OSTÉOLOGIE
Arrêté par les préjugés, Galien dut se borner à l’élude du squelette des animaux qui se rapprochaient le plus de l’homme; toutefois ses étonnantes connaissances en ostéologie comparée sont une preuve qu’il avait également compris que là , en quelque sorte, était l’anatomie entière. Après Galien, nous devons remonter jusqu’à Yésale, qui créa et perfectionna en même temps l’ostéologie humaine ; car tout ce qui a paru depuis sur cette partie , soit en descriptions soit en planches (si nous en exceptons quelques détails sur les os de la tête, que Fallopia, Eustachi, Ingrassia et d’autres nous ont fait connaître), est la reproduction des travaux de ce grand anatomiste. Encore ces ouvrages sont-ils loin de valoir celui de l’auteur belge ; sous ce rapport , il n’y en a que quelques-uns qui supportent la comparaison; tels sont les : Tabula; ossiurn humanorumj (. Lugd . Batav. 1762, fol. ail.) d’Albinus. Après cela il est presque inutile de citer les autres ostéographes , Al. Monro, Cheselden, Bertin, Walter, Blumenbach, etc. (Voir la bibliographie. )
Beaucoup d’auteurs se sont occupés de la structure intime des os. Malpighi , dans un ouvrage posthume : De ossium structura, op. posth • Venet. 1743 , présente ce tissu comme résultant de lames, de fibres et de filets, avec un suc osseux intermédiaire, comme qui dirait une éponge imbibée de cire. Au fond, cette manière de voir a été partagée par les auteurs qui, après lui, se sont occupés du même objet. Nous citerons entre autres A. Scarpa :
De penitiori ossium structura ; Lips. 1799^ in-4°, avec fig.
De Lassone : Mémoire sur V organisation des os. Dans les Mém. de h Acad, royale des sciences:, Paris 1751.
J- F. Reichel : De ossium ortu atque structura :, Lips .
MYOLOGIE.
Albinus (B. S.) : De constructions ossium, in annot. acad. lib. VII. cap. 17.
Perenotti : Mémoire sur la construction des os. Mém. de Turin , tom. II } 1784.
SYNDESM0L0G1E.
Le principal ouvrage sur la synclesmologie , c’est celui de J. Weitbrecht, professeur d’anatomie et de physiologie à l’université de Sl-Pétersbourg : Syndesmologia , sive historia ligamentorum corporis humant , C. fuj . Petropoli 1742, in-4°.
MYOLOGIE.
La myologie était également une des parties de l’anatomie sur lesquelles les connaissances étaient le plus avancées au commencement du 18me siècle. Galien, malgré l’inexactitude de ses déterminations, Yésale qui prit soin de les redresser, et après lui Fallopia , Canani , Casserio, Van den Spieghel avaient poussé très-loin leurs recherches. Il ne restait donc sous ce rapport qu’à compléter par quelques détails l’ensemble du système. C’est à quoi s’appliqua particulièrement Albinus. Cet anatomiste , fds de Bernard Albinus, médecin célèbre, naquit à Francfort-sur-l’Oder, le 24 février 1G97. Il fit ses études à l’université de Lcyde, et plus tard en fut un des professeurs les plus distingués , Ce fut en 1736 que parut son histoire des muscles ( Historia musculorum corporis humani j Leidœ , 1756- 1758), ouvrage magnifique par son exécution, surtout par l’exactitude et la finesse des figures. En 1744, il publia d’autres planches, faisant suite à celles d’E.ustachi , gravées par le célèbre Wanclelaar, et pour lesquelles il dépensa
ÎUY0L0GIE.
plus de 60,000 livres. ( Tabules sceleti et musculorum corporis humant ; Leidœ , 1747).
En général, on peut considérer Albinus comme celui qui a le plus fait pour le perfectionnement de riconographie anatomique , ressource si précieuse pour renseignement , quand les planches sont mises sous les yeux des élèves en même temps que le cadavre. En effet, aucune démonstration ne peut valoir une figure bien faite , et les innombrables détails que le corps de l’homme présente ne pénètrent jamais mieux dans l’esprit des élèves , que quand on les y fait passer par les yeux. Cuvier a dû en grande partie sa supériorité comme professeur, à son admirable talent pour le dessin ; et sans aller si loin nous pourrions trouver dans le sein de notre université un professeur qui, grâce au même talent , sait faire comprendre à ses élèves les détails les plus compliqués de l’anatomie comparée (1).
Indépendamment des ouvrages d’Albinus, nous devons citer ceux de Tarin :
Myoqraphie , ou description des muscles. Parts 1 755 ,, in-4°.
Ceux de Gautier d’Agotis (Jacques), peintre et graveur, qui mérite de figurer dans cette histoire, par l’application qu’il fit de son art à l’anatomie. Ce fut lui qui inventa l’art de graver en couleurs , et qui donna ainsi le moyen de représenter les organes avec leurs teintes naturelles. Les productions de cet auteur sont nombreuses; voici celles qui concernent la myologie :
Essai d'anatomie en tableaux imprimes. Paris 1745, in- fol.
(1) M. le professeur Guislain.
ÎIYOLOG1E .
Myoloyie complote , ou description de tous les muscles du corps humain. 20 planches , Paris 1746, in-fol.
Le texte de cet ouvrage est de Duverney, dont les préparations avaient servi de modèle au dessinateur.
Edouard Sandifort, professeur d’anatomie et de chirurgie à l’université de Leyde (1770), élève d’Albinus, et qui, comme ce dernier, a connu le prix de l’iconographie anatomique, a publié également des planches qui se distinguent en général par le luxe et la beauté de leur exécution.
Dcscriptio muscrdorum horninis ; Leyde 1781, in-8°.
Nous pourrions encore mentionner les planches de Bahrdt (\ienne, 1786, in fol.); mais elles ne sont que des copies ou des extraits d’Albinus.
Parmi les auteurs qui se sont occupés d’un manière spéciale delà structure intime des muscles, nous avons à citer: Muys (Guillaume) , professeur de botanique à Franeker. Invcstigatio fahricœ quœ in partihus musculos componentibus exstat j Leidœ , 1758.
Prochaska (George), professeur d’anatomie et d’opthalmiatrique à l’université de Prague ( 1778) et ensuite à Vienne (1791), mort en 1820.
De carne musculari tractatus anatomicus tabulis œneis illu stratus ; Vienne 1779, in-8°.
Cet ouvrage renferme des recherches détaillées sur la nature et la disposition de la fibre musculaire , ainsi que l’opinion très-hypothétique de Fauteur sur la cause et le mécanisme de leur contraction. Prochaska admettait avec tous les solidistes de cette époque , que la vie et tous scs phénomènes dépendaient de la matière organique et de la forme et du mélange de ses éléments ; opinion qui , à tout prendre , n’est qu’une reproduction de la théorie atomistique de Démocrite (voir page 15) et qui ne tendait à rien moins qu’à ramener la vie aux lois générales de la
SYSTÈME NERVEUX
nature, et à faire de la physiologie une branche de la physique expérimentale.
SPLANCHOLOGIE.
Système nerveux.
Les anciens, à partir d’Hérophile et d’Érasistrate , avaient regardé le système nerveux comme ayant un centre unique dans l’encéphale et ses prolongements, la moelle et les nerfs , tant ceux de la vie animale que ceux de la vie organique. Cette manière de voir se transmit jusqu à Willis qui, le premier, considéra le grand sympathique comme formant une système distinct du système cérébro-spinal , sur lequel cependant il disait qu il était ente , a cause des nombreuses anastomoses qui les relient (voir cet anatomiste pag. 541 ). Le premier, il envisagea les ganglions comme des centres distincts, chargés de recevoir et d’élaborer les impressions viscérales qui, transmises a leur tour a 1 encéphale, déterminent les actions instinctives. Nous avons vu comment cet ingénieux physiologiste, se guidant d’après les vues les plus élevées de l’anatomie comparée , décomposa l’encéphale en autant de centres particuliers qu’il présente de parties distinctes , le cerveau , les lobes optiques, le cervelet dont il fit le foyer de la sensibilité générale. Ce fut là l’idée mère de la localisation des fonctions cérébrales que quelques modernes, entre autres Gall et M. de Blainville , ont développée jusque dans ses dernières conséquences.
