‹ Précis de l'histoire d'AvesnesChapitre 4 sur 4 · LISEZ · texte numérisé non relu

LISEZ

Page ao,lîg. g, i533.

— 5o,— 19. Vange,

Vuanghe.

— £g, . 10, Etait celle.

Etait apparemment

celle.

— 6B,^ i4.Se%

Sèrhe.

— ii3. — 18, Treize,

Quinze*

— 137,— II, Large,

La'^giS.

— i49«— i3. Passa du moins les.

Passa les.

La même>nnce.

— 149» — a4 • L'anuéc soÎTante ,

En i55i.

.i. ] 80 , •» 7 , Ce ne fut que postérieu-

Ils n'en rrconnurcnt

rement à 1 7^3 qu'ils se

pas même postérieu-

réunirent en commu-

rement è 1733 mal-

uautôs conformément

gré les.

aux.

— î8o , — 1 1 , Les perruquiers se cré-

Les perruquiers , a5-

èrent.

sujétis à d'autres rè-

gles, se créèrent.

— 195 , — 29 . Et de Philippe ,

Et Philippe.

— «99»— M, An, du,

Art, a du.

— ao8,— 5,11,

A Il'HISTOIRE D'AVESMES.

MM

Ancelet, notaire k Landrecîes.

Ansiaux , régent au collège de Lille.

AvBRY^ géomètre en chef à Montauban.

AzÂMBRE y pharmacien à Avesnes.

Baillt, huissier à Maubeuge.

Bârbereâd , receveur principal des contrihutions indirectes a Avesnes.

Bertrand^ maître de foi-ges à Trélon.

BoMBLÉ , marchand à Sars- Poteries.

BoTiEAU , notaire à Maubeuge.

Bouvier fils, k Solre-le-Château.

Boy (Casimir), propriétaire au Quesnoy.

Bronchart, maire k Saint-Hilaire.

Broudehoux, régent au collège de Lille.

Brunnin, principal du collège d* Avesnes.

Bruyère , greffier du juge de paix k Berlaimont. Bxjisseret , commis k pied k Avesnes.

Carlin (M™«), supérieure des Sœurs de Sainte-Thérèse

k Avesnes.

Carniaux^ huissier k Avesnes.

CARfENTiER, propriétaire à Villers-P^l.

Caverne , pharmacien k Avesnes.

^2 ^ MM

Gbi8 f commandant de la place a Ayesnes.

Ghartiâux, propriétaire à Avesnes.

Chopin, musicien au 10">* de ligne.

Ghbist, pharmacien à Fonrmies,

Gliton , avocat k Avesnes.

Glâvon , notaire k Fourmies.

GoMTESSEy instituteor k Saint- Aubin.

GoopMANjr, conservateur des hypotlièqucs k Avesnes,

GoEBEÂU , propri^ire k Saint-Remy Chaussée.

GoEicuLiER (marq. de), au château d*Âvab (Loire*

Inférieure).

GouRTiif , huissier k Maubeuge»

CaiPEZ I maire k Bavai.

CuissET I propriétaire k ^claibes.

Danboi8-M AiLLARD , négociant k Maubeuge.

Davoine f notaire k Avesnes.

Dausse f sons -préfet k Avesnes,

De GuERfcs ( baron )^ maire a Douai.

De Guerne , substitut k Avesnes.

DELAcnifTAf. , maître de Verrerie k Sars-Polcries.

Delamnote (Frédéric), prop. k Vendegies-au-Bois^

Delcroix (Pierre) , propriétaire k Berlaimont.

Delcroix, homme de lettres k Cambrai.

DelebeceEp notaire k Solre-le-Q^âteau.

Delflache, artiste vétérinaire k Avesnes*

Demeuninck , employé de la préfecture du Nor4.

Denis, curé k Avesnes.

De Prêsea0, propriétaire k Hngémont^

Despret, maire a Anor.

DtQUESNE, institateur k Trélon.

Devise père, propriétaire k Landrecies.,

MM

Devise fils, entrepreneur des routes k Avesnes. DoLLEz, maire a Landrecies.

DoLLEz ( Edouard )> marchand à Landrecies.

DoBois^ commis-greffier k Avesnes.

Dubois , notaire k Trëlon.

Dubois > secrétaire k Trëlon.

DuMESNiL, maire a Damousies,

Emond , notaire k Berlaimont.

EsTiENNE , propriétaire k M aubeuge.

FossBT> percepteur k Eppe-Sauvage.

FLÂME!fT> quincallier k Avesnes.

Froment, huissier k Landrecies.

Gabet y pharmacien k Landrecies.

George , juge- de-paix k Avesnes.

George , propriétaire k l'Epine.

GiLLE , propriétaire k Etrœungt.

GoDEFEOT, médecin k Avesnes.

GoDEFROT (Camille) , k Paris.

GossART, négociant k Avesnes.

