‹ Précis de l'histoire de l'anatomieChapitre 45 sur 101 · PECQUET · texte numérisé non relu

PECQUET

taculum j et ab co, per thoracem in ramos usqve subclaveos vasa lactea diliguntur. Parisiis 1651, in- 12.)

11 dit s’ètre assuré de l’existence du réservoir du chyle sur différents animaux , des chiens , des bœufs , des moutons , etc. Pecquet est dans l’erreur quant à l’insertion du canal thoracique , qu’il dit se faire à la fois dans 1 une et l’autre veine sous-clavière. Il dit aussi avoir vu la communication du canal avec la veine émulgente , observation qu’il a consignée dans une lettre inseree dans le Journal des savants, année 1668. ( Lettre de Pecquet a M. de Carcavi touchant une nouvelle découverte de la communication du canal thoracique avec la veine émulgente.')

Les recherches de Pecquet s’étaient bornées à des animaux ; il importait de les étendre à l’homme. Celui qui le premier s’acquitta de cette tâche fût l’anatomiste hollandais Jean Yan Horne, né à Amsterdam en 1621. Comme tous les savants de son époque , V an Horn se prépara a scs ti avaux par de fortes études et de fréquents voyages. Après avoir terminé son cours d’études medicales a 1 umvei sité d’Utrecht, il partit pour l’Italie. 11 servit pendant quelque temps dans les armées de Venise. Après divers voyages, il vint à Bâle, où il prit le grade de docteur. Il visita les Universités de Montpellier et d’Orléans , et rentra dans sa patrie. Il fut chargé aussitôt de l’enseignement de l’anatomie et de la chirurgie à Amsterdam, et bientôt après (1655) il eut la même chaire dans l’université de Lcyde, dont il fut un des ornements. 11 mourut le 5 janvier 1670.

Ses recherches sur le grand canal thoracique sont consignées dans son Novus ductus chyliferus, nunc primum delineatus, descriptus, et eruditorum examini expositus. ( Lugd . Batav. 1652, in-4°.) Il y démontre que tous les vaisseaux chylifères se réunissent vers les premières vertèbres lombaires en un seul canal , mais d un diamètre

BARTI10L1N.

assez gros, qui gagne le haut de la poitrine, en se rétrécissant à mesure qu’il se rapproche de la veine sousclavière gauche, vers laquelle il commence à s’incliner à partir de la sixième vertèbre dorsale , et qui après son origine, a 1 habitude de se bifurquer en deux rameaux qui se rejoignent vers la quatrième vertèbre dorsale en commençant par le bas (de la dixième à la neuvième). Ces rameaux par leur écartement forment une espèce d’anse par laquelle passent plusieurs vaisseaux sanguins. Van Home a fait également sur le mouvement du chyle des expériences qui

I ont conduit à nier formellement qu’aucun des vaisseaux lactés aboutisse au foie.

En même temps que Pecquet et Van Horne faisaient ces découvertes , deux anatomistes , dans le nord de l’Europe, contribuaient par leurs travaux à fonder l’existence des vaisseaux lymphatiques. L’un est Thomas Bartholin, né à Copenhague, le 20 octobre 1610. Peu d’hommes îéunirent à autant de savoir, une activité de corps et d’esprit aussi grande. Après avoir étudié sous les yeux de son père la philosophie, la théologie et la médecine, il alla en 1637 à Leyde, continuer l’étude de cette dernière science. L application qu’il y donna ne l’empêcha pas de profiter des leçons des savants Saumaise , Heinsius , Vossius et Boxhorn, pour se perfectionner dans la philologie, et donner même quelque temps à l’étude de la langue arabe et de a jurisprudence. Il voyagea ensuite en France, et séjourna deux ans à Pans ou à Montpellier ; il passa de-là en Italie , et demeura trois ans à Padoue , s’appliquant avec ardeur à anatomie , a la botanique et à la pratique de la médecine.

II fut honoré dans cette ville de la charge de prorecteur do l’université, qui lui fut conférée le 26 novembre 1642. Après avoir parcouru toute l’Italie, Bartholin passa quelque temps à Naples, d’où il alla en Sicile et à Malte, visitant

Page 1