PECQUET
l.iibua plusieurs exemplaires de l’ouvrage de ce professeur aux médecins de sa connaissance , et leur abandonna un criminel condamne a mort, pour vérifier le fait sur son cadavre. On fit bien manger cet homme avant de le conduire au supplice, et une heure et demie après sa mort, 1 ouverture du bas-ventre montra le mésentère tout couvert de vaisseaux lactés pleins de chyle (Brcschet).
En 1629, Yesling, professeur d’anatomie à l’université de Padoue, mit sur la voie des vaisseaux chylifères; il observa que parmi les chylifères qui sortent du pancréas d’Aselli(l), les uns se rendaient au foie , d’autres vers la poitrine ; il est probable que cette observation a servi à Pccquet , pour sa découverte. Celle-ci fut faite en 1647, pendant qu’il étudiait encore la médecine à Montpellier. Voici comment il s’exprime à l’égard des usages du canal découvert par Euslachi :
(( Depuis la découverte des vaisseaux chylifères par Aselli, quelques physiologistes pensaient que ces vaisseaux vont se terminer a une grosse glande placée au milieu du mésentère. D’autres se persuadaient qu’ils vont porter dans le foie le liquide qu’ils contiennent , et d’autres enfin regardaient la rate comme leur aboutissant ; mais ils étaient dans l’erreur, et ne raisonnaient point d’après l’inspection du cadavre. Le chyle tient une route différente, il est conduit dans un réservoir placé sur les vertèbres lombaires, qui leçoit tous les vaisseaux que Ion voit serpenter sur le mésentère , et duquel partent de nouvelles ramifications qui vont aboutir aux veines sous-clavières. » (Expérimenta nova anatomica quibus incognitum hactenus chyli recep-
(1) Aselli désignait sous ce nom une niasse de ganglions lymphatiques placés au centre du mésentère.