Gourdin, professeur de mathématiques k Cambrai. Grard y directeur des postes k Solre le-Château. Groslevin-Delambre (M"*«), prop. k Dompierre. GuftRARD, chefde section au ministère de la guerre. GuiLLEMiN, maire k Avesnes.

GuiLLEMiN f avocat a Avesnes.

GuiLLEMiN (Jules), fabricant de papier, k Sales ; près Rodez.

IlAimoTE (Désiré), avocat k Avesnes. H ANNOTE (Jules) , 9Y0ué k Avesnes

byGoOgl

MM

Haussy , tisserand a Saint-Hilaire.

Hàvée , propriétaire à Boulogne.

Henn^bërt^ juge a Avesnes:

Hennet, percepteur a Berlftiiûont.

Honore , juge de paix au QuesBOy.

HouzÉ> secrétaire de la sous-préfecturé k Âvesses.

HuFTY, maire k Glageon.

HuLiN (Jean-Baptiste), propriétaire k Cartignies.

JoNQuoY^ gre£5ler du tribunal civil a Âvesnes.

hk Chapelle , maître de verrerie a Landrecies.

Lasne (Auguste), propriétaire a Berlaimont.

Lavice, avoué k Avesnes.

Lebeau, greffier du tribunal correctionnel k Avesnes.

Lebeau (Ernest), avocat k Calais.

Lebrun, percepteur k Ferrière-la-Grande.

Lebrun , huissier k Avesnes.

Leduc , régisseur de la Fagne-de-Sains.

Leduc, percepteur k £th.

Le GROS , notaire k Gommegnies.

Legrand, instituteur k Dourlers.

Lelong, répétiteur k Avesnes.

fillÔTE, receveur principal des douanes k Avesnes.

Liox , instituteur k Sain^.

LiÉNARD , huissier k Solre-le-Chitcau.

Lecoq , professeur k TEcole vétérinaire de Lyon.

LoiFp (M«^*«), directrice des postes k AveSnes.

LoTEAu, ancien maire k Gogiiies-Chaussée.

Mairie (la") d'Avcsncs.

Mauérenne , secrétaire de la mairie k Avcsne^.

Malengros, proptiélaire kTrélon.

MM

Manet^ vicaire k Â.vesties.

Marmionon, imprimeur-libraiie k liDaoges.

Marchant^ notaire k Maubeuge.

Mary, propriétaire k Âymeries.

M ART y maire k Berlaimonl.

Marit , juge k Avesnes.

Martin^ propriétaire k Maubeuge. Maurice > avocat k Avesnes.

Méchin (le baron), préfet du Nord.

Merlin, lieutenant-général commandant la 18« division militaire , k Dijon , Me ON 1ER , avocat k Avesnes.

Michaux, libraire k Avesnes.

MoNARD , k Avesnes.

MouQUET, propriétaire a Bcrlaimont.

Normand , instituteur a Bavai.

OoBERT, entrepreneur des fortifications k Avesnes.

Pamart aine , k Solre-le- Château.

Pasqual , notaire k Avesnes.

Passage, greffier du juge de paix k Maubeuge.

Paul , avoué a Avesnes.

Paul, notaire k Berlaimont.

Pauquet fils, k Avesnes.

Petit , propriétaire k Aibes.

Petit, lieutenant de douanes k Bettignies.

PiÉRART, ancien directeur des postes k Avesnes.

PoucEz , propriétaire k Trélon.

RiNGUET, notaire k Avesnes.

RoGiER, juge de paix k Trélon.

^ 6 ^ MfM.

Rousseau , propriétaire k Saint- Hilaire.

SiMAiLLE) curé-doyen de Saint-Pierre a Douai.

Saulniea, chirurgien-major en retraite à Avesnes.

SàUDEMONT, curé-doyen k Etrœungt.

SiSMAisoNS (comte de) » pair de France.

SocitTt d'Agriculture de rarrOndisscment d* Avesnes.

SocitTt de Lecture du collège d'Avesnes.

Spick, hôtel du nord à Maubeuge.

Taillandiea f conseiller k la cour royale de Paris.

Thieuleux , propriétaire k Solre-le-Château.

Thomas, instituteur k Ohain.

ToEBT , architecte k Avesnes.

ToRDEux (Emile ) , propriétaire k Avesnes.

Toussaint, brasseur k Maubeuge.

Teusst (Marins^ /architecte k Avesnelles.

Valin , propriétaire k TÉpine.

y AN A CKÈRE, imprimeur-libraire a Lille.

Yendamme , secrétaire de la mairie au Quesnoy^.

Yen DOIS 9 médecin k Maroilles.

YiRLET, ingénieur des mines k Paris.

Walkiers (Eugène), professeur de musique a Paris.

Walrand , notaire k Maubeuge.

Wallerand, instituteur k Féron.

WiART y médecin k Sains.

