‹ Précis de l'histoire de l'astronomieChapitre 10 sur 10 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Considérations mr le Système du Monde y*et sur les progrès futurs de V Astronomie.

Lje précis que tioiis venons de donner de Fhistbire de l'Astronomie, ofire trois périodes bien distincts , qui se rapportant aux phénomènes , aux lois qui les régissent , et aux forces dunt ces lt)is dépendent , nous montrent la route que' cette sciencq a suivie dans ses progrès, et que les' autres sciences naturelles doivent suivre à son exemple. Le premier période embrasse les observations des astronomes antérieurs à Copernic sur les apparences des mouvemens célestes, et les hypothèses qu^ils ont imaginées pour expliquer ces apparences et pour les soumettre au calcul.' Dans le second période, Copernic déduit de* ces apparences les mouvemens de la terre sur elle-même let autour du soleil , et Kepler découvre les lois des mouvemens planétaires. Enfin dans le troisième période. Newton en s'ap-^ puyant sur ces lois, s'élève au principe delagravi tatiou uiiiverselle } et les géomètres appliquant

14^ PRÉCIS DE t^HISTOIRE

l'analyse à ce principe , en font dériver tous les phénomènes as tronomiques et les nombreux ses inégalités du mouvement des planètes , des satellites et des comètes. L'Astronomie est ainsi devenue la solution d'un grand problème de Mécanique y dont les élémens des mouvc-' mens célestes sont les constantes arbitraires. Elle a toute la certitude qui résulte du nombre immense et de la variété des phénomènes ri* goureusement expliqués, et de la simplicité du principe qui suffit seul à ces explications.Loin d'avoir à craindre qu'un astre nouveau ne démente ce principe , on peut affirmer d'avance que sou mouvement y sera conforme : c'est ce que noud avons vu nous-mêmes, à l'égard d'Lranus et des quatre planètes télescopiques récemment décou-^ vertes j et chaque apparition de comète, eu four* nit une nouvelle preuve.

Telle est donc sans aucun doute, la constitua tion du système solaire. Le globe immense du so* leil, foyer principal desmouvemens divers de ce système, tourne en vingt-cinq jours et demi sur' lui-même : sa surface est recouverte d'un océan de matière lumineuse : au-delà, les planètesavec leurs satellites se meuvent dans des orbes presque circulaires , et sur des plