, qu'il considésait comme une sauve^rde, il était sans cesse en course sui- les terres de ses voisins , accompagné d'une troupe de brigands a qui le pillage, le viol, le meurtre, l'incendie, tous les excès étaient familiers. Il emmenait prisonniers ceux qui paraissaient avoir de l'aisance, et leur extorquait, à titre de rançon^ des sommes considérablç». Comme
il yéttsii de d^àsser les limites > k b 4éie d'une centaine de cavatiers, il se vit tout-1i-coup entouré d'une multitude de gens annés, accourant de divei-ses embuscades i qui l'assaillirent et le tuèrent. Qv^quesmns de ses compagnons. regagnèrent k grand peine Liessiesï avec le coq>s de leur chef étendu sur son cheval. On le dépesa dans la, sépulture de famille, ou son père ne devait pas tarder à le r^oindre,
ts Machtildci fille dd comte deliaRoche ^rnèce dm comte .de Namur etveuv« du sire de Walcourt^ guerrier intrépide, selon Baudtiin d'Àvesnes^
U accorda^ conjointement avec sa femme Machaule l(Maehtilde) et son fils Jacques , une charte commufuile aux habitans de chacun des villages de Prischsa jet d'Ânor. "Vioici le préambule de la 'dernière :
c( Notoire chose faire volons tant au lutur c6me an » présent que je NichoUes d'Avesnes sires^ ma femme » Machauls et Jacques mes fils par le conseil de toute » ma court -et «commun assens des bourgeois d'Anore » les loix susciîptes et pactions et revenus et libertés » sans aucune moleste ou inquiétude de mes succes- «•«enrs^a^ns octroyé a ceulx mêmes bourgeois y être » tenu a perpétuité , etc. »
Les dispositions de ces chartes touchant la r^Nreesion des injures sont rcynarquables. Elles ^ondam- ^naient la femme qui en vivait offensé une autre par des reproches ou des épithèies que ne doivent pas -mériter les perscmnes de leur sexe, à payer une amende , sinon à pcHrter au cou deux pierres , dont eUe ne pouvait se débarasser qu'en payant, et permettaient à l'hemmei paisible , injurié par Un querelleur, de ripos-
ter par troU coups de poing , ou trois coups de bâtoa, fi la personne ain^^i molestée , avait au moment de l'a-» gression un bâton dans les mains. La charte donnais m éme.S^ celui quittait insisté, dans ses foyers, le droit de bâtonner Tagresseur à discrétion, sans pouvoir néanmoins le tuer ni l'estropier, mais avec la faculté de le jeter dans la me après l'avoir roué de coupa*
a Li femme qui femme laidenge ara dit sili laideugié » témoignage ava eub de deux homs ou de hom et o de femme ou^de deux fémes se a. clameur sera venue «> celle qui laidenge ara dit 10' doura pu. deux pierres » qui estanliee seront dou chef de la ville a la un a sqi| » c!Ol portera et. les 10* s'ils sont donn^ es usage de U 1» ville par les mains des bourgeois seront dépendu.
» S^anouns eschtus acoouttimés & aucunshommeeii » icelle ville laidenga a|ra dit ly. homs aertés fustne ^ bastoii ne queiTa s'il ne l^a da pnng ioellui par trots » foif s'il voelt frappera si aertés f utst . ou verge en sft n main ara te;MI ipellui par trois fois s'i) luy plaist eq. 9 frappara se 4erechief laidenge lui dist, au juge ioeU » luy amera et de- ||ii Jussice fjeva se vraymeni deden# p> sa maison laidenge liiy dist \\ battera celui tant comme » il vora «ans mort ^ saits aniM^sioi^ de meml^rey aprè^ I» s'il ly j^ist iceliiy pu la voo geeteia^ n r Quelques ai^tres disposition» attestent que la loi du talion, et oelles qui ordonnaient la destruction des Maisons de pertains ocupal^les , furent admisos dans k législation criminelle d^ 1a conloée.
« Par qi^elconqi^es manières aucuns aucun aca:ftfrii> y> en telle manière que sang en ysse on ly. £mi heefa^ i> 60' doura 20 au féru et 40 au seigneur se vrayment » membre ara perdu quelconques blescimre ly aira
j> porte ce il soustenra, c'est assavoir œil pour œie, » dent pour dent, mort pour moi-t^ et delà eu avant » paix ferme et certaine soit.
D S'aucuns telle chose ara comis que pour par le m lois sa maison soit abattue par le conseil dou seigneur » ou elle sera destriiite ou elle sera laissie cestechose » a certes affin que par aucun ne puist être enfraint » par le position de notre scel l'avons fait copfermer. x>
La charte de Prisches, octroyée en Tan 115B de ^incarnation , écrite en latin et en français , avait été déposée dans l'église , avec les autres pièces des archives , et le coffre qui les contenait > lorsque les bandes françaises surprirent le village en 1472 ^ le saccagèrent et y mirent le feu. Tout fut détruit par le fer et par la flamme. Après le départ de Pennemiy les habitans reconstruisirent leurs demeures et obtinrent du bailli de la terre, le bâtard de Floyon Idian, et du prévôt Jehan-Poumon , une copie de la charte , qui avait élé transcrite dans le cailulaire de la seigneurie. Mais comme le langage , dans l'e^ace de plus de trois siècles, avait subi de grandes variations , que peu de personnes, en 1472 entendaient celui de 11 S8, et que la charte étant une loi dont Tapplication pouvait être fréquente , il convenait qu'elle fût aisément comprise, les expressions surannées furent rendues par des équi- : valens plus intelligibles ; en sorte que la copie délivré^, par le prévôt Poumon et le baiUi Jehan , n'est en effet . qu'une version.
Priscfaes était le chef- heu d'une juiidiction particulière.
La charte d'Anor est de quelques année! moins an-
cieane que celle de Priacbes, mais le langage du tems y étant moins altéré, elle a pii*u devoir être citée de p#éféieBCe.
x> « Mais, il se lava de l'accusâliou en présence de n l'archevêque de Bheims » ( D. Lelong,. Histoire ecèîésiasXiqute du diocèse de Laon,^
'3 On nomme ainsi la partie tie la fbgnor la pins rapprochée d'Aveànes, Bordant ThOrison de Test au nord- ^onest, eHe semble former autour do la ville et des champs pittoresques, animés et rians qui Ten sépa» *ent, uae immense clôture circulaire. De vastes portions de cette forêt ont été converties en pâturages.
«4 Richard-Cœur-de-Lion , ce roi si digne d'apprécier la vaillance , a fait de lui un pompeux éloge ,• les auteurs ^musulmans eux-mêmes vantent son courage ; les dérôt»du lems l'ont mis au rang des martyrs; ses «^loits ont fourni Je sujet d'un poëme , et peut-être «e lui manqua t-il qu^un chantre tel que le Tasse pour que sa gloire égalât celle de Gôdefroi de Bouillon.
Il est vraisemUable que ce furent les gens dont il s'était fait accomf^gner qui apportèrent la lèpre dans ▲.vesnes, où elle fit <fes progrès si alarmans qu'on fut obligé d'établir une maladrcrie dàn& le voisinage. On la consUuisit à quelques pas des murs, dans l'endioit où est aujourd'hui la ferme qui en a conservé le nom, et auprès de laquelle on em voit encore des ruines. Le malheureux atteint de cette hideuse maladie recevait l'injonction de quitter la ville. Un prêtre, en habits ^cerdotaux, l'accompagnait pi-ocessiounellement jus-
qu*a«x portes, avec les piièrcs d'usage. La, on le pourvoyait de cliquettes, d'un plat de bois et dm autres ustensilles qu'on avait présumé pouvoir kii devenir nécessaires , et il s'acheminait tristement vers la maladrerie où sa place lui était assignéçr Le soir , ses parens ^ ses amis, s'il lui en restait, montaient sur les remparts et allumaient des torches ée paille ; il répondait à ce signal en allumant lui-même de semblables feux; privé de toute oommunicalion , il ne poi#. vait , jusqu'à ce qu'il fut radicalement guéri, correspondre autrettent avec les personnes qui lui étaieQt chères, >,
Jacques d'Avesnes réunit les tenes de Gui^ et de Lequielles a ses autres domaines , par son mana^ avec Ainéline, fille unique de Burçhard, seigneur de Guise.
i5 L'original d» cette chatte , qui était en latin, et en français , a disparu depuis long-tems ; mais il en ^ été conservé un double dans les archives de la seigneurie , avec des copies , également fidèles quoiqius de dififérens âges et dans un langage plus ou moins rapproché de celui ^e l'original, C'est d'une de ces copies qu'a été tirée celle dont la teneur suit :
« Au nom du Père , du Fils eH du Saint-Esprit , eti» » Sachent tous présens et advenir que nous Gauthier » seigneur d'Avesnes par Tadveu et consentement de » nos mère , frères , feaulx et vassaulx avons accorde » et par ces présentes accordons aux bourgeois, ma- » nans et habitans dudit Avesnes ; et a leurs hoirs et » successeurs a toujours les institutions de la paix » comme ci-apres appert, pourveu qu^e lesdits bour-
. » geois , manans et habiians seront tenus àe payer ' o chacun ati au jour de Toussaint , la somme de cent » Uvi^ monnoyc de Yalenchiennes , a nous et a nos - » hoirs a toujours perpétuellement les termes de cette ' » paix sont commenchant au moulin de Beclerel com- ^ » me le non chiet ^ le Ëppre , et «liant par le coste » Grisegnies a la Croix de Saincte Aldegonde et ainsi » a la quewe de le Hayette , de la au ricu de le fonv> taine de feu ou il chiet en le Eppre , et ainsy par sur n^ le Chapelle a ;le moyenne de le couchie de Abives > » et de la, au saertelin Marcelle, et de la au rieu d'Ave- > n nelles ou il chiet au vivier, et no sera licite à per- » sonne quelconque qui n'est point de la paix de de- » mourer esdiU termes de le^paix, nous ordonnom » par ces présentes que les bourgeois d'Avesnes ayent o mayeur et jures qui se renouvellent d*an en an par A> telle condition que 1q seigneur d'Avesnes devra faire »» le mayeur par le conseil des jurez, et si le seigneurp n'était point au pays , le Prévost de la ville au nom o du seigneui', et par le consentement des jures fera » le mayeur , et se d'aventure le seigneur ou le pr^- » vost pour et en son nom estoient negligens de en » dedens l'octave des Pâques eslier ledit mayeur la » puissance doit retourner aux jurçs , et éliront et fe- » ront ce mayeur qui aura otelle auctorite et puissance n et durera soa an comme s'il avoit este esleu par le » seigneur ou prevost , et devra le dit mayeur incon- » tinent l'élection de luy faitte, assurer le seigneur et » la viUe déclarant par ces présentes que le seigneur » d'Avesnes quelconque le soit ne polra traire aulcun » de la paix en cause ni riens clamer sur eulx y s'il ne >» peult par Le tesmoing des echevins ou jures de cette
» .patx! pitotiTor ce- qu'il vx)oli deniancter 64ii M^gtmvf » et si auciinfi desdiu de la paix onframt .ladite >p^ix o vers SQiv pL^cchain oii voisin , s'il . est SQUffisonaiDCQi x>iprouYe il soit cQalrai^t àraoïendesieloiilaiCQutuiKtee » delà cQur de Mons en tel cas, ctsi s^cuns dea.):tAurto geois que touteiSpis auva payez ce q\i^U doit ayoit » .aucuns biens en la ville ou en la teri'e hors des. ter- D mcis de le paix s^il luy plaist aller demourer hors » îtiàre le peult licUcanent et se polra chacun, desditsv ». bourgeois niavieiv ses enfans la ou, al luy, pLaka. Su » le prevost requiert c^ a les jures de faire ancu&i » amendement en la ville ou de deiTeudre jeu infaioiesr i> ou <)ue o<i ne vende choses. déraisonnâmes, cfmuaei »4des quartes^ ou semblablieBjiieni que le mayeur clUs^t ». jiures en rfiqulcvenl le prevost ils devroui d'ui^ ». commun accord uâg ba^n e^ une amende met4irec »' sur ce contraindre Ics^ defTaillams soufflsament coo* », vaincus a. l^acoo^npliv f asu swifplus le seigneur pdra. »< mener le» boixrgeois et habitans de la viUe av^ec luy Moquent i) Sera requis du comte de Haynaut de foire ». le service qu'il doit semblablement pour deffiendà'Q »: son propre heritii|;e et, aussy U terre de Guise/ il ^ lespolrs^ mener avec luy en sea affaires, il ne left< » peult tout efiipîfi contraindra d'aller avec luy a.joustes. »^,By teujmoix.. et s'il advenait qu'aucuns dcsdHs »^ bourgeois et habitans, fussent seemons soui&sament » par lesi jures pour aller au service du seigneur com- » m]Q,dît est^ et après la seomonce fajtte fuissent ne- » gligent ou refusans d'obéir il sera tenu de l'amender » selon que eu jugerx)nt les echcvins de la ville de » Mous.
» I) est neantmoins que les prevost majeur et jure»
h boiront retenir ceux qui leur plaira pour la tuitioti K) et deffense de la ville par telle condition que ceux » tiui demouront seront tenus de payer le taulx et » somme a qùoy les tauxcront les mayeur et jures D pour aydér a nianter et armer ceux qui yront au 1» Service dû seigneur.
» Nous quittons par ces présentes tdtallement a tous n bourgeois d^Avesnes le droit des mortemains que v> povons avoir sur eulx , et si aucun desdits bourgeoise n) 'etoit retenu pour nos debts ou pour notre caution , » nous promettons par ces présentes de le relever de » tous cousts et frais les concernans pareillement de » tous les héritages et possession qu'ils tenoient avant » la datte de ceste présente paix , tenir et posesser » paisiblement a toujours sauf le di-oit au seigneur et » a tous ceulx qui les y ont> tellement que doresnao vanl en notre dite terre hors de terme de la paix nul » d'enlx tfy polra acquérir héritage quelconque sans » notre consentement excepte que quant quelque ung n d'eulx vorra vendre tous ses héritages enthierement » l'autre le polra enthierement accater sans en rien 1» mesprendie , nous leur accordons pareillement qu'ils n se puissent ayder de tous tes aisements de quoy ils » s'âydoyent et qu'ils possedoient avant ceste présente » paix. Se aucun desdits bourgeois se traict au prevost » comme ajustice pour ce faire payer d'aulcune debte » cogneue ou approuvée soufEsamenl et ledit prevost » soit negligeift de luy administrer justice, le trayant » par le moyen des mayeur et jures retournera a res- » sort au seigneur en ly remontrant comment le pre- » vost ara ete défaillant et se adont le seigneur ou le » prevost a son commandement en dedans xv jours
» D^es nci ly iait justice U wayeiw et les jures sai^ » nul fo.ui'fait coutraindront le c^eb.lcur tX admkij^trex> ront justice au trayant, encore ordonuons-nous de I» rechief que les ma}^ur et jures ayeni f^cent et cons- » tltuc^nt des re^aei'S sur les deirees^t qactiers et les » devront sermenter ausquels re'vraçrs ceuU dfi la » ville devront oUoir et seront creus par leur serment » des rappprts qu'ils feront pour les defTaillans être » pugnis conune au casapjxaiiiejndra et se d'aventure x> aulcuns en estoit refusaus Içsditç n\ayenr et jures » polront tant prendre de ses l)iens que pour satisfaire » a l'amende ou Tappreliender et le livrer au,spigQeur » lequel seigneur le detenra prisonnier j^sques.a ce » qu'il aura satisfait tout au plain.
» En outre se aulcun desdits bourgeois avoil sa » demeure en la terre dudit seigneur hors des tiernies I» de ceste présente paix, il ypolra dçmourer si bon » sen)jble et y jôuyr des privilèges de ceste présente 9, paix moyennant qu'il face cpa, qnoy. seront tenus » les habitants de ladite ville ct^paix.
» Avec ordonnons nous que notre hoir quelconque » le soit sera tenu de pareillement jurer dleWretenir » ceste présente paix avant que les bourgeois de ladite 7> ville le rechoivent a seigneurie ou ly fassent au Icutxe » asseurance> notre femme pareillement ou Ja dame » d'Avesnes quiconque le soit sera tenu de semblable- » ment l'entretenir cl de jurer de |;arder s'il plaist auj » bourgeois de ladite ville de avoir «ne clocque au » son de laquelle ils.facent leurs assemblées, nous «> leur en donnons rauctorite et la. puissance. Ponne ^ l'an de rincarnation notre, seigneur mil deux cent » au mois de février, etc.
#» 83 # is Lès malheurs 4{^ cejLte uiÛQn ailira sur ^n^icWrd, au plutôt Bwphaurd, et les persécutions que la princesse fil .essuyer a «es e^^ns , eurent une grande mais triste célébrité- Purehaid et Marguerite habitèrent Je chât,eau d'Elrçeungt que leur avait cédé Gautier. C'est là que naquirent Jean d'Avesnes, premier du now , et son frère Baudoin d'Ayesnes. O^ doit à Hauduin d'Aresnes des généalogies raisonnées auxquelles ils a doi\né le titre de Chronique, monument précieu:!E pour l'Wstoire et^qui ^e trouve au nombre des pièces dont se compose le Spicilège des savais bénédictins de Saint - Maur.
VI Le titre de concession^ écrit sur un parchemin d'où pendait a lacs de, soie rquge^ un sceau en cire grise, présentait d'un côté Teffigje de Marguerite, ayec la légende : Margçireta comitissa jF'l0^driœ et Hanncm<e, et de T^uU'e Técu o^ les ariys de la princesse 9 était conçu ^n. ces termes :
« Nos Margtireta Flandriœ et Jfannonife cqmi^ tissa,, notant fqcimus quod hominihus villce de Av^sncy IcgeifidenjUmusei Uhertatem Burgensium de Falencend quod erunt liheri in bonis et corpore ner tot^m terrain no^tram^ item pi^cari hamo et reti, venaripilo yplumaet armf^turdetfuney et hahebunt l\gnum in Mormi^l adfocum et ffc^stimentum^ quia sunt dôme slici fidèles Comitisscs. Datum In Petegkm Calendis Martii Anno MCCXLFII. »
On le conservait avec soin dans une boîte d'argent pur , en forme de faucon , et déposée aux archives de la ville. Marguerite donna la m^mc année un privilège peu différent aux babitans de Çhim^. l|ne telle faveur,
accordée par uhe princesse irritée , a deux villes du Hainattt , dans le lems même qu'elle traitait en ennemie cette province qui s* était déclarée pour les enfansr de Burchard, a de quot surprendre; néanmoins il n*est pas impossible que Marguerite ait voulu s'attacher des sujets restés neutres, en récompensant lenif indifférence comme une marque de fidélité. Peut-être est- il plus étrange qu'elle ait déclaré affranchir ainsi que d'humbles serfs de ses chaùips, Fillœ, des citadin? libres , et qu'au lieu de permettre aux habitans d' Avesnes , de même qu'^ ceux de Chimai , de prendre àd bois dans la Fagne , elle leUr ah assigné la forêt de Motmal/ située si loin de leurs murs. Mais ce ({tù semblé moins vraisemblable encofre , c*est que la charte et lé faucon aient échappé seuls , plusieurs fois , à la destruction générale de là Ville et des archives. Aussi at-on prétendu que cette charte n'était qu'une copié, une conte'efaçon de celle que Marguerite avait octroyée, non à lavHle d'Avesnes, mais à un village de ce notn dont les habitations sont aujourd'hui confondues dans celles de Marly, l'un des faubourgs de Valenciennes. Quoiqu'il en soit, la chasse dans la terre d'Avesiies était encore exclusivement affermée en 1 61 3, au profit du seigneur. On louait la chasse aux perdrix et aux lièvres pûur huit mois, la chasse aux bécasséà pour Tannée entière. Toutefois lés bourgeois d'Avésneà chassaient et péchaient habituellement sans être in«quiètes lorsqu'ils passèrent ^ en 1659, soûs îâ domination de Louis XIV. Ils obtinrent du nouveau monarque la confirmation de cette sorte de privilège , dont les propriétaires du domaine les laissèrent jouir. Les chasseurs en étaient si jaloux que plusieurs d'entre
>s On. désigne par qe& mot3> da^, les Ptys-B^&y la, céfétQom^ et les £êtes. deç l*jna^gi^ra:^a d'un prince*
*9 C'esi-S^-dire y du eoi*p^^ des jurés ou des. écJK^vii^y des officiers municipaux.
^ Malgré kr silence de dlO^trenum , qui a transcrit dans son histoke, l'épitaphe du comte Jean I, son» aucune mention du lieu où ce prince avait d*abord été enterré, et l'allégatioik de Yinchant etEojtau, qui ont siiqipQsé. qu'il étaitmortii Yalenciennes^ la traiis* laiion du cadavre n'est pa» moins bien attestée.
>i. Qae}qiies>^im8 des usuriers fameux sous. les nom» û^LonihaFeUy de Caorsins, ou de Corsins , et que le Dante a jugé dignes de %urer.dan8 son En/ery s'é^ taieiit r^ugi^&dans Avesnes. C?est du moins ce qu'il est naturel d'imférer des difficultés qui s'élevèrent en 1 323 , entre les Lombards établis en ville depuis 1 315 , et le CKMrps munic^ol ou des jurés, au sujet d'un droit dont CCS étrangers se prétendaient exempts. Guy concilia les parties*
*^ Tout possesseur d'une place-foile était obligé, lorsqu'il en était requis, de la remettre temporairement au prince.
»? Cetfe perte était inéparable. « Gelluy conte d*. » Blois et Marie de Namur sa femme nes^oient pas» » taillez ne pour porcionnea pour engendrer jamais-
» enfaùs; car par bieiî boire et fort mengier doulc«< » et délectables viandes ilz estoient moult fort en- D gresses : Le conte ne povoit plus chevaucher tnaU » ce faisoit mener en une charrecte quant il vouloit » aller d*ung lieu en lautre ou au desduit des chiens » et des oyseaulx. » (Froissart, Des C toniques de France^ Dangleterre, Descoce, Despaigne, etc. ^
'4 Guy mourut en 1397 , à Mons^ selon Froissard; à Avesnes , selon Mayer.
. *^ Jacqueline de Bavière , la plus belle y la plds spl^ rituelle et probablement la plus malheureuse personne de son siècle > avait d*abord été mariée au dauphin^ Jean de-Touraine^ qui mourut empoisonné. Restée veuve dans Tage où le mariage devait avoir pour elle le plus d'attràît , elle fut poussée comme malgi'é elle dans les bras du débile et morose Jean lY. Des intrigues de cour mêlées à des querelles de ménage Tobligèrent à s'exiler. Elle se réfugia d'abord auprès de sa mère , au Quesnoy , passa ensuite a Londres , charma le duc de Glocester et s'engagea dans de nouveaux liens. Cette imprudence lui attira de grandes persécutions de la part de ses proches , qui la dépouillèrent de ses états. Un bref de Rome ayant dissous Içs nœuds qui l'attachaient au duc de Glocester, et la mort ayant rompu les chaines qui l'asservissaient au due de Brabant, elle abandonna clandestinement sa main à un simple gentilhomme. Elle avait k seize ans la perspective d'un trône; elle mourut a trente-six ans, consumée de regrets et dans Tobsçurité d'une personne privée. Ce fut durant le séjour qu'elle fit en Angleterre
qu'Avesnes etquelques autres places voisines ouvrirent leurs portes aux Brabançons. A son retour le sire d'Havrez s'empressa d'aller lui - même la recevoir à Bouchain et se montra depuis un de ses plus zélés serviteurs. •
La princesse avait des talens peu communs chez les pei-sonnes de son sexe : Elle tirait de Tare avec beaucoup d'adresse^ et fabriquait artistement des cruchons en t«rre cuite. Ces passe -temps charmèrent les dernières années de sa vie , dans sa retraite au chiteau de Tehlinghen , pù e\\e mourut de cpnsomption , en 1436,
>^ La secondç . des filles d'Olivier de Clisson , le frèrç d'armes de Bertrand Pugu£sclin et son successeur dans la charge de connétable. Jean de Bretagne, qui devait a|i père sa délivrance , l'avait épousée autant par reconnaissance que par amour, quoique jeune et belle.
*7 a Olivier ne sçavoit bonnement ou estre asseur » de sa personne > car peu trouvoit qui le voulsist 10 soubstenir, pour lesquels inconveniens eslongner » se reti-ahit en la viconte de Lymoges , et après auU ï> cunes conclusions prinses avec se^ frères il se partit » de la et par le pays Pauvergne s'en alla a Lyon s^l' » le Rosne , et puis a Genève et a Balle pour venir a 10 sa terre Davesnes au pays de Haynault^ mais ainsi » qu'il faisoit son chemin sur la rivère du Rin il. fat j» prins du marquis de Bade pour mercq, pourtant » que ycelluy marquis avoit autrefibis eu de ses gens 1» destroussez audit pays du Hainault. Si fut grand
«» «èpa^epliéèûni^r et enfîo Itiy <i6uMa bien trente x> mille escùs d'or- » (Bogueirant de Moin&tvellet , 1«' t>o/., chap. U.)