WiART, propriétaire k Liessics.

Wii«LAUME , conservateur des hypothèques^ k Ancenh.

Il existe encore un petit nombre d'exemplaires des Promenades dans l* Arrondissement d'Avesnes, par ;il** Ou6kbsit-BÉMB&Y , dont le présent ou*rrage forme le complément;

2 TOLUMES IH-12. = PfilXy 5 PftiHCS.

On peut en. faire la demande à M. Yibouz^ imjprimeur-llbraire , à A?esnes.

C^ocaiL. ei^ peudoiu. îcu Goiidoào/''

Des bords deTOise ï ceux du Rupel, la contrëCy couverte d^épaisses forêts, de Hiaraift fiiikgeux, de landes k perte de vue ; r es serré e entre deux grandes ririères sonrent dâiordées, etâtfllonnécde courans d'eau, avait un aspect éminenMnent Sauvage* Des huttes gauloises étaient di^ersées dans les plaines ouïes clairières. Plusieurs tribus de Germains nomades ayant Iranclii le Rhin, environ deux siècles avant Fère vulgaire, la plupart se fixèrent te kmg de ce fleuve ; celle des Nerviens traversa la Meuse, s'aendit jusqu'aux rives de TEscaut, et s*éUbHt dans cette partie des Gaules, après en avoir détruit oa chassé les babitans.

Quelquies lignes tombées de la plume d'im guerrier composent k peu près toute Thistoire d'une nation digne, par sa valeur, d'ttne éclataitte célébrité. Les Nerviens ne nous scmt guère comsus que par la catastrc^e qui termina en quelque sorte leur existence.

Sous un climat plus doux, rapprochés des Gaulois , moitts barbares, ils se civilisèrent sans rien perdre de leur fieiléi de leur bravoure, ni de l'ausléiité de leurs mœurs. Leurs usages différaient peu de ceux des autres peupbdes de la Germanie, k laquette ils se glorifiaient de devoir leur origine, mais ils avaient moins de dédain pour les travaux

! (i) PrAKttent de* Estais de M. le Préiident L. . . . . inr l'aprroBdUieneat d^Afeivet.

paisibles de ragricuhure. Its vivaient du produit de leurs champs, de leurs troupeaux et de leur chasse.

Us avaient la taille haute et bien proportionnée, les membres nerveux, la peau blanche , les yeux bleus, le regard farouche, les cheveux d'un blond ardent, la démarche altière, les mouvemens brusques, la voix forte et menaçante.

Leur vêtement se composait d^une sorte de tuiiii|iie étroite y collante et chamarée qui descenclaû jusqu^an dessous des hanches, et à travers laquelle se dessinaient toutes les formes du corps ; de longues chausses assez amples , et d''nn sayon attaché sur Tune ou Tautre épaule, ou sur la poitrine : c^'était une espèce de petit manteau carré, de peaux tachetées ou bigarrées, avec le poil en dedans : celles des animaux les plus féroces étaient les plus estimées. IjCs fcmmes vêtues en toutes saisons d'une robe de lin, bordée de pourpre et sans manches, qui leur laissait les bras et le haut de la poitrine entièrement découverts, y ajoutaient, dans les temps froidsyd'élégantes fourrures. Elles avaient un grand soin de leurs cheveux ^ qu'elles retroussaient artistement sur la tête en y mêlant des fleurs, et portaient un voile blanc nuancé de rouge. La chaussure, faite' de cuir, de peau, de joncs ou d^éccrces d^arbres, était la même pour les deux sexes, et avait la forme d'un soulier recouvert sur le cou-de-pied.

Les Nerviens ne se montraient pas en public sans armes. Chacun d^eux avait à la main une lance ou plusieurs traits, un écu peint 'de couleurs éclatantes au bras gauche, au côté droit une longue épée sus])endue k une chaîne, et une sorte de coutelas au côté opposé.

Leurs demeures* n'étaient ni agglomérées cfn villes, ni rassemblées en hameaux. Dispersées et solitaires, l'une s'élevait au sommet d'une colline, l'autre s'enfonçait à l'extrémité d*un vallon ; assise au bord d'un ruisseau, celle-ci occupait le milieu' d'une riante prairie; celle-là, bâtie h mi-côte, dominait une plaine vaste et fertile. Le plus ou le moin? d'agrément ou de commodité avait déterminé le choix du site. L'édifice était de forme circulaire, composé de claies enduites d'une terre luisante, et couronné d'un dôme de paille ou de roseaux. Tout autour régnait une haie épaisse surmontée, d'espace en espace, de la cime haute et touffue des arbres destinés a protéger l'habitation contre la violence des vents. On conservait les grains et les antres provisions dans des souterrains dont l'ouverture était cachée , et qui ^rvalént de retraite en cas de surprise.

