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Précis de l'histoire de l'anatomie

En publiant ce précis de l’histoire de l’anatomie , nous avons cru satisfaire à un véritable besoin de la science.

En effet , si toutes les sciences gagnent à être étudiées sous le point de vue historique , l’anatomie y trouve un intérêt spécial ; car elle a ceci de particulier, que son histoire se rattache à celle des hommes qui l’ont créée , et qu’en consacrant des noms propres aux organes successivement découverts, elle a imposé au médecin l’obligation de connaître la vie et les œuvres de ceux dont elle a voulu ainsi perpétuer la mémoire.

Et pourquoi ne le dirions-nous pas ici : En parcourant cette longue série d’anatomistes célèbres qui se déroule depuis Yésale jusqu’à nos jours, nous n’avons pu nous garder d’un juste sentiment d’orgueil, en voyant la part immense que les anatomistes belges

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ont prise à la fondation et au perfectionnement de l’anatomie ; et nous n’avons pu nous empêcher de faire connaître les litres qui les recommandent sous ce rapport.

On comprendra que les limites d’un simple précis ne nous ont pas permis de faire un examen spécial de tous les auteurs qui ont écrit sur la matière. Nous nous sommes attachés seulement à faire connaître l’état de la science aux différentes époques qu’elle a parcourues. A cet effet , nous avons pris dans chaqu’une d’elles les ouvrages qui nous ont paru représenter le mieux cet état, et nous en avons donné une analyse aussi complète que possible.

Nous nous sommes fait une règle constante de puiser aux sources, et le plus souvent, afin de ne pas altérer la pensée des auteurs, nous avons reproduit le texte lui-même. De cette manière , cette partie historique s’est grossie de nombreuses citations latines, que cependant nous ne pouvions éviter sans diminuer le degré de confiance que toute analyse d’ouvrage doit inspirer.

Nous croyons que ceux qui s’intéressent aux fortes études et aux progrès des sciences, approuveront à cet égard l’idée qui nous a guidé, et qu’à leurs yeux nous sommes justifiés d’avance.

Quoi de plus indispensable en effet pour celui qui veut se livrer à de sérieuses investigations que de se familiariser avec la langue des anciens auteurs?

Jusqu’au 18me siècle, le latin a été la langue scientifique ; y rester étranger , ou ce qui est à-peu-près la

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même chose , se contenter d’une connaissance superficielle de celte langue, c’est se condamner à ne point profiter des travaux des Vésale, des Willis, des Malpighi , des Boerhaave , des Haller et de tant d’autres illustres auteurs , qui offrent des mines inépuisables de science à celui qui veut les consulter.

Nous aurions pu, comme c’est l’usage, rejeter toutes ces citations en notes ; mais nous avons cru qu’en les intercalant dans la matière même du livre, sans en donner la traduction , nous engagerions ceux qu’une trop grande répugnance ou un défaut d’habitude éloignent de l’étude du latin , à faire connaissance avec les anciens auteurs, quils apprendront à apprécier et à admirer du moment où ils les auront lus.

Nous avons divisé cette histoire en cinq grandes périodes : la première embrasse l’état de l’anatomie depuis son origine jusqu’aux temps modernes , et donne ainsi l’exposé des connaissances anatomiques chez les anciens.

La seconde période comprend l’état de l’anatomie depuis la restauration des lettres et des sciences en Europe jusqu’à la fin du 16me siècle, époque féconde en progrès, et dont Vésale est le représentant le plus illustre.

La troisième nous fera connaître l’état de l’anatomie pendant le 17me siècle, et les découvertes importantes qui l’ont signalé, découvertes auxquelles se rattachent les noms d Harvey, de Bartholin, de Rudbeck, de Malpighi, de Willis, de Ruysch, etc.

Dans le cours de la quatrième période (18me siècle),

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nous verrons l’anatomie se compléter dans ses différentes parties : L’anatomie expérimentale avec Haller et Spallanzani, l’anatomie des tissus avec Bordeu et Bichat, et enfin l’anatomie pathologique avec Valsalva et Morgagni.

Dans la cinquième période (19me siècle), le champ de la science s’agrandira encore , et l’anatomie comparée lui prêtera son utile concours.

Nous n’avons pas besoin , pensons nous , de légitimer l’utilité de notre travail. Tout le monde aujourd’hui sent l’importance des études historiques ; on comprend que quand elles ne sont pas là pour éclairer d’une vive lumière les travaux de l’esprit, la confusion et l’anarchie s’y introduisent 5 qu’on se consume en stériles efforts , et qu’au lieu de marcher à la conquête de vérités nouvelles, on reproduit péniblement de vieilles observations et les vieilles idées ; que si au contraire on aborde la science après de consciencieuses éludes de ce qui a été fait avant soi, on sait vers quel but diriger ses efforts , on connaît les lacunes et on peut avoir l’espérance légitime de les combler; car si tous les savants ne peuvent prétendre à la gloire des génies créateurs , tous , ouvriers modestes mais utiles , doivent apporter leur pierre au vaste édifice des sciences qui s’élève par le concours des générations.

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Administrateur-Inspecteur de l’Université de Gand.

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