»• « Des chevaliers d*un grand nom, - Roland de © Saint-Piol, Jean de Craon ,iaeqnes de Tournemine^ » envoyés par les confédérés ptf ùr se saisir de sa për- » sonne et le ramener en Bretagne , eiàplayérent sans » succès divers sti^atagèmes ; ils ne parvinrent pas
^i> même a lui faire mettre au c6u un carcan d'or en- » chanté, fabrîqué sous une si maligne influenee> » qu'il brûlait peu à peu le malheureux qui le-por- » tait , et qu'on ne pouvait le limer^ parce qu'il lan-
» çàit des flammes inextinguibles Les pailisans de
» Jean Y usaient, pour le venger, de toutes les res- » sources de la force, de la ruse et même de la su- » perstition. »> (^Histoire des Rois et des Ducs de
-BretapiCf par ÎL de Roujoux. )
•9 Le tombeau d'Olivier de Bretagne était placé à gauche^ près de la sacristie, sous une arcade ouverte 'dans le mur qui forme la séparation entre le chœur et la ehapeHe de la Vierge. Il était couvert d'une grande table d'un marbre grisâtre dont le ckdre saillait <en comJiehe» L'épttaphe occupait le pourtour de celte bordure. La table était chargée des figures en relief du comte, de la cdmtcsse et de leui*» enfans^ dana ^attitude de personnes couchées. Les cendres de la #amiUe Reposent dans un caveau pratiqué souà la d»r pelle.
^« En 1460, suivant D. Lelongi qui n^en attribue
apparemment la fondalion au duc de Bourgogne que parce qu^elle eut lieu sous le gouvernement et avec ï'atiforisatîon de ce prince. Sous le règne de Philippe n , les cordeliers furent remplacés par des récollets. Le couvent de ces franciscains est maintenant occup<$ par le collège él Técôle d'enseignement mutttélj et leur église qui, après leur expulsion, fut d'abord convertie eii magasin de fourrage, est aujourd'hui la boulangerie militaire.
On lit dans plusieurs éditions de V Histoire du Parlement^ pal- Voltaire : c< Un jacobiu de la ville d A vesnes s'était offcit k le tuer, » en parlant d'Henri IV ; c'est assurément une faute d'impression , les jacobiûs n'ont jamais eu de maison dans cette ville.
3« l/origine de cette fondation se perd dans la nuit des temps. Lesi biens qui y sont affectés sont dûs eu gratnde partie à la charité de Françoise de Bretagne > qui vivait dans la dernière moitié du xv« siècle. On y réunit, lorsque la lèpre fut entièrement éteinte, ceuiç qui avaient appartenu à la maladrerie^ à la charge toutefois de kdîme des lais nés f aigneaux , pùrcelets et poulets au profit de l'abbaye de Liéssies. A ces dotations deux bourgeois d^Avesneis ajoutèrent , l'un , dont on regretté de ne pouvoir citer le nom , une rente de 800 francs; l'autre , Nicolas Brongnet, mort eiï 1666, une rente de 100 francs 10 patars. Un arrêt de la chambre royale, du28 mars 1678, transféva lamaladrerie avec les héritages et lieux en dépendans , à Tordre de Notre-Dame de Rfont-Carmel et de saint Lazare de Jérusalem ; mais l'administration de l'hospice en obtint la restitution en vertu dfun arrêt du
conseil du S mars i679. Douze vieillards , six de chaque sexe, devaient être logés, nourris et chauffés dans celte maison. Le nombre en a depuis été porté jusqu'au double. L'édifice, où ils n'ont plus- qu'un quartier, a été construit pièce a pièce, en différens âges, sur un sol irrégulièrement découpé. Il ne reste des bâlimens les plus anciens qu'un seul corps , dont les parties les plus remarquables consistent dans une vaste salle et la chapelle, qui sont contigues , et entre lesquelles régnait un long vitrage condamné depuis peu. La salle, sombre et humide, servit long > temps de dortoir , et le froid s'y fit quelquefois tellement ressentir que plusieurs vieillards en moururent. L'hôpital militaire , élevé sur les ruines des pièces qui selon toute apparence en avaient auparavant tenu lieu, devint bientôt la division la plus considérable de l'établissement. Les malades occupaient encore en 1790, deux corps de bâlimens parallèles bordant de chaque côté la rivière , et joints par un pont de bois. Celui de la gauche ayant été abandonné par suite de l'éloignement des armées et d'un changement de système dans le traitement des maladies , tomba de vétusté. En 1780, Tadministration fit bâtir au fond de la pelite place qui alors séparait l'hospice du couvent des récollectines , une sorte de pavillon, incorporé au premier de ces édifices , et dans lequel on méjiagea un réfectoire et dés dortoirs pour les vieillards, un appartement pour le directeur et une salle d'assemblée.
Un greffier de la prévôté de priscbes , nommé Godefroy, avait, au commencement du siècle dernier, fait donation à la ville d'une tannerie et d'un jardin
siinês près la rivière , au lieu anciennement appelé' la Fosse-auX'Poissons , tenant au wetz de la Petite-Fontaine, autrement dit la fontaine Ras son, afin qu'on y établît un refuge pour les mendians et les malheureux sans asile. Le local , qui ne s'ouvrit qu'en 1725, était déjà refermé en 1733. On l'abandonna d*abord a l'économe chargé de la lingerie , pour y lessiver le linge a Tusage des malades ; ensuite aux entrepreneurs des lits militaires pour y disposer les literies des troupes de la garnison. Devenu depuis long-tems une propriété privée , il se trouve confondu dans les dépendances d'une maison de la rue des Près. L'hospice est aujourd'hui sous la direction des dames de Sainte -Thérèse.
3» Une maison commune, un Hôtel- de - Yille. La substitution du nom de paix à celui de commune ne s'explique guère que par l'éloigneihent qu'inspirait ce dernier, et telle est en effet l'explication qu'en donne M. Augustin Thierry, au sujet de la charte par laquelle Louis YI ratifia l'institution de la commune de Laon. c< Une particularité remarquable, c'est qu'on x> évita avec soin d'écrire dans celte charte le nom » de commune, et que ce mot devenu trop offensif, » à cause des derniers événemens, fut remplacé par x> ceux d'établissement de paix : institutio pacis. Les » bornes territoriales de la commune furent appelées » bornes de la paix, » (^Lettres sur V Histoire de France,) « La même chose arriva pour la commune » de Cambray, détruite en l'année 1180, par l'-empe- )o reur Frédérik , elle obtint , k prix d'argent , son » rétablissemçnt sous U nom de paix^ parce que, dit
» un auteur contemporain , le nom de commune fut » toujours abominable... quod semper ahominahile » ex f iViV. [ Même ouvrage.] Cette acception d'abord toute particulière du mot de paix parait s'être ensuite généralisée.
33 Françoise de Bretagne, comtesse de Périgord>' vicomteçse de Limoges, mariée en 1470, à Alain, comte d'Albret. . ,
34 c< Le paupliin était dans sa retraite de Génape, » lorsqu'un courrier, marchant avec une extrême cé- » lérité, lui apporta la nouvelle de son élévation au » tr6ne. C'était le 23 juillet 1461 , le lendemain du » décès du Roi. Louis manda au duc de Bourgogne de » venir le trouver dans la petite ville d'Avcsnes. Pour » lui , il se rendit d'abord à Maubeug.e siu la Sambre,. » ordonna aux gouverneurs des provinces de prendre » en son nom le serment de fidélité des habitans , et. D mit une taxe généiiale sur les provinces du royaume. » £n6n> il se dirigea sur Avesnes pour y joindre le >? duc de Bourgogne, Philippe-le-Bon. Ce duc, lou- » jours Castuenx et avide de montrer sa puissance , »' avait convoqué le ban , l'arrière-ban et toute la no- » l^lesse de ses ^tats. — Cependant les princes, les mi- » nistres , les courtisans , les députés des villes et des » parlemens, le chancelier Juvenal djQs Ursins arii- » vaient successivement se ranger aupr^ du roi, l'as- » surer de leur foi et lui offrir leur zèle.^On célébra » dans Avesnes un service solennel pour i'ame du Feu » roi. » (^Hist. de Louis XI y par Charles Lidcenae.)
» Aussitôt après que le roi fut mort, U comte du
» Maine envoya des messagers, au Dauphin , qui était » toujoui's a Genape. Le nouveau roi fit sur le champ » signifier celle nouvelle au duc de Bourgogne , qui ï} en avait été instruit de son côté; il lui fit savoir i> qu'il commencerait par aller à Rheims pour le sacre 10 et rengagea a 1*^ accompagner. Le Duc manda sur » le champ k tous les nobles de ses états de se trouver » en armes avec leurs gens> le S août k Saint-Quentin. K> Le roi Louis ne savait pas encore quel accueil il » trouverait en France , et s*il ne s'élèverait point quelx> que faction contre lui. Mais cette crainte ne dura » guère. Il s'était rendu a Avesnes, en passant par » Maubeuge et par toutes les petites villes de ce pays , » où il y en a pourtant de belles et grandes. Chaque » jour et a chaque heure arrivaient des princes, des » chevaliers, des députés des bonnes villes pour le » reconnaître et l'assurer de leur obéissance. Les cax> pitaines des compagnies lui amenèrent aussi leur» v> gens d'armes. Il écrivit alors au Duc qu'il n'était » point nécessaire de venir avec une si grande arméc< » Néanmoins tous les grands seigneurs de Bourgogne, » de Flandre, de Hainaut, d'Artois, furent invités k » se trouver au sacre avec leur train accoutumé. Les x> gentilshommes s'étaient déjà mis en grands frais D pour s'armer et s'équiper ; ce leur fut un grand » dépit que cette dépense inutile > dont ils avaient ¥> bien compté se récupérer dans le pays où ils au- » raient été conduits. — A Avesnes , le roi Louis fit » célébrer un service funèbre pour son père. » (M. de » Barante, Histoire des- ducs de Bourgogne^ de la » maison de F'alois , etc. ) » Assestost après que le xluc Philippe de Bourgogne
)» f ost adverti de la moil du roy de Franche Ghai-les , » se pJirtJBt de Hesdin , et au jour. d^Lerminé entre le » roy Loys «t ledit duc, il se trouva en Avesnes en » Haynault devers ledit Loys. Auquel lieu d'Avesne& » UàSi feit le serviche dudit roy Charles, mouli boao- » rabkment , et furent dites les vigilles- le dimanche » deuxiesme jour d*aoust , et le lendemain la messe , » et y oU moult grands luminaires, comme en tel cas )>. appartient. » ( Mémoires de Jacc||ae& ]>udepcq. )
35 » Et f ust audit serviche le nou'vel roy > v^stu en » deuil tout de noir^ et le menoit le seigneur de Mon- D tauban. Api'ès ledit roy alloit le due de BouJ^og^e, » vestu en deuil pareillement , et le menoit le seigneur )^ de Groy. Après lequel duo, allait le comte de Chaj» rollois, û\s dudit duc, vestei en deuil comme .les » auli'cs, et le menoit le seigneur de Gontay. Après . 9 alloient le comte d'Estampes; Jacqjàes^ frèro du duc » de Bourhon , Adolphe de Glefves , et plusieurs autres )^ grands seigneurs , et prestement la messe du serviche » dite et le disner fait, ledit roy Loys se vestit de » pourpre et s'en alla à la chasse. Et est la manière » q»e silost qu'un roy de Franche est mort , son. fils )^ aï^né, ou son plus prochain, est roy, et n'est point )» le royaume sans roy ; et poui' ceste cause le nouvel 9 roy ne porte de deuil , ains se veste de pourpre ou, » de rouge, en signifiant. qu'il y a roy en Franche. » (J. Duclercq.)
. » Selon l'usage , il (le roi) ne porta le deuil-en noir n que pour cette cérémonie (celle du sei-vicc funèbre). » Des qu'il en fut revenu, il s'habiiU en pourpre vio- » letle ; car , en France , pour montrer que lo roi ne
» meuil jamais > sob successeur prend pour deuil une » couleur royale» Le duc Philippe , le comte de Gha- » rolais ,* le comte d'Ëtampes > Adolphe de Glèves et » toute la cour de Bourgogne assistaient en grand » deuil à ce service. Ils <]Unèrent ensuite avec le roi , » puis- il alla à la chasse...
x> A peine Charles Ylf fut- il moil , que. ceux qui » avaient eu toute sa confiance dans les dernières an- » nées de son règne , se r^ardèrent comme perdus. » Nul n'avait plus à redouter du nouveau roi que le » comte de Dammartin. Il songea tout de suite à quitter » le royaume > et assembla ses gens et ses serviteurs » pour leur demander s'il pouvait compter sur eux ; » tous lui devaient leurs biens et leurs honneurs. Il » n*en trouva pas un ni dans sa maison, ni dans sa » compagpm de cent liommes d*armes qui voulût le » suivre, ni se mettre en péril pour lui. Son valet de » chambre lui refusa même de lui prêter son cheval, » Cependant un gentilhomme de ses serviteurs, nom- » mé Voyant , qui ne s'était point trouvé avec les au- » ires , parce qu'il ^tait allé voir la salle où gisait le » corps du roi mort la veille > skhant son maître » dans cette nécessité, Talla chercher en sa chambre* » Le comte de Dammartin était à genoux devant un » banc , et disait ses vigiles en pleurant. Quand il eut » fini; tt Voyant, dit- il, je vous ai nourri dès votre » jeunesse, vous êtes mon vassal. N'êtes vous, pas ré- » solu de me seiTir comme au temps passé? » — « Oui^ » monseigneur, jusqu'à la mort, o Le comte alors » écrivit des lettre» pour le duc de Bourgogne , pour » le sire de Montauban , pour Joachim RohAut et Bo- » nifacd Valperga, ses compagnons de guerre et ses
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» amis y qnï étaient allés des premiers/ comme il le m savait , offrir leur obéissance au nouveau roi. H les 1» conjurait de faire pour lui un accommodement aussi » bien qu*il serait possible. Voyant fut chargé de s'en n aller directement remettre ces lettres. Il aiTiva à » Avesnes. Le premier des anciens amis de son maître » qu'il aperçut, fut l'amiral. Il prit bien garde de » n'être point vu , et lui remit les lettres. Dès que le » sire de Montauban eut vu la signature, il regarda » s'il n'avait pas autour de lui quelqu'un de ses gens » pour faire saisir Voyant. « Ah ! je te ferai jeter à » la rivière > » s'écria-t-il. Puis, avisant un chevalier » flamand qui s'en venait dîner avec lui , il lui dit : « Tenez - moi cet homme , que j'aille chercher un de » mes gens pour le mener en prison. » Le Flamand , » quand il sut de quoi il s'agissait, retint le sire de » Montauban par le bras: c< Monsieur, dit-il > que » voulez-vous faire ? Le roi vient de vous donner l'of- » fi ce d'amiral , montrez que vous en êtes digne par x> votre sagesse ; faites-vous honneur et n'écoutez point » votre colère. Le comte de Dammarlin vous a rendu » de bons office^ du temps du feu roi. Songez que si ï> vous requerriez un ancien ami de quelque service ^ » et qu'il vous repoussât, vous nQ seriez pas joyeux. » j> L'amiral se calma un peu •■ a Dites ât votre maître , D dit- il , que si le roi le tenait , il lui ferait, manger le «> cœur par ses chiens ; et vous^ si vous êtes encore n ici à sept heures, je vous ferai noyer. » Voyant n'eut »> pas meilleur accueil du sire Valperga , qui voulait x> aussi lui faire un mauvais parti. Il ne savait que K) devenir lorsqu'il rencontra un clerc de maître Jean K) de Reilhac , secrétaire du feu roi ^ qui venait de
passer au sei-vicc du jroi I^uis. Ce clerc le connais- » sait , et l'eiamena souper , puis le présenta à mahre » Reilhac. Celai- ci le i-eçut doucement, et après lui » avoir fait prêter serment de dire la yërité : « Ou est n votre maître à présent » dit- il. *^ a Je l'ai laissé bien » triste à Mehun^ar-Yèvies, x> répondit le serviteur .«^ « Il est bien vrai > continua maître BeiUiac , que le roi » est dans une extrême fureur contre lui ; mais n*êles- » vous point cbai'gé de quelques lettres pour prier ses » amis de faire sa paix? » Alors Voyant raconta com- » ment il avait été reçu des anciens amis du comte. « Donne -moi ce sac^ » dit alors Reilbac à un de ses » clercs , puis il en tira les demandes du sire Sallazar , » du sire Dullau et d'autres qui sollicilaient déjà la » cenBseaCion du comte de Dammartin. a Alle^ harn dûncnt le retrouver, ajouta - 1 - il , recommandez* » moi k lui; je lui ai plus d'obligations qu^à personne » au monde , et je lui ferai volontiers tous les plaisirs n que je pourrai; dites -lui de ne pas s'inquiéter, de » songer seulement a la sûreté de sa personne , que n dans peu de temps tout s'arrangera et quV>n le rap- » pèlera. i> Le matéehal Joaclnm Rohaut était à sa » fenêtre avec Sallazar et le comte de Comminges, » quand il vit passer Voyant dans la rue. Il l'envoya » avertir de ne se point montrer et de le venir voir en » secret. Quand il eut ouvert la lettre du sire de Dam« » martin , les larmes lui vinrent aux yeux. » ( M, de Barantc. ) Rohaut chargea d'une réponse , non sans quelque hésitation^ Voyant, qui alla rejoindre son maître.
'^ o Le lendemain du serviche qui fut le quatriesme
» jour d*aoast, le roy Loys partit d'Avesnes^ pourtant » qu'il y avoit trop peu de places ; car touls les jours » venoient de tous lez vers lui, et a peine pooit-on » avoir place pour loger à cfuatre ou cinq lieues près » dudit Avesnes , et s'en alla vers Raims , et passa par » le pays de Tierarche ; et le cinquiesme jour du mois » d'aoust le duc se partist,.et s'en alla a Saint-Quen- » tin en Yermandois , auquel lieu il debvoit trouver » les nobles de ses pays. — Le roy Loys et ledit Duc » avoient prinsiour d'eux trouver ensemble en la ville ï> de Laon pour aller k Raims sacrer ledit roy Loys.» ( Jacques Duclercq. )
3? Il avait dëja voulu la faire assiéger en 1475. « Le » connétable vivoit en grand travail : car le roy le sol- » licitoit, par plusieurs messatgers, qu'il se mit aux » champs , pour le servir du costé de Hainaut : et qu'il » mit le siège devant Avesnes, à l'heure que monsei- » gneur Tadmiral , et cette autre bande , allèrent brus- » 1er en Artois , comme j'ay dit : ce qu'il fit eii grande v> crainte : car il craignoit fort. U fut devant peu de » jours, faisant faire grand guet sur sa personne^ puis » se retira en ses places^ et manda au roy (et ouis » moy mesme son homme par le commandement du » roy) qu'il s'estoit levé, parce qu'il cstoit certaine- » ment informé qu'il y avoit deux hommes en l'armée, » qui avoient pris charge du roy de le tuer : et dit tant ï) d'enseignes apparentes, qu'il ne s'en faloit gueres » qu'il ne fust cru. » f Mémoires de Philippe de Gomines.)
'• » I^e roi tourna alors ses forces contre Avesnes.
» Le comte de Dammai-tin en avait dëja commencé « le siège. Il avait avec lui Alain sire d'Albret , qui » élait seignenr d'Avesnes , mais que le duc Charles o avait toujours troublé dans sa possession. Le roi Ta- » vait envoyé là pour faire rendre la ville, mais ne » tarda pas à perdre patience , lorsqu'il vit qu'elle » n'ouvrait pas sur le champ ses portes. « M. d'Albret, » écrivait- il au g^and-maître, dissimulera tant qu'il » voudra de prendre Avesnes ; il semble qu'il le fasse » pour épargner la place ; mais je vous assure que s'il » attend que je m'en approche, je la lui chaufferai si » bien d'un bout à l'antre, qu'il n'y faudra point re- » venir , et adieu , faites-moi savoir souvent de vos » nouvelles, d Quelle que fût la méfiance du roi , ce » n'était nullement la faute de M. d'Albret. » ( M. de Barante.)
