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n est très-probable que le cours de la rivière , avant qu'elle fût divisée en deux bras, était en ligne droite > ainsi que les anciens plans l'indiquent. On a dernièrement découvert , en creusant le teiTain qui supporte les fondemens du nouveau magasin à poudre y deux des cuves et quelques débris de la cbarpente d'une ancienne tannerie , avec quantité de cornes et d'ossemens.
A peu de dislance de la dame, et presque en face d'un rocber sourcilleux , s'élevait autrefois 1» Tour de Saint -Jean y dominant sur les eaux d'un vivier et sur des praiiies k perte de vue , bordées par la rivière. L'herbe croît maintenant sur le vivier desséché , et le rocher^ déjà entamé en 1495 , a, comme la tour, disparu sous la sape , tellement qu'a l'exception des parties recouvertes par les ouvrages de la place y et de quelques fonds de carrière , il n'en reste pas de trace.
91 La porte, du Nord est celle qui avait anciennement le nom de Porte d'Enghien , on lui donna successivement ceux de Porte du Malvinage y ou de Mauvinage^ de Porte de Mons et de Porte de F^ew rus/ elle a repris celui de Porte de Mons. Reconstruite k neuf, en 1628^ la voûte en fut raccourcie en i829 du coté de la rue. Ceux qui étaient entrés en ville par cette porte avec des denrées > des bestiaux > des liqueurs 9 étaient assujétis k un droit de vinage^ ou de péage ^ qu'il fallait acquitter avant de traverser la rivière , et le trouvant selon les vraisemblances fort onéreux y il le nommèrent mauvinage,
La porte du midi était celle des Demoiselles, Elle fut ensuite Porte de France, puis Portç dç Paris t et
elle est redevenu e Porte été f tante , coituiié rfu temps où la ville appartenait a TEspagne. On ignore ce qui «rait pu mériter ^ téti^ porté, alors environnée de champs arides et déebûvetts , un nbm <|ur éveille aujourd'hui tant d'idées gracieuses. Peut-être en eût-on cherché l^éspHcatiôn dans celui d'une sôrfe d'avenue sombre et silencieuse, nommée encore a présent Aïtéé dés Soupirs , si tout le mondé ne savait que le premier ie ces noms était autrefois un titré qu'on né donnait qu'aux' princesses, aux filles dé chevaliers et aux damesi
La pôité Cambrésienne est condamnée depuis' un temps' immémorial. Elle fut réparée, ou plutôt* retonsti'uite en 1 573 ; mais it f avait un grand ifombré' d'années déjk qu'elle était hbuehét et que lé pont en était rompu , lors'qu'en 1 669 es hal)itans en demandèrent le rétalilissement à Ëouij XTV. H leur fut promis. Toutefois, malgré les' intentions bienveillantes du monarque, celte promesse n'a pas été accomplie. Le projet dé rouvrir la porte Cïambresienne, auquel ceuJt qui avaient k cœur les intérêts dé la ville attachaient nne juste importance, fut iiepris plus tard; mais dés prétextes d'économie et dies motifs moins désintéressés le firent encore avorter.
On voyait en dehors et asset près de îàp'of^e du MaMnage, k gauche db chemin* d^Â'vesnes k S'aint- Aubih-, une grande pièce d'eau nommée le J^ifier de Borezies ; sur là hauteur voisine , k droite du même chemin , une chrrpellê dédiée k S^aiUl-Pierte, et dans le bas , sur le ruisseau , un mdUlin k poudre. H y a plus de deux siècles que le vivier est desséché , la chnpelleest démolie depuis ptès de cinquante ans, et le moulin , après avoir seiTi long temps h moudie des
«corces , est employé aujourd'hui comme moulin k £arine.
Il y avait à la porte Cambresienne un faubourg dont il est difficile de retrouver aujourd'hui des traces.
98 L'enceinte de la place et la distribution de Tiii* térieur sont encore à -peu -près telles qu'elles étaient sous Philippe II; mais en feuilletant les aichives et en rapprochant les anciens plans des nouveaux , on voit qu'il s'est opéré de grands changemens dans chaque quartier. Un rang de divers bâtimens, avec des jardinsderrière , recouvrait le sol sur lequel s'élève la caserne de l'infanterie. En face , était un large carrefour dont une mare occupait le milieu. La mare a été comblée , mais le carrefour subsiste , ou plutôt c'est à présent une esplanade. Â droite, la verdure, émaillée de fleurs^ du jardin des confrères du S^-Esprit et celle des alentours tapissaient le rocher, tt rue de Saint' Louis n'était qu'un prolongement de la rue Crétih , et la rue Poilvache s'étendait de la rue Crétin k la Bue de France, A supposer qu'elle existât avant 1547 , la Uue de France était alors bien courte et se terminait au cimetière ; elle vint ensuite aboutir vis-k-vis de la chapelle de la Magdelaine, a un cloaque infect, en avant d*une cloutetie. Ce ne fut que plus tard, en com» muniquant son nom à l'ancienne rue du Béguinage , qu'elle s*allongea jusqu'à la place. Quelques autres rues ont disparu > comme celle qui régnait derrière les tanneries et qui n'est plus qu'une étroite ruelle ; ou celle dont la trace a conservé la dénomination de ruelle Flageolet^ et à laquelle appartenait la petite maison qui termine à l'est la rue d'Albret; ou comme
la rue Noirefosse qui était dans le voisinage de la Place-d'Ârmes , mais qu'on y chercherait euvain , soit qu'elle ait été supprimée , soit qu'elle ail simplement changé de nom. Les confrères de Saint- Jean, ou les Chevaliers dé Varquebuse, car c'étaient les mêmes , avaient, au bas de la ruelle Flageolet, un beau jar- ^Un où il s'exerçaient au tir.
Il ne reste guère d'édifices ou d'ouvrages de maçonnerie, antérieui*s au règne de Louis XIV# que l'église, la halle, le moulin^ maintenant la marbrerie; le magasin situé au bas de la roche à l'ouest, une partie des bâtimens de l'hôpital , ceux du collège et la boulangerie qui en a été détachée; quelques débris du couvent des Récolcctines, plusieurs portions des remparts, les souterrains et les poternes, les voûtes des deux portes, celle de la porte Cambrésienne avec le» deux corps -de -garde ; nombre de caves qui pour la plupart en supportent d'autres; enfin, quantité de masures dispersées dans les maisons particulières.
11 y eut une boucherie commune ; elle était située derrière la halle au^/e^, rue Poilvache, Derrière la halle au blé était la poissonnerie , qui fut ensuite transférée dans la Grande-Place ; puis en 1 765 , dans la Petite-Place , aujourd'hui la Place du Palais , où se tiennent aussi les marchés du mercredi.
98 L'une de ces chapelles touchait au rempart, presque en face de la ruelle Flageolet r elle était environnée d'un poui'pris ; une autre , k l'un des angles de la Grande-Rue et de la ruelle Tassin , paraissait avoir fait partie d'un édifice plus considérable , qu'on a prétendu, mais sans fondement, être une maison
de templiers, et donA il reste quelques vestiges lete qu'an souterrain; la troisième > celle de la Magdelaine, était vis-kvis de la porte du Midi , au boni de la rue det Béguinage r a l'endroit où mifinteaant la rue de France fait un coude ; la quatrième , plus moderne était celle du cimetière , aujourd'hui le marché aux bestiaux, elle se trouvait adossée* ai» mur qui entourre le mAgasitt à- pouxire..
Une autre chapelle encore, érigée sur le pont àvt moulin a Khotmeunr dePArcliange Saint-lVfîiehd , arait été démolie auparavant. L'hua ge de l'Archange fut replacée dans une mche ao haut de la Grande^Rue.
9^ Outre les àcax puits creusés dans le haut Fjor: de la Grande -Rue, l^antre de la Grande -Place, on< assure quHl en fut ouvert un troisième dans le voisin nage des casernes , mais on chercha vainemenrt ce dernier, lorsqu'on voulut, il y a quelques^ années,, le» rouvrir tous trois;
Le puits du haut de la Grande ^Rue a été bouché arvant d'être achevée Parvenu, à travers la' roche, à une profondeur de soixante pieds , sans rencontrer un. seul Blet d'eau , on désespéra du succès. On ne peut eflfeclivement tirer de ce puits que celle qui s'y infl^ tre en s'écoulant d'une fontaine voisine, lorsque des pluies abondantes ont occasionné une crue.
Celui de la Place est fort profond et peu commode. La bouche en- fut d'abord couverte d'une sorte: de chambre carrée de belles pierres bleues. £n impitmant aux leviers de deux pompes , placées dâds Tin*térieur, le mouvement convenable, on amenait l'eau j^ par deux goulots figvratït dos hures d^ saucier ; dans
les vases destinés k la recevoir. Cet édifice t qui avait à l'extérieur l'apparence d'un énorme et massif bloc de pierre 9 parut aux -voisins, dont il offusquait les maisons, tout-à-fait déplaisant. Us s'en plaignirent et au bout de quelques années , cette lourde masse fut remplacée par une légère couronne de fer à laquelle on suspendit des poulies et des sceaux. L'eau était fréquemment salie et infectée par les immondices que Tétourderie ou la malveillance y entassaient k la dérobée ; une femme s'y précipita : la couronne fut enlevée et le puits condamné. Il a été rendu aux besoins des habitans en 1827. Une fontaine quadrangulatre contient le léger rouage qui fait jouer une noria ^ et qu'on met en mouvement au moyen d'une manivelle. A la première chaîne et aux premiers pots , qui étaient en cuivre et sujets k s'oxider, on a substitua une cbaine en fer et des pots en bois. Au-dessous du rouage est un réservoir ou bassin de plomb dans lequel les pots se déversent et d'où l'eau se répand audehors par un goulot en forme de tête de lion. Chaque face du nouvel édifice , terminée par un fronton triangulaire > a , jusqu'à la corniche, mais en comprei^nt l'architrave et la frise , quatre mètres de hauteur sur deux mètres vingt -cinq centimètres de largeur. Huit pilastres, appuyés sur un soubassement et formant les quatre angles de la fontaine, suppoitent l'architrave. Le comble est surmonté d'un globe doré.
Plusieurs ingénieurs ont démontré la possibilité d'amener ^ ou du F^urmanoir y comme autrefois, ou même de sources beaucoup plus rapprochées^ autant d'eau qu'on peut en désirer , et d'établir dans le haut de la ville, trois fontaines, l'une dans la Grande"
Place ou la Place d'Armes, Pautie dans h Place du Palais alow la Petite -Place ^ la troisième en avant dos casernes* Suivant le plan c[tte dressa un de ces officiers^ deux abreuvoirs devaient être alimentes du superflu des fontaines, fin considërant rmsufflsanoe chi moyen qu'on apréfërt^ , il est difficile de ne pas se demander avec Tauteur du mémoire auquel plusi^un^ des particularités qui précèdent ont été empruntées, pow quoi on n* a pas osé tenter à lu fin du xrixi*' siècle, ce qu'onavait exécute a\^c succès dans- h xvf.
^9 La ville et la terre ne doivent pa» être tùûfou^ dues. Elles furent' cédées Tune et l'autre en méme»^ temps à la France ; mais le domaine de la ville appai^ tint au Roi dès 1ô59, et celui de la terre né cessa qu'en 1706 d^appartenir k des étràngeii»,
« Le prince de Ghimay> Charles de Crwy, ne jôtlis- » sait de la terre d^Àvemes qu'à titre d'engagementi » «t pour lui tenir lieu de la dot de Lotiise d'Albret ,
V sb femme... C'est sur ce fbndement que^ Philippe de 1^ Croy, duc d'A-rschot,- qui avoit épousé Anne de ftCrdy, héritière de la branche de Chlmay, sa cttn*^
V shie, 8*est relievé do plusieurs eng!sgem(°^s que s(>n i> bëau'père avoit oohtïactés... Cette terre n'a ét'é as- 9 surée a l# malsto de Chimay que pi u^urs années n après la mort du prince Charles, comme on voit petr D la renoudati<m du reif de Navarre h la laetilté ier ^ rachat. » (Arch(i>^ de tdt SeigMfurië. >
1» PhilHppe de Crdy/ premiei^llle d^Artchotr a»iwît Vf transigé, le 26 squembre 1Ô2f», avec le tek de Na^. N» varre, qUi lui céda la ten-e d'Avesnes pour celfé n àikÉs, eii Périgord. » (Les délices des Pays-Bas.)
Digttized by VjOOQIC
» Le duc d'OrléaAS OHWnfi héritier de MonsietO', » qui l'avait été de ffwdefnoi&elte de MçfUpensier , » hérittire de mademoiselle de Guise , laquelle .9 avuit hérUé de Marie deClcvcs légataire du prince p. de Portion » ÀnÂ&ine de pray^fils du eoffite de » ^euingk^m 9 obtintt un air^ coffitradictQive çtu par- )» lement de I^acis, par lequel les ilerires d'Àvesnes, de » BeauovSiPt^ deCbiuay.Qt a.utres.:. fvue^it déclarées D affectées et hypothéquées à ses dreâts^ à compter dit » jour à* un arrêt du 7 septembre 1549, et par ces ar- » rets ces ^me& terres lui fureat adjugées sur le prix ude TesUmAtion qui e.n serait faite. » (^Mémoire au sujet des terres 4^ Chiaiay et Beauny9nt, par 1^. Doutai , mss.
V Philippe - Louis de Hemiia d'Assace , con^te de » 3qssiU... «Mïurt Taa lô^S, laissant pour fils le cardi- » «al d'Atsace,.Charks-Lo vis -Antoine et Alexandre- » Gabriel»^. Cbarl^s res^Unt sans postérité a cédé au » duc d'Onléans c^uj^re auUe;s terres cc^le d'Avesncs, » d'enxiiKHa 3900,001^ livras de revenus, ne s'en réser- » fani.que 60,0Q0. » (S>. Le Long.. ) Le duc d'Orléans n'aeh^ta vraisemblablement d<u cardinal que Içs préiontions qui pçuvaie^t l4ii rester.
Un d^s actes l^s.,pjius remarquables .parmi ce«a des i^iei^tijicables piioxsédnres qu'engendrèrent Tacquisition et< U. succession de GuiUauAfie de; Croy, e*est ïa sen«ienee dç deuae. dames que Tév^que de Cpuseran et le b?ron de Chateaubriand, comme tiirfeurs des enj(an$ 4^0dard d^î Coix et ^Philippe deCr^y, levJT advçcs^^e^ avaient piâsies pour arbitres. Ces deux dames, chargées d^. vider ai^^i u^ autre diflérend d'une plus: haute imp peilJtMkce ,, ét^iç^ib h duchesse d^ Angoulmois et Tarçhi-
jlachesse d'Autriche qui conclurent , en qualité dt plénipotentiaires , la paix du 3 août 1 529.
La seigneurie d'Avesnes ce avoit autrefois le titre de » comté. » (Les Délices des Pays-Bas.) « Avenes... » è buona terra , et molto forte con dignita di'contea. » (Descrittionedi Tutti Pae si-Bas si, d^h, Guicciardini.^
Situé k l'un des angles de la rue de France et de la rue d*Orléans^ et converti en auberge, l'hôtel est maintenant celui de la Cloche-d'Or.
97 Elles se croisent a cent mètres environ de la Porte de France , ou du Sud , et se dirigent Tune au Uidi, l'autre au Nord, ta troisième k TOrient, la quatrième à VOccident. Elles conduisent : celle du Midi , par La Gapelle, Yervins, Laon, Soissons, dans la capitale; celle du Nord, à BruxeUes, par Maubeuge « et Mons; celle de TOrient, a Giret par Ghimai ; celle de POccident, a Lille par Yalenciennes. Toutes quatre sont du nombre des grandes routes qui furent établies sous le règue de Louis XY, dans la partie du Hainaut abandonnée un demi -siècle auparavant à Louis XI Y> et dès lors réunie k la France. Un arrêt du conseil d'état > de 1723 > affecta à ces travaux, qui s'exécutèrent tout k la fois par entreprise et par corvées, le produit de ta taxe assise sur les jurés brasseurs et les égards gourmeurs de la province. Les égards, ou plutôt les rewards , gourmeurs , étaient une sorte d'iiispecteurs chargés de déguster les boissons. La route du Sud, ou de Paris, av4l d'abord été pavée depuis Avesncs jusqu'au bourg d'Etrœung; mais à peine le travail était -il achevé qu'elle fut dépavée. Rien n'explique ce changement subit. Il y a peu de
temps que celle de l'Est , restée imparfaite , a été terminée.
0^ La distribution en était dans toutes a peu près la même : les chambrées occupaient le haut, des écuries, le rez-de-chaussée. En 1763, les écuries de celle qui s'étend le long du rempart, du sud au nord, furent converties en chambrées, et cette caserne peut contenir aujourd'hui 1 ,440 hommes. L'entretien de ces édi« fiées resta long -temps a la charge de la ville > on y logeait les troupes de passage comme celles de la garnison ; la surveillance en était confiée à un inspecteur commissionné par Tintendant de la province.
On obtint en 1 767, la permission de faire construire sur le bastion du nord-ouest, un manège pour le service de la cavalerîe, et en 1779, celle de le faire démolir.
L'un des corps de bâtiment de la caserne du Petit- Saint-Esprit, parallèle a celui qui reste, a été brûlé en 1816. Le feu prit par l'écurie ; elle renfermait alors ' quantité de beaux chevaux appartenant à l'armée fusse , et la plupart y périrent.
99 Les habitans du Hainaut considéraient l'obligation de loger le militaire comme la plus fâcheuse des servitudes , aussi ne s'y soumettaient- ils qu'avec une extrême répugnance. « Les logemens qu'on y donne y> aux oiEciers. sont si mauvais , çt si pçu convenables » que lesdits officiers , répugnent à les occuper, et x> cherchent k éviter de pareilles garnisons où ils ne » sont pas traités suivant leur caractère ^ regardant « celles du Hainaut comme les plus mauvaises par rap^
V port auxdits logemens. i> ( Préambule du règlement concernant le logement des troupes y di'essé, en 1 703^ par le marquis de Berniéres.) Quelque père de famille , qui youlait apparemment éviter les inconvéniens d'une communication trop immédiate, trouva le moyen d'isoler l'appartement de son h6te en y adaptant ^ en dehors de la maison , un escalier par lequel on descendait tout droit dans la rue. Beaucoup d'autres l'imitèrent, et bientôt la plupart des devans de maisons se garnirent d'escaliers en bois, d'un effet peu gracieux et sans doute d'un usage peu commode. Les dispositions du règlement du marquis de Berniéres déconcertèrent ce stratagème. « Les logemens que les » officiers ont occupé jusqu'à présent ne leur conve- » nant poiut, tant parce qu'on ne monte dans la plnn part que par une espèce d'échelle^ qu'à cause da » mauvais état et de la mauvaise disposition des cham- » bres qui leur sont destinées , Nous ordonnons que D l'hoste chez lequel l'officier devra loger , choisira la » première chambre de la maison outré et par-dessus » la cuisine y et sa boutique, à l'égard de ceux^ui en 'i> ont et qui font commerce , et ledit officier prendra n la seconde chambre > outre laquelle il luy sera donné » un petit endroit si modique qu'il puisse estre pour D loger ses valets , auxquels il sera pareillement fourny i> un lit dans lequel ils puissent coucher deux, comf> posé d'une paillasse piquée de paille d'avoine > d'un »> traversin de même , d'une paire de draps qui se re- » nonvellera toutes les trois semaines,, et d'une cou- >» verture. » (Article 4 du. règlement de 1 703.^ L'ameublement de la chambre du maître est indiqué avec ia même précision, et le rédacteur du règlement est
«ntré là-dessus dans des détails qui font honneur à sa prévoyance. « Ceux desdits bourgeois et habitans <|Ui » fourniroift le logement aux officiers seront tenus » aussy de leur donner le lit garny de rideaux, une x> paillasse 9 un bon matelas de laine dont le poids ne » pourra être moindre de trente livres ; une paire de » draps qui sera renouvellée tous les quinze jours, x> une bonne couverture , une table 9 trois chaises y » un chandeher, des mouchettes, un pôt à TeaU^ un » pôt de chamdre , des chenets , et une paire de pin- » cettes. n fArt, du même règlement,)
Les bourgeois durent meubler de même les chambres des pavillons^ et ils ne furent pas dispensés d'y lenouveler périodiquement le linge^ qu'ils devaient fournir.
La disposition des esprits étaii si peu changée en 17 76 9 et les dueb étaient encore si fréquens qu'il fut alors jugé convenable de commettre au baillage royal un conseiller-rapporteur du point d'honneur.
^^^ Il est divisa en deux corps de bâlimens sépai'és par une cour et de différentes structures. Le bas de celui qui fait face a la Place<l' Armes contient les bu^ reaux de la mairie y au-dessous est le corps- de-garde , une vaste salle occupe le haut. La façade de l'édifice et le perron, à deux rampes^ ne manquent pas d'une certaine grâce. Le bâtiment de derrière renferma long-temps la prison. Sombre, délabré > tombant en ruines, ce n'était plus qu'une hideuse masure: il fut reconstruit*, en 1 81 1 , sur un nouveau plan et reçut une destination nouvelle. Il n'a qu'un étage qui est divisé en deux pièces, dont Tune est la salle d*aià-
dience ; Tautre, le greffe des jaslices de paix et du tfîbtmal de simple police.
La prison actuelle a été bttie en 1809, sur l'emplacement des écurie^ du château. Adossée au mur d*un arsenal et mal distribuée > elle était obscure et insalubre. L'arsenal ayant été démoli en 1 827 , le sol en fut applani , réuni à celui de la prison et con- Terti en deux cours. L'une des deux est spécialement affectée à l'usage des femmes. C'est une espèce d'étroit •préau, traversé par un égont ; en sorte que si elles peuvent s'y promener, elles ne peuvent y respirer un air plus pur que celui de leur appartement. La distributi^i intérieure de l'édifice a été changée ; il est mieux éclairé , pins aéré, moins incommode ; mais les prisonniers de tous les âges et de toutes les sortes, s'y trouvent comme auparavant péle-méle et confondus.
»ot En traçant cette esquisse, il y a plusieurs années, il m'a semblé que les convenances exigeaient qu'ils fussent tous passés sous silence , k l'exception de quelques particularités qui, pouvant intéiesser beaucoup de personnes, n'en peuvent blesser aucune. Quoiqu'il se soit opéré bien des changemens dans Vinlervalle , la détermination que j'ai prise alors est encore aujourd'hui la même , et les motifs en sont si faciles à saisir qu'il n'est pas besoin de les expliquer.
*<*• Victime de sa généreuse compassion et des soins empressés que les malades avaient reçus dans son sein, Avesnes pleurait un nombre considérable de ses habltans, enlevés par le typhus, quand elle tomba ino* pinémcnt au pouvoir de l'étranger.
Le 9 de février 1814, avant le lever du soleil^ le» sons précipités et lugubres du tocsin répandirent tout* à -coup Talarme dans la ville. Plusieurs cosaques venaient de se montrer aux barrières. La place était entièrement désarmée. On avait mis a chaque porte une petite pièce et une pile de boulets ^ 'mais avec tant de précipitation ou d'incurie > qu*il se trouva que les pièces étaient hors de service et que les boulets n'étaient pas de calibre. Les ponts-levis ne pouvaient plus se mouvoir à défaut de bascules, et les revêtemens des murailles étaient percés de toutes parts de larges brèches. Des vingt-quatre conscrits dont la garnison se composait la veille, treize avaient déserté dans la nuit> les onze autres s'étaient cachés ou dispersés. Un tambour seul faisait le tour des remparts, en battant le rappel. Vers le milieu de la matinée, on vit les hauteurs qui dominent Avesnes au nord, se garnir d'une cavalerie formidable rangée en haie et décrivant un demi-cercle. Un peu plus tard, un par* lementaire se présente à la porte de Paris, agitant un mouchoir blanc qu'il tenait à la main ; le commandant se montre sur le parapet^ entourré de quelques bourgeois. Pendant le pourparler4| i s'engage , plusieurs femmes > effrayées des conséquences soit d'une résistance imprudente ou d'une surprise par escalade, courent vers la poile , armées des pioches et des pinces que des paveurs travaillant dans la rue venaient d'y laisser : Les fermetures cèdent , au même instant, les cosaques dont le parlementaire était escorté se précipitent^ la bride aux dents, des pistolets aux poings > suivis d'un régiment à pied, et la ville est occupée.
L*armde russe et l'armée prussienne employèrent a la traverser un temps considérable : Jours et nuits de fatigues et d'angoisses pour les malheureux habitaus ! D'heure en heure les maisons se remplissaient de nouveaux hôtes; il fallait non-seulement pourvoir a leurs besoins, mais encore leur donner tout à discrétion, et qui ne sait que dans de telles circonstances la discrétion d'uB soldat n'a pas de bornes ! L'infortuné père de famille, qui ne pouvait procuier à ses enfansje nécessaire^ était contraint de fournir le superflu a des étrangers. Assujélies aux plus dégoûtans offices de la domesticité, les femmes étaient étourdies de grossières injures^ et leur patience , leur douceur, leur faiblesse ne les préservèrent pas toujours d'un traitement cruel et ignominieux.
Le cours de la justice , les affaires^ le commerce^ les communications étaient suspendus. A ces calamités vint s'ajouter la peur d'un avenir plus redoutable. Le bruit courait que l'occupation d'Avesncs avait été présentée , [dans un ordre du jour, comme un effet de la trahison ou de la lâcheté des habitans 9 et , quoique l'absurdité d'une semblable imputation fût manifeste , il leur semblait qu'au lieu de leur délivrance, ils n'avaient plus à attendre que les excès d'une vengeance aveugle et furieuse. Les garnisons voisines, dans des incursions nocturnes, s'approchaient fréquemment des ouvrages extérieurs de la place, et pouvaient se concerter pour la surprendre ; les houras sinistres qui, depuis le crépuscule du soir jusqu'au crépuscule du matin ^ se faisaient entendre sans discontinuation autour des murs^ loin de dissiper cette crainte, contribuaient h l'entretenir. £lle devint de la terreur
dans deux occasions difierentes : une première fois, quand des fuyards , traînant quelques débris d'équipages et précédant un convoi de blessés, annoncèrent que l'armée russe ^ entièrement défaite, rétrogradait, poursuivie par Napoléon qui Pavait battue aux environs de Laon et mise en déroute; la seconde, lorsqu'on apprit que le général Maison, à la tête de l'armée qu'il avait recueillie sur les côtes de Flandre, arrivait dans le voisinage d'Avesnes. l'Empereur, ayant vainement essayé d'emporter Laon , après avoir contraint à Graone l'armée russe à la retraite , s'était retiré lui-même en Champagne. Le général Maison avait paru sur les bords de la Sambre , mais il n'avait pas traversé la rivière.
Quoiqu'on ignorât dans la ville ce qui se passait au dehors , l'appréhension d'un danger peu durable finissait ordinairement par s'évanouir ; mais alors le sentiment des peines journalières , dont on n'avait été que passagèrement distrait, se repioduisait avec une nouvelle intensité , comme celui de la souffrance chez le malade qui, après le transpoii, retombe dans l'ac» cablement de la fièvre. Les jours, les semaines, les mois augmentaient , en s'écoulant , l'impatience de maux que la marche du temps rendait de plus en plus insupportables, sans paraître en rapprocher le terme.
On apprit enfin que les armées combinées étaient entrées dans Paris abandonné par la régence ; que les puissances belligérantes avaient pris l'engagement de maintenir l'intégrité du teriitoire français tel qu'il était en 1 789 ; que les Bourbons , en marche pour la capitale, allaient remonter sur le trtne de leurs ancêtres; que le sénat et le corps législatif avaient prononcé la
déchéance de Napoléon Bonaparte y et que celui qui naguère foulait le monde à ses pieds , abandonné d'une grande partie de Tarmëe, proscrit, fugitif, errait à Taventure , suivi d'un petit nombre de ses preux. A ces nouvelles, quelques lueurs d'espérance pénétrèrent au fond des cœurs, et quelques rayons de joie brillèrent sur les fronts courbés et abbatus. Avcsnes se trouvait délivrée du moins des frayeurs que la possibilité d'une Surprise ou d'un siège , des horreurs d'un sac ou d'une exécution militaire, y avait causées. La paix ne tarda pas à se conclure, et les étrangers, après ti'ois mois d'occupation , repassèrent les frontières.
Ainsi devaient se terminer des guerres qui , depuis Tingt-deux ans, ensanglantaient l'Europe, la couvraient de ruines , y entretenaient la misère et la désolation; à la vie des camps, aux hasards des combats, devaient succéder les occupations plus douces de la vie civile ; les mères se félicitaient de n'avoir plus désormais à craindre de voir arracher leurs enfans de leurs bras pour être lancés dans une carrière pleine de périls; l'agriculture > le commerce, l'industrie, les arts devaient prendre une activité nouvelle, et répandre l'aisance dans toutes les classes de la société : on entrait dans une ère de prospérités et de bien-être. Avesnes qui, par la réunion des terres de Ghimai et de Beaumont à l'arrondissement dont elle est le cheflieu, acquérait d'inappréciables avantages, Avesnes surtout semblait avoir toute soHe de sujets de joie. Néanmoins elle était morne au milieu des réjouissances publiques. Il s'y donna des fétei, mais que n'anima point la gaité ; les physionomies froides et composées annonçaient plus de préoccupation que de contente^
ment ; de douloureux souvenirs , des pressentimens sinistres contristaient les âmes : liiorizon, sur lequel on avait oru voir briller une aurore de bonheur > se couvrait de nuages. A peine le calme avait-il paru se rétablir que déjà un nouvel orage grondait dans le lointain.
Aucun effort»^ aucune puissance n'avait été capable de concilier les esprits divisés d'opinions et d'intérêts : une foule disparate de mécontens, composée et de ceux qui avaient perdu au chaugement de régime, et de ceux qui craignaient de perdre , et de ceux dont les espérances avaient été déçues, allait croissant, importunée de ses propres plaintes ; les militaires , las de leur loisir , regrettaient le chef qui , k travers les fatigues et les dangers, les conduisait à la victoire ; dans les embarras et les entraves d'une complication d'affaires inextricable , la marche du gouvernement était mal assurée. Soudain, un cri d'alarme retentit du Midi au Nord : Bonaparte, échappé de l'île d'Elbq, avait abordé à la côte du golfe Juan et s'avançait vers la capitale. Ralliant k lui les troupes qu'on envoyait pour le combattre , il n'étonnait pas moins par la rapidité de ses progrès que par celle de sa marche. La cour impériale vint , sans qu'il eut été brûlé une amorce, remplacer aux Tuileiies la cour royale qui s'acheminait en désordre, escortée de peu de fidèles, vers Gand, où elle s'arrêta.
A la nouvelle du retour de Napoléon, les étrangers, k peine reposés de leurs fatigues , se préparèrent k de nouveaux combats. Ils avaient en partant désarmé la France ; un des premiers soins de Bonaparte ce fut de recréer un matériel de guerre. On approvisionna
les places fortes aa moyen de réquisitions. Les beanli pâturages des environs d'Avesnes se couvrirent de che*vaux ; plusieurs escadrons de cavalerie > des régimens d'infanterie 9 de formidables trains d'artillerie traversèrent la ville ; les communes rurales se remplirent de troupes qui s'y établirent en cantonnement. La division du comte Reille avait son quartier général à Maubeoge et celle du comte Lobais avait le sien à Avesnés, ou le prince Jéiôme passa dans la Place d'Armes une grande revue. Le lit en fer et la batterie de cuisine de l'Empereur > les bagages de ses officiers, quantité de fourgons^ des équipages, des ambulances^ plusieurs brigades d'infirmiers et deux voitures immenses, remplies jusqu'à une grande bauteur, de béquilles^ de jambes de bois^ de bandages , arrivèrent à la file.
Napoléon entra lui-même dans Avesnes, le 1 3 juin^ vers les six heures du matin, accompagné d'un nombreux état - major et de sa garde. Il reçut le corps municipal et s'entretint quelques secondes avec le maire. Le clergé, le tribunal d'arrondissement, les juges de paix se présentèrent à leur tour. Après avoir attendu long -temps, au pied d'un escalier, ils apprirent que l'Empereur voulait prendre un peu de repos. Ils se représentèrent plusieurs heures plus tard> mais alors l'Empereur travaillait et il ne leur fut pas p ermis de le distraire. Il avait en effet d'autre occupation que celle de donner des audiences et d'ouïr des harangues de pure étiquette , si , comme tout porte à le croire , ce fut d'Avesnes qu'il adressa l'ordre au ministre de la guerre d'expédier les fusils nécessaires pour armer les paysans belges; au duc d'AIbuféra, de commencer
les hostilités du côté des Alpes ; au général Rapp , de défendre TAlsace à outrance. Ce fut à A-vesnes aussi qu'il prépara la proclamation du lendemain y 'dernier cri de Taigle s*enfonçant dans Tabyme. Vers les six heures du soir , il parcourut a cheval , entouré d'officiers du génie, une partie de la ville et des remparts, sortit par la porte de Fleurus , s'avança jusqu'à Tembranchement des grandes routes de Maubeuge et de Solre-le-Château^ et rentra par la porte de Paris. Ou assure qu*à la vue des hauteurs qui commandent la place, il déclara qu'elle n'était pas tenable. Le 14^ il franchit la frontière a la tête de l'armée.