Des pâturages immenses, arrosés par quantité dé ruisseaux, nourrissaient de nombreux troupeaux de bœufs. Les troupeaux de brebis, dispersés sur les hauteurs, y broutaient le thym sauvage et d'ar- Ires plantes odoriférantes. On n'entretenait qu'un petit nombre de chevaux.

Les champs produisaient du fioment, de Torge, du seigle, de l'avoine, du lin, des pois, des fèves. On cultivait aussi quelques racines et quelques plantes potagères. Les fruits étaient rares et d'un goût très acre.

Le gibier abondait dans les bois et les bruyères, et les eaux contenaient d'excellent poisson d'espèces variées. Il est vi'aisemblable que les Nervîens mangeaient peu de poisson; mais ils employaient à la chasse le temps qu'ils ne consacraient pas aux expéditions militaires ou aux plaisirs de la table.

La chasse n^élfl il pas pour eux un simple diveiii»- ' sèment: c'était une véritable occupation. Elltf ouvrait aux jeunes gens la camère des distinctions et ue la gloire* On accueillait avec des applaudisse-» mens et des acclamations, on comblait publiquement de louanges ceux d'entre eux qui rapportaient le plus de cornes d'aurochs. Parmi les animaux féroces qui dominaient dans les forêts, et dont les plus communs étaient les loups, les ours, \kfi ^ngUers, le pi us^ formidable était Taurochs ou tajoreau sauvage. U avait l'extérieur d'un bœuXet n'en différait que par Ténormité de sa ta^le, son agilité, sa force et son extrême férocité.

Les travaux grossiers et les soins domestiques étaient abandonnés aux serfs, aux femmes, aux gens da.pyçuple.

.Ravalées dans leur intérieur au rang des esclaves, élevées dans l'opinion au-dessus de la conditiçn humaine, les femmes i emplissaient Tintervaile incommensurable qui sépare ces deux extrêmes et le]|ir. destinée offrait d.'ûiexplicables contrastes. l«e|ir sexe était pour les Nei'viens, comme pour les autres nations du Nord , l'objet d'une soite de culte: on croyait qu''ily avait en elles quelque chpse de divki. Ofi ne doutait pas qu'elles ne p^ nétrasaent^ avec, une égale pei-spicacité, les abîmes du passé, W& secrets du présent et Içs profondeurs de l'avenir. Néan^iotns, avec la réputation de commander a la nature entière, elles ne pouvaient se diq>enser d'obéir k toutes les volontés de leurs maiis, qui avaient sur elles droit de vie et de mort. Unhomme engagédans les liens du mariage venaitil à.succofnber atteint, d'un mal inconnu, on mettait la veuve à la torture et, k moins qu'elle ne fut assez heureuse pour dissiper les soupçons , elle

• DigitizBdbyVjOOQlC-.

iHait tondamaée à empirer dans d'horribles tourmens.

te jeune Nenrien à qui les charmes 4^utie belle NervienneaTaient inspiré le désir de Fëpouser s'introduisait auprès d'elle avec les présens qu'il lui destinait : s'ils étaient agréés par les parens, il en recevait de semblables en échange et le mariage était conclu. Cette union itait indissoluble et sacrée. Compagne inséparable de celui auquel une femme avait donné sa foi, elle devait Vaiderl fournir la tache de la vie, en partager avec lui les biens et les mauxl, et quelquefois en consommer avec lui le sacrifice. C'est ce que signifiaient le trophée d'armes, la framée, la dague, le bouclier suspendus au-dessus de la couche nuptiale, et le joug, la paire de bœu6, le cheval enhamaché, qui composaient, avec ces armes, les dons que les époux s'étaient faits mutuellement, et qn^on avait eu soin d'assortir ainsi pour offrir un emblème des devoirs de la société conjugale. On n^eA connaissait ni de plus saints,ni de plus doux. Quoiqu'ils les assujétissent k de pénibles travaux et que, souvent, ils les associassent même ii leurs dangers , les maris regardaient leurs femmes comme d'aimables compagnes que le dd leur avait données pour embellir leur existence et en all^r le poids, eil lé soutenant avec eux; ils les aimaient, les considéraient et avaient pour elles beaucoup d^égards et de déférence. De leur côté , les femmes avaient pour leurs maris ces soins affectueux , ces attentions touchantes , ces flatteuses prévenance^ qu'inspirent la tendresse et le besoin de plah'e. Leuts utiles et continuelles occupations les présertaient des travers qu'engendrent le désœuvrement et remiui . Simples dans leurs goûts, sobres dans* leurs repas.

elles n*avaient d'autre luxe que celui d'une propreté poussde jusqu'à la recherche et ne faisaient point usage de liquçurs enivrantes. La pudeur chez elles était moias une vertu qu'une sorte d'heureux instinct : aussi la paix des familles était-elle rarement troublée par le scandale d'une flamme adultère; mais alors la vengeance ne pouvait manquer de suivre de près l'outrage. Le mari d'une femme coupable devenait son juge et son bourreau. Après l'avoir dépouillée de sa chevelure et de ses habits en présence de ses parens assemblés, il la chassait delà demeure commune et lui faisait parcourir, en la fouettant, tous les détours du canton.

On exposait, sur un bouclier flottant au milieu des eaux, Tenfant dont la naissance précoce ou tardive semblait accuser la mèi«. S'il venait à s'enfoiv^ cer et à être englouti, il n'était plus permis de douter du crime: si, au contraire, les zéphirs le ramenaient vers la rive mollement bercé sur les flot», la mère, pleinement justifiée, et l'enfant, remis dans ses bras, étaient reconduits en triomphe. On soumettait les jeunes filles à d'autres épreuves. Les mouvemens d'une pierre énorme, placée en équilibre sur d'auties pierres, maïquaient avec précision le plus ou le moins de coïkâance qu'il convenait d*accorder k leurs protestations. Les plus chastes n'approchaient qu'en tremblant de ces masses mobdes dont l'usage était néanmoins peu fréquent. Une heureuse ignorance des moyens de séduction servait de sauve-garde à l'innocence, et la honte attachée aux amours illicites leur fermait les cœurs. Il eût suffi d'un moment d'oubli pour exposer k de perpétuels regrets celle qui aurait eu k se le reprocher. Ni la jeunesse, ni la beauté, nii''éclat de la naissance ou des richesses n'auraient pu la

sauver du des1iOQueur,mlui faire trouver un époux. Les enfans, allaités par leurs mères, toujoui*s nus, exposés aux diverses impressions de l'aii', rampant dans Tordure^ se jouant au milieu des ti'oupeaux, jouissant d*une entière liberté , acquéraient, en croissant, une vigueur et une taille qui devaient en faire un jour des hommes formidables. Les jeunes gens s'accoutumaient dc.bonne heure k suppoiler la fatigue, le froid, la faim ; k coucher sur la terre humide; k traverser les rivières k la nage ; a devancer k la course les animaux les plus légers. Quelle que fût leur inclination pour les arme», ils ne pouvaient en porter avant d'avoir été publiquement reconnus capables d'en faire usage. Celui qui avait été jugé digne de cette faveur paraissait dans Tassend}Iée,et la, son père ou l'un de ses proches^ et quelquefois un des chefs de la nation, Tarmait de Técu et delaframée. Jusc^u^kce moment, il n^avait appartenu qu^a sa famille,, il devenait dès lors un des membres de la société. Cette cérémonie auguste et touchante marquait le passage de Fadolescence k l'âge viril.

La nation était gouvernée par des magistrats et commandée par des chefs ; mais Fautorité des magistrats était subordonnée k celle de rassemblée générale, qui en préposait un dans chaque canton pour y rendre la justice avec les assesseurs qu^elle lui adjoignait. Les braves» choisis dans la même assemblée pour commander,, devant compter bien moins sur leur pouvoir que sur leur ascendant, n'étaient surs d'être obéis qu'en inspirant la confiance et en excilant l'admiration par le.ur liabileté, leur vigilance, leur valeur, l'habitude de se ipontrer les pienriers aux endroits où il y avait des dangers k courir. Les divers emplois de la nu-

gistrature ne se conféraient qu'a ceux qui tenaient * un rang diaiingué dans la nation, excepté les fonctions d'assesseurs qui étaient exercées par les différentes classes d'hommes libres ; mais tous ceux qui sMtaient signalés par leurs exploits, quels que fussent leur rang et leur naissance, avaient droit de prétendre au commandement.

Les magistrats, a Fexemple des dieux, siégeaient sous des chênes. La répression des désordres et la connaissance des différends entre particuliers étaient dans leurs attributions, mais les accusations graves devaient être portées devant l'assemblée générale. La législation d^un peuple dont les institutions étaient si simples ne pouvait être compliquée. On pendait aux arbres les traîtres etles transfuges, les Uches et les infâmes étaient ensevelis dans la fange ; les dâits moins graves étaient punis d^une amende. Les lois civiles, en petit nombre, réglaient les tutelles , Tadoption , les échanges , les divers modes de transmission de biens.

L'assemblée générale de la nation s'ouvrait , k moins d'événemens imprévus, au commencement soit de la nouvelle, soit de la pleine lune. On n''y observait aucun ordre de préséance : chacun prenait k son arrivée une place de soh choix, ou celle qui lui était assignée par le hasard ou par les mouvemens de la foule. Lorsque rassemblée était formée, les officiers qui en avaient la police imposaient silence. Alors, un des assistans, du nombre de ceux k qui leur rang, leur âge, leur éloquence, ou des actions d*éclat , donnaient le plus de prépondérance, haranguait la multitude. Dès qu'il avait cessé de parler, des murmures d'improbation ou le cliquetis flatteur dçs armes lui apprenaient Teffbt qu'il avait produit.