«> Alain d'Albrecht , comte de Peregort , seigneur de » Roye et d'Avesnes , disoit que sa terre d'Avesnes » avoit esté long- temps fouUée du duc de Bourgogne ^ 10 et douloit que, se elle ne se tournoit du parti du » roy , le roy la destruiroit , dont il seroit fort desplai- » sant -f et à ceste cause ledit seigneur fist diligence de o allécier et réduire par beau parler a traicté amyable, j» <;eux d'Avesnes. Icellui seigneur d'Albrecht , estant o assez près d'illec, a un villaige nommé Quartignies^ » avec le grant-maistre de France , le prévost de Paris » et autres, accompagnés de deux mille hommes, j» manda ceux de la ville , et leur envoya sauf-conduit o pour venir gracieusement parler k lui , afin que sa J» terre fust préservée des inconvénient qui estoient o apparents. Les manans et habitans s'assemblèrent au » son de la cloche , et délibérèrent d'envoyer vers leur
X» seigneur naturel > le prevost, le majeur, Targenlier, o le clerck et autres , jusques à douze, pour avoir apo poînctement , auquel le commua se vouloit eauis n assonlir. Et quant ils furent devant la personne de n leur seigneur, accompagné des capitaines dessus » dtcts , il requist d'avoir sa ville d'Avesnes en ses » mains, pour la garantir et defiendre. Ceux qui vou- » droient vider, faire le pouvoient. Et se faisait fort n que le roy leur pardonneroit toutes injures, op- » probres et malveillance faictcs et proférées contre » la personne du dict roy , par tel si que ses armes M.seroient mises aux portes de la ville, avec plusieurs » articles contenus audict traicté , qui longs seroient » h, réciter. Et fut l'accord escript et scellé du granti- » maîstre de France , du prévost de Paris et du setin gneur d*Albrecht. Puis retournèrent à Avesnes les » députés, faisant ostentation dudict appointement , » dont la communauté fut horriblement desplaisante, o — Le seigneui' de Mingoval , qui lors estoit capitaine to delà ville voyant Avesnes en branle d'estre perdue, ïy leur fîst plusieurs remontrances. Pendant ceste va- » riation , le messager du seigneur d'Aymeries, nommé )) Archon , entra en la ville avec trente- deux Bourgui- » gnons,- criant a pleine voix : et Secours^ secorurs! ii> vive Bourgogne ! x> A la voix drudk Archon la eom- » munauté réveillée , à qui Fappokictcment estoit des- » plaisant *, et ceux estoient étonnés qui 1» pourchas » faict en avoient ; par q«oi Taccord fut rompu avant » qu*il f ust scellé , par lequel le seigneur de Mingoval » se debvoit par^, son. corps, ses. biens et. ses gens )» saulfs ; et par ainsi Avesnes. qui estoit en train de K> porter la croi:^ droicte/pour estre françoise, reprittt
» la croix Saine t-Andrieu; se devint bourguignon^ » comme dessus. — Ces nouvelles vindrent a la cog- » noissance du seigneur d'Albrecht et des capitaines » de Finance qui le traicté avoient scellé eâperans que » ceux de la ville feioient pareil debvoir. Le seigneur » foi*t marry el plein de grant courronx, fit approchei' » son armée à un quart de lieue pré» d*Avesncs, fit x> dresser une eachelle à la justice , pour monsirer signe de pendre au-ictins de^ amibassadeurs on hoâtagiers » de la ville , quMl avoit verè ^ ; et manda k ceu:i D d'Avesnes que s*ils ne tenoient rappoiuctement , tei » qu'ils Tavoient consenti et pronmis de sceller^ il fe- » roit pendre leurs députés ou trancher les testes sur » le bord des fossés. A quoi ceux de la ville respon* » dii*ent que s'ils avoient chacun cent testes;, si ne se » rendroient - ils point; et à tant se retira ledit sei- » gncur^ ensemble l'armée françoise. >— Environ le » moi» de juing , le roy partant de Yervins , descendit » k puissance k la comté de Haynault> pat Tincita- » tion du seigneiir d'Albrccht , «fin d'assiiégëf^vesnes, » Ceste descente venue aux oreilles du conseil de ma-* » damoiseJlë de Bourgogne , fiHe héritière du duc » Charles, une partie de la noblesse de Brabant fut » députée pour entrer en ladite ville , pour atteiidre » le siège, se le roy estoit conseillé de lui mettre j et » se prépal'erent k leurs défenses ponr résister k tous » âssfmlts j le seigneur de Feruci , principal capitaine, • I» le soigneur de Culembourg et ^ultres barons, cheva- » liers et gentilshcrmines , jusqu'au nombre de vingto deux ,' accompagnés de gens de guefiTc , des manàns o de la ville et des paysans jusques au nombre de sept » k huit cents combattans. — Par un mardi, nnict de
» sainct Barnabe, le roy estant a Estroes , ensemble le » seigneur d'Albrecbt, ayironnës de grande armée ^ » furnie de serpentines , bombardelles , courteaux et » auties artilleries^ envoya son hérault au seigneur de » Peruez et de Gulembourg^ pour venir devers lui » avec trois ou quatre Bourguignons' des plus notables x> de la ville, afin de parlementer et Iraictier de la red- » dition d'icelle ; et portoit ledit hërault saulf- conduit » suffisant pour les amener. Le seigneur de Peruez fit » assembler, au son de la cloche, les manans d'Aveso nés, et leur rëcita la voulonté du roy, comme dessus » est dit, quërant l'advis d'un chascun pour sçavoir » quelle, chose il seroit bon de faire, et qu*il vouJoit » vivre et mourir avec eux. La communauté respondit » par une seule voix -pour toute résolution :quenu\\en ment ne dcsiroit de parlementer au roy , ains tenir o voloit la ville pour et au nom dé Madamoiselle ; et » fut renvoyé ledit hérault sans ouvrir, ne ouyr son » saulf- conduit ; et qui plus est , il lui fut dict : que » plus ne s'empeschast de venir vers eux , ne d*ap- » porter quelque lettre , car ils se senloient forts assez » pour garder la ville , se le roy les vouloit oultrager. » Le roy entendant ceste dure responce , selon son » conseil , délibéra assiéger Avesnes , fit a£futer ses en- » gins, et commença a battre la muraille, entre la » porte Cambrésienne et la poterne des Chauffours; » et pour ce que ladite muraille estoit de fortes et » dures pierres, et leurs engins par trop petits, Hs ne » la dommagerent guaircs. Nonobstant, ils continue- » rent leur batterie nuict et jour, depuis six heures » au d^sner, jusqnes a Tassaillir. Et se portèrent les » François tant vaillamment k cest assault, qu'ils gai-
» gnerent deux toars^ où ils entrèrent pour y bouter x> leurs estendards. Mais les assiégés avoient garni icelles » tours de secs^ fagots, pouldre de canon et aultres » matières combustibles > et tost emprins et allumés > » tellement que lesdits François en furent déboutés ; » Tun de leurs étendards y fut bruslé, ensemble asï> saillans estoient en fumée. Ils y perdirent de leurs » francs archers , que eschaudés , que bruslés , le » nombre de huit à dix cents, dont plusieurs d'iceulx » tresbucherent de mont à val les fossés. Le roy voyant » ceste grosse perte | fit sonner la retraite par deux » fois ; et combien que les assaults fussent aspres et n merveilleux, et que de huit cents combattans qui » estoient dans la ville , ou Ton esperoit faire les choses » de VauUre monde , Ton n*eu voyoit que deux cents » seulement qui soustenoient tout le faict, la pluspart » des Brabanchons se tenoieUt pour le traict es boves, » celliers et maisons trouées, sans aller à la muraille. r> Geste manière de faire fut remonstrée à monseigneur x) de Pernez, principal capitaine de la garnison, avec » le petit debvoir que firent ses gens, tellemeA^t que D par grosses prières , fut contrainct d'aller aux dé- » fenses pour donner couraige aux assiégés. Mais si » tost qu'il se trouva illec , il leva la main pour par- » lementer, et le roy ordonna un gentilhomme, nom- » mé Jehan Marissal, capitaine de cent lances, pour » ouyr ce qu'il voudroit dire. Si fut abstinence de. » traict d'un parti et d'autre durant ce parlement, qui » guères ne dura ; car nonobstant ceste abstinence , v> l'un de ceux de la ville navra k mort d'un vireton » ledit Jehan Marissal. Ce voyant le seigneur de Peruez, » comme fort aygré, se print k furier^ disant ainsi :
« Les vilains ne veulent cesser leur traict , tandis que » je parlemente ; mais je ferai mon appoinctement sans » eux. » — Le roy, moult courroucié et perturbé de son » homme navré à mort par ceux de la ville , fit dere- » chef donner Tassaiill à tous costés par les nobles de » Normandie. Les manans et paysans d'Avesnes se » portèrent honorablement ; mais quant le seigneur de » Peruez^ qui chassoit ses Brabançons à la muraille, » aperceut son coup , il descendit un bolluvei-t ée la » porte Gambresienne , ensemble les seigneurs de Cu- » l^Bdbourg et de Gâches, ^t firent aller les aultres au ». quartier le plus dangereux; et de là saolterent oui- 2> tre lesdits seigneurs, et se rendirent François^ ha- » bandonnant le ven^nant.' Cela faiet, les deffiendans n se trouvere&t fort ébahis,, et furent plus que a demi ï> hors de voulonté de bien besongner , par vtme le fi cueur failli. Et d'aultre part les François se par£orx> çoient de poui'suivir leur bonne £ortuaie, et entre- » rent packs moynnets que eux mêmes avoient battus » auprès de la tour brusl^e.et par le boUavert de la » porte d'ËDghien, oà n'y «voit guêres de résistance. » Si disoient les Fcaaçois aux Bourguignons '.«Ouvrez- » nous vos portes ; vos capitaines , les seigneu^rs de » Peruez et de GuleiiJ>ourg, ont fait vostre «ppoinc- » tement ; ils sont en nos tentes ; par quoi , se ne les » ouvrez par amour , vous les ouvrirez par force. »'-*^ » Aulcunsde la vâlleignorans le traffique de Pappoinc- » tement, ensemble ledespotnctement du seigneur de » Pevuez, plains d'eqpaniement, se combaitoient aux n ennemis sur les terres des murailles en plusieurs » quartiers , qoiand les François estoient on la ville. » Les premiers entrans furent des hommes d*armes ;
» puis les archers des ordonnances^ qui, sans faire » grand desroy , saisirent les bons prisonniers ; et con- » seqiiemment entrèrent les francs- archicrs, qui , sans » pitié et miséricorde^ mirent tout à Tespée, jeune et » vieux^ de quelque sexe ou estât qu'il fusist. Bref^ » toutes inhumanités ou tyrannie que l'on pourroit » penser ou dire furent illec commises par les mains x> des inicques bouchiers françois , que l'on dit très- » chrétiens. Et pour ce qu'ils estoient affectés à or et x> argent , ils trouvèrent un enfant en fascettes , lequel x> ils tollirent des bras de sa mère ; puis le desfacerent^ » cuidans trouver or et argent es di'apeaux d'icellui, » ce que point ne firent ; dont par despit et courage » très - dépravé et desordonné , le destrancherent de » leurs espées en plusieurs pièces , en présence de sa » mère. — Un aultre petit enfant, estant au berceau, » assomerent d'un maillet de. plomb, pareillement sa n mère présente. Brabanchons voyans ce terrible et » criminel oulti*age , afin d'avoir merci , respit , ou n gracieuse mort, ruèrent jus leurs armures, les pic- » ques et hacquebutes^ requerans miséricorde. Mais p les francs- archiers qui ce langaige n'entendoient, » pensant qu'ils estoient Brabanchons les submirent » aux trenchans de leurs espées. Et furent trouvés » morts, de ceux qui s'estoient mis à défense, y » comprins les manans et les paysans, le nombre de » huit cents ou environ. Après, lesdits arehiers pillex> rent et bruslerent la ville et l'église, qui estoit moult » bien aorné. Ne demeurèrent que huit maisons enn tières, le monastère des cordeliers et un hospital ; » et finablement dilapidèrent les tours et les murailles. » Ce très piteux desroy fut faict par un mercredi en
li». 106 ^
» suivant le jour sainct Barnabe, an mois de juillet, D -an mil quatre cents-soixante et^dix-sept. » ( Chroniques de Jean Mx>tinet/ chapitre 42. )
39 « Masimilien par b grâce de Dieu, roi des Ro- » mains toujours Auguste, deHongrie>deBalni«itie,de » Croatie, etc. ,^t Philippe par la même grâce Archi< » ducq d'AutHche, duc de Bourgogne, de Lothier, x> de Brabant, de Linïbourg, de Luxembourg et de » Gueldre , comte de Flandres , de Tbiiol, d* Artois , » de Bourgo^e, Palatin de Haynault, 'de HckKbndc, » de Zélande, de Namur et de Zulphen, marquis du x> Saint -Empire, seigneur de Frise, de Salm et de » Malines^ seavoir faisons et tous pr^ens et à venir, » Nous avons reçfi l'bumble ««ipplicalîon ài6 nos bien » araez les manants et kabttans dé la ville d'A^esaes (< contenante qu'iceUe ville fut bref après le trépas de » feu notre très dier seigneur et beaii père de nous Bioy » et grand père de nous Archiducq le duc Charles que ï> Dieu absolve , par les François , lors nos eanemis , » envahie puis brtilée , et pillée ei totalcitteftt démolie x> et minée , où elle fut jusqu'au traité de r«n quatre- » vingt-deux dernier passé, que aulcuns desdits su- » plians en bien petit nombre se vinrent ramasser ^- » perant y devoir vivre en paix ce qu'ils ne purent » faire, obstant que certain tems après nouvelle guerre » se remet entre nous et lesdits François, par lesquels » icelle ville fut -derechef prise, pillée et brâlée et iceux » suppliants pris prisonniers et dcchassés, tellement que » ladite ville est cheute en totalle désolation^ ruine et » dépopulation, pourquoi iceux suppliants qui depuis »> lesdites guerres se y sont retrait en petit nombre ne
o voyant point bonnement moyen de reprendre et re- » populericelle ville qui est située et assise en la fron* » tierre de noire pays de Haynault contre lesdits Fran- » cois , ce n'est qu'il nous plaise leur accorder une » franche foire et marché chacun an> être tenus en » ladite ville^ et sur ce 'leui-impartir notre grâce, pour o ce est - il que nouK> ces choses considëiiSes , désirant » le bien et augmentation de ladite ville, mesmem^it » afin que doresnainant 4nardhandises y puissent avoir » cours et être exercées vu sur ces premier Tarvis de » notre grand ha^Uy de Haynault , et des gens de notre 9 conseil k MonS) lesquels par notre ordonnance se « sont informé de l-intéi^t etdomage, que aulre TÎUe » voisine y pouvait avoir amdits svpliantB inclinants » >favord»lenient k leur supplication et i^qu^lte , avons » consenty, accordé, et octroyé, consentons, accor- » dons, et octroyons de gra«e spéciallé par ces pré- » sentes, que doresnavant et a toujours ils puissent » avoir et tenir en icekle ville d'Avesnes chaeun an » une franche foive durant deux jours etftiers, comy mencant le meroredy après les Pâques closes et du* » rant jusqu'ant vendredy ensuivant soleil levant , a n telles prei<ogatives, libellés et franchises et aussy a » telles c^afrges, et durant le temps qu'il est accou- » tumé ez auties villes de notre pays de Haynault ayante » semblables foires, pour en icelle foire et marché o pouvoir montrer^ vendre et acheter toute manière «> de denrées et marchandises que Ton y voudra ame- » ner , soit par gens et marchands étrangers, ou autres » quels qu'ils soient, et que tous marchands qui lao ditte foire voudront fiéquenter et converser, y puis- » sent ensemble leurs biens, denrées et marchandises
» seurement saulyement et paisiblement aller e£ venir » chacun an lesdils deux jours durant d'icelle foire , » et deux autres jours devant, et autres deux jour» » après, y demeurer et séjourner^ eux et lesdits biens, v> denrées et marchandises amener et retraire ou bon » leur semblera, sans pouvoir être pris empêchés ni » arrêtez par aucuns nos gens et officiers ni autruy » pour cause de dettes quelconques, réservés toute- » fois nos ennemis, les bannis^ et fugitifs de notre » pays , et ceux qui pour nos propres dettes et deniers n seront poursuivables et tenus envers nous et nos » successeurs, si donnons en mandement a notredit » grand bailly de Haynault et gens du conseil audit » Mons, prevost le comte à Yalenciennes, bailly de » Maubeuge, d*Avesnes^ et k tous nos autres justi- » ciers et officiers de notredit pays et comté de Hay- » nault présents et advenir, leurs lieutenants et chacun » d'eux en droit soy , et si comme à eux appartiendra , » que de notre présente grâce, octroy et consente- » ment selon et pour la manière que dit est^ ils fasv> sent, souffrent et laissent lesdits suppliants, pleine- » ment, paisiblement et perpetuellementjoyr et user, » tant à ceux qui viendront et converseront en ladite » franche foire ou marché, faire ne souffrir être faits o quelconque arrest, détourner ou empêchement au » contraire , et affin que chacun puist de ce être averti^ » nous voulons que ladite foire ils fassent crier , pu- » blier et dénoncer chacun mail de son office et » lieux accoutumés de faire cris et publications, car » ainsy nous plait-il, et afin que la chose soit ferme » et stable k toujours, nous avons fait mettre notre D scel aux présentes sauf en autre chose notre droit,
» el d'autcay en toutes. Donné en notre ville de Ma* » lines au:|xiois de mars Pan de grâce mccccxciy^ et des » règnes de nous roy a scavoir de celuy des Romains p le neufvieme et desdits de Hongrie > etc., le qua- » triesme^ ainsy signé par la relation du conseil du » secrétaire gênerai , et d'autre part 9ur le plois es- » toient ?kar »
Celte foire était a«itrefois annoncée dès la veille & huit heures du soir , par le son de la cloche et la lumière de» torches qu'on alhmiait à< chaque côt^ de la porte de> THôtel - de - Yitle , et plus anciemieAient du château. Elle a beaucoup perdu sous le triple rapport <de la. durée, de la solennité et du nombre des étalageai.
4o Une délivrance aussi inespérée fut considérée ce«me-un9 laveur céleste, et dans l'élan d'une pieuse , reconnaissance on voua de perpétuelles actions de grâce a la Yitrge- Marie. Mais la superstition se mêlant bientôt àik dévotion, les imaginations ardentes se figurèrent que la Reine des cieus^ avait apparu réellement aux sacrilèges , menaçante , ayant une baguette k la main, et ce miracle futeoij^gné dans' les registres de la confrérie de Notre-Dame* de BonsecoUrSy en ces termes : « L'an mil quatre cent, quatre-vingt-dix-huit, » le jour de la présentation de Notre-Dame au temple, x> «durant qu'on chantoit les matines , les François ont » surpris la ville d*Avesnes,<et y étant' entiez jusqu'au » petit portail de l'église commençazit à piller se leur » étoit apparti une honorable dame avec une baguette » blanche en la main qui leur donna telle épouvante » qu'ils s'ehtretuerent pour s'enfuyr. »
Tous les ans , à pareil jour , on distribuait pendant l'office de petites cugnoles aux assistans en mémoire de cet événement dont la date et l'histoire sont renfermées dans ce distique :
» Vota preCesqVe llbl popVLVs CUM Canlat AVesnas
» Yrbe fUgas GaLLos YIrgo beata feros. »
C'est aussi le sujet du tableau placé dans la troisième des chapelles latérales, li droite^ au-dessus de Tautel, et qui n*a de remarquable que Pintention, * outre le mérite d'offrir une représentation assez fidèle
de réglise telle qu'elle était encore en 1815. La distribution annuelle des pugnoles s'est faite jusqu'à la suppression de la confrérie. Les cugnoles sont des gâteaux, en forme de poupard emmailloté^ que les enfans reçoivent de leurs parens et des amis de la fa- , mille aux fêtés de Jïoël.
'^' , La chapelle , maintenant dédiée a Notre-Dame de
Bonsecours, l'était auparavant a saint Jacques et saint
Philippe, que les marchands de toile avaient adoptés
t' pour patrons, et dont les confrères se réunirent k ceux
de Notre ' pâme de Bonsecours. Les marchands du
/^ dehors qui voulaient vendre de la toile ou dut linge en
ville, étaient obligés ô^ verser huit livres dans le tré-
ç sor de cette double confrériçt
J. - 4i MenseMaio(iA91)CarolusCroviacuSyChimai
l Princeps, in uxorem ducit Ludovic am (alii Ca*
) rolam vocantj Albretam , etc. Charles de Croy ,
V prince de Chimai , épouse en mai y Louise (d'autres la
> nomment Charlotte) d'Albret, qui lui apporte en dot
la ville et la terre d'Avesnes ; elle était alors veuve de Jean de Bourgogne, comte de Nevers, d'Ëtampes^
d'£u et de Rhetel, et la dernière de ses trois femmes, o (Ponti Heuteri Rerum Austriacarum lib. V^ cap, SJ, La duchesse de Valentinois, Charlotte d'Albret, que Pontus Heuterus confond avec sa sœur Louise , eut pour époux César Borgia.
4* Ils furent enterrés dans l'église des Cordeliers.
43 Toutes ces pieuses filles avaient leur logement dans le voisinage de l'hospice , et sans être cloîtrées elles suivaient la règle de saint François. En 1 502 ou 1 505 , car on n'est pas d'accord sur cette date , leur oratoire fut converti en chapelle sous Vihvocation de saint Louis. Elles curent quarante ans après. un cloître et un cimetière , qui furent bénis en 1 547 . Elles continuèient néanmoins jusqu'en 1 669 k donner leurs soins aux malades. Leur maison , ou leur enclos, occupait la plus grande partie du quartier compris entre le rempart, la rue de Mons et le quai ou la terrasse qui règne le long de la* rivière.
44 On ne sait ni comment ni dans quel quartier s'alluma cet incendie , qui éclata en 1 514 ^ la veille ou le jour de la saint Jean-Baptiste , et dont on découvre encore tous les jours des vestiges. Un tableau , qu*on remarquait il y a cinquante ans sur un mur du parloir des religieuses^ avait été destiné à rappeler le souvenir de cet événement désastreux.
4^ Un curé et deux vicaires avaient jusqu'alors desservi la paroisse qui , devenue collégiale , eut un clergé nombreux. Le chapitre était composé d'un prévôt.
d'un doyen > d'un chantre, d'un écolâlre et de huit autres chanoines du nombre desquels était le curé de la paroisse, chanoine -né. Outre les revenus affectés aux prébendes , la fondatrice assigna sur ses épargnes, des fonds suffisans |^our les gages d'un bâtonnier , de sis enfans de choo^r, d'un maître de musique^ d'un « organiste et le salaire des sonneurs. Mais le chapitre
^- demeura chargé de l'entretien du chœur et de celui
de deux chapelles latérales , dont la princesse lui avait ^ abandonné le patronage, celle de saint Jean-Baptisie
et celle de sainte Marie-Magdelaine, collectivement dé- ^' signées dans la clause d'abandon, sous la dénomina-
tion de Chapelles du Château,
Le pape Clément VU approuva la fondation du
^; chapitre d'Avesnes par un bref du 30 juillet 1 533 , la
) dixième de son potificat. Le titre de celte fondation.
? ne fut néanmoins dressé que le 10 d'avril 1534, et ne
le fut que d'une manière imparfatie, la mort n'ayant
pas laissé le temps k la fondatrice d'expliquer entière*
ment ses intentions. Philippe- de Croy, ratifia le 3 de
janvier 1536 , l'œuvre de sa mère et y donna toute l'au-
f- thenticité convenable. Toutefois les six vicaires qu'elle
avait eu le projet d'adjoindre aux chanoines pour les
^ suppléer en cas de maladie ou d'absence, ne furent
' pas institués ; un des treize czmonicats quîello avait
f créés fut supprimé a là mort 'du chanoine qui cessa le
\\ premier de vivre,. et la prébende qui y était attachée
se répartit entre les autres membres du chapitre. \ L'église avait été dédiée a saint Nicolas long temps
avant d'être érigée en collégiale. Elle est désignée sous le titre d'église de Saint - Nicolas d'Avesnes^ dans des lettres d'amortissement dos années 1 350 et 1 355. ("lan-
quëe des deux côtés de chapelles latérales^ dans le goût espagnol , elle avait de la grâce avant qu'on en changeât la couverture. Le vaisseau est vaste et divisé en trois nefs, séparées par des arcades en larges pierresde-taille que soutiennent de hautes colonnes au nombre de huit, ou de quatre de chaque côtéj les voiites resserrées et comme encadrées entre des arceaux de pierres en ogives et a côles^ n'ont d'épaisseur que la largeur d'une brique , et ne plaisent pas moins par la légèreté qu'elles n'étonnent par la hardiesse : il semble qu'il suffise d'un choc un peu rude, de la moindre lézarde, pour les précipiter sur le pavé; cependant elles subsistent intactes depuis trois siècles. On entrait autrefois par cinq portes, trois cintrées, toutes trois de front, qui subsistent, et deux latérales dont il ne reste plus de traces. L'intérieur est éclairé, trop éclairé peut-être pour un lieu où tout doit inspirer le recueillement, par treize fenêtres oblongues, tciminées en ogives, mais disparates. À l'exception de quelques monumens funéraires , il n'en contient aucun de bien remarquable.
Le jubé, avec une balustrade et quatre colonnes en marbre de différentes couleurs , offrait probablement un aspect plus agréable h l'entrée du chœur, sa place naturelle, qu'au-dessus de la principale porte d'en- |rée, où il n'est pas en vue.
Les sept tableaux de L. Watteau , qui décorent les chapelles de Sainte - Anne , de la Vierge et de Saint- Nicolas, autrefois chapelle de Madame , et un huitième , peint sur bois, a quatre compartimens, portant la date de 1441 et qu'on juge avoir été apporté de la maladrerie , sont les seuls qui , sous le rapport de l'exécution, puissent fixer les regards.
On distinguait aussi un crucifix de grandeur colossale et une chaire de vérité de forme octogone , ornée de bas-reliefs. Cette chaire avait été donnée à l'église ^ en 1 719, par un officier de Tévêque de Gand. l^e crucifix était posé sur le jubé ,, avant le déplacement dç cette tribune, en 1 745 ; la croix touchait à la voûte du chœur , le Christ passait pour ayoiv été sculpté au cou* teau par un prisonnier.
46 II y avait dans Avesnes , au xv« siècle , une msàson de béguines, avec une chapelle dédiée k S»® Marie- Magdelaine. Cette maison et la chapelle étaient situées, k l'une des extrémités de la ville , derrière TégUse pavoissiale, près de l'endroit où se trouvç a présent ua magasin a poudre. I^e nom de béguines , emprunté a des sectaires qui pullulèrent en Allemagne et devinrent en France un objet de dérision y passa, dans lesi Pays-Bas, a unç sorte de dévotes do^t la vie tenait le milieu entre celle du cloître et celle du siècle, « Elles >; sont , dit Regnard , vêtues de blanc dans Téglisc , et » vont par les rues avçc un long manteau noir qui » leur descend di^ sommet de la tête et leur tombe >> sur les talons ; elles portent aussi sur le front une » petite huppe , qui forme un habillement assez ga- >; lant ; çt on trouve des filles sous cet habit dévot que » j'aimerais mieux qte beaucoup d*?|utve8 avec l'or et » les diamans qi^i les environnant. ». ( Jean François Regnard , Voyagç en Flandre et en Hollande^ ) EU^s observaient une r^gle çompunç ; ipais elles n^ mettaient pas leurs biens en commun y ne renon^ çaient pas au monde et ne faisaient pas de vœux; il leur était loisible d'abandonner leur institut pouç
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s^engager dans les lieus du mariage. Le béguinage d'Avesnes était apparemment désert quand Louise d'Aïbret forma le dessein d'en faire un lieu de retraite pour cinq femmes vejves ou à marier honnestes et {le bonne vie et non ayant jamais eu mauvais bruit. Elle les dota de 50 livres de rente , de cinq muids de blé et de douze cordes de bois taillis. Elle ne leur donna pas (^e règle, mais, outre l'obligation d'assister à tous les offices du chapitre, elle leur imposa celle de porter en ville un habit décent , de drap noir, avec une coiffure dont elle détermina elle-même les dimensions et la forme ; d'être rentrées après le son de la cloche annonçant la fermeture des portes ; de s'abstenir de fréquenter les lieux consacrés k la danse ou à la débauche. tJn habitué de la parotsse devait chanter une messe et faire l'eau bénite tous les dimanches dans leur chapelle. Ces nouvelles béguines ne paraissent pas avoir jamais excédé le nombre de tiois , et dès 1 690 leur demeure inhabitée tombait en ruine. Une partie du ten'ain de l'ancien béguinage ayant été cédée au département de la guerre et comprise dans les ouvrages de la place, on construisit sur le reste, aux frais de la ville, une école de filles avec un logement pour la maiii'csse, qui prit aussi le nom et l'habit de béguine. Celle qui vint prendre la direction de l'école en 1 733, se présenta comme pourvue par Sa Majesté d'une place de béguine dans le be'guinage d'Avesnes, Cet établissement ne se soutint pas. Après avoir résisté long-temps aux sollicitations , les récollectines consentirent enfin a se charger de l'instruction élémentaire des enfans de leur sexe, et leur enseignèrent k peu près tout ce qu'elles savaient elles-mêmes : à lire, à écrire,
à tiicoler, à coudre. Les parens qui voulaient faire donner aux leurs une éducation plus distinguée étaient obliges dé les envoyer au loin. En général, Tédùcation des filles fut assez négligée jusqu'au tenipk' ou une dame douée d'esprit et de courage (lrt«« Clement-Hémery), songeant a tirer parti de ses talens, oUvi'it le premier pensionnat de demoiselles qu'Avèsnes ait eu. Le succès dépassa d'abord ses espérances ; mais , au bout de quelques années^ le pensionnait fut abandonné. Celui que les dambs de Salnte-Thé'rèse ont établi depuis est dans un état prospère^ et il en existé maintenant un second.