Nous avons fait connaître comment Malpighi parvint à son tour à développer la structure de l’encéphale. Cet auteur fut le premier qui considéra le cerveau et le cervelet comme étant dus à l’épanouissement des faisceaux de la moelle , contrairement à l’opinion généralement admise jusque-là, qui faisait
SYSTÈME NERVEUX
provenir la moelle du cerveau. Le nom de Malpighi amène naturellement celui d’un homme dont les systèmes hardis occupèrent la fin du 18me siècle, et eurent tant de retentissement dans le 19me, de Gall (François-Joseph), né à Tiefenbrunn , dans le duché de Bade, le 9 mars 1758. Cet anatomiste célèbre fit ses études médicales à Strasbourg et fut reçu docteur à Vienne en 1785. Ce fut dans cette capitale qu’il se fixa pour exercer l’art de guérir. Quoique livré à la pratique, il s’occupa avec prédilection de la partie philosophique de la médecine. La structure et les fonctions du système nerveux fixèrent principalement son attention, et par-là outre qu’il fut le plus grand philosophe des temps modernes, il en devint aussi un des plus grands anatomistes.
Nous avons déjà eu soin d’établir en leur lieu (pag. 265), les rapports qui existent entre Malpighi et Gall, quant à la manière dont ils ont conçu la structure de l’encéphale, et nous avons fait voir que ce dernier n’est pas le créateur de cette anatomie, comme beaucoup de personnes sont tentées de le croire. Cependant , à défaut de cet honneur, il reste assez de titres au physiologiste allemand pour que sa renommée ne souffre point de cette reconnaissance des droits de l’anatomiste italien. Les idées de ce dernier n’avaient point été comprises , et l’on peut dire que ce fut Gall qui les féconda en les appliquant à toutes les parties de l’axe cérébro-spinal. Ce qui établit une différence entre les travaux de ces deux hommes célèbres , c’est la manière dont ils ont envisagé la substance grise; Malpighi la considérait comme de nature glandulaire; Gall se fondant sur l’impossibilité de démontrer cette dernière, s’arrêta à l’idée d’un point d’origine, et il considéra la substance grise comme la matrice ou la substance formatrice de la blanche. L’organogénésie n’a pas élé favorable à cette
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hypolhèse, puisqu’elle a fait voir que la substance blanche se développe toujours avant la grise 5 toutefois on ne saurait nier qu’il y a entre elles des rapports dont la science n’est pas encore parvenue jusqu’ici à découvrir la nature.
Parmi les micrographes qui après Malpighi ont poursuivi la solution du problème que Gall n’a pu résoudre, on doit citer Ruyscli, Schelhammer, Leuwenhoeck, Valisneri, Yieussens , Schwedenborg qui ont regardé la substance grise comme un tissu de vaisseaux très-fins , opinion qui , pour le dire en passant, est trop exclusive, puisqu’Albin et Sœmmering ont prouvé depuis par l’injection , qu’outre les vaisseaux , il existe encore une substance propre non injectable. Quelle est la nature de cette substance? C’est ce qui reste à déterminer par de nouvelles recherches.
Les opinions sur la structure de la substance blanche n’ont pas été moins nombreuses. Depuis Willis et Malpighi qui lui ont accordé une disposition canaliculée , les hypothèses se sont succédé , sans que la question ait pu être résolue. Nous citerons à cet égard les observations de Dellatorre et de Prochaska, auxquels le microscope fit voir des globules arrondis dont toute la substance médullaire était composée ; celles de Gall qui la présente comme formée de fibres, tandis que Walther, Àckermann, Bichat prétendirent qu’elle n’est formée que d’une substance médullaire ou d’une espèce de pulpe.
Si l’on ne parvint pas à s’entendre sur la nature des deux substances de l’encéphale, à plus forte raison ne fut-on pas d’accord sur leurs rapports ou leurs connexions réciproques. Willis et Malpighi se fondant sur l’idée d’une sécrétion nerveuse, avaient admis entre les fibres cérébrales et la couche grise un rapport de glandes à leurs conduits excréteurs. Yieussens, Ruysch, Schelhammer, Yalisneri, Schwedenborg , Boerhaave , Haller, admirent ensuite une conti-
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nuation directe entre les dernières extrémités des capillaires sanguins et l’origine des nerfs; Bocrhaave avait même dit que ceux-ci ne naissent pas seulement du cerveau , mais encore de toutes les parties du corps. (Voir page 513.) Entre ces deux opinions , la science est encore en suspens, car elle ne possède aucune démonstration directe de ce qui se passe dans l’intimité de l’encéphale. Peut-être de nouvelles recherches nous feront-elles connaître un jour ce mystère.