Les Nerviens étaient divisés en nobles, en roliiliers et en serfe. Les nobles et les roturiers composaient la nation. Les serfs avaient , comme les hommes libres, leurs familles, leurs cabanes, et la propriété des choses k leur usage ; mais ils devaien t rendre a leurs maîtres, les uns du grain, les autres du bétail ou des vétcmens ; il fallait en outre qu'ils exécuta<%sent leurs ordres quand ils en recevaient, car la plus l^ère désobéissance pouvait être punie de mort. Quant aux offices de la domesticité, ils étaient exercés dans chaque logis par la femme et les eufans de celui qui en était le chef, quelle que f&t sa condition.

XjCS artisans, peu nombreux en chaque genre, étaient soit des serfs, soit des gens du peuple. Us travaillaient le bois, les métaux, le lin, les peaux de bétes, et l'argile quMls façonnaient en vases. Les ouvrages sortis de leurs mains dénotaient, comme ceux des peuples sauvages, plus d'adresse et de patience que d'art et de goût. C'étaient, avec quelques instrumens grossiers, des tissus et des ustensiles d'un travail paiement brut. La légèreté et une sorte d'élégance, jointes a beaucoup de solidité» rendaient pourtant leurs chariots remarquables ; mais ils déployaient surtout les ressources de leur industrie dans la fabrîcation des armes : ils y. prodiguaient les soins et les omemens.

Le^ Nerviens ne souffraient pas qu'on se livrât chez eux au commerce. Ils avaient des marchands la même opinion et la même défiance qu'on a, dans toute société policée, de ceux qui s'abandonnent à des spéculations honteuses oucontraires aux bonnes mœurs. Trouvant dans leurs champs ou dans lenrs forêts tout ce qui convenait \k leurs besoins, ils regai-daient les productions étrangères

comme des superfluités dangereuses , propres k enirelenir la mollesse el a énerver le courage.

La magie, la divinalion, l'art de tirer des augures, le secret de guérir par enchantement étaient A peu près les seules sciences que leurs sages cultivassent. Leurs connaissances en astronomie se réduisaient a savoir distinguer les diverses phases de la lune, dont les unes indiquaient le temps favorable aux entreprises, les autres celui où il fallait se garder de rien entreprendre. Ils comptaient par nuits et non par jours. Cet usage était commun aux Germains et aux Gaulois chez qui la durée de chaque période étant réglée par les mouvemens de la lune, le moment où cet astie se montre sur rhorizon devait naturellement commencer Tespace auquel correspond notre jour civil.

Quoiqu'ils n'eussent aucune teinture des beaux arts et qu'ils ignorassent même l'usage de récriture, ils n'étaient pas insensibles aux charmes de la poésie. Ils célébraient par des chants , dont les paroles étaient mesurées et cadencées, les louanges des . dieux, les merveilles de la nature, les exploits des héros. La nation n'avait pas d'autres annales.

Leurs divinités, plus faites pour inspirer la défiance que l'amour , la crainte que la reconnaissance, étaient irrascibles, cruelles, impitoyables et sauvages comme l'appareil de leur culte ou l'aspect des lieux qui leur étaient consacrés. Elles n'avaient ni temples ni statues : on les invoquait dans répaisseur des bois, sous les voûtes d'un sombre feuillage également impénétrable aux rayons du soleil et au soufEle deszéphirs, et dont l'immobilité lugubre et la mystérieuse horreur ne pouvaient manquer de glacer les cœurs d'effroi. C'était là qu'on leur offrait les dépouilles des vain-

CMS ou les membres dépecés des victimes humaines. On suspendait ensuite aux branches des arbres voisins ces sanglantes offrandes.

On ignore si le druidisme était en Nervie la religion dominante , mais il y fut du moins adopté. Toutefois , il est douteux que les Druides y aient eu la même prépondérance qu^en d'autres contrées. Tranquilles possesseurs d'une grande étendue de pays , Tes Nerviens formèrent une nation puissante et formidable. Ils subjuguèrent leurs voisins qui devinrent leurs tributaires. Ils tenaient dans Teur dépendance les Centrons, les Grudiens , les Levaciens, les Pleumosiens, les Gorduniens, peuplades dont les noms seuls ont passé a la postérité et dont la trace même est inconnue.

La conquête d*un sol plus fertile et d'un climat moins rigoureux fut jadis l'objet constant de l'ambition des peuples du Nord. Les Cimbres et les Teutons , allant chercher d'autres terres sous un ciel plus doux, voulurent traverser celles des Nerviens; ils furent repoussés (vers l'an 113 avant l'ère vulgaire) et durent s'ouvrir nn passage k tiavers les bois et les fourrés ou la fange des marais.