4? Elle mourut à Avesnes , le 1 2 septembre i 535 , et fut inhumée à Pentrée de l'église paroissiale, sous hs cloches.
48 Ce monument était h giauche, et un peu en arrière du maître autel. Il consistait en un socle de marbre noir, supportant lin prie -Dieu de même mâvbre , sur ieqtiel une statue en marbré blanc y représentant Louise d'Âlbret , était agenouillée. Couverte d'un manteau fort ample, qui descendait dU haut de9 épaules jusqu'au-dessous des talons, et coiffée d*un couvre -chef a barbes surmonté d^une couronne ducale, la princesse, dans l'attitude d'une personne qui prie, avait les genoux appuyés sur un coussin où reposait un petit chien, et les mains jointes an-dessus d'un livre d'heures ouvert devant elle. Ce mausolée , le tombeau d'Olivier de Bretagne, et les autres monuracns dé ce genre , ont été détruits dans les premières années de la révolution.
On remarquait entre ces derniers le tombeau de Jean d'Aneux et Tépitaphe du marquis de Creveçœur, deux des anciens gouverneurs d'Avesnes.
Le tombeau, large sarcophage en marbre blanc, surmonté de la statue de Jean d'Aneux à genoux et les mains jointes vis-a-vis un crucifix, était renfermé dans une cellule adossée extérieurement au mur du fond de la quatrième des chapelles a gauche. 11 tirait du jour par une large fenêtre du côté de la rue^ et par un treillis du côté de la chapelle.
L'épitaphe du marquis de Crevecœur élait gravée en lettres d'or sur une table de marbre noir ornée d'emblèmes en marbre blanc ^ entre autres de deux mains s* allongeant comme pour se prendi'e et tenant chacune un cœur enflammé.
49 Ces travaux coûtèrent 1 75,847 liv. 14 sous, indépendamment des innombrables corvées auxquelles les vassaux de la seigneiipe se soumirent volontairement, et de la prodigieuse quantité de bois qu'il fallut employer. Les habitans de la ville et ceux de la terre étaient obligés de contribuer aux réparations et a Tentretien des fortifications^ en payant un impôt dont le produit était destiné au paiement des travaux, mais que le seigneur ne pouvait néanmoins lever sans Tautorisation du prince. Philippe le-Bon autorisa, en 1428, le comte de Penthièvre , seigneur d*Avesnes , à lester dans sa dite ville d'Avesnes et villages en dcpcn» dans , six deniers sur chaque lot de vin et de hierre, pour les deniers en provenant être employés aux réparations des fortifications de laclite ville. Pierre Blasin , écujrer de Vçscurie du prince Gabriel d'Aï-
bert et son commis en la terre et pairie d'JvesneSf accorda , en 1 493 , au magistrat de celte ville, de Vai'is et consentement du gouverneur et autres officiers de la terre ^ «h droit sur ks maitôtes des vins et hierres, a charge d'en employer le produit k la réparation des ouvrages de la place. En 1 533 , les thajreur, jures et communauté de la ville d'Àvesnes , sensibles aux honnesteté et remontrances de madame Louise d'Al' bret, princesse de Chimay, leur dame et maîtresse, et à la libéralité du duc d'Arschot, qui avait bien voulu donner la somme de 8,000 florins carolus , pour une fois en deniers clairs , pour subvenir aux réparations des ouvrages et fortifications de la ville d*Avesnes, et connoissant qu'ils trouvaient en cela leur bien et plus grande seureté, consentirent et accordèrent unanimement que sur tous les vins qui se vehderoient en la ville et résidence d'Avesnés y il seroit levé , durant V espace de six ans , six deniers pour chacun lot de vim et sur chacun tonneau de cervoise deux sols tournois, ainsi quavoierit fait tous les manans des autres- villes dépekdans de ta terre d'Aveshes, qui avOient accordé pour lesdites fortifications six deniers sur chaque lot de vin et qudtte sols'^ur chacun tonneau de cervoise.
Tout le monde sait ce que c'est que de la cet^otsç ; mais il n'en est peut- être pas de même de la mesure de capacité désignée par le nom de lot, il peut donc n'être pas inutile de faire remarquer qu'un lot de cervoise doit se traduire ici par un pot de bière.
5o « Lorsque ce monarque /^CAflrr/<?5-ÇwiMi?,^ las de . » l'égner et de combattre^ voulut voir son fils s'essayer
* à ce rude métier, Anvers dépensa 260,000 florins d'oi» » pour célébrer sa bienvenue. C'était payer fort cher la » mauvaise mine d'un roi nouveau, d'un roi sombre et » chagrin, qui ne savait pas rembourser en gracieusetés » les frais de joyeux avènement.^» (^Anvers au xri* siècle, par M. A. Bazin, dans la Res^ue de Paris.) Il ne faut pas pteiidre k la lettre cette saillie d'un écrivain spîiiluel. Le prince d*EspagttC, qui n'était pas encore Philippe II, reçut avec bienveillance les fêtes et les dons qu'on lui offnt, ordonna ou fit luimême beaucoup de largesses, se distingua dans plu' sieurs genres d'exercice, et charma leS dames par sa galanterie. Toutefois il est vrai que les cérémohîes de son inauguration, dont Bruxelles eut l'initiative, et qui se réitérèrent ensuite dans chaque ville, coûtèrent aux provinces des sommes incalculables. Elles déployèrent dans cette occasion une magnificence qtii dut pérsttader k Philippe qu'il allait dominer sur les contrées hes plus riches de l'Europe. En appi'ochant de la capitale par un tenips sereiii et un soleil rayonnant, ^ès regards embrassèrent k la fois Bruxelles, Louvain , Vilvorde, Malines, Anvers, de jolis bourgs, quantité de villages, et les fertilles et riantes campagnes qui les environnent. Toute la noblesse en armes, et divisée en deux camps, Tàttendait k deux milles des portes , au milieu d'une immense population. Lors^qu'il se remit en marche pour se retidre en d'autres lieux, de nombreux corps de métiers réunis en confréries ayant chacune sa couleur particulière et son guidon, bordaient les chemins. Des compagnies bourgeoises montant de beaux chevaux , vêtues de superbes uniformes , l'attendaient en avant de chaque
l»ourgade, où il était accueilli par des acclamations, au bruit des fanfares , des décharges de mousqueterie, du son de toutes les cloches; les mêmes cavaliers l'escortaient a sa sortie. Dans les endroits où il s'arrêta , les festins^ les jeux, la danse , tous les plaisirs se succédèrent sans interruption ; les liqueurs enivrantes coulaient a grands flots ; on était ébloui par Féclat des parures où brillaient l'or , la soie et les pierreries. Les Flamands et les Brabançons, passionnés pour les travestissemens , dont ils s'ingénient à varier les formes, se surpassèrent eux-mêmes. Les rues, les places publiques tendues de magniEques tapis > ornées de festons et de guirlandes , étaient couvertes de per« sonnages allégoriques dans les costumes les plus recherchés. Jamais tant de représentations dramatique» ne s'offrirent aux regards ; il semblait que lé pays ne fut plus qu'un théâtre où d'innombrables acteurs jouaient toute sorte de rôles. L'ivresse était universelle ; mais ce n'est que par l'accueil général qu'on fit au jeune souverain dans ses nouveaux états, qu'il est possible de juger aujourd'hui de celui qu'il reçut particulièrement dans Avesnes.
On y travaillait alors au clocher, grosse tour quadrangulairefort haute et d'une exécution hardie. Cette masse énorme, toute revêtue de belles pierres-de-taille bleues, n*a pour base que quatre piliers d'une grande élévation. Il est probable que ce fut dans ce temps qu'on la couronna d'un dôme ; elle était auparavant couverte d'une plate forme. On avait fondu douze cloches pour les joindre à l'horloge. Ce carillon est apparemment le premier qu'ait eu Avesnes, qui possède aujourd'hui le plus beau de ces instrumens gigantes-
qaeSs <iar on peut sans doute nommer ainsi un asseniblage de cloches de toutes grandeurs^ avec lesquelles on exécute toute sorte de morceaux de musique. Les heures^ les demi-heure ^ les quarts d'heure, toutes le» divisions du jour^ les diverses solennités, les événe^ mens heureux , sont annoncés par des airs de carillon. On, a prétendu que Charles- Quint avait multiplié les carillons dans les Pays-Bas p¥>ur calmer Phumeur inquiète et turbule^e dés peuples enclins k la révolte, a Le métn« air jocré dlieure en heure pendant des » siècles dit M; Michèle!^ a su^ au besoin musreal dé )» je ne sais combien de générations d'artisans , qui x> naissaient et motiràienl fixés suV rétabli. v> (tiistûire de France,^ L'ai^iration- qne le carillon dé Tongerloo avait inspirée a ûôrôpius , dénote qu'ils étaient de son temps peu communs' et que PiUvcntion n'eil. pouvait étk'c ancienne. ôbrôpitiS écrivait sôus le régné de Philippe II , à qui il d(^â son livi-e.
Il ne reste des vieilles cloches d'Avesnes que les deux plus fortes. La plus grosse dés deux, celle qu'on nommé par excelleiiee la grosse cloche, porte au haut j dans le pourtour, avec la date de 1514, les deux légendes suivantes, sur une mètoe ligne :
Pour loj peuple exiler
Venir a Sainte Eglise
Ilecq Dieu contempler
Et la vertu qu'on prise.
InspïCe sVM rVilLo CLaresCens faCta nitore.
Ces légendes sont en caractères gothiques. Les
autres cloches ont été apportées de l'abbaye de Lies-
sies avec le carillon, qui fut fondu à Louvain en 1767
et 1 768. Lors de la vente du mobilier de cette maison
religieuse^ tout ce bronze avait été réservé pour être converti en monnaie de billon ; Avesnes le conserva en cédant en place son ancien carillon et une partie de ses cloches^ d'une valeur à peu près égale quanta la matière et au poids > mais bien inférieure sOus le rapport de la beauté , de l'étendue et de l'harmonie des sons.
Bâtie sur la cime du rocher et destinée a servir de clocher et de beffroi tout ensemble, la tour est assez élevée pour se trouver exposée aux coups de foudre". Elle en fut frappée le 3 février 1666, et le feu prit au bas de la lanterne , mais on parvint assez aisément a l'éteindre. Le 19 juin 1 783 , vers neuf heures du soir, le tonnerre tomba sur la fenêtre du midi de la place basse de cette lanterne^ et mit plusieurs plaques de plomb en fusion. Il tomba la nuit du 26 décembre 1 81 1 sur la fenêtre du nord de la même place, d'où la flamme parut sortir tout- à -coup avec un éclat effrayant. Le plomb fondu découlait sur les toits inférieurs ; les habitans du voisinage emportèrent leurs meubles, l'alarme se répandit en un moment dans tous les quartiers ; l'épouvante était si grande qu'on fut sur le point d'abattre le sommet de la tour à coups de canon. L'intrépidité d'un ouvrier, qui arrêta les progrès de l'incendie en coupant une poutre, préserva la ville d'un affreux désastre.
5i Charles de Groy mourut en 1551, et fut inhumé dans l'église paroissiale d' Avesnes, récemment érigée en collégiale.
s» Le nom de Flamengries semble formé des deux
mois néerlandais Vlamen grenze, frontière des Flamands ou de la Flandre. Ce village touche en effet k la ligne qui séparait alors les Pays-Bas de la France , celle qui forme aujourd'hui la limite entre l'arrondissement d'Avesnes et Tarrondissement â,e Vervins. Pepsonne n'ignore qu'on avait autrefois y et qu'on a conservé dans ia capitale ^ l'hahitude de désigner sous la dénomination générale de Flandre les diverses contrées situées en- deçà de cette ancienne frontière.
Henri II voulait se venger sur le Hainaut « des hor- » ribles dégâts que le comte de Rœux , par les ordres D de la reine de Hongrie ^^ avait faits en Picardie durant » les dernières campagnes , et surtout à Fplembray » «> maison royale oh il avait fait mettiie le feu. n (Le P.Daniel, Histoire de France.') hsk prise d'Avesnes entrait dans les vues du monarque in^té ; néanmoins ^ ses dispositions ne furent pas aussi fatales k cette ville que ravalent été neuf ans auparavant celles de d'Annebaud, qui peut-être avait eu le dessein de la aur*prendre, mais non celui d'en former le siège.
« L'amiral ( d'Annebaud } ayant pris congé du Roy I» a Yillers-Costerets , alla coucher à Soissons, de la à » Monteornet en Tierai'se, auquel lieu il assembla le& o hommes qu'il devait mener ; de Moncornet alla cam- » per k £strée-au-Pont, sur la rivière d'Oyse; duquel » lieu, après avoir fait repaistre les chevaux, dès jour » couché , fit partir le sieur de Longueval avec oin- ^ quante hommes d'armes dosa compagnie, et Martin » du Bellay X sieur de Langey, aveo la sienne et le cax> pitaine Lalande , avec mille hommes de pied , pour » passer entre Avesnes et la haye d'Avesnes, afin d'em- »! pêcher (jue du côté 4© 1^ ^'^^^ \^ 9^ ^^^ PHs«e arri-»
» vor secours. Or, enlre Eslrée-au-Pont et Âvesncs, »> deux lieues en-deçà dudit lieu d'Avesnes^ passe une ^> pelite rivière de l'eslang du Beufle , laquelle , par la » hauteur des rives , est en peu de lieux guaiable , et x> y a un seul pont à un village nonimé Estroent, par » lequel on passe. Au bout d'iceli\y*-pont , les pnnemis }} avoient fait un blocus (car ainsi npmmept-ils ce que » nous appelons un fort ) , dedçins lequel avoit trois » cens hommes pour la garde. Le sieur de Langey » print le devant, menant avec luy une douzaine de p pionniers, et entre ledit fort et Testang du Beufle , » fit abattre les boiis de la rivière; en sorte qu'il y » passa à gué et se trouva devant les portes d'Avesnes , p premier que le sieur de Longuevalle et Lalande ar- » rivassent a Estrœnt , lequel tint ceux d'Avesnes en >> telle subjection que le «capitaine I^alande £oi*ça ledit » fort d*assault et mist^eux de dedans au fil de l'épée, » sans que ceux de la ville en eussent la cognoissancc, p A Avesnes passe une autre rivière^ laquelle se nom- » me la rivière d'Avesnes et va tomber en la rivière ^> dé Sambre ; le sieur de Langey, pour achever l'en- ?> treprise de se jetter entre la haye d'Avesnes et la D ville ^ adverty de la prise du fort, ^larchapour passer » ladite rivière; mais avant qu'il y arrivast^ vint devers » luy un homme, envoie de la part de monseigneur p l'amiral^ 4'advertir qu'il avoit changd d'opinion et p qu'il eust a se retirer vers le chemin de Carligny qui p est sur la rivière du Beufle , tirant au chemin de » Landiecy; a quoy il obëit. Si est-ce que sur sa rep traite ceux d'Avesnes luy firent plusieurs charge#.,* «> mais ayant laissé trente ou quarante clievaux en une p fosse , Tennemy qui n*en avoit la cognoissanpe pasfji
» outre ; incontinent ceux qui estoient demtarQz en » la fosse leur donnèrent k dos , et prinrent quinze ou » vingt des ennemis. Je n'ai pas bien entendu laquelle » occasion on avoit changé de desseing , n*est que Ton » disoit que Saint - Remy , commissaire de l'artillerie , » avoit dit que la ville n'étoit forsàble : si ainsi estoit , )» on ne devoît venir jusques là pfour laisser d'autres » plus belles entreprises ; si est-ce que qui l'eust as- » saillie d^ furie > il estoit apparent qu'on l'eust prise, » la trouvant dépourvue d'hommes comme elle estoit.» (^Mémoires ^ Martin du Bellay,)
Les Français , en 1 552 , l'auraient trouvée dans un meilleur état de défense ; mais ils ne puieat en approcher.
x< M. d'Aumalle , Avec les chevaux légers , avait pé- » nétré jusques à Yalenciennes sans tiouver nul en- » nemi... car... ils s'estoient enclos dans les villes... » Le sametB oeufiesme (Jour dejuillef) vint le camp » loger a la Flamandery, et estoit Tavaut-^garde logée n tout auprès de la b|^ille. Cestoit un beau village , x> et le dernier de ceux qui sont de l'obéissance du » roy, qui n'avait point esté bruslé. Le roy y fit s^ur 9 du dimanche dixi^ipie. De ce logis furent envoyés » aucuns V pour recognoistre la ville d'Avesnes; mais » les grandes et insupportables pluyes, dont fut l'arj» mée continuellement affligée, et le^ chemins fermés » au charroy de l'artillerie , ftirent cause que le siège » ne fut mis devant Avesnes. » (^ Guillaume Paradini doyen de Beaujeu; Continuation de l'Hiftoire de nostre temps.)
Glageon, Trélon, Chimaî furent plus nalheureux. « Estant le roy devant le chasteau de Glasson, sortit
D dtf Tfelon une damoyselle bien laide , laquelle em » sa calamité habillar k rire k la compagnie ; car elle 4) criokkhaut de teste , qu*on sauvastia vie k son mari ^ et k elle son honneur. Geste requeste se termina en » risée , et luy fut dit que sa beauté serviroit de sauvex> garde k son honneur, et luy valut mieux pudique » difformité que beauté prostituée. Cependant que » le chasteau dudict Trelon flottoit entre desespoir de » se défendre et vouloir de tenir, les soldg^fs françois » montèrent avec eschelles , et pi'indrent la place , et » pour rindignation qu*ilz avoient de ia blessure du » seigneur d*Estanges^ tuèrent grand nombre de ceu^ v> qui se trouvèrent avec les armes^ dedans ladite for- » teresse... » Après le sac de Ghimai, « retournant » M. le connestable k Trelon > fut ledit chasteau en- » tièrement mis par terre, et renversé de fbndz en com- » ble, si bien qu'il n'y demeura corps -de -logis ny » murailles debout que tout ne fust rasé , tant par >> mines que par feu ; mesmément furent les muvailles » du chasteau jettées dedans -les fosses, k force de M> pionniers , et n'y demoui*a quasi pierre sur pierre, » qui avoit esté rm des plus beaux lieux de tonte icelle » contrée... Au" chasteau de ittlasson fut le feu mis » aussi, et se sentirent les plus proches de l'infortuné » voisinage de Trelon- Depuis le logis de Roquigny, » jusques au lieu où fut Trelon , ayant fait le roy trots »> lieues, print résolution de se retirer, k cause des » pluyes continuelles, qui avoient en telle sorte des- » trcmp^le pats, qu'il n'estoit possible k personne de » pouvoir tenir a pié ferme : tant s'en falloit qu'il fust 1^ possible d'y mener ces lourdes machines de l'artil- }^ lerie. Ainsi partit ledict seigneur pour aller k M.on9-
# treai-les-Dames au gisle« Et pour ce que a la i*e- » tratcte, il falloit passer par ceste grande et dangc- » relise forest^ le jeudy devant^ monsieur l'amiral » avec Tarrière-garde passa le bois^ lequel le roi suivit » le vendredy, en fort bon ordre y et bien délibéré de » recevoir la charge de Tennemy, lequel donna seule- » ment une alarme dans ledict boys. » (G. Pa radin.)
Mais la vengeance du roi n'était pas satisfaite > il voulait en faire ressentir plus immédiatement les effets k Marie. « Il y avait , dit un historien , une ardente » haine entre Henri II et la reine de Hongrie 9 dont » je ne sais pas le sujet , mais seulement que les soldats o françois avoient fait des diansons d'elle et de Bar- » banson , le plus aimable seigneur de sa cour. 1» (^ezerat , Histoire de Frtutce.) « Marie, suivant un autre historien , contemporain de cette p-incesse^ JD^ étoit très -belle et agréable^ et fort aimable / encore )» qu'elle se montrât un peu hommasse : mais pour i> l'amour, elle n'en estoit pas pire , ni pour la guerre , » qu'elle prit pour son principal exercice, » (^Mé^ moires de Brantôme. )
Le connétable revint - en i 554 dao» le Hainaut à la tête d\ine armée formidable. « Sa marche fît croire » aux ennemis qu'il en vouloit à Avesnes , où ils jet- » terent beaucoup de troupes ; mais rabattant tout- àcoup sur la droite, il fit investir Mariembourg » ( Le P. Daniel) , dont il se rendit maiti'e.
Le roi ayant rejoint Tarmée prit Bouvines , Dinant et Binch qu'il brûla avec le magnifique pftlais de la reine Marie, orné de peintures, de vases, de statues antiques, « qui furent dispersés. » (Anqueiil, Histoire de France.^ Marimont y séjour enchanteur embelli par
l'art et la nature , et dont les jardins surtout étaient délicieux, Marimoiit eut le même sort. Tout fut défruit , bouleversé > et au milieu des ruines le roi fit mettre cette inscription : Souviens-toi de Folembray, Reine insensée. Quand la nouvelle de ce désastre fut apportée à Bf aiie , « elle tomba en telle détresse , des- » pit et rage , qu'elle ne s'en put de long-temps ra- » paiser : et en passant un jour auprès, en voulut voir » la ruine, et la regardant fort piteusement^ la larme » a Toeil^ jura que toute la France s'en repentiroit et » qu'elle se ressentiroit de ces feux , et qu'elle ne seroit » jamais à son aise , que le beau Fontainebleau , dont x> on faisoit tant de cas^ ne fust mis par terre et ny » demeureroit pierre sur pierre. » ( Brantôme. )
L'armée française poursuivant l'armée impérial^ qui reculait en bon ordre , embrasa dans sa traversée, Maubeuge et Bavai, a belle petite ville ^ laquelle estoit » abandonnée des babitans. » ( Paradin. )
Henri passa du Hainaut dans le Gambresis , et se retira sur le comté de Boulogne. « Ses propres dévas- » tations le forcèrent à abandonner des contrées qui » ne pouvaient plus le nourrir. » ( Anquetil. )
*3 Comme bailli. Adrien de Blois, chevalier, seigneur de Beauregard, qui remplissait cet office en 1 544, se qualiûait gouverneur et bailli d'Avesnes, M. De Potelle^^on successeur prenait aussi les deux titres, avant et depuis la cession de la ville, en 1556. Le seigneur de Warelles, qui succéda a M. De Potelle» les prit de même. Ces baillis étaient des gens d'épée qui devaient conduire et commander à la guerre la milice du balliage«
toi grande tombe, en marbre rouge, qu'on voit dans la chapelle de Saint-Nicolas, au bas de la balustrade 9 à gauche , est celle du seigneur et de la dame de Warelles. Les figures de ces personnages sont d^un travail grossier, mais le costume du temps est rendu avec une fidélité tout-à-fait naïve.
M Tous les habitans des lieux compris dans Tenclave de la seigneurie 9 étaient autrefois obligés de prendre les armes et d'accompagner le seigneur dans^ ses différentes expéditions. Le temps et le progrès des mœurs circonscrivirent cette obligation dans de certaines limites. On a vu que Gautier dispensa ceux d'Àvesnes de raccompagner aux joutes et aux tournois, et qu'ils ne s'engagèrent à se mettre en campagne avec lui que dans les cas' soit de réquisition de la part de son suzerain , ou d'invasion de qttelqu^un de ses domaines. Le seigneur pouvait mener , au moins une fois l'an, aux tournois, aux joutes, au combat, ceux des autres communes, mais en les défrayant, s'il les retenait plus d'un jour^ Lorsque les guerres^ particulières furent moins fréquentes, et surtout lorsque les souverains entretinrent des armées permanentes sur pied, le service des vassaux s'allégea pro^ gressivement. Bientôt il ne consista plus pour ainsf dire qu'à monter la garde en ville. Il était à peu près réduit à une simple contribution pour l'entretien du guet , quand Avesnes passa sous la domination directe du roi d'Fspagne. Cette contribution devait être payée de trois mois en trois mois par les villages de Dimond , Dimechaux, Damousies, Offies, Sars, Beugnies, FeVleries , Ramousies , Semeries , Flaumont , Waudre«
chies , Àvesnelles , Saint - Hilaire , Dompierre , Saint- Remy-mal-Bâti , Limontfontaine, Manissart.
