SYLVIUS
Guido avait apportées d'Italie. Le premier, connu généralement sous le nom deSylvius, naquit à Louvilly, dans le diocèse d’Amiens, en 1478. Appartenant à une famille nombreuse et pauvre , il dut consacrer scs premiers talents aux besoins de la vie. Son frère aîné, principal du collège de Tournay , à Paris, et qui professait l’éloquence, le fit venir près de lui en 1514 pour l’instruire dans les belles-lettres. Jacques Dubois fit des progrès rapides , devint bientôt le répétiteur d’une partie des élèves de son frère , et ne tarda pas à posséder une connaissance approfondie du Latin , du Grec , et de l’Hébreu : il cultiva aussi les mathémathiques avec succès. Ce fut alors qu’il commença l’étude de la médecine , en s’appliquant surtout à l’anatomie ; et pour qu aucune branche de la science ne lui fût étrangère , Sylvius fit plusieurs voyages, afin d’étudier les plantes et leurs propriétés. De retour à Paris, il ouvrit des cours qui attirèrent la foule, et son enseignement devenait chaque jour plus brillant , lorsque la faculté de médecine s’opposa à ce qu’il continuât , attendu qu’il n’avait aucun titre. Il se décida alors à se rendre à Montpellier (1550) pour y prendre ses degrés : mais trop pauvre pour payer les frais de réception , il revint la même année à Paris sans avoir subi d’examen. Sylvius ne se laissa pas rebuter; grâce aux privations qu’il sut s’imposer, et à un travail opiniâtre , il parvint à se faire recevoir bachelier en médecine en 1551. Libre alors de toute entrave, il put se livrer à l’enseignement public. En 1555 il professait au collège de Triquet ou Tréguier, pendant que Fcrnel faisait ses leçons au collège de Cornouailles. L’amphithéâtre de Dubois était rempli d’auditeurs , tandis que celui de Fernel était presque désert, différence de succès que le premier devait aux démonstrations pratiques d’anatomie humaine et de matière médicale qu’il joignait à scs leçons.
La réputation de Sylvius était depuis longtemps établie.