Il n'avait été laissé dans Avesnes , la veille encombrée de troupes, qu'une compagnie de vétérans pour y tenir garnison. Il s'y formait des approvisionncmens considérables : d'énormes amas de bled et d'avoine étaient entassés dans les vastes greniers des casernes et couvraient le pavé de l'église ; plusieurs voitures de poudre furent déchargées dans les magasins ; celui de V écluse y qu'on avait empli jusqu'au comble d'artifices et de barils pleins , contenait 1 ,300,000 cartouches et 8,000 gargousses , outre quantité de bombes et d'obus avec leurs charges. Durant la matinée du 1 8, de petits détachemens de blessés parurent successivement dans la ville ; les habitans, et surtout les femmes, s'empressèrent de panser leurs plaies encore saignantes. On publia l'après-midi la nouvelle de la victoire remportée à Ligny. Le 19, les blessés se succédèrent en nombre plus considérable ; les uns précédaient , les autres suivaient un gi'and convoi de prisonniers. Le même jour, deux cents hommes de la gai-de nationale 4e Seine-et-Oise vinrent remplacer celle de l'arrondis-
ftexnent qai était paiiiç depuis quelques semaines pour La Fère. Une compagnie d*arlillcurs exercés vint , en même temps> se joindre aux canonniers bourgeois pour le service des batteries.
Vers le milieu de la journée du 21 , la grande route de Maubeuge parut couverte de toute sorte de troupes dans un désordre inexprimable ; elles se précipitaient vers les portes qui se fermèrent aussitôt. Cavaliers, fantassins , voitures^ pièces d'artillerie , hommes , chevaux > équipages, pressés les uns contre les autres^ se mouvaient péle-méle. De longues traînées^ se détachant de droite et de gauche comme des rameaux de ce tronc si étrange , se répandaient a travers champs. L* armée entière, frappée d'épouvante , dans une déroute complète et se croyant poursuivie par Tennemi , venait se rompre sous les murs d'Avesnies.
La solitude et le silence avaient succédé a cet affreux tumulte, qui dura trente-six heures consécutives, quand le lendemain , à quatre heures après midi , on vit paraître sur la même route , un peloton de Prussiens à cheval. Au coup de canon qu'on leur tira, ils se séparèrent pour laisser passer le boulet , qui tomba à quelques pas devant eux ; mais ils se reformèrent aussitôt et disparurent. On en aperçut d'autres qui s'avançaient avec de l'artillerie , par un chemin de tta# verse , a la faveur des haies dont il était couvert : un second coup de canon partit des remparts. Us ripostèrent quelques minutes après, et mirent en pièces , du second des projectiles qu'ils lancèrent, la bannière qui flottait au haut du clocher. A la canonnade se mêU vers six heures le feu de la mousqueterie. Les habitans descendirent et s'entassèrent, hommes, femmes, en-
fans, dans les caves et les casemates. À onze heùi'es environ « le feu se ralentit puis cessa toùt-a-fait. Beau^ coup d^hommes sortirent des souterrains ; les uns allé- ^ rent s'étendre sur leurs lits ^ moins pour se livrer au sommeil que pour calmer leurs sens agités , les autres parcoururent les rues a la douce et mélancolique clarté â*tine lune brillante. Ayant entendu quelques nou-* veaux coups de canon > entre minuit pi une heure ^ la plupart se hâtèrent de regagner Tasile qu'ils avaient quitté. Tout-k-coup une explosion épouvantable , avec des sifflemens aigus, une commotion qui éteignit par-* tout les lumières, une crépitation semblable a celle d'une fusée , et une odeur de poudre suffoquante | laissèrent chacun momentanément persuadé qu'une bombe, tombée k ses côt^s , allait éclater, et que cet instant afireux était le dernier de sa vie. Le magasin à poudre de l'Ecluse venait de sauter dans les airs> et retombant sur la ville et les alentours en une grêle de plomb, de fer^ de feu, de pierres, de souffre enflammé, de poutres flambantes , écrasait les toit$ , renversait les murs , couvrait le sol de décombres.
Dés que la frayeur fut dissipée, ceux qui craignaient d'avoir éprouvé des pertes, hommes et femmes^ pâles , consternés, silencieux, s'acheminèrent vers leurs de-* meures. On eût dit des spectres sortant de leurs tombeaux et se glissant dans l'ombre , a travers les ruines d'une cité depuis long - temps déserte. Les bâtimens qui couronnent au nord le haut du rocher, étaient percés à jour et découverts. Le bas de la ville, entièrement dévasté , offrait un aspect effroyable : les édifices, les arbres et jusqu'aux fondemcns, tout avait été renversé, boulversé, fracassé, tout était confondu. Un
gouffre profond, a demi rempli d'une eau bourbeuse, avait remplacé le magasin, et, comme pour compléter ce tableau de désolation > des cadavres meurtris et mutilés gisaient sur le bord du gouffre.
La ville > bors d*état d'opposer une plus longue rénstance, fut contrainte de capituler, et se retrouva sous le joug d'une occupation militaire plus accablante que celle qu'elle avait déjà subie.
Fautes essentielles d con^iger.