La compagnie des chevaliers de l'arquebuse, qui subsistait encore en 1 789 , était un reste ou plutôt un mémento de Tancienne milice bourgeoise.
^^ L'ënumération des peines dont l'application était laissée à la disposition du seigneur , fait frémir, a Haute ¥> justice et seigneurie s'extend et comprend de faii'c » emprisonner, pilloriser, eschafTaader, faire exécun tion par pendre, décapiter, mettre sur roue , bouil- » lir, ardoir, enfouir, flastrir, exoriller, coupper poing, I» bannir, fustiger, torturer, etc.» (jChartes générales du Hainauiy chap, 130, tirt, i^'.J
56 Marie Bourdon, native de Maroilles, femme de Colin Garniaux , convaincue d'adultère et d'avoir massacré ses deux fils dont le plus âgé n'avait que cinq ans, ayant été condamnée k être étranglée et jetée an feu , fut exécutée en 1 568 , hors la portç Civnbrcsienne. (^Archives de la seigneurie,)
^7 La halle au blé et la halle dM filet ^ c'est-à-dire au fil, étaient situées sur la Grande-Place. La halle au blé est maintenant halle aux farines. Toutes les tentatives qu'on a faites pour rétablir en ville un marché aux grains sont restées infructueuses. Ce marché, qui subsistait encore en 1 740 , était quelquefois si abondamment approvisionné qu'il s'étendait jusqu'au milieu de la place. La halle au filet fut abandonnée en 1585 , par le duc d'Arschot, à Jacques Pillot, greffier des bois de la terre et pairie , avec la boucherie
et la place ou solloit être le poids de la ville, k le charge d'édifier sur lesdits lieux une maison manahle et avec ce une bonne et grande chambre pour y tenir les plaids. Ces conditions furent exécutées et la mai« son, située vis-a-vis de l'Hôtel -de -Ville, était remarquable par les arceaux, les figures fantastiques et les armoiries du Prince , qui en décoraient les fenêtres.
Indépendamment du iil qui se vendait à la halle , des marchandes du dehors venaient en débiter au marché , de même que de la sayette , sorte de laine filée.
^ Le règlement de la confrérie de Saint-Jacques et de Saint-Philippe, composée des marchands de toile, peut donner une idée de ce» corporations.
« Charles Albert de Longueval , comte de Bucquoy x> et de Gratzen , baron de Saulx et de Rosemberghe , o gentilhomme de la chambre du Roi et de son Âl- » tesse Sérénissime , lieutenant , gouverneur , capi* » taine, grand -bailly et souverain officier du pays et » comté de Haynault, etc. Â tous ceux que ces pré- » sentes lettres verront ou oyront, salut. Reçu avons » l'humble supplication et requeste des M. et confrères }0 de la chapelle Saint- Jaques et Saint- PhiHpes, etc. » contenant que lesd Remontrans auroient conçeu et v> arrêté entre eux certains points et articles en forme » de règlement... £t nous requis et humblement sup- » plié que de notre authorité souveraine il nous plut » avouer, confirmer et emologuer ledit règlement en » tout son contenu, déclarant exécutoires les peines, » loix et amendes y reprises, et de ce leur en faire » expédier nos lettres eu tel cas requises et pertinentes*
» POINTS et articles que lesdits confrères prétendent/air» » emologuer et aprouver sous la correction ci-^près : » A tous ceux qui ces présentes verront et oyront, »'salut. Nous confrères de la chapelle et confrérie » Saint- Jaques et Saint-Philipes érigée en l'Eglise col* » legialle de Saint-Nicolas patron de la ville d'Avesnes^ » desirans d'une œuvre pieuse et l'augmentation de » ladite chapelle pour Tentretenement des omemens » d'icelle, aussy faire décharger annuellement les le- » gâtions et fondations d'aucuns obits par quelques- » bonnes personnes , que pour la trop petite retribux> tion, il les convient réduire en des messes , n'ayant n ladite chapelle que bien peu de revenu pour four- » nir au court et luminaires qu'il convient par annal p » jointement que les statuts , ordonnances et règle* » mens accordés cy devant à leurs prédécesseurs et » confrères ëtoient perdus par les guerres intestines » d'entre les roys d'Espagne notre Sire et celuy de » France , qui peut être aussi par la simplicité d'au- » cuns desdicts confrères , tellement que ceux pi'ésens n n'ont aucuns reglemens pour la garde du droit de » ladite chapelle , cause que pour l'augmentation d'i- » celle et de ladite confrérie , avons trouvé expédient » de former aucuns points et articles cy après déclarés, » afin de les pouvoir faire aprouver de son excellence x> grand-bailly de Hainaut pour valoir contre tous de- » linquants, payer lesdits droits k apartenir un tiers à » Sa Majesté , un tiers k ladite chapelle pour le service » divin et entre tenement d'icelle et l'autre tiers aux- » dits confrères pour les encourager en unité de con- 1» frerie et garder les droits de ladite chapelle en la » forme qui s'ensuit.
» Que toutes personnes desirans se rendre cotifrerei » de ladite chapelle et confrérie , seront tenus en leur » admission faire serment de bien et fidellement garder » les biens , revenus et droits d*icelle chapelle et con« » frerie en payant lors prestement son entrée , la som* » me de soixante sols , a appartenir moitié à ladite cha- » pelle et l'autre moitié aux confrères.
» Si seront tenus lesdits confrères eux trouver à n toutes processions solemnelles qui se feront par les » chanoines de ladite église , comme les autres con-> » frères d'autres chapelles en tcelle église , aussy a x> toutes assemblées qui s'y feront par charge du matï> tre de ladite confrérie ^ a peine d'encourir par chan cune fois que l'un ou plusieurs seront trouvés de- » faillants en l'amende de cinq sols au profit desdits » confrères, ne soit excuse légitime de maladie ou » autrement. De plus faire élection d'un maître le )» jour et solemnité de saint Jaques et saint Philipes , v> lequel maniera les biens et revenus d'icelle, parmy » le compte qu'il sera tenu rendre en étant i*equis.
» Aussy que toutes personnes étrangères marchands » tant de France que d'autres pays ne pourront vendre » aucunes toilles tant grosses qu'autres en ladite ville » d'Avesnes en détail , à peine d'encourir l'amende de » dix livres applicable comme dessus.
» Sauf que lesdits marchands étrangers pourront » vendre laditte toille en gros et non autrement.
» Au surplus que toutes personnes de ce pays et y » tenans résidence venant vendre aucune marchan- » dise de toille en détail en ladite ville, payeront » pour droits la somme de huit livres au profit que » dessus, en quoy ne seront compris ceux qui ven-
»dront des menus ouvrages, tels que corgereltes^- » coUers et semblables.
» Item lesdits confrères se trouveront a toutes re- » créations qu'ils feront ensemble es solemnitez avant » dittes comme les «onfreres d* autres chapelles, à v> péril de payer par les defaillans demy escot , a en- » tendre le jour saint Jaques et saint Philipes jour de » ladite confrérie.
» En outre si aucuns confrères desiroient de se de* » poiler de ladite confrérie , payeront pour les droits w d*issue soixaute sols tournois audit proEt.
j> Item que si un desdits confi*eres venoit a décéder^ » lés autres confrei*es survivans seront tenus pour une » œuvre pieuse luy faire dire chacun une messe eu J» ladite chapelle au plustot que faire se poura, ledit » trépas advenu.
x> Et pour tant mieux être gardez inviolablement tous^ » les points et articles cy devant narrez nous lesdits » confrères soussignés promettons les tenir pour ferx> mes et stables et en procurer Taprobation de mon- » seigneur le giand bailly de Haynant pour valoir » contré tous delinquans de payer lesdits droits selon x> le contenu es articles cy devant. Ce septiesme nen vembre 1 634.
» Pour ce est-il que nous les raisons susdittes consi- » derées et en sur ce bon avis et regard desirans » donner addresse et provision aux choses requises et » nécessaires voir si favorables que la piesente cony> cernante un bien publicq et commun y après en » avoir pris les aparsemens qu*il convenoit et le tout ^ été veii et meurement examiné par les gens du con- » seil ordinaire de roy a Mon», avons pour et aa nJùi»
« de ^a Majesté et comme son grand bailly et ioa- «> veraia officier da pays et comté de Hainaut , si que » dit est y ratifié , confirmé , approuvé et emologué... » tous et chacuns les points et ailicles cy dessus re- }» pris^ consequemment voulons et ordonnons qu'ils 4» soient tenus et observés comme bons statuts et usages » légitimes , et ce jusqu'au bon plaisir et rappel de » sadite Mijesté ou de nous au titre que dessus, dép clarans aussy exécutoires les peines et amendes y » contenues contre les transgreaseurs et contrevenajis » «> si donnons eu. mandement à tous sieurs justiciers, » officiers et sujets de sadite Majesté en ce pays et » a tous autres qui ce regardera que de cette notre p présente grâce ^ confirmation «t adven^ ils laissent » pleinement et paisibleipent jouir et user lesdits su- «> plians sans leur faire mettre ou donner ou souffrir n leur être fait, mis ou donné aucun trouble ou em- » pecbement au contraire ores n^ en temps advenir , » et afin que personne n'en prétende cause d'igno- » rance, nous voulons que soit faite publication aux » lieux accoutumés 4e laditte ville d'Avesnes au jour » plus convenable et mieux apropos. En témoin de » quoy nous avons à ces présentes fait mettre et ap- » pendre le scel de notre grand baillage de Hainaut. )^ Donné en la ville de Mons , le vingt sixième jour du i» mois de juin de Tan de grâce 1635. Etait signé ^ Debpussy avec paraphe.
» Le contenu es présentes lettres de règlement a n été bien et duement publié sur le marché de ladite » ville d'Avesnes au lieu et lieure ordinaire > tant veri> ballement de la part de Voffice dudit Avesnes que » par affiche de billets au lieu accoutumé / afin que
» personne n'en prétende cause d'ignorance , ce qu'alla teste le soussigné greffier dudit Ûeu. Ce vingt -sep- » tième d'aoust 1 640> Etait signé Juniaisnil avec pa- » rapbe. «
59 Le seigneur avait en ville une grange située entre Téglise paroissiale et le béguinage. En 1 547 , le duc d*Arscfaot céda k la commune , remplacement de cette grange pour en faireun cimetière, et le terrain du cimetière abandonné , pour y bastir des maisons , le tout au prix de cinq earokis d*or et de trois chapons de rente annuellement payables k la Noël. L'ancien cimetière^ dont Tentrée était derrière le chœur de Téglise paroissiale , occupait remplacement sur lequel la rue de France > alors divisée en deux rues, forme lin coude. Plus anciennement enooi^e, on enterrait les morts autour de l'église. Lorsque vers 1 780 , on ci*eusa le canal qui devait conduire l'eau du puits à l*abreuvoir du château , on découvrit vis-à-vis le portail , quantité d'ossemens dispersés et plusieurs squelettes entiers. La sépulture dans les églises ayant été interdite par une déclaration du 10 mars 1776, et la population s'étant accrue , le cimetière parut trop étroit. On résolut de le réserver pour les principaux habitans, ou ceux qui voudraient y acheter un tombeau , et 4e transporter les autres morts hors de la ville, au sud-ouest, dans une vaste et belle pelouse ombragée de plusieurs avenues de tilleuls aboutissant toutes k un grand calvaire* Mais ce projet resta sans exécution. A quelques pas de la porte du nord, maintenant la poite de Mons , entre la chaussée et U ri- ▼ij^re, ét^it un enclos fermé de murs , avec une vieille
chapelle dédiée a tous les saints. C'est la qu'étaient enterrés les militaires qui mouraient h Thôpital. Sn 1 793/ Tennemi s'étant approché d*Avesnes et donnant des appi'éhensions , la chapelle et les murs d'enceinte furent rasés. La ville et les environs étaient encombrés de troupes , les hôpitaux concentrés dans la place. Lies combats journaliers , lés ravages du typhus décu*> plèrent et bientôt centuplèrent le nombre des cadavres à inhumer. On les entassa pèle - tnêle dans le cimetière de la Chapelle aux Saints y et on ouvrit dan^ les prpiries du voisinage de large fosses communes. On n'en imposa pas moins alors , comme par antiphrase, a ce lieu funèbre, dont le sol était remué tous les jours et presque à toutes les heures, le nom de Champ de* Repos. Il se trouva bientôt insuffisant, même pour les temps ordinaires , et quoiqu'on y ait réuni , par des agrandissemens successifs, les jardins qui le séparaient delà grande route, il est encore aujourd'hui trop étroit. Toutes les personnes qui meurent en ville y sont indistinctement enterrées. Le cimetière de Tintérieur, fermé pendant nombre d'années , ne s'est rouvert que pour être converti en un marché aux bestiaux.
Il n'y a guère plus d'un demi - siècle qu'k la mort d'une jeune fille , les autres se cotisaient pour faire célébrer ses funérailles. On leur distribuait k chacune une médaille portant l'effigie d'une vierge, et au re^ vers le nom de la défunte. Ceux qui avaient assisté au convoi d'une personne à marier, de l'un ou de Pautre sexe^ se réunissaient, après la cérémonie, au banquet qui leur était ofiert par la famille en deuil, et consâ* craient le reste de la journée à la danse. Cet usage/ qui peut aujourd'hui paraître inconvenant, était au-
irèfois commun a la plupart des peuples. Û subsisté encore à la campagne.
^ U est vraisemblable qu'elle fut fondée , comme le furent beaucoup d'autres , pour Tinstruction des jeunes gens destinés à Tétat ecclésiastique. Les princes de la maison de Groy la soutinrent par leurs libéralités ,' les abbayes de Liessies et de Maroilles contribuèrent aux frais d'entretien. Lorsqu'en 1 605 , il fallut çn reconstruire les bâlimens qui tombaient en ruine , ces deux maisons religieuses y le duc d'Aischot et le comTe de Solre fournirent la plus grande partie des fonds nécessaires. L'édifice entièrement restauré subsista encore deux siècles et ne fut démoli qu'en 1804. Il était situé dans la rue Sainte-Croix ^ le long de la rivière, en face du rang de maisons qui recouvre , entre les deux issues inférieures des Grands-Degrés, le pied du rocber. On y remarquait, en plusieurs endroits, le$ armoiries des princes de Groy^ incrustées 4ans les murs.
)l est sorti de cette école beaucoup de bons élèves; néanmoins Aresnes, qui d'a^leurs a donné le jour a tant d'hommes estimables, n'en a produit aucun demarquant/ soit dans les lettres, soit dans les sciences. Elle compte quelques écrivains mais qui , nés en d'autres lieux , ne lui ont appailenu , au moins pour la plupail , que comme ayant été compris pendant un temps plus ou moins long, au nombre de ses habitans. Presque tous sont tombés dans l'oubli. On ne se souvient guère en effet de Jean de Ho«idain, de Nicolas Cran, d'André Gouvreur^ de Philippe Bosquier^ de Gabriel JLçjclercq^ ni de leurs œuvres^
Jean de Houdain était, en 1 441 , recteur de Técolt latine. Il composa une tragédie k l'usage de ses éco* liers, et traduisit deux petits livres, le Décalogue et le Symbole de Bfussus, auteur aussi peu connu qui 9on traducteur.
Nicolas Oran , gardien des frères mineurs , publia une Dissertation sur V apostasie de Juda, imprimée à Mons en 1611 > et deux recueils de Sermons imprimés aussi dans la même ville, le premier en 1615 > le second on 1632.
André Couvreur, du tiew-ordi-e, s^était particulièrement voué à la prédication. Outre le Triomphe d€ la VertUy publié a Atk en 1618, il donna des explications très-étendues sur le sens mystique de la collectée On ignore si elles ont été livrées a l'impression.
Le P. Bosquier, auti*e gardien des franciscains, mort k Avesnes en 1636, a aussi publié plusieurs ouvrages, entre autres une préface historique qui n'est pas dénuée d'intérêt.
Gabriel Leclercq exerça long " temps la médecine k Avesnes. Les désagrémens que lui suscitèrent les nombreux empiriques alors répandus dans le voisinage, le déterminèrent à se retirer à Lille , où il fut chargé du soin des pauvres- de la paroisse de Saint «Sauveur. Rappelé par les vœux des habitans d' Avesnes , et Tappas d'un traitement honnête, il revint dans cette ville avec Tintention de s'y fixer et d'y finir ses jours. Voila ce que lui-même il apprend à ses lecteurs dans la préface de son Traité des maladies des pauvres, dédié aux personnes de cette classe, quoique en langue latine. Ce livre a été imprimé à Lille , en 1683.
Antoine Damées, écrivain laborieux et légiste d'un
mérît^ âisUnguë^ vWra plus long- temps sans doute dans la mémoire de ses concitoyens. Il naquit au château d'£claibeft, a deux Ueues d'Avesnes^ mais il vint, jeune encore^ babiter cette ville où il exerça divers emplois. Outre ses ouvrages de jurisprudence et ses Annales,^ il reste de lui plusieurs écrits qui nWt pas ^é publiés.
On peut «jmiter à, cette liste Maxîmilien Fal^i^ JJfopffen hçxkoraire dc& bacheliers en droit de l'Université de Douai , avocat aux parlemens de Fkmdrea et di P^riSretCn» qui a laissa,, jen manuscrit 5 une sorte de glose ver^ift^ des^ Cautum^s du ckqflieu de Mtms, cb^f^dVuTro d?a»e rave patience et d« jai^on W plus auAtir.poétique qu!il soit possible d'ima^aer. £n voègi ^elquj^s ven< :
l'âge de tih^t-un ans fait puissant le pupUe» tt celui de d'x-bait rend rorpheltoe bablle H tendVé , àUêner de ses biens rottmers.
Par Irapport , hypothèque ou par prix en deniers. Le marié mi«i«tir a U nréoie a^r«ntage , liais {^tC|ià'UB orphelin se foie m on moindcfe è^ » lipent aliéinr ^w un.pii^ pia» grand , Ses dtM.plas ljf«8lgrrs d'accord s«r ce qn-on vend» i;i ^ gré de kr 1(^ sous la^ieUe il réside , C'est par décret. public que L'acbapt. en vaHie ^ Lapareniétnanquanl pour Tapprobalion , ht corps municipal la donne en fonetion , Ajfant considéré ce qu'on lui représente , Il a droit d'accorder ou refus<>r la vente.
Cinq lustres accomplis sont fixés aux Montoîs Pour avoir quilité d homme usant de ses droits.
Cette %\é99f avec les commentaires en prose doni
«lie est entremêlée, remplit un in-folio de 1,199 paget* L'ouvrage est termine par ce quatrain :
Tout honneur, toute gloire au soleil de justice « Par rétudf des loi\ decouTrons la malice , Et que la charmante équité Nous élève à la vérité.
L'école latine , fermée en 1 793, fut rouverte en 1 806, sous la dénomination d'école secondaire. Elle reprit quelques années après le titre de collège, dont elle avait été long-temps en possession et qu'elle avait pris sans doute depuis rétablissement de TUniversité d« Douai en 1562.
^» En voici la teneur •.
« Philippe , par la grâce de Dieu , roi de Castille , » de Léon, d'Arragon, d'Angleterre, etc. A tous ceux » qui ces présentes lettres verront, salut.
» Comme notre très -cher et féal cousin, chevalier » de notre ordre, messire Philippes duc de Croy, duc » d'Arschot , etc. , a notre requête et pour nous faire » plus humble service , nous eut libéralement et de » son bon gré accordé et consenti de nous laisser, » céder et transporter ses ville, château et banlieue » d'Avesnes, avec toute jurisdiclion tant de justice » haute, moyenne et basse que autres, ensemble les » fortifications, artillerie et munitions de guerre, et » ce qui en dépend y étant, pour de tant mieux et à » notre bon plaisir parachever et parfortifier ladite » ville, a la tuition, garde et défense de notre pays » et comté de Hayn^ult , moyeni^ant toutefois que le » Youlioxis recompenser condignement de» grands et
m ^xctsexfs fraix et dépenses que feu measire PhîUpp^ » de Groy, duc d*Arschot, soufea père y avoit expo? » ses 9 avec autres points et articles qu'il nous a fait 1» bailler par écrit, savoir faisons que noujs^ les choses » dessus dites considérées, et sur icelles eu Tavis, » premier de nos amés et féaux les chef, trésorier gé- » néral et commis de nos domaines et finances , et » après des gens de notre conseil d'état, avons par » ^libération de haut et puissant prince , notre très- » cher et très - amé cousin , chevalier de notre ordre , i> lieutenant , gouverneur et capitaine général de nos » pays de pardeça, le duc de Savoie, accordé avec » notre cousin le duc d'Àrschot^ selon et en la ma- » nière qui s'ensuit , savoir que notre dit cousin cédera » et transportera pour nous et nos hauts successeurs, » comte et comtesse de notre dit pays de Haynault pert> petneliement et k toujours , ladite ville , chastel et » banlieue d'Avesnes qui se compi^endra a un quart » de lieue à l'entour des fossés de ladite ville , soit que » du passé ait été de plus grande ou de moindre éten- » due dont Tabornage se fera par nos commis et de » notre couSin , avec toute jurisdiction , justice haute, «> moyenne et basse et autres comme ci - dessus sans % jamais y rien prétendre ni demander, fors quant aux » revenus ordinaires lesquels demeureront avec la coi- «) lation des prébendes et provision des beghines il- » lecq a notredit cousin , ses hoirs et héritiers, ainsy et » par la forme et manière que lui et ses prédécesseurs » en ont toujours joui et possessé et en dignité et à n titre de pairie sans que rien lui soit diminua, sauf » seulement (comme dit est) , quant a ladite jurisdicto tion, haute justice, moyenne, basse et autres qui
» nous demeurent svac fous bourgeois^, manans et hiK » bilans de ladite viile et banlieue excepta seulement » que ses bwllyy pvevost, receveur, greffier et sergents ». seront exempts en toutes aolâons personnelles dé » notre ditte jnrisdietion, ne soit pour choses con« » tractées en délits perpétrés en ladite ville et ban- «> lieue, et pour casses concernant la police et preser- « vation d^iedle, et que au regard des debtes qu'iceux i> bourgeois > manans et habit ans devant à notre dit )» cousin le doc d'Arschot à raison des fermes , censés » et louages qu'ils tiendront de luy, de ses bois et » marchandises par eux acheptez, et généralement » des autres membres de son dit domaine , ils setont » attrayabtes pardevant sa justice, sans qu'ils puissent 1» pour les cas susdits user d'aucunes exceptions de- » clinatoires pourvu toutefois et a condition que notre » dit cousin tienne sa justice en ladite ville et non » autrement.