Les Helvétiens, séduits parles promesses de leur chef Argetorix, brûlèrent leurs chaumières, abandonnèrent leurs montagnes ( an 68 avant J.-C. ), dépassèrent leurs limites , et fournirent aux Romains un prétexte pour ramener dans les Gaules leurs armées victorieuses.

En vain au milieu de ces contrées florissantes eûton cherché les descendans des guerriers qui avaient enrichi leur patrie de la dépouille du temple de Delphe,et qui, sur le point d'effacer de la terre la ville éternelle, n'avaient consenti qu'au poids de l'or a lui laisser suivre ses destinées ; en proie aux

«!• iS •<»

di^scorcles civile», les Gaulois avaienl appelé Télrangei au seiQ de leur commune patrie, et déjà sous le jQUg , ils allaient avek bientôt sujet de s'écrier , comme leurs ancêtres, mais dans un sens inverse : Malheur aux vaincus !

La défaite des Heïvéliens^ le voisinage de César à la tête d'une armée triomphante et la sujétion dans laquelle H tenait les Edues et les Séquanais qui, opprimés par de nombreuses troupes de Germains, Pavaient appelé a leur secours, inquiétèrent les Belges. Dans la vue de garantir leur territoire d'une invasion, ils se liguèrent et mirent sur pied une armée de près de 300^00 hommes, dont les Nerviens fournirent plus d'un sixième. Le chef des Suessioniens , auquel le commandement fut déféré, se porta sur Bibrax défendu par les Rémois, qui n'avaient pas voulu entrer dans la coalition. Quoique attaquée avec moins d ai-t que de bravoure et opposant une» vigoui'euse lésistance, la place eÂt été vraisemblablement emportée si, k Tappaiition des cavaliers numides, des archers Cretois, des frondeurs baléares, détachés de l'armée romaine, les assaillans n'avaient jugé k propos de se retirer. Ils se répandirent aux alentours qu'ils dévastèrent, incendiant les habitations , ravageant les campagnes, et se dirigèrent vers le camp de César, Us furent battus (an 57 avant 1. C.)) se séparèrent et se soumirent. Les Nerviens seuls , indignés de cette lâcheté, n'adressèrent point de députation au vainqueur. Il résolut de les en punir.

S'étant informé de leur caractère et de leurs mœurs, il apprit que c'était une nation fière, intrépide, de mœurs austères, qui s'était interdit l'usage du vin et des autres superttuités de ce genre, et, que blâmant énergiquement les autres Belges de

leur S(Kimission, elle leur i^iochaât d'avoir dégé-. uéré de la vertu de leurs pères.

Cependant les Romains, s^avancant a grandes journées , étaient arrivés au bord de la Sambre avant que les Nerviens eussent reçu de leurs allié* d^autres renforts que ceux qui leur étaient envoyés par leurs voisinsles Atrébatesetles Véromanduens. Us ne s'en précipitèrent pas moins au-devant de l'ennemi. Le combat fut tellement meuilrier, que César, obligé de se couvrira la hâte des armes à\\n simple légionnaire , courut personnellement les plus grands dangers. Déjà son camp était envahi ; la confusion s^ëtendait dans toute Tarmée; les goujats, les frondeurs, la cavalerie numide fuyaient, et celle des Trévires, abandonnant a toute bride un altië qu'elle jugeait abandonné de la victoire, annonçait au loin la défaite des Romains. Cependant la présence du chef et l'arrivée de Labienus, dont la légion n*avait pas été entamée, leur avaient rendu le courage. Le front des Nerviens était jonché de cadavres qui bientôt, en s'entassant, formèrent un sanglant et horrible rempart du haut duquel ceux qui pouvaient encore se tenir debout faisaient pleuvoir des traits. Quoique l'ardeur des combattans ne parut point se ralentir, on cessa de combatti'e (même année 57).

L'armée des Nerviens de 60,000 guerriers était réduite a 500, et il ne restait que trois de leurs 600 chefs. Roduognat, qui les avait commandés, ce Vaillant défenseur de la liberté de sa patrie, gisait probablement étendu sur cette teiTe où sa mémoire est oubliée, quoique le nom du vainqueur soit encore dans toutes les bouches.

Avant d'aller attendre les Romains, les Nerviens avaient mis leurs femmes, leurs enfans ^t leurs

\ieillavds en sûrelé,dans des lieux en quelque sorte inaccessibles, au milieu de marais profonds. César, l'mu de piti(^, n'usa point des droits de la vicloire envers les faibles restes d'une nation si valeureuse : il leur laissa la liberté et leur rendit leurs possessions.

Trois ans s'étaient pcoulés quand le conquérant, obligé par la disette des vivres de répartir ses trou- ])es dans divers cantonnemens assez éloignés les uns des autres, envoya la légion de Quintus Cicéron sur les terres de» Nerviens. Elle s"'y renferma dans un camp fortifié. Le clief des Eburons, Ambiorix, ayant massacré la légion de Sabinus et de.Cotta qu'il avait attirée au fond d'une vallée, dans la forêt des Ardennes, et s'étant. fait joindre a son passage par un grand nombre d''Atuatiques, marcba droit au camp de Cicéron. Il trouva d'autres auxiliaires dans les Nerviens.

Le camp fut cerné (an 54 avant J.-C.)? les assiégeans l'entourèrent d'une circonvallation baute de onze pieds et d'un fossé profond de quinze. Leur ardeur était telle que, privés des outils nécessaires, ils coupaient le gazon avec leurs épées, et en transportaient les mottes dans leurs sayons. Ils entrepi irent, avec Taide de quelques transfuges, de fabriquer des machines de guerre : ils charpentèrent des tours, forgèrent des faux, prt'parèrent des tortues. Us lancèrent des globes d'argile ardens et des traits enflammés sur les barraques que les Romains avaient substituées aux tentes et qui étaient couvertes en cliaume,à la manière des Gaulois. Tandis qu'à ti avers d'épais nuages de fumée les flammes s'étendaient en vastes tourbillons, ils s'approchèrent des retrancbemens à la faveur du désordre, en poussant de grands cris, el tentèrent un assaut;

gitized

bvGoOQli^..

mais ils furent repousses et contraints de se lelii ev avec perte. Néanmoins cette journée fut désastreuse pour les assiégés dont la soufli-ance était déjà extrême. Cicéroû, qui, malgré le mauvais état de sa santé, ne se donnait point de repos, attendait avec anxii'té des secours dont sa situation rendait le besoin si pressant.' La légion , excédée de fatigues, avait beaucoup de malades et surtout de blessés. Une lettre de César attachée a un javelot fiché au haut d^une tour, où il ne fut aperçu que deux jours après y avoir été dardé, et la lueur des incendies qu'on remarqua dans le lointain, ramenèrent l'espérance dans tous les cœurs. César arrivait en personne.

Les Nerviens et leurs alliés allèrent a sa rencontre au nombre d'environ 60,000. Il en fut informé, vers le milieu de la nuit, par les lettres que lui remit, delà part de Cicéron, un Gaulois qu'on avait employé déjà à cette sorte de message. Il fit aussitôt assembler ses cohortes, leur communiqua les lettres de Cicéron et ordonna les dispositions nécessaires, n se remit en route le lendemain a la pointe dnjour ; mais à peine avait-il fait quatre mil les qu'il distingua des bandes nombreuses au-delà d^une vallée profonde coupée par un ruisseau. Il suspendit sa marche et, malgré le désavantage des lieux,il résolut d^y camper. Quoique ses forces ue fussent guère supérieures au dixième de celles qui devaient lui être opposées , il voulut les faire paraître moindres encore, en resscnant les limites de son camp , afin d*augm enter la présomptueuse confiance des Gaulois. Les parapets eurent plus d'élévation que de coutume, les portes furent bouchées avec du gazon, pei'sonne ne resta en dehors, on donna tous les signes d'une crainte extraordi-

naire. Ce stratagème réussit. Les Gaulois , qui croyaient n^avoir qu^à se saisir d*une proie facile, s'avancèrent en foule, entourèrent le camp et commençaient a Tescalader, lorsque les Romains, sortant tout-a-coup par toutes les portes, se précipitèrent sur les assaillans , tuèrent tous ceux qu'ils purent atteindre et mirent les autres en fuite. Ceux qui purent échapper , a la faveur des bois et des eaux fangeuses dont ces lieux sauvages étaient remplis, se dispersèrent.

Loin de se décourager, lesNerviens, plus animés par leurs défaites^ entrèrent avec les Trevires, les Senones, les Carnutes et les Atuatiques dans la confédération que ces peuples formèrent pour se délivrer de la domination des Romains. Mais cette détermination eût pour les premiers un résultat funeste. Induciomare , lechefdesTrevires, qui devait commander les confédérés, ayant été battu par Labienus et tué dans sa fuite, Gé^r surprit lesNerviens avant qu^ils fussent en armes , ravagea leurs terres, incendia leurs habitations, enleva les hommes et les troupeaux et les distribua à ses troupes, (an 52 avant J.-C.)

L*armée,que toutes les natioQs gauloises envoyèrent au secours d^Âlise , conten^t des Nerviens. Elle se réunit sur les terres des Edues, qui les premiers avaient pris les armes. On y comptait 8,000 cavaliers , le nombre des gens de pied était de 240,000. Elle fuk vaincue, et avec elle s'évanouit la liberté des Gaules (an 51 avant J.-G.).

IMPRIMEBIE DE C. VIKOUX, A AVESNES.

This book should be returned to the Library on or before the last date stamped below.

A fine is incurred by retaining ît beyond the specified time.

Please return promptly.

oogle

Page 1