Un fait important dans l’histoire du système nerveux, et dont la découverte appartient au 18me siècle, c’est l’entrecroisement des pyramides antérieures, observé presque en même temps par Mistichelli et Pourfour du Petit et que , depuis, Santorini, Winslow, Sœmmering et enfin Gall ont pleinement confirmé. Depuis ce moment on a pu expliquer un phénomène déjà observé par Hippocrate , que Dodoens avait également constaté dans le cours du 16me siècle , et que Valsai va, au commencement du 18me, a établi en principe : la paralysie dans le côté du corps opposé à celui où siège la lésion du cerveau. (Voir pag. 219.)
Parmi les auteurs qui dans le cours du 18rae siècle se sont occupes de la topographie soit de tout le système nerveux , soit de quelques-unes de ses parties , nous devons citer Monro , Martin, Gunther, Haase, Malacarne, Sœmmering , Meckel et enfin Vicq— dAzir, dont les recherches d’anatomie comparée ont commencé , en France , cette série de travaux qui devaient illustrer le 19me siècle. (Voir la bibliographie.) A cet egard, on peut dire qu aucune partie du corps n a fait 1 objet d’études aussi approfondies que le système qui nous occupe, et n’a donné lieu à autant de decouvertes; nous allons en faire connaître ici les principales.
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Moelle épinière.
La moelle épinière fut examinée avec soin par Monro et Sœmmering qui ont reconnu sa structure fibreuse (1) : à la commissure antérieure décrite par Pourfour du Petit et Misliehelli , Gall ajouta la commissure postérieure qui s’étend en forme de lames dentelées à toute la longueur du cordon médullaire. Ici nous devons relever l’erreur de cet anatomiste qui présenta la moelle comme étant formée par une série de ganglions analogues à la chaîne ganglionnée des animaux invertébrés. Il est encore à remarquer que tous les auteurs du 18me siècle ne virent dans cet organe qu’une prolongation ou une continuation de la substance médullaire du cerveau et du cervelet , opinion qui , dans le cours du 19me fut également partagée par Sabatier , Portai, Chaussier, Boyer, Cuvier, Fodéré, Dumas, Ackermann et AValter, etc. , jusqu a Gall et Tiedemann, qui reproduisirent la manière de voir de Malpighi , et considérèrent l’encéphale comme un renflement ou un épanuouissement des faisceaux de la moelle allongée. (Voir Malpighi page 264.)
Cervelet.
Le cervelet fut l’objet des études de Malacarne , de Gordon , Red , Vicq-d’Azir et enfin de Chaussier, qui en firent connaître les lamelles et les lobes. Nous a\ons vu comment Willis détermina les connexions de cet organe avec la moelle allongée par les corps restiformes , avec les tubercules quadrijumeaux par les processus cerebelli ad
(1) Quelques auteurs, antérieurs à ceux que nous citons ici, Malpighi et Vieusscns, avaient déjà dit que la moelle est fibreuse; mais depuis on était revenu généralement à l’idée qu’elle n’était qu’une pulpe.
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testes j et avec la protubérance annulaire par les couches des fibres transversales cle cette protubérance ( commissures des hémisphères du cervelet). Les anatomistes du 18me siècle n’ont rien ajouté à ces dispositions fondamentales ; on peut même dire qu’ils n’en ont pas toujours compris la portée : en général, ils se sont bornés à la topographie de cette partie de l’encéphale; toutefois cette observation ne s applique pas à Gall, qui a développé d’une manière admirable la structure du cervelet , mais cet auteur appartient autant au 19me siècle qu’au 18me.
Cerveau.