» Nous avons aussi accoi'dé k notre dit cousin que n les manans et habrtans du résidu de ladite terre et » pairie' d'Âvesnes» demeurant hors de ladite ville et » banlieue seront à toujours quittes et exempts de faire » guet en ladite ville comme ils étaient au jour de ce 1» présent accord, parmi payant la redevance à la^ y> quelle passé long^temps , ils se sont pour ce soumis, D sans néanmoins les relever d'autres subjections soit » de corvées ou autres quelconques, et en outre K> avons promis et promettons en façon quelconque n que les gouverneurs , capitaines et soldats qui sont V et sei'ont k l'avenir commis par nous , nos hoirs , » successeurs et ayant cause, à la garde, défense, et I» tuition de ladite ville , ni les manans , habitans d'i-
TU celle fassent aucunes fouliez ou dommages auxdiU » manans, de ladlle pairie, ni aux bois ni aulrcs do- » maines de notredit cousin, et que si d'avenlurc par » icy après, aucunes foulles ou dommages s*y faisaient j> par nosdits gouverneurs , Capilaines et soldats ou » manans , nous leur ferons incontinent et sans au- » cune forme de procès réparer et réintégrer et auï> trement punir les delinquans comme au cas appar- » tiendra et en pareil , nous à notre dit cousin reci- » proquement promis, que les manans et habitans » desdittes ville et banlieue d*Avesnes seront entre- » tenus en tous tels droits, fianchises et liberté qu'ils D ont es bois dudit Avesnes soit de campagne, pâturage » ou autre, si avant qu'il soit trouvé qu'ils en aient » aucuns, moyennant lesquels transport et cession de » la ville, chitel et banlieue d'Avesnes avec toutes ju- » risdictions, justice haute, moyenne et basse et au- » très quelconques non réservées ci-dessus nous avons » ecclissé et ecclissons le tout du résidu de ladite paix) rie , terre et seigneurie d'Avesnes , ensemble les fori> tifîcations, artillerie, munitions de guerre et ce qui » en dépend , pour par notre cousin tenir de nous le D résidu comme il faisait auparavant la totalité , et en » outi-e lui avons promis et promettons par ces pre- » sentes de lui payer, et faire payer annuellement par » notre receveur gênerai de Haynault présent et k venir^ D la somme de 8,125 liv. du prix de quarante gros de t> notre monnaie de Flandre la livre à deux termes par k> an k sçavoir au 22« octobre prochainement venant » et l'autre qui sera le parfait de la première année i> au 22 juin que Ton comptera Tan 1557 et de Ik en » avant de terme en terme heritableinent k toujours
D jusqu'au rachapt lequel nous ou nosdits hoirs > suc- I» cesseuvs comtes et comtesses dudlt pays de Haynault » pourront faire ci-après touttes qualités fois qu'il nous v> plaiia de quatre rachàpts également qui sera powr » chacun S2,500 liv. ditte monnote en payant aussi » lors la ratte de temps encouru et pardessus la rétif» » annuelle y héritière et perpétuelle desdits 8^t35 Hr, » aron» encore accordé et accordons par cesdites pre- » sentes a notredit cousin le diicd'Arsiiliol une pen^ » sion de iyOO(y sembkhlcs livres sa Tie durant que » voulons lui être payé anaueUemeent par notre rèee- » veur de nos aydes de HaynauH présent et advenir » aux termes et k commencer ctnnme dessus^ et eft n oiitirc auti'es 2,000 Uv. de pensiM» que p'ccedeviej» menl luy ayons accordé juâqu'k notre rappel sur » notre reeette. générale des finances, pour la sûreté 1» de laquelle suadilte renie nous avons obligé, hy- » potecqué et allecté, obligeons hypothecquons et af- » fectons notre domame de nos villes de Mons , Va*- » lencienncs, Ath , le Queânoy, Landredes> Brâines, » Bavai, Haille, Condé, Flobecq et Lessines, leurs » appendanees et dépendances et généralement tout » notre domaine de notre pays et comté de Haynault, m veiûUaat et consentant que si faute advenait au I» payement de ladite rente du terme que dessus notre »• dit cousin , ses hoirs ou ayant cause pourront pros> oedér par exécution pour recornvremAnt de leur den » sur t^Uea pièces de notre dit domaine que bon leur n sembler;), laquelle rente nous avons consenti que » notre dit cousin puisse en tout ou en partie vendre^ » changer> donner ou autrement aKencr a tous ceux » qu'il luy plaira pardevant notaires et temoings , gens
» de loy ou sur les lettres signées de luy et scellées dt » son scel pour par les achepteurs ou dounataires en » jouir comme de leur piopre^ a subjection seulement *> d*en pouvoir par nous faire le rachapt au denier » seize, ou le retenir pour le prix que icelle ou por- » tion auroil été vendue ou transportée , sans pour ce » nous payer ou à nos hoirs, successeurs comtes et » comtesses dudit Haynault aucuns droits seigneuriaux x> de quinte demi -quint ou autre servitude.
» Tous lesquels points et articles nous avons promis D et promettons à notre cousin , en parole de prince » et de roi inviolablement et a toujours entretenir ^ » garder et observer, sans jamais aller directement ou K> indirectement au contraire. Si donnons en mande- » ment ausdits de notre conseil d*état et a nos très- » chers et feaulx les chefs , présidens et gens de nog » comptes à Lille , grand bailly de Haynault , pairs et » hommes de fief de notre cour à Mons, receveurs ge- » neraux de nos domaines et antres dudit Haynault, » et à tous nos justiciers et officiers qui ce regardera D leurs lieutenans et chacun d^eux en droit soi et si D comme à lui appartiendra que desdites rentes et pen- » sions ainsy que dessus par nous baillées de recom- K> pense a not redit cousin et de tout le contenu en » ces présentes ils fassent , souffrent et laissent iceluy » notredit cousin à ses hoirs, successeurs et ayans » cause hereditablement perpétuellement et k toux) jours et aux charges et conditions dessus déclarées » entièrement^ pleinement et paisiblement jouir et » possesser, passant par lesdits de nos comptes les ren- » tes et pensions susdites es comptes d*iceux receveurs, » par y rapportant pour la première fois ces mêmes
» présentes ou copies authentiques d'icelies , et pouf » tant de fois que mestier , quittance sur ce servante ï) tant seulement, sans leur faire mettre ou donner » ne souffrir être fait bruit ou donné aucuns troubles » ou empêchement au contraire, en procédant par » lesdits de nos finances à la vérification , et par lesdits 9 de nos comptes a Tenterinement de ces présentes se- » Ion leur forme et teneur^ après touttes fois qu'ils » auront reçu de nolredit cousin les transport et ces* » sion par œuvres de loy suffisamment et aussy autres » lettres de desheritance de ses comté de Beaumont » et principauté de Chimay qu'il baillera et affectera » pour seureté et garantissement desdites vente et ces- » sion pour être mis en garde avec ledit abonnement » en notre trésor des chartes audit Lille, nonobstant » les constitutions, ordonnances et deffe^ses faittes à n diverses fois sur le fait des restrinctions , aliénations » et autres de notre domaine, les sermens, obligations -» et promesses faites par lesdits de nos finances, de » nos comptes et autres nos officiers pour l'entretenex> ment et observation d'icelles , lesquels pour les eau- « ses et raisons que dessus et memement que cette » présente constitution de rente et pensions est su- » brogée au lieu de deniers que autrement nous eus- » sions dcu débourser pour Tacquest desdittes ville, » chastel, banlieue, fortifications, artillerie et muni- » tions dudit Avesnes et par conséquent que ce n'est » propreinent aliénation ne voulons avoir lieu ny sor- » tir pour ce présent acte aucun effect , ains en tant » que mestier seroit de notre science/puissance absolue » et authorilé souveraine y avons dérogé et dérogeons » par ces dittes ]^resentes, en relevant ^ dispensant «t
1» déchargeant par icelles lesdils de nos finances^ de » nos comptes et autres nos officiers qui ce regardera )> et chacun dY'ux en son endroit des sermens obliga- » lions et promesses dessus ditles ; îcelles ordonnances » nëantmoins demeurantes en tous auti-es cas en leur » force et vigueur , nonobstant aussy quelconques » autres ordonnances^ restrinctions, mandemens ou «> deffenses faites a ce contraires. Car ainsi non s plaistn il , en temoing de ce nous avons fait mettre notre scei » a ces présentes données en notre ville de Bruxelles, s> le vingt-deuxième jour de juin^ Tan de grâce 1556, » de nos règnes , a scavoii* des Espagnes et Sicile le » premier, et d'Angletei-re , Naples et France le Iroi- » sieme. Sur le ply desdittes lettres d'un coté est écrit v> par le roy les seigneurs de Berlaymont de Harcfai- » court chefs, Pierre Boisset, trésorier- gênerai , mes- » sire Josse de Damkoudere , chevalier , et Auhert- » Faulvey commis, et autres présents. Signé Dover' » Icëpe. D'autre côté audit ply eloit écrit: Ces lettres » après le fournissement des charges y contenues ù » l'ordonnance de messieurs les président et gens de » la chambre des comptes du Roy notre Sire a Lille, » ont été enregistrées en ladite chambre au registre i> des chailres y tenues commençant au mois de juin » 1558, folio 72 et autres ensuivants avec les lettres et » titres délivrez par ledit fournissement d'icelles char- » ges, et au surplus ont été entérinées selon leur o forme et teneur le dix -huitième juillet 1558, par » moy Singuart, et étoient scellées du scel de Sa Ma- » jesté en cire louge a double queue pendante, etc. » Messire Josse de Damhoudere est l'auteur d'une Pratique civile curieuse.
«a Toutefois les seigneurs d'ÀYCsnes y devinrent dès lors étrangers et les conséquences de leur retraite durent y être sensibles. Si depuis Wederic-le-Barbu jusqu'à Olivier de Bretagne aucun ne s*y fixa , quelques* uns d'entre eux y firent du moins un séjour plus ou moins long. Olivier de Bretagne qui vint s*y réfugier en 1421, s'y tint en quelque sorte enfermé jusqu'à sa mort en 1433. On ne sait où vécut ni où mourut Françoise de Bretagne ; le titre des fondations dont l'église 4'Avesnes était redevable à la piété de cette princesse est daté de Saint-Sauve , le 24 janvier 1457. Il est probable que Louise d'Albrel ne demeura pas constamment à Avesnes^ mais elle y passa du moins les dernières années de sa vie. Philippe de 'Croy, Charles de Croy son successeur , et Philippe de Croy le successeur de Charles y résidèrent quelque temps. Le premier de ces princes fut créé duc d'Arschot, releva les fortifications d'Avesnes , et bâtit le château de Beaumont dont on admirait encore , il n'y a pas quarante ans, les ruines romantiques ; il mourut en 1549. Charles de Croy reçut à Beaumont, en 1 550, Charles- Quint, Philippe son fils, et leur suite, dans les magnifiques' appartemens du château, et vint mourir à Avesnes l'année suivante. Son frère, qui lui succéda, vécut jusqu'en 1 595 , vendit Avesnes au roi d'Espagne, et joua un grand rôle dans les troubles des Pays-Bas, défendant tour - à - tour les intérêts du monarque et ceux des provinces confédérées , sans démentir jamais son caractère ni varier dans ses sentimens.
La distinction qui , après la prise de possession de la ville au nom de Philippe II, s'établit «ntto les principaux fonctionnaires > dont les uns devinrent officiers
du roi, les autres reslèrenl officiers du seigneur, engendra des rivalités , et il est rare que la discorde ne se glisse pas entre des rivaux également jaloux de montrer du zèle et de conserver leurs prérogatives : aussi ne tarda-t-eile pas a éclater entre ces officiers. Un premier différend s*éleva k l'occasion des halles et de la maltote que les officiers du seigneur voulaient retenir, et que ceux du roi prétendaient avoir été comprises dans la cession. Les officiers du roi adressèrent à ce sujet des plaintes au souverain ; les officiers du seigneur se plaignirent k leur tour des prétentions da prévôt au sujet de la juiidiction, ensuite des voies de fait du gouverneur au sujet de la chasse ; et malgré de puissantes médiations, la limitation des ressorts, les réparations imposées au gouverneur^ jamais il n'y eut de réconciliation sincère ou durable.
'^ Ces princes méritèrent le respect des peuples sans pouvoir s'en faire aimer. Elevés à la cour d'Espagn^ ils en avaient conservé l'étiquette et leurs manières contrastaient avec les mœurs des habitans de leurs états. La nécessité de fléchir le genou en les abordant humiliait une nation aussi fière que brave. Ils achevèrent de l'indisposer en voulant la soumettre à un genre d'impôts contraire a ses habitudes., la contribution foncière , dont la levée excita des réclamations si pressantes qu'on dut y substituer d'autics impositions peut-être plus onéreuses, mais que les contri- :buables payèrent avec moins de répugnance.
64 a Elle., arrivais 20 juillet à Âvesnes en Hainaut., ,j^ après une marche piécipitée de vingt lieues. Le mar-
» quîs de Crëvecœur, gouvei-neur d*Àvesnes, reçut » Marie avec tous les honneurs imaginables. Le baron v> de Guépé fut aussitôt dépéché à Bruxelles, pour aver- )» tir l'archiduchesse de Tarrivée de la reine. Le prince' » d*£pinoy, gouyemeur de la comté de Hainaut, n vint prier Sa Majesté d'aller à Mons , capitale de la » province, où l'archiduchesse Isabelle se disposoit k
» la recevoir Elle prit la résolution de se retirer a
» Cologne. £lle y vécut pendant neuf à dix mois, ré-
» duite à la dernière indigence Dans l'hiver de
» l'année 1642... elle manqua de bois pour son ap- V partement , et... on fut obligé de brûler les tables ,' » les armoires et les autres meubles qui pouvaient sei*- » VÎT a faire du feu. Attaquée pendant ce même hiver » d'une sorte d'hydropiste, elle too^a vers la fin de » juin dans une fièvre ardente, accompagnée d'une » soif extraordinaire... La fièvre redoubla si fort la » nuit du 2 au 3 juillet, qu'elle mourut vers midi. » ( Mémoires historiques et anecdotes sur les Reines et Régentes de France, etc., par Dreux du Radier.)
^ Gaston avait quitté la cour quelques mois auparavant et s'était retiré à Orléans d'abord , ensuite eii Lorraine oà il épousa Marguerite, la sœur du duc, mais d'où il fut obligé bient^ après de s'éloigner. Il alla rejoindre alors sa mère k Bruxelles. « Presque tous les » disgraciés de la cour de Louis XIU s'y réunirent. » ( Anquetil. )
^ Les principaux conjurés étaient le comte Henri de Bergues, les princes d'Epinoy et de Barbençon, le duc de Bonmonville, de Cai-ondelet , doyen de l'église
de Cambrai. Dans Tespoir d'engager le duc d'Arschot à se joindre k eux ^ ils lui découvrirent leurs desseins qu'il révéla lui-même à Tarchiduchesse , après en avoir obtenu pour tous la promesse d'un pardon illimité.
<7 Célèbre partisan qui de garçon cordonnier devint roi de Bohême. Jean était son nom^ Wert^ celui du lieu de sa naissance. Les Parisiens le cbansonnèrent pour se venger de .'a peur qu'il leui* avait faite.
w « Le cardinal de la Valette... se replia sur Aves- » nés qui lui tira quelques volées de canon , et rabattit j» tout-k-coup sur La Capelle. » (D. Lelong. )
D A monseigneur^ monseigneur le comte de Bue- » quoy» grand - bailli , capitaine général et souverain » officier du pays et comté de Haynault. —* Remontrent » humblement les mayeur, échevins et manans et com- » muhauté du village de Saint-Hilaire, terre d'Avesnes, » qu'ib sont poursuivis par diverses personnes pour » debtes que leur a convenu faire et supporter tant » pour les fréquens passages et logement des soldats y » que pour l'entretenement de leur pont-levis assis sur » la rivière^ contre la France, qui a esté totalement » ruiné et rompn sur la fin d'aoust 1637; que ledit » village a esté brûlé k l'arrivée de l'ennemy français » ayant environné ledit Avesnes a dessein de l'assiéger, )» et lequel pont pour la defiense dudit village, assu- » rance desdits remontrans convient rétablir au plus- » tôt, sy convient -il prestement payer lesdites debtes » pour éviter les contraintes dont ils sont menaces k » quoy leur étant impossible de satisfaire ils ont fait » plusieurs assemblées et eu diverses communications
» par t'inlervenlioii et en pr^ence même de leur pas- »- teur pour y aviser et trouver les moyens convenables^ 9 pour y fournir , etc. » (^Requête du 4 avril 1639.)
^ Ils sont inhumes dans la chapelle de Saint-Nico* las^ au pied du mur qui supporte Tëpitaphe destinée k éterniser leurs noms et le souvenir d'une amitié si rare. Un tel sujet méritait hien d'être célébré par les prosateurs et chanté par les poètes. M. ^ de Sacy, de Tacadéniie française, en a enrichi son Traite de l'ui^ mitié , et le P. Sidron Hosch en a fait la matière de trois élégies dont la première n'a pas moins de 1 98 vers»
7* « En 1659^ le cardinal Mazarin fit un traité au » nom du Roi avec dom Louis de Harro , ministre » d'Espagne, dans lequel traité pour le rétablissement » de M. le prince de Condé en France, Sa Majesté » catholique céda au Roi* très -chrétien les places d'A^ » vesnes , Marienbourg et Philippeviiie. )» ( Mémoire mss.)
a La ville d'Avesnes, que le roi d'Espagne se pro» D posait de donner au prince de Gondé pour récom- » pense de ses services, fut en partie le prix de la » grâce que le Roi accorda à ce piince, en le ré^ y> tablissant en la libre possession et jouissance de tous » ses biens, honneurs, dignités et privilèges, etc. » (Dumées, Annales Belgiques,^
» Ces dédommagemens (ceux qui furent accordés f> au prince de Condé J, consist oient dans les villes » frontières de Rocroi, IcGatelet et Linchamp^ que » les Espagnols lui avoient abandonnées suivant les
» eonventions de leur traité j et en celle d'Avesnea » qu'ils y ajoutèrent avec une somme d'argent, et » qu'il céda au Roi en lui remettant les trois autres, n (Anquelil.)
V « Le vicomte de Turenne , général de l'armée du » Roy, colonel général de la cavallerie^ gouverneur » et lieutenant-général pour Sa Majesté en la province » de Ham et Bas - Limosin. — Il est ordonné au sieur » Damoresan commissaire des guerres de s'en aller » promptement à Saint-Quentin ^ où estant il ira avec » le régiment de la marine qui en doit partir le mardi » neufième de ce mois , et le conduira à Avesnes , et ¥> se rendra le lendemain mercredi à deux heures de ¥> ladite place avec le régiment , et le lendemain jeudi » laissant le régiment k une heure de la place il s'y en x> ira , et estant convenu avec M. le marquis de Carac- » tène qu'il remettra la place ledict jour de jeudy, il » la recevra suivant le pouvoir que je luy en doâne^ » et y fera entrer le régiment de la marine et y de- » meurera avec eux jusqu'à ce qu'il en soit autrement » ordonné par Sa Majesté^ ou qu'il n'y ait d'autres » ordres du Roy^ ceci n'estant que par provision. — » En partant de Saint - Quentin ils iront coucher à » Neufville-la-Dorene, et le lend^emain dans quelque x> village k deux heures d' Avesnes, fait k Paris, le » sixième mars 1660. Signé Turenne,
n Nous commissaire ordinaiie des guerres oi donné » par monseigneur de Turenne général de l'armée du » Roy pour recevoir la ville d' Avesnes en exécution x> du traité de paix fait .entre Sa Majesté et le Roy ca- » tholique, cerliâons k qui il conviendra quecejour- » d'huy quinzième mars 1 660 1 nous avons pris posses-
» sion de ladite ville > et de l'artillerie et munitions de » guerre qui se sont trouvez dans la place ledit jour » dont a esté fait un inventaire^ en la présence de » M. le baron d'Vuang, lequel nous a remis ladilte » place garnie de palissades dans tous ses dehors et » contrescarpes. £n foy de quoy nous avons signé la i> présente certilication triple , à Avesnes le vingt- » sixième jour de mars 1660. — Signé Damorestui,
M. Damoresan jouissait d*une grande confiance. Entre autres commissions, il avait été chargé en 1656> de diriger en Catalogne la marche de la cavalerie allant prendre ses quartiers d'hiver dans la Guienne ; en 1659^ de congédier un corps d'infanterie anglaise à la solde du roi de France ; il le fut encore en 1671, de faire procéder , conjointement avec le général des prémontrés , à l'élection d'un abbé de Bonne - Espérance ; en 1 674 , de faire raser les fortifications de Marienboui'g. Le Roi le nomma intendant du Hainaut en 1670.
7> a M. le comte Charles de Broglia a esté pourveu » du gouvernement de ceste ville le vingt deuxième » jour de mars 1660^ et à soh entrée en icelle le 27 » avril dudit an il a fait foy de sa commission à MM. du » Magistrat. » f Archives de la ville,)
Quoique réunie à la France par le traité des Pyrénées y Avesnes » continua de faire elle seule un » gouvernement particulier et indépendant, jusqu'à » ce que le Roi eut conquis une plus grande partie n du Hainaut. Alors Sa Majesté réunit le gouverne- » ment d' Avesnes au gouvernement général militaire
^ 156 ^ » des provinces de Flandre et de Hainaut. » (Robert » de Hesseln. ) » Cette réunion n*empécha pas qu'Avesnes n'eût un gouverneur particulier. M. le comte Charles de Bro^lie en conserva l'emploi jusqu'en 1 702, et fut alors remplacé par le marquis de Senonche, son neveu. En 1770, M. de Verceille succéda dans ce gouvernement k M. d'Argousse.
Les vill;»ges de Glageon , Floyorty Ploy y Queveroi le, Dompierre, qui étaient autrefois du gouvernement de Maubeuge^ furent réunis^ en 1686, au gouvernement d'Avesnes, et les villages de Dimont Dimechaux , Limont - Fontaine, Saint- Rémi - mai- Bâti, qui étaient alors du gouvernement d'Avesnes, furent réunis au gouvernement de Maubeuge. Les motifs de ce changement sont énoncés en ces termes, dans la déclaration qui l'ordonne :
« Sa Majesté ayant esté informée qu'il y a des vil» » lagcs au gouvernement d'Avesnes lesquels sont en- » clavez dâhs ceux du gouvernement de Maubeuge et » d'autres dudit gouvernement de Maul^euge quy en « sont fort esloignez et mesmes au-delà dudit Avesneset » considérant qu'il scroit de son service et pour empeso cher toutes contestations entre les gouvernemens de » ces places pour raison des dépendances desdits vil- » lages d'afiecter à chacune de ces places* ceux qui en » sont les plus voisins. Sa Majesté a ordonné et ordonne » veut et entend qu'a l'advenir les villages, etc. »
Ploy, aujourd'hui le Plouï, n'^st plus qu'un hameau ; Queverolle a cessé d'exister, du moins sons ce nom.
73 Le lieutenant de roi fut nommé en 1^60. On lui
adjoignit un sergent- major, en 166S , et nn aide-ihajor, capitaine des portes en 1770.
Le sergent -major, ou major de place, « comman- » dait en Tabsence du gouverneur et du lieutenant de » roi. » ( M. Gueroult jeune > Dictionnaire abrégé de la France monarchique, ) Ses fonctions étaient celles qu'exerce aujourd'hui un adjudant de place.
Un état dressé en 1 750, des officiers alors attaché! k la place d'A.vesnes comprend :
Le lieutenant de Roi ,
Le major ,
L'aide-major,
Le commissaire des guerres^
Le directeur du génie ,
Le capitaine d'artillerie ,
Le gardd-magasin d'artillerie ^
liC trésorier des troupes ,
Le directeur , le contrôleur, le chirurgien-major et le chirurgien-aide-major de l'hôpital;
L'entrepreneur des fournitures des Pavillons,
L'entrepreneur des fournitures des lits auxGasemcS|
L'entrepreneur des fortifications,
Le garde magasin des vivres.
Il s'y trouvait en outre des ingénieurs et d'autres officiers , dont la résidence n'était que temporaire.
73 Hs. Ce terme qui , dans l'acception la plus gêné* raie, s'applique k tous les fonctionnaires assermentés, a beaucoup de signi^cations différentes. U désigne en cet endroit les officiers municipaux du temps, «c II est » dans les anciennes chartes et dans quelques cou- » tûmes parfaitement synonyme avec consuls, ecAe-
» vins^ conseillers de ville ^ etc. (Répertoire universel de Jurisprudence, J
74 Le trésorier massart, ou simplement le massarl était le a trésorier des deniers d'une ville. » (D. P. Carpentier, Glosaire français.^
1^ Ce changement, ou si Ton veut cette réforme^ s'opéra en exécution d'un arrêt du conseil d'état da 28 aoiit 1681 , dont voici le préambule et les principales dispositions :
« Le Roy estant en son conseil bien informé que » le grand nombre d'escbevins dont le magistrat des ^ villes frontières de sa province d'Haynault est com - » posé) au lieu de tourner au bien et avantage des x> villes , cause au reste des habitans d'icelles un grand ». préjudice, au moyen des exemptions dont Icsdits » eschevins jouissent tant à l'égard du logement des » gens de guerre qui sont cù garnison dans lesdites » villes, que des droits de consomption pour le vin » et la bierre qui se boivent dans leurs maisons dont » la chaige retombe sur les autres habitans, outre » que le défaut de trouver dans lesdites villes des gens » capables pour remplir un si grand nombre de char- » gcs fait qu'elles deviennent perpétuelles en quelo ques familles par la difficulté qu'il y a de les renou- » vellcr, à quoi Sa Majesté jugeant nécessaire à son » service et au bien du publicq desdites villes de re- » medier en réduisant ledit magistrat au nombre d'es- » chevins nécessaires pour les affaires desdites villes et » réglant de manière toutes choses sur ce sujet qu'il » ne puisse arriver de desordre ny d'inconvénient. Sa
n Majesté étant en conseil a ordonné et ordonne ee » qui suit :
i> Que doresnavant il ne pourra avoir dans les villes » du Quesnoy, Landrecy, Maubeuge et Avesnes que D quatre eschevins qui exerceront lesdites chai-gcs pen- » dant quatre années consécutives et lesquels garde - » ront entre eui^ pour Tordre de leurs séances et de K> leur marche celuy de leur élection.
