ORGANES DES SENS
De l’œil.
Par sa complication , l’œil est un des organes qui ait nécessité le plus de recherches ; il ne faut donc pas s’étonner du grand nombre de monographies auxquelles il a donné naissance. Parmi ces dernières, nous citerons celle de Taylor, Bertrandi , de Zinn, de Porterfield, deHarrebow, de Monro, de Demours, de Sœmmering et les observations de YVallher et de Morgagni. On doit à Demours des remarques importantes sur la disposition de la membrane hyaloïde, sur la cornée transparente et la membrane de la chambre antérieure de l’œil qui a conservé son nom , (membrane de Demours.) Une querelle s’est élevée entre Demours et Decemet, relativement à la découverte de cette membrane; on peut en lire les détails dans le Journ. de Méd. 1769-177 1 . On connaît la théorie que cet auteur a proposée pour expliquer les mouvements de l’iris, qu’il réduit à des phénomènes d’orgasme vasculaire.
Parmi les découvertes de Zinn , on a cité la zone qui retient le cristallin en place , et sur l’existence de laquelle on a élevé dans ces derniers temps des doutes, dans ce sens, qu’on l’a considérée comme une lame résultant du dédoublement de la capsule hyaloïdienne. Nous devons faire
SYSTÈME NERVEUX
remarquer à cet égard que déjà il est question de cette zone dans Yésale (pag. 118).
L’ouvrage de Sœmmering, Icônes ocnli humant , est le plus parfait et le plus détaillé qui ait été publié sur l’organe de la vue , celui que Ton peut consulter avec le plus de fruit, même dans l’état actuel de la science. Le nom de cet auteur se rattache à la tache jaune que l’on observe à la rétine au côté externe du nerf optique. ( De foramtne central i limho luteo cincto retince humanœ. Dans Comm. Soc. Gott. tome XIII, 1793-1798.)
Organes de V audition.
Les organes de l’ouïe ont donné lieu à de nombreuses recherches; on dirait que l’ardeur des anatomistes ait été excitée par la difficulté même du sujet. Depuis Fallopia , Eustachi et Ingrassia, qui ont ouvert la voie, nous voyons les noms les plus célèbres engagés dans ces investigations : dans le cours du 17ine siècle, Méry, Duverney, Schelhammer, Yalsalva ; dans le 18me, Cassebohm , Morgagni , Geoffroy, Wildberg , Zinn , Sœmmering, Santorini, Albinus, A. F. Walter , Comparetti , Monro , Scarpa, Schmid , Teichmeyer, Cotugno, J. -F. Meckel , etc.
Primitivement on n’avait connu que l’oreille externe et moyenne (Hippocrate, Galien, Yésale); plus tard Fallopia, Eustachi, Ingrassia y ajoutèrent l’oreille interne (voir pag. 195), et successivement les anatomistes cités plus haut s’appliquèrent à faire connaître , jusque dans les moindres détails, chacune des parties de cet appareil si compliqué. Parmi tous ces travaux nous devons citer particulièrement celui de Cotugno, dont le nom se rattache au fluide contenu dans les conduits membraneux de l’oreille interne (i fluide de Cotugno). Yient ensuite le travail de Sœmmering, qui est remarquable par son élégance et son exactitude. (Bibliog.)