FONDATION DE LA MÉDECINE DES AUABES
tous les monuments. C’est ainsi que la bibliothèque d’Alexandrie fut impitoyablement brûlée. Cependant de ce grand désastre il échappa assez de débris pour empêcher le foyer des connaissances humaines de s’éteindre: quelques hommes de cœur, parmi lesquels l’histoire cite avec reconnaissance Jean le grammairien , firent tous leurs efforts pour soustraire aux flammes les ouvrages les plus précieux et réussirent dans leur sainte entreprise. Avec ces livres le goût des sciences et des lettres se répandit bientôt parmi ceux qui étaient venus pour les détruire ; aussi , lors de la décadence de l’empire des Grecs en Orient , ce ne fut plus que chez les Arabes qu’on rencontra des géomètres, des astronomes , des mécaniciens , des médecins et des philosophes. C’est en Espagne, surtout dans les provinces soumises à la domination des Maures, que ce goût pour les sciences se développa. Des écoles et des académies y furent fondées : déjà dès le Xme siècle on voyait à Cordoue une bibliothèque qui renfermait plus de deux cent mille volumes. Séville , Murcie eurent clés écoles savantes , alors que les peuples de la chrétienté étaient encore plongés dans la plus profonde ignorance. Et encore aujourd’hui les ruines des monuments qu’on admire dans ces villes attestent le goût éclairé des Abencérages.
Ap rès la prise d’Alexandrie, son école de médecine continua à subsister et se soutint jusqu’au delà du 9me siècle. Sa transformation donna naissance à la médecine des Arabes , médecine où l’observation sage de la nature fut malheureusement remplacée par des fictions et des théories. L’anatomie ne semble pas cependant avoir été entièrement abandonnée : bien que le Coran condamnât l’ouverture des cadavres humains comme une profanation sacrilège, les médecins arabes placèrent cette science, ainsi que la physiologie, au premier rang des connaissances du médecin eL duchirugicn.