X» Qu'à cet effet le lendemain de la publication du » présent arrêté , Sa Majesté veut et entend qu'il soit » procédé a la réduction du nombre d'eschevins dont x> le magistrat est présentement composé a celui de x> quatre en chacune desdites villes du Quesnoy, de )» Landrecy, de Maubeuge et d'Âvesnes,
» Qu'afin que le magistrat desdites villes se trouve i> toujours composé de personnes instruites des af- » faires de la communauté et que dudit nombre de » quatre il y en ait toujours deux anciens et deux nou- » veaux , Sa Majesté veut qu'au jour que la promotion » des eschevins a accoustumé. d'être faite en chacune » desdites villes , les deux plus anciens des quMre re- » servez en icelles sortent de charges et qu'il soit pro- » cédé au choix de deux nouveaux eschevins pour 10 remplir leur place ^ et qu'ainsy tous les deux ans il » soit fait eslection de deux eschevins pour succéder à » ceux qui auroient achevé les quatre années de leur » magistrature 9
» Qu'a 4'égard de ladite ville de Maubeuge comme » Sa Majesté a esté bien informée que la dame Abbesse » du chapitre de Saincte-Aldegonde de ladite ville, j» est en possession suivant les concessions que les roys ?> catholiques lui en ont accoirdé de nommer concur-
#- 160 ^ » remment avec eux la moHië des eschevîns, Sa Ma- » jefité trouve bon qu'elle continue de nommer un des « deux eschevins chaque' année lorsque le renouvelle- » ment s'en fera^
» Veut Sa Majesté qu*k l'exemple de la vilJe du x> Quesnoy il y ait dans lesdites villes de Landrecy^ x> d'Avesnes et de Maubeuge un maycur qui sera le » chef du magistrat lequel présidera aux assemblées i» particulières de l'Hôtel - de - Ville et exercera ladite » charge aux mesmes droits, honneurs, proufitz et x> émolumens attribuez a celuy de la ville du Quesnoy, «> duquel mayeur en chacune desdites villes de Lan- D drecy> Avesnes et Maubeuge , Sa Majesté se réserve » la uommination et de luy en faire expédier des pro- » visions pour exercer ladite charge pendant le temps x> qu'il plaira a Sa Majesté,
» Et d'autant que Sa Majesté a été informée que » ceux qui font sous le nom de massard la recette des » deniers publicqs dans lesdites villes du Quesnoy, » Landrecy, Avesnes et Maubeuge se trouvant sou- » ven^ reliquataires de sommes considérables qu'ils K> ne sont pas en estât de payer et que le choix » qui se fait desdits receveurs n'est que par brigue » à cause du maniement et du traiEcq qu'on y peut » faire des deniei'S de la communauté ou k cause des » gaiges ou droicts qu'on a accoutumé d'y attribuer, » Sa Majesté pour remédier à cet abus et pourvoir à » ce qu*il ne soit nommé k ces employs que des per- » sonnes solvables ei de probité reconnue par les sul^ x> frages publiques de tous les h^bitans veut et entend » que le massard desdites villes soit choisy par le mav> gistrat en pleine assemblée desdits habitans en pré-
x> sence de Tintendant de la justice, police et finances » audit pays d*HaynauU> etc. x>
Le gouverneur de la ville , investi d*une dignité judiciaire f cessa de prendre part aux délibérations municipales. La place de mayeur devint héréditaire, et la nomination des quatre échevins fut abandonnée à rintendant de la province. Bientôt on crut s'apercevoir que la réduction avait été trop foile et que le service pouvait en souffrir, on créa une charge de lieutenant- mayeur et on adjoignit deux assesseurs au corps des échevins. Le ressort de rHôtel-de-Yille était circonscrit dans les limites d'un quart de lieue a la ronde , à partir des murs de la place. A dater de 1 660, il ne resta plus dans les attributions judiciaires du magistrat que les affaires de police, les actes de la juridiction officieuse , et la faculté de recevoir toute sorte de contrats ; encore voulut - on la lui contester , mais une ordonnance de l'intendant le maintint dans son droit. «Nous... conformément a Tédit du mois d'a- D vril 1675 et a l'ordonnance rendue par M. de Ba- » gnols (intendant de Flandre) le 29 septembre 1 685 , y> Ordonnons que les magistrats des villes demeureront » daus le droit et la possession de recevoir les actes et
n contrats.... sous le scel de la ville 16 juin 1741.
10 Signé De Sechelie. i>
76 La chicane, suivant un intendant du Hainant^ M. Faultrier, y était aloi-s plus dangereuse et plus opiniâtre que dans la Normandie, et que dans le Mayne , quoiqu'elle n'y fut pas si sçavante et qu'elle yjût bien plus chère. Mais le pays était si stérile en gens qui pussent rendre la justice aux
éiutreSf qu'il fallait convoquer l' anière-han de tous les gradués quand on devait en assembler autant que Pordonnance en prescrivait pour juger les cas prévôtaux.
On comptait au nombre des membres du baillage ou des officiers attachés à ce tribunal :
Un bailli d'honneur^
Un lieutenant-général civil et criminel |
Un lieutenant particulier^
Quatre conseillers ,
Un conseiller avocat du Roi ayant voix délibérative dans les affaires où Sa Majesté n'avait pas d'intérêt.
Un conseiller procureur du Roi ,
Un greffier civil et criminel^
Six notaires ,
Un premier huissier audiencier^
Deux autres huissiers^
Quatre sergens exploitant partout le royaume.
Ce nombre s'accrut par suite des dispositions d'un édit de 1692 en exécution desquelles on nomma :
Un receveur des consignations,
Un receveur des épices ,
Un commissaire aux saisies réelles.
Un contrôleur aux mêmes saisies ,
Six procureurs ,
Un conseiller garde scel,
Un contrôleur des taxes des dépens,
Un garde- note.
La dignité de bailli d*honneur fut conférée au gouverneur de la ville , et le prévôt devint lieutenant-général. Un grand nombre des autres charges étaient encore vacantes au bout de vingt ans.
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Le baillage royal, dont le ressort n*avait pas de limites bien déterminées, connaissait par prévention j comme juge supérieur, des procès de la ville, des ban< lieues et des vingt-huit villages de la seigneurie > et par appel/ des sentences du baillage de la terre et pairie, de même que de celles des prévôtés de Givet, Philippeville, Marienbourg et Frasne. Les appels des sentences du baillage royal furent portés au parlement de Metz jusqu'en 1 678 > ensuite au conseil souverain de Tournai, qui prit en 1684, le titre de conseil supérieur et fut érigé en parlement en 1686. Tournai ayant été reconquis par les alliés en 1709, on transfera le parlement à Cambrai , et au titre modeste de parlement de Tournai , qui lui avait été donné dans redit de création, on substitua > dans Tédit de translation, le titre plus imposant de parlement de Flandres. De Cambrai, le parlement de Flandres passa, en vertu d*un édit du mois de décembre 1 71 3, a Douai, où il se fixa. Ainsi , les justiciables du baillage d*Avesnes , mécontens de ses sentences, durent aller successivement solliciter le redressement de leurs griefs à Metz, a Tournai, k Cambrai, et enfin à Douai.
Ce baillage ne put jamais obtenir un auditoire convenable.
c( En 1661, au mois de novembre, le roi donna un » édit portant création du baillage en cette ville pour » y rendre la justice au lieu et place du gouverneur et » du prévôt, qui exerçoient cette fonction sous la do- » mination espagnole. La place de bailli d*épée fut dès- » lors remplie et Test encore aujourd'hui par le gou- » vemeur au nom de qui toutes les sentences s'intitu- )» lent. — - Dans les premières années -, les officieirs du
» baillage tinrent leurs sëaaices au Gouvernement, » Soit que MM. de Bioglie aient eu besoin de leurs x> appartemens ou que le lieutenant général du siège i> ait préféré rendre la justice chez lui sans déplacer^ » ces officiers depuis long -temps ont cessé d'avoir dans » le gouvernement les places qu'ib y occupoient. Leurs » audiences depuis lors se tiennent chez le greffier, I» dans une chambre uniquement destinée à cet usage, » et k cause de laquelle ce greffier cs^t exempt du loja^.gement des gens de guerre, en vertu d'une ordon- » i^ance rendue par M. de Sechelle Qalors intendant du Hednaut'). Je ne vois pas pourquoi MM. du bail- I» lage n'y tiennent pas au^si leurs séances pour rendre D la justice et juger les procès par écrit... Mais M. le » lieutenant général s'obstine k vouloir rester chez lui » où il rend la justice et tient ses séances la plupart » du temps en robe de chambre et en bonuet de nuit, » malgré les représentations des autres officiers du )» corps et des avocats assumés, qui sentenlt toute Tin- » décence d'une pareille conduite, qui s'en plaignent, » et qui citent inutilement la disposition précise de n divers arrêts du parlement , entre autres celui rendu » depuis peu entre le lieutenant général d'une part et » les autres officiers du siège d'autre part. — Dans ces » circonstances j'ai toujours trouvé assez étrange que i> lesdits officiers ne s'adressassent pas au gouverneur v> de la place qui est leur chef pour obtenir de lui deux ïi chambies au gouvernement qu'il vient d'accorder » depuis quelques mois k un vicaire de la paroisse : » c'est le véritable lieu où les officiers du roi devroient » exercer leurs fonctions. Si cet expédient n'est pas ï) praticable ils pourroient continuer de tenir leurs
)» audiences dans la chambre du greffier et il conviens
» di'oit que vous leur ordonnassiez d*y tenir aussi leurs
» scëances pour juger les procès par écrit, et d*y être
I» avec toute la décence qu*exigent les arrêts du par*>
» lement en forme de règlements. Je ne trouve qu'une
» petite difficulté : c'est k l'égard des décrets des biens
» immeubles qui, suivant la coutume, doivent être
» passés dans la place publique. Les officiers du bail"
» lage, en vaquant à ces fonctions , sont obligés de
» s'assembler dans une boutique d'épicier placée sûr
» la place où ils reçoivent les enchères, tandis que
o tous les assistans sont au milieu de la place exposés
» aux injures de l'air et obligés de s'en aller tous quand
» il tombe de la pluie ou de la neige. Je ne vois qu'un
» moyen pour remédier à cet inconvénient qui seroit
» de leur accorder, pour les décrets seulement, la
n chambre des plaids de lHôtel-de-Ville où les officiers
» du baillage se tiendroient pendant que le peuple
» occuperoit le grand vestibule. Je ne vois point d'in-
» convenient k leur accorder cette chambre les lundi
» de chaque semaine , à trois heures de l'après midi
» lorsqu'il y a des décrets. — Par rapport aux affaires
» criminelles, comme les prisons se trouvent dans la
» cour de THotel - de - Yille , il a toujours été d'usage
» de leur accorder le grand salon pour y tenir leurs
» séances : je pense , Monseigneur , qu'il conviendra
ï> de laisser subsister cet usage et que vous ayez la
» bonté d'en faire mention dans votre ordonnance,
» en prononçant sur les autres chefs. » ( Correspond
(lance de Dumées , ine'dite : Lettre du iO mars 1 757,
adressée à l'intendant du Hainaut, )
Au temps où Dumées écrivoit , les gouverneur»
d'Avesnes avoieut le château pour hMe\ , et c*est cet ancien manoir seigneurial qu'il nomme gouvernement
Le tribunal qui, avec les justices de paix, remplaça le baillage, les prévôtés et toutes les juridictions comprises dans la circonscription nouvelle à laquelle on appliqua le nom de district y tint d'abord ses audiences à l'Hôtel -de -Ville, et fut ensuite transféré dans U maison où logeait auparavant le lieutenant de roi , au bout de la rue nommée aujourd'hui rue d'Albret, Lorsqu'après une longue vacance , durant laquelle il ne resta par département qu'un tribunal , concentré au chef- lieu, il en eut été établi un dans chaque arrondissement, celui qui le fut k Avesnes, siégea au château. Cet édifice ayant été détruit en 1 81 5 par l'effet de l'explosion de l'un des magasins k poudre , les audiences du tribunal se tinrent dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville, jusque vers la fin de 1829 qu'il fut installé au palais où il siège maintenant.
Le palais de justice s'élève sur l'emplacement des cuisines et de la chapelle du château. Quoique d'une structure singulière , il est néanmoins d'un aspect gracieux; les décombres, les murs délabrés^ les lourdes maçonneries qui l'atoisinent , en font ressortir avantageusement les formes élégantes et variées. Deux percées, l'une k droite l'antre à gauche, sur des prairies ça et là couvertes d'arbres hauts et touffus , donnent à celte perspective un véritable charme. Le péristyle, composé de six colonnes canelées et de quatre pilasti-es qui soutiennent un fronton triangulaire, a de la noblesse. La Salle d'audience est spacieuse mais incommode : la voix des orateurs s'y perd dans le vide ; on y gelé l'hiver ; on y ëtonffe Tété. La distribution àes
autres pièces de rintérieur n*est pas moins vicieuse. Il est peu d*édifices qui, avec des apparences plus agréa> blés , soient moins propres à T usage auquel ils sont destinés.
L'arrondissement d'Avesnes renferme les districts d*Avesnes et du Quesnoy. Le tribunal de chacun de ces districts était composé de cinq juges > de quatre snppléans, d'un commissaire du gouvernement et d*un greffier. Trois juges, autant de suppléans, un procureur du, roi , un substitut et un greffier composent le tribunal d'arrondissement qui, connaissant des affaires civiles, des affaires de commerce, des affaires de police correctionnelle, est en outre chargé de Tinstruction de celles qui doivent être portées k la cour d'as-
77 Le siège de maréchaussée fut établi en 177S, par un édit du mois d'octobre , enregistré en décembre au conseil supérieur de Douai. Il était composé d'un prévât non résident , d'un lieutenant - prévât , d'un conseiller assesseur, d'un procureur du roi et d'un greffier. Landrecies^ Maubeuge, Givet, Philippeville, Marienbourg, Barbençon> Solre- le -Château, Trélon et Fumay étaient compris dans la juridiction de cette prévôté , dont le ressort fut distrait de celui de la prévôté de Yalenciennes , devenue insuffisante par l'accumulation des affaires. Le même prévôt les présidait toutes deux : celle de Yalenciennes en personne ; celle d'Avesnes> par son lieutenant.
7^ Ce baillage était composé d'un grand-bailli ou grand-prévôt ^ d'un lieutenant-bailli on lieutenantpré-
VÔt| d*an procureur fiscal et domanial, d*un receveur général 9 d*un greffier civil et criminel > d'un greffier des eaux -et- forêts^ d'un capitaine général forestier et d'un garde général. Il exerçait la haute, la moyenne et la basse justice dans les vingt - huit villages de la terre. Le grand-bailli et son lieutenant présidaient la cour féodale > dont la juridiction s'étendait non -seulement sur les fiefs dépendans de la seigneurie, mais encore sur ceux qui relevaient des terres de Chimai et de Beaumont. Ils étaient en outre chargés de l'administration et de la police des forets seigneuriales.
Avant le traité des Pyrénées , qui fit passer Avesnes. sous la domination du roi de France ^ c< la justice or- » dinaire y était exercée par un officier du seigneur » sous le nom de prévôt , lequel connoissoit seul des »> cas de haute justice^ et des causes de la moyenne et » basse justice avec sept échevins qu'il nommoit et » qu'on appeloit gens de loi. Le prévôt avoit un greP » fier qui redigeoit et expedioit tous les actes de la x> haute, de la moyenne et de la basse justice. x> (Dumées et Faussabry, Mémoire mss^ sur les jurisdic^ lions du Hainaut, )
» Pour parler de cette justice en général (celle de » la partie du Hainaut cédée à la France) , il n'y » en a point de réglée, quoique la coutume en éta- » blisse trois sortes > une foncière, c'est la loy qui » l'exerce, c'est-k-dire , les sindicb des païsans, sous le » nom de maycur et d'échevins, une féodale, c'est » encore un autre tribunal difficile à définir, car non » seulement ils connoisseut de ce qui est entre le vas- » sal et le seigneur dominant pour la mouvance et les x> droits seigneuriaux^ mais il est juge aussi des actions
» que les créanciers du vassal exercent snr son fief. Il D y a enfin la hauteur, c*est le nom de la justice or- » dinaire ; peu de seigneurs sçavent s'ils l'ont car la » coutume du Hainaut attribue presque tout k la cour » de MonS| et ce qu'elle n/a pas par attribution, elle » Ta par prévention. » ( Mémoire de Tabbë Faultrier, intendant de la province du Hainaut^ adressé au contrôleur général en 1687.)
79 On nommait ainsi le district dans lequel s'exerçait l'autorité du subdélégué , officier commis par un intendant « pour faire exécuter les ordres du Roi y et » veillerau maintien de Tordre et à ce qui pouvait » intéresser le service de Tétat dans les parties sur les- » quelles cet intendant avait juridiction, o (Répertoire universel de jurisprudence. J
L'intendant du Hainaut eut d'abord sa résidence, ou du moins son h6tcl et ses bureaux k Maubeuge, « ville très-ancienne > capitale de la province. » (R. de Hesseln. ) Ce titre fut depuis conféré à la ville de Yalenciennes où fut aussi transférée Tintendance.
8o Avesnes qui avait été comprise dans la généralité de Cambrai, le fut ensuite dans celle de Yalen-
s< Un marchand de drap, de la ville de Mons, acheta du seigneur d' Avesnes le droit, érigé en fief ample, de lever un tribut, soit en nature, soit en argent, sur chaque voiture de denrées ou de marchandises qui entrait en ville : un fagot sur une voiture de fagots, une huche sur une voiture de bois à
Irûler, sur toute autre un denier; a la charge de faire ouvrir les portes avant et de les faire fermer après le magistrat y avec une clef particulière dont le possesseur de ce fief devait avoir la garde. Il est vraisemblable que le fief s'anéantit dès qu'il devint impossible d'en remplir les devoirs; toutefois > alléchés par la docilité avec laquelle les voituriers, qui amenaient des fagots ou du bois a brûler , souffraient la perception du droit, les consignes continuèrent de le prélever, mais cessèrent d'en rendre compte. L'intendant Voysin, ayant eu connaissance de celte particularité, rendit l'ordonnance suivante : « Estant informé que les con- » signes establis aux portes d'Avesnes prennent de leur » propre authorité et sans aucun titre deux bûches » sur chaque chariot de bois qui entre dans la ville ^ » et un gros fagot ou deux petits pareillement sur » chaque chariot-chargé de fagots , que les magistrats x> de ladite ville qui auroient dû s'opposer a la levée » dudit droit en profitent d'une partie qu'ils applii> quent à leur chauffage , le suiplus demeurant au » profit desdits consignes , et une pareille levée qui se » fait sans Tauthorité du Roy, qui est contraire k la v> liberté publique et tourne à la charge des habitans, » ne pouvant être tolérée , Nous faisons très expresses » défenses tant aux consignes qu'a toutes autres per- » sonnes de prendre a l'avenir a l'entrée des portes de » la ville aucune bûche ni fagots sur les chariots de » bois qui y entrent, sous peine de restitution du qua- » druple et de vingt livres d'amende. —-Ma ubeuge^ o le 16 janvier 1698. »
<> Le guet n'était^ du moins en dernier lieu, ni^
comme en plusieurs endroits, une garde armée^ ni, comme dans quelques autres^ un crieur d'heures, ni même précisément, comme au moyen âge, un enfant placé sur un donjon avec son cor : c'était un mercenaire salarié pour rester jour et nuit en observation dans une lanterne, au haut du clocher^ d'où il devait signaler l'approche d'une troupe en sonnant du cornet, et la manifestation d'un incendie en sonnant le tocsin. Afin qu'on put être assuré de sa vigilance , il était, chaque. fois que le marteau venait d'annoncer l'heure, obligé de la répéter sur une autre cloche. Des troupes réglées remplacèrent la garde urbaine.
*^ a Le Roi alla a Avesnes , où on fit venir la Reine » et M"« de Montespan. Feu Madame persuada à » M^*« de La Vallière , qui était a Mouclii , de suivre n la Reine, et lui prêta un carosse. » ( J. Racine, /ragrfiens historiques,^
*< a Nous partîmes de Saint-Quentin par un temps jo effroyable. Quelque incommodité que je pusse avoir^ » j'étois satisfaite parce que je voyois tous les jours » tout ce que j'aimois au monde. Le Roi a toujours x> été et est encore ma première passion; M. de Lauzun o la seconde ; et je dois assurer que je sais que luio même pense ainsi que moi pour le Roi. Le. mauvais o temps et l'horrible pluie qui tomboit mirent tous » les équipages en désordre ; de tout cela rien ne me o tovtchoit que de voir M. de Lauzun k cheval , et » lorsque pour parler au Roi , il s'approchoit de lui , I» le chapeau k la main, je ne pouvois m'empêcher de I» lui dire : Faites-loi remettre son chapeau. Je fus
*> 172 •« » encore occupée de la longueur du chemin que le » Roi trouva qu*on lui faisoit faire ; j'appréhendois » qu'il n'en blâmât M. de Lauzun ; je fus toute con- » solée quand le Roi me dit que c'étoit M. de Louvois » qui ayoit réglé la route. Lorsque nous fûmes k une m demi-lieue de Landrecy^ le tils de Rouserolles^ qui » en étoit gouverneur, vint dire que la rivière étoit x> débordée; qu'on ne pouvoit la passer; que Bouli- » gneux avoit failli se noyer. Après avoir tenté inutile- » ment de la passer plus haut, il fallut revenir cou- » cher dans une espèce de grange , sans avoir ni les » femmes de la Reine ni les miennes ; j'y trouvai M. de » Villeroi, à qui Monsieur disoit qu'il n* avoit rien vu » de si affreux que M. de Lauzun pendant la grande » pluie. Nous allâmes dans la maison où éfoit le Roi , » pour manger un souper fort maigre et bien froid. Il » n'y eut jamais un tel repas ; de deux a deux, on pre. » noit un poulet , un par une cuisse , et l'autre tiroit, » afin de se servir du couteau. La confusion ne fut » pas moins plaisante par le mélange des lits dans une » même chambre. Romecouil avoit prêté des matelas , » qu'on avoit étendus a terre , pour se coucher tout » habillé ; la Reine trouvoit que c'étoit indécent ; le D Roi me demanda mon sentiment ; je lui répondis » qu'il n'y avoit aucun mal que lui , Monsieur et cinq » ou six autres que nous étions, nous nous missions » tout habillés dessus ces matelas. La Reine en convint » et nous nous couchâmes. Les grands seigneurs et » les officiers du Roi étoient dans une chambre, qui ï> étoit tout auprès. M. de Lauzun s'y étoit mis ; on » passoit k tout moment pour lui aller demander ses y> ordres ; le Roi lui dit : Faites percer la chambre par
» denière, afin d'y donner vos ordi*es par k trou, » pour ne point passer par celle-ci. A quatre heures ^ï> M. de Louvois vint dire que le pont étoit fait ; on » dormoit. Breuilly, aide-major des gardes, lui dit que D le Roi dormoit : moi qui étois mal à mon aise , et i> qui concevots qu'on seroit mieux dans la ville , je » dis au Roi^ assez haut pour le pouvoir éveiller, que » M. de Louvois demandoit k lui parler ; sitôt qu'il lui v> eut dit que le pont étoit achevé , nous montâmes en » carosse , et nous allâmes nous coucher dans la ville. » Les dames qui avoient coutume de mettre du rouge « parurent ce jour-lk hien flétries jj*étois celle qui pa- » roissoit le moins défigurée. J'allai dès le soir chez la y> Reine, où je trouvai M. de Lauzun ; je causai avec » lui : il me dit que je lui avois fait une peine mortelle » de dire si souvent au Roi de lài faire mettre son » chapeau , et qu'il avoit aussi extrêmement sonifert » de ce que je m'étois plaint du chemin , et du temps » qu'il faisoit : que j'avois inquiété le Roi , et qu'une » autrefois je devois me contenir. Il me fit mille len cons semblables, qui m'ont été utiles, parce que je 19 me suis étudiée a avoir plus de discrétion. Il ne » tro avoit jamais d'occasion de me parler du Roi , s> qu'il ne le fît avec une tendresse qui redoubloit la » mienne pour lui. J'entendis une conversation qu'il v> eut avec Sa Majesté pour un major de dragons , » nommé La Motte , qu'il vouloit faire brigadier dans » les gardes - du - corps ; le Roi lui fit quelques diffî* i> cultes ; A lui dit tant de bien de cet homme, et le » pressa avec des manières si respectueuses, qu'il objo tint ce qu'il désiroit. Je m'apperçus que le Roi avoit » infiniment de bonté pour lui , et j'avoue que celt
.»^e fk un grand pUisir, parce qu'il me sembloit que .» mon gottt ëloit bon , puisqu'il se trouvoit conforme « k celui (le Sa Majesté. » (^Mémoires de W^^ de Montpensicr^ petite- fille de Henri IV, etc.)
W^^ de Montpensier n'est d'accord ni avec Racine ni avec Tauleur des Mémoii«s attribués .à Louis ]!îiy5 qui tous deux font partir le .monarque de Gharlcrot ipour venir rejoindre la Reine et son cortège à Aveme^. 'Mais en parl^^it de ce qu'elle a vu, de ce qu'elle a ^entendu,, des impressions qu'elle a reçues, d'avenriures oùjelle a été mêlée et dont toutes Jes.circons- .iances sont restées vivement empreintes dans sa méj^noire, M^'« de Montpensier ne doitpas^mériter moins .de croyance que l'historiograpl^e ou l'auteur pseudo- .nyme écrivant l'un «t l'autre sur la foi d'autrni.
Peut être M^^" de La Yallière , ne rejoignit - elle la ;GOur que dans Avesne^ ; quoiqu'il en soit, on ne peut ^ce semble rapporter k xe voyage l'anecdote suivante : « Louis Xiy, dans le foi-t de ses amours avec M"" de » La ValièrjB y qui l'aimait tendrement^ se fâcha parce » que celte dame s'était jprésentée k lui avant la Reine, -«> dans son voyage à l'armée de Flandre. 9 (Mémoire^ sur Mirabeau ei^on époque, J
s$ a L'on séjourna trois ou quâtie jours à Landrecy. » Lorsque nous sortîmes nous trouvâmes un régimeut » de dragonsj je savais que M. de jLauzua les y enp voyeroit : quelque pluie qu'il pût faire^ je ne laissai » pas que de les r^arder et de trouver occasion d'en o dire du bien. Le Roi appela M. de Lauzun pour lui » donner quelques ordres 9 et lui dit : Ma cousine a ^ beaucoup loué \ss dragons. Je fus bien aise que |e
» Hpi lui - même me servH d'inlei'pvéte poiu lui filr«' o connoître que je ne percboi» pa» une- ooeaflian de ï> parler de tout ce que je savois lui devoir foire plai« » sir. Le Roi le demandoit souvent. Lorsqi^'ilhûavoit » rendu compte des ordies qu'il avoit exécutes > et » qu'il s*en étoit' aUé , il nous disoit qu'il n'avoit ja- 9 mais vu un homme û exact, qui entendît si bien ot » qu'il falloit foire, qu'il foisoit- tout-d^une mapiète » différente de celle des. autres gens. Qtiand'noua^fÙ* » mes arrivés, k Avesnes^'il foisoit encore un temps D épouvantable. De crainte que M, de Laucun n^attât » coucher au camp > je dis au Roi qu'il devoit afvoir X) pitié de ses troupes , qu'elles souffriroîent extrêmes » ment s'il les laissoit camper , qu'il f^roi^ bien de ï> les foire rentrer dans la ville. Le Roi trouva que x> j'avois raison , et ordonna qu'elles fussent mises k » couvert. Le soir, la Reine eommençoit k jouer, » M. de Lauzun entra dans sa chambre , j'étoisk une x> fenêtre où j^attendois avec impatience s'il vien» K) droit; il étoit avec le comte d'Ayen. Je lui dis qu'U' » venoit tout k propos pour m'empê^er de m^en- » nuyer, que je n'avois personnek qui je pusse parler» n Vous pouvez retenir le comte d'Ayen^ me dit -il, » parce que je ne serai ici qu'un moment, il faut que 1» j'aille trouver l'ambassadeur de Yemse qui va dans » mon caresse , et qui est demeuré seul' cbez^ moi. » Quoiqu'il dit, je m^en vais, il ne laissa pas de de* o meurer en tiers avec le comte d'Ayen , et oe demîev » me quitta avant lui. Lorsque M. le comte d^Ayen n fut parti , il me remercia d'avoir fait mettre les trou* D pes k couvert, et me dit qu^l savoit bien que je ne » l'avois demandé au Roi que par la bonté àe mou
» cœtLTf et par une charité qui me faSsoit compatir » aux maux de. mon prochain. Il me tint la-dessus les ».plus^ heaux discours du monde. » (M^i< de Mont- » pensier. )
*fi M. Barrière> La Cour et la Fille. — Ou que n« sachant trop comment s'y prendre pour laisser échapper le secret de son amour , elle souffla tout à coup sur une glace de l'appartement et y traça avec le doigt le nom qu'elle adorait. (^L. T.)
» J'amenai la conversation d& façon à lui demander » s'il n'avoit pas envié de se marier. Ne vous en a-t-on j» jamais parlé, lui dis- je? Il me répondit qu'on lui » avoit une fois proposé un mariage, qu'il en avoit » toujours été éloigné ; que s'il songeoit jamais à se » marier , ce seroit la vertu de la demoiselle quille ten- » teroit : si elle avoit , me dit-il ^ la moindre faute à se » reprocher, eut- elle tout le bien du monde, je n'en » voudrois pas ; et je vous dis que y quand ce seroit » vous - même qui êtes une grande dame , je ne vous » épouserois pas si vous n'étiez pas vertueuse , et que » je n'eusse de l'amitié pour vous. Je lui répondis : » dites-vous bien vrai ? si cela étoit je pense que je » vous aimerois encore mieux que je ne fais. Oui, » répliqua- t-il> je Vous dis encore une fois que j'aime- D rois mieux être mort que d'épouser une personne 9 dont la réputation seroit le moins du monde atta- » quée par qui que ce fût. Je lui dis , vous voudriez » donc bien de moi, car sûrement je suis sage, et je » ne crois pas avoir rien qui vous puisse déplaire. Il » me répondit : je vous prie de ne pas me faiie de xk. semblables contes « dans le moment ou je vous parle
» de raffâire du monde la plus sérieuse. Puisque tou » voulez que nous soyons sérieux , je vous prie , lui )» dis -je , de me dire si vous ne voulez pas enfin me » conseiller ce que je dois faire. Puis ne faisant pas » semblant de m*entettdre> il répliqua : je me suis ou«* » blié ici, mon ambassadeur m'attend , je ne suis pas 1» en élat de parler d'affaires, je m'en vaisw Rochefbvt » entra que nous étions auprès de la porte; il lui dit : » vous arrivez tout à propos pour entretenir Mademoi- » selle , vous le ferez plus agréablement que moi. Avec 1» toute l'impatience qu'il avoît de s^en aller^ il étoit x> demeuré trois bonnes heures; je restai assez de » temps k causer avec Roohefort pour qu'on ne vit » point trop de préférence dans ma conduite avee » Lauzun. » ( M^^« de Mbntp^isier. )
*7 Sorte d'hommage qui consiste k offrir au person"nage k qui on l'adresse du vin et d'auti'es rafraiebis- ^emens.
^^ « A la gloire^ aux plftisirs^ a la grandeur , k la » galanterie, qui occupèrent les premières années de » ce gouvernement, Louis Xl^ voulut joindre les » douceurs de l'amitié. » ( Voltaire , le Siècle de Louis XIF. )
39 Les motifs de réjoubsances se multiplièrent td^e^ ment que> dans l'espace d'an petit nombre d'années, on alluma dix ou douze de ces feux. Us consistaient dans une pyramide de tonneaux de différentes dimensions, peints aux armes de France, remplis de matières combustibles et disposés artislement sur une
diarpente. L'honneur d*y mettre le feu était une distinction que les principaux officiers civils et militaires se disputèrent quelquefois très - vivement. Dans cette occasion, outre celui qui avait été élevé dans la place publique, les habitans en allumèrent spontanément , dans chaque carrefour, de moins solennels^ de moins artistement disposés , mais qui décelaient d'une manière non moins cxpresûve la joie publique.
9» a Afessieurs du magistrat de cette ville pour témoi- » gner que cette paix leur étoit agréable et les grands » plaisir et contentement qu'ils en ressentoient , fi- » rent^ a la vue des ordres du Roy, chanter le Te » Dewn solemnellement en l'église collégiale de Saint- » Nicolas , le troisième jour de juin i 666 , sur les cin^ » heures après- midy, sur le soir fut dressé un^rand i»>feu devant lHostel- de -Ville qui brûla au son de >x soixante coups de canon ^ les soldats tous en armes » sur la grande place, et deux cents bourgeois sur le » bastion Saint - Jean firent feu a merveille. Mesdits » sieurs du magistrat donnèrent la récréation sur ledit 1» Hostel - de - Ville ou furent présens M. de Froyval-, i> major de la ville (M. le comte de Broglia, gouver- » neur, étant absent > et M. d'Amours,, lieutenant de » Roy , indisposé ) , les sieurs du chapitre et du Bail- » lage, tous ceux qui ont esté du corps du magistrat, » les maîtres du collège et plus de cent bourgeois.
» Le lendemain 4 juin 1666, on célébra une messe » solennelle en action de grâce , avec une excellente » musique et un agréable concert de violons, où le » magistrat en corps alla k l'oârande. Après midi meso sieurs ordonnèrent quantité de bouteilles de vin aus
» habitaas de chaque rue pour servir k leur rëcréali<m^ » lesquels tesmoiguèrent tous au sujet de cet heureux » événement de paix un tel contentement que tous les » carrefours de la ville retentirent d'allégresse Tespace » de cinq à six jours entiers ayant partout esté dressé » des feux en signe de réjouissance. » (Archives de la ville.)
C'était le commencement d'une ère de bonheui*^ ou du moins de repos et de sécurité. La tranquillité dont jouit Avesnes durant ce long règne et le suivant^ ne fut troublée que par de f utils démêlés > des prétentions frivoles^ de petites rivalités , des tracasseries mesquines aujouixl'hui sans intérêt. Qu'importe a la génération présente que les chanoines aient été condamnés par arrêt à céder une partie de leurs stales a des officiers pour qui ces sièges n'avaient pas été préparés ^ mais qui s'étaient montrés assez habiles pour trouver dans une simple politesse les fondemens d'une prérogative? Que lui importent les longs débats du baillage royal et du baillage de la seigneurie sur quelque? points de compétence ? Qu'importent les brouilleries d'un passé sans rapport au présent et dont il reste à peine quelques souvenirs? Il y aurait de l'inconvenance à rappe^ 1er de légers torts qui ne nous dispensent pas du respect dû a la mémoire d'hommes graves, doux, humains, religieux, d'une exacte probité, de mœurs exemplaires , et dont quelques - uns consacrèrent la plus grande partie d'une vie active et laborieuse au bien-être de leurs concitoyens.
La ville prenait une nouvelle face. Le nombre des fonctionnaires s'y était accru et celui des gens de loi commençait k s'accroître. Elle était peu commerçante
encore y mais on pouvait s*y procurer d^k la plupart dés choses nécessaires k la vie. Elle entretenait plus d'ouvriers en différens genres, surtout de charpentierSi de maçons, de sermriers^^ de tisserands, de tanneurs , qu'elle n*en compta depuis. Plusieurs excellaient dans leur art^ c[uolqu*ils n'eussent ni maîti4ses ni jurandes. Ce ne fut que postérieurement à 1 722 qu*ib se réu*nirent en communautés , conformément aux dispositions d*un arrêt de novembre de cette année, portant cré^ttion et établissement des maîtrises d'arts et métiers dans toutes les villes du royaume. Les perruquiers se créèrent un bureau d'administration composé d*un syndic, d'un lieutenant, d'un conttôleur, d'un prévit et d'un greffier ; mais une place de maître était considérée moins comme un métier que comme un emploi.
L'importance que se donnaient alors les gens de cette profession était une sorte de réminiscence de celle qu'ils avaient eue anciennement. « Il vous est loi- » sible, disait un. empereur romain à son barbier, de » nous imposer des jeunes et de contrarier nos d^irs. » Les barbiers dans ces temps reculés exerçaient la médecine. Ils étaient encore en possession , quelques ûècles plus tard , ou do moins il leur était encore permis de curer et guérir clouds, bosses et play es ouvertes en cas de périls. Us reçurent le titre de maîtres barbiers - chirurgiens , et voulurent prendre celui de maîtres chirurgiens -barbiers ; mais un arrêt de 1525 proscrivit cette inversion. Pasquier cite, comme ayant appartenu k la corporation des^maîtres barbiers -chirurgiens , Etienne de la Rivière , chirurgien du Roi , juré au Chastelet; et le premier chirurgien des rois
Henri II, François !«'> Charles IX, Henri m» le célèbre Âmbroise Paré^ qui mérita d'être considéré comme le restaurateur de la chirurgie en France. D'autres parcoururent une carrière plus brillante encore : tels furent le barbier de Saint- Louis ; Oliyierle-Daim^ le compère de Louis XI; Slaghoek, qui devint ministi-e de Christian H, roi de Suède et de Dannemark. Moins connu que ces personnages y Ritz eut part comme eux aux faveurs de la fortune , mais il en éprouva aussi les vicissitudes. Ayant terminé son apprentissage chez un maître barbier-perruquier d'Aves* nes> sa ville natale, il se mit en route, le peigne et le rasoir dans la poche ^ pour faire son tour de France, selon Tusage y et s'arrêta dans la capitale. Appelé à l'hôtel où était descendu le Grand-pannetier de Lithuanie , Stanislas - Auguste Poniatouski , il eut la charge de raser ce prince et le bonheur de lui plaire. Le Grand-pannetier de Lithuanie monta sur le trône de Pologne , et le barbier Ritz y qui s'était attaché k son seivice, fut élevé au rang des Magnats. Les qualités heureuses dont l'avait doué la nature , et surtout sa modestie qui ne lui laissa jamais oublier son origine, le rendaient digne de son sort. Mais les troubles de la Pologne, dont les voisins se partagèrent les Palatinats, ayant entraîné la chute du monarque, Ritz , victime de la reconnaissance et de la fidélité , alla mourh' a Saint - Pétersbourg , dans une sorte d'exil.
Il ne faut pas conclure de la composition , un peu fastueuse, du bureau des perruquiers, et du nombre d'hommes uniquement occupés de la coiffure qu'elle suppose, que le luxe dominât dans Avesnes; on s'y
prévenait au contraire contre tout ce qui en avait l'apparence ) et une demoiselle riche ^ d'un rang distingué, fut chansonnée^ il n*y a pas nn siècle^ pour avoir rapporté des robans; ée la capitale. Ijies dames finirent pourtant par se soumettre de s* bonne grJkre aux eu* gences^ de la mode, qu'un voyageur, scandalisé de \evkr haute élégance, adressait , dfen» son étonnement, ces question» toutes morale» h ses lecteurs : a Les da^ 1» mes d'Âvesnes ont - elles appris que ces modes ruî- » neuses , ces ajusteînens étudiés ne servent d'appeau » qu'an libertinage? Leur a -t- on dit que plus une » femme se Mi bel4e moins on la prise?» (Bfilran, Fbjrage en France et pays circonvoisins , etc, )
Les mœurs se polirent insensiblement, les habitudes changèrent, les manières eurent moins de lu* desse , on s'aborda avec moins de gravité, les réunions particulières devinrent plus agréables et furent plus fréquentes , les entretiens galans ou frivoles firent avec le jeu Tagrément des eercles ; on connut d'autres amusemens que ceux des karmesses ou des foires, d'autres spectacles que les représentations scéniques qu'une dévotion mal entendue , dirigeant des goûts profanes ^ avait mises en vogue. Les même» aeteurs qui avaient figuré dans un Bethléem , en bergers et en bergères^ chantant pieusement des motets et des noëls, jouèrent la comédie a lHôtel-de-yillè, aux halles, ou dans les greniers d'une caserne, travestis en Arlequins, en Cas^ sandres, en Colombines , en Pierrots, en Scaramouches. La ville ne possède un théitre que depuis peu d'années.
Encaissé dans un groupe de maisons du quartier de» casernes, cet édifice n'en difière guère que par la
/forme de la ^orte et des fenêtres. L*ixit^»ieur est àtcoré avec assez de goût, mais il manque de dégagemens ; les coulisses , les loges, le parterre n*ont qu'une «déme issue» la porte d'entrée : ensorte que si le fen venait k prendre dans ce lieu , rempH de matières inflammable^^ on ne pourrait éviter d*y être brûlé ou «ufFoqué.
Sans se dépouiller entièrement de la morgue espagnole^ la bonne compagnie voulut paraître toute française ; les officiers de garnison » qu'on s'enipressa d y admettre', y donnaient le ton» et s'ils ne contribuèrent pas toujours a l'entretien du bonheur domestique dans les maisons qui leur étaient ^ouvertes, ils en égayèrent du moins quelquefois ies monotones et maussades ioisirs«
Mais la ^asse de la population résista iong-temps aux séductions de l'exemple. L'intérieur d'une maison bourgeoise ocrait encore des modèles de toutes les vertus domestiques ; d'honnêtes pères de famille., sobraa , laborieux , vigilans^ attadhés a leurs devoirs^ pleins de franchise et de loyauté ; des lemmes Boiteuses* économes, tendres épouses^ bonnes mères; ^s e&fans soumis et respectueux, de jeunes ûlles aussi modestes qu'ingénue^, lies appartemens , de jjnême que les vêtement, avaient une apparence d'ordre , d'aisance , de propreté qui charmait les regards. lies offices et quelques visites remplissaient la pins grande partie des loisirs d'un jour de Câte. Des jeux .ionoeens , une pcomenade ea société ayant poiu* but un .goûter champêtre 9 quelquefois la danse en plein air ou sous une verte feuillée , tels étaient les plaisirs yfltfcordds nu jeune âge , moins irifsj moins JbcuytfiSi
mais non moins doux peut - être que ceux des temps qui suivirent.
La foule y naturellement routinière , continua de solenniser, le verre en main, les jours notables, en faisant retentir l'air des refrains d*une chanson à boire ; de danser en rond , devant l'image du patron ou de la patrone de chaque rue , le soir de sa fête et durant la neuvaine ; de décrocher à la dérobée , la crémaillère de ceux qui déménageaient, pour la lependre, couronnée de fleurs^ dans leur habitation nouvelle, au son des violons ; d'obliger un nouveau marié à servir les convives au repas de noce, en veste > tablier et bonnet blancs, la serviette sous le bras, une cocarde jaune au bonnet ; d'enlever la mariée au dessert pour ne la rendre au mari que le soir , après avoir obtenu de lui une rançon en liqueurs ; de maintenir celui dont Tépousée avait accepté le bras en allant recevoir la bénédiction nuptiale , dans le privilège de lui dénouer la jarretière au deshabiller; bref, de courir en troupe , le lendemain de grand matin , réveiller tumultuairement l'heureux couple, afin de lui faire prendre un copieux chaudeau. Ce ne fut qu'après y avoir ^té contrainte , au commencement de ce siècle, par une prohibition expresse, que la foule cessa de célébrer la fête impertinente et scandaleuse des Durmenés , et jamais elle ne se lassa des gothiques saturnales d'une karmesse. On comprenait sous la dénomination de iiurmenés les maris en général , quoique ce mot désignât particulièrement ceux dont les femmes impérieuses et peu fidèles menaient durement les leurs.
En peu d'années ^ tout changeai au point qu'en re-
voyant Avesnes^ on eût dit d'une place envahie où le Tainqueur a remplacé les vaincus , avec des goûts , des usages > un costume différens. Les tmditions se perdirent, mais la ville s'embellit ; Tindustrie et le commerce y multiplièrent les ressources^ toutes les rues se garnirent de boutiques. « Les maisons d'Avesnes, D autrefois d*assez laide, apparence , sont mieux bâties » en général, plus agréables , plus aérées, plus comx> modes ; les magazins de nouveautés y sont remplis o de tous les objets de fantaisie , et de ces jolis rieuâ » qui nous sont si utiles. Les coiffeurs y montrent de 19 l'adresse ; ils sont montés comme les Plaisir, les y* Narcisse et les Letelliet* ; les modistes y ont de la » réputation , et les dames de la ville ne m'ont paru » avoir de ce côté rien a envier raisonnablement aux » petites -maîtresses les plus recherchées de la rue de » Richelieu ou du boulevard des Italiens. ( Mercure de France , au x/x« siècle. Juillet 1 826.)
Quoique Avesnes n*ait jamais été une ville de commerce, elle avait néanmoins > avant l'établissement du ^stéme actuel des poids et mesures, un poids particulier, une aune et des mesures de capacité locales. On y fabriqua long -temps de grossières étoffes de laine.
Elle avait aussi ses armoiries et son sceau. « Les 1» armes d'Avesnes sont bandées d'or et de gueules de » six pièces. » (Les délices des Pays-Bas.) Au-dessous de l'écu est une ruche environnée d'abeilles. Ces armoiries se retrouvent sur le dernier sceau de la municipalité. La ruche et les abeilles ne doivent pas être de très-ancienne date. L'arrangement symétrique des abeilles sur le sceau municipal , la guirlande formant
la bordure, b peifectioi^ du dessin, tout est laodeme. V.n scesitt du xiv* ou du xv* sièolc , de la grainileur d'au médaillon , présente la figure, équestre , grAvée, ep creux, d'un chevalier trayersfiut «» çbaipp , avçc .cette légende en caractères gothiques ; Sigillum majovis ,€U juCQiorum de J4v^sji,h- Au-dess^s de la %ui:e» centre le Kiçond et le troisième mot de la %ejttde , est Vécu blaspnué seul , sans ornemems et sa^s suppQct?.
a Les seigneurs d*A^esnes po^,taient d'or et. èfi x> gueules en hande de six pièces. » ( Mémoire, m»$*)
9» la vi^ea^yant été rasée en 1477, les fojtifipations n'en furent relefées que plus de 60 aj^s^fès. La date ♦de 1538 gravée sur le roc, au pied dubasVion UQrdouest, et qu'un y reWAi:quait encore il y a quelques années, ne laissp auQu^ji doute sur Tépftque de çeitte j:eçonstFuciion.
Avesnes est au nombre des places, portes de futtrième classe, a L'enceinte en est fpi-t irréguliè» cl jo flanquée de six bastions. » ( R. de Hesseln.) a Elle ». a été bien réparée par le maréchal de Vauban , qui }i> y a fait de grHnds travaux , comme, plusieuis grandes p demi-lunes, dont quelques-unes sont doubles. Il a » encore construit une grande contregaixle , mais sur- » tout une grande écluse à l'entrée de la rjvièm cpu- » vcite d'une grande demi-lune de safaçQiu. Tous ces » puvrages sont entouras dîun fossé, do<it la. jwrtie; par » laquelle cojule la rivièiîe es]t (ort large, le reste.. du ï> fossé est plus peUt, et ét^ situé^ur la montagi»e, » il est sec à i'qrdin^ire. Le t<]^ut.cs.t accQi^apagné d'un » chemin couvert et de^ son gjacis. On doit remarquer n que dai^s l^s ba3Up]a8 de lapbcjS^.Qn a consecré.de
» vieux catalieM dfe terrfe, tels qii& lès pfartîicpiait le » chevalier liô Ville, ^l a fait PeùceiUle de eétt« » place. La sortie de là rivière dfr Hièspre est défendue » par une petitlè' redioule dé ihïrçotiiierle d'une figure » carrée. DëtUc autres redoutes de ritèintr, mais pfeâ^ » tagônales , défèndetit Pétttrée àû là même rivière. tà Elles stont couvertes d'un avaht-fofesé, accôxii^agtit^ x> de son chemin couvert -et de son glacis. » ( Graàti Mctîdnntdre géographique , historfqUèr et crîiitjuç dé Ik'M'artîttlèie)
Ces ouvrages n'empéehaietii pas que ik i^X^té ne pât être Battue des hautëui's voisines qdî là cxJihinalî^ dent: Des travau!s considérables ont été cxiécTulé^ dbpui^, potit eort^ger par l'art l'ëfffet des accidènsdé la* dattiré.
Lé toit'én a/rdôises du bâtiment qid recouvre l¥dtiS(^ descendait, avâht d'avoir ét^ refoîl à neuf, jusqtié sur le pont élevé en devant ^ et on y lisait la chronique standalé^Scdiïla Ville. Les avëntutes gstlantes y étaient gfavééS'> k \à poildta dh couteâru , avec des embléiiie^ d'iln' cynisme' égal à celui du style.
Ge n*eât pourtatit pas de Ik, domrbfé oh jidiirrâit le croire^, que le pOiit^a priS'lé nota dé Poht des Bornes :' il le doit stLt digues entre lesquelles est re?ssér^ delui des bras de là rivière qui traverse la Villfe ^oui* dler au-delk se réunir a celui qui baigne les muti^. Dan^ les hngties tudësquds , dont Tancieu ïâiàtàè d'Avesnes et désf envifons avait conseillé quantité de mots', on nomme darltm toute espèce de levée ou de barrière deslinéeacîonienir les eaux. TTne autre dfgue, voisine de <?elïes'<lue traverse le pont , est' encoie aujowitl'hui appelée la dante.