Les mêmes remarques doivent être faites à legard du cerveau; tout le 18me siècle semble être resté étranger aux belles conceptions de Malpighi, puisque cet organe fut ramené aux conditions d’une simple pulpe, ou comme le disait Bichat, à quelque chose d’intermédiaire entre le solide et le fluide. Cette partie de l’encéphale resta donc dans l’état où les anatomistes du siècle précédent l’avaient laissée, jusqu’à Gall, qui en reprit l’étude et qui , par la manière dont il la traitée, fit de l’anatomie du cerveau une création nouvelle. Cependant il est juste de dire que les recherches deVicqd’Azir , de Monro , de Sœmmering , de Tarin , de Santorini, de Winslow, de Gunz , de Meckel, de Sabatier, de Haase , de Rudolphi etc. , qui introduisirent dans la topographie du cerveau une exactitude presque mathématique, il faut dire, disons-nous, que ces recherches facilitèrent singulièrement la voie au célèbre auteur de la doctrine phrénologique. (Voir la bibliographie.)
Névrologie. — Nerfs crâniens.
Les nerfs crâniens firent l’objet de nombreuses recherches dans le cours de ce siècle. La classification proposée
SYSTÈME NERVEUX
par Willis fut généralement adoptée , ou du moins les modifications qu’on y porta ne furent pas de nature à en changer le système. (Voir Willis, page 550.)
Nerf olfactif.
Le nerf olfactif a été particulièrement examiné par Mctzger, Scarpa et Sœmmering, qui ont rapporté son origine aux corps striés; Willis avait déjà dit que les racines de ces nerfs peuvent être poursuivies jusqu au dessous des corps cannelés; de nos jours elles l’ont été jusque dans les faisceaux de la moelle allongée. (Serres.)
Nerfs optiques.
La question de l’entrecroisement des nerfs optiques à leur commissure, donna lieu à un débat tres-ammé entre les anatomistes de ce siècle. Galien, et après lui A ésale, avaient contesté cet entrecroisement , se fondant sur des faits d’anatomie pathologique (pag. 151). Étienne, Columbo, Bauhin, Varole, Riolan , Van den Spiegel avaient pensé que les deux nerfs confondaient leur pulpe , sans toutefois s’entrecroiser ; de nouvelles recherches firent voir à Sœmmering, Chcselden , Dupetit, que cet entrecioisement a lieu. Cet fut surtout Sœmmering qui contribua à fixer la question par des faits d’anatomie comparée. Quant à l’origine de ces nerfs , on continua dans tout le cours du \ 8me siècle à la placer dans les couches optiques. Gall et depuis lui la plupart des anatomistes la rappor tercnl aux tubercules quadrijumeaux.
La description des nerfs moteurs de l’œil ne subit que peu de modifications depuis Willis qui les avait si admirablement décrits.
Trijumeaux .
La cinquième paire (trijumeaux) fit l’objet spécial des études de Santorini , Jh. Hunter, J. F. Meckel, Hirsch,
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Wrisberg, Paletta, Scarpa, Chaussier (bibliog.) Santoriui démontra un des premiers cpie ces nerfs ne sont pas limités à leur racine apparente, mais qu’ils s’étendent, à travers la protubérance annulaire , jusqu’à la moelle allongée. Le ganglion de ce nerf fut également bien décrit , ainsi que ses trois branches et leurs différentes distributions, telles qu’elles subsistent encore aujourd’hui. J. F. Meckel découvrit le ganglion qui a conservé son nom ( ganglion de Meckel ) et fit connaître les filets qui en partent , à l’exception du nerf pharyngien décrit dans ces derniers temps par Bock. Ce fut un grand progrès pour la névrologie crânienne, car l’absence de ce ganglion laissait une lacune dans la chaîne des ganglions de la tète. Nous verrons comment cette chaîne se compléta successivement par la découverte des ganglions otique , incisif et sous-maxillaire.
Nerf facial.
Le nerf facial avait fait également l’objet d’une étude assez approfondie de la part de VVillis (page 356); Duverney fît connaître la corde du tympan (page 343). J. -F. Meckel et Sœmmeriug reprirent ce nerf à leur tour et en donnèrent une démonstration complète. (Bibliog.)
Nerf auditif.
Le nerf auditif fut examiné par J. -F. Meckel et Scarpa, et distingué du facial d’après son point d’immersion dans la moelle allongée; il fut démontré que ces deux nerfs ont une origine différente , et que par conséquent il n’y a pas lieu à les confondre en une seule paire. (Bibliog.)
Nerfs pneumogastriques .
Nous avons vu que ces nerfs avaient particulièrement occupé W illis, qui en fit connaître la plupart des distri-
SYSTÈME NERVEUX
butions. Son travail lut repris par Scarpa , qui composa une monographie sur les quatre dernières paires crâniennes, véritable chef-d’œuvre, tant pour la beauté des planches que pour l’exactitude des descriptions. On sait que Scarpa faisait lui-même ses dessins. On peut consulter pour ces dernières paires, Sœinmering, Lobslein, Haase, Santorini, Vicq-d’Azir, etc. A legard du nerf spinal, ou accessoire du pneumogastrique, nous devons faire observer que c’est à tort qu’on lui a donné le nom de AV illis , puisque déjà il avait été figuré par Eustachi et décrit par Coiter.
Du nerf intercostal ou grand sympathique.
Le nerf intercostal avait déjà été distingué du pneumogastrique par Ch. Estiennes (pag. 62). Cependant on a continué depuis à confondre ces deux nerfs dans une même paire. Yésale n’avait connu le grand sympathique qu’à partir du ganglion cervical supérieur ; Eustachi fut plus exact : outre qu’il distingua le pneumogastrique de l’intercostal , il poursuivit ce dernier dans le crâne jusqu’à son union avec l’oculo-moteur externe (pag* 211). Cependant on continua à le regarder comme faisant partie du système encéphalique; Willis le premier en fit un nerf distinct, et depuis on le considéra sous ce point de vue. A l’appui de l’opinion de l’anatomiste anglais, Winslow fit remarquer que les filets d’anastomose avec la cinquième paire et la sixième , de même que tous ceux qui réunissent le grand sympathique aux nerfs de la moelle épinière , ne peuvent en aucune manière être considérés comme des racines , tant à cause de leur direction , que des angles qu’ils forment à leur point de jonction. Ces observations furent confirmées par Petit, Walter, Sœmmering , de manière que le système nerveux viscéral fut définitivement disjoint de celui de la vie animale. Nous devons à AVillis cette observation impor-
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lanle que la part que le grand sympathique prend aux actes végétatifs, est d’autant plus directe que l’animal est plus élevé dans l’échelle. Ainsi il démontra que, chez les animaux, les ramifications viscérales des nerfs pneumogastriques, celles qui se rendent au cœur, par exemple , sont bien plus développées que chez l’homme , qui , par contre , a un grand sympathique plus volumineux. Il regarda les ganglions comme de petits cerveaux dont la fonction était de sécréter et de distribuer les esprits animaux. On peut dire que jusqu’à cet anatomiste célèbre, on n’avait pas compris la nature et la valeur de ces renflements : Galien et dans les temps modernes , Fallopia , Ch. Estiennes,Coiter, Riolan, Yan den Spiegel , Vesling , Glisson, Vieussens , les avaient considérés comme ne servant qu’affermir les nerfs, lorsqu’ils se divisent en filets plus nombreux et plus faibles , opinion qui avait été également admise pour les glandes (pag. 110).
Dans le cours du 18me siècle, les anatomistes se divisèrent entre l’opinion de Willis et celle de ses prédécesseurs. W inslow, Vicq-d’Azir, Monro , Bichat les considérèrent comme des centres d’innervation; Meckel., Zinn , Scarpa , Sœmmering, AValter, Haase, pensèrent qu’ils ne servent qu’à subdiviser, à réunir et à recomposer les nerfs. Gall revint sur la question , et par la valeur des preuves tant physiologiques qu’anatomiques qu’il apporta , il parvint à la faire décider dans le sens de Willis.
. Parmi les monographies qui ont paru sur le nerf intercostal, nous devons citer celles de Bergen, de A. F. Walter, d’Huber, de Schmidel , de Girardi , d’Iwanhoff, de Ludwig, de Wrisberg, de G. AValter. (Voir la bibliog.)
A l’égard des nerfs de la moelle, le fait le plus important que nous devions aux recherches des anatomistes du !8mc siècle, est celui de la distinction des racines anté-
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rieures et postérieures de ces nerfs, et de la série des ganglions placés dans les trous de conjugaison. Ce fut Scarpa qui démontra que ces ganglions n’appartiennent qu’aux laisceaux postérieurs. Pour l’étude de ces nerfs , consultez Huber, Frotselier, Haller, Fischer, Schmidt, Styx, Joerdens, Sœmmering, Proehaska, Scarpa, Klint, Peipers, Vicqd’Azir, Sabatier, etc. (Voir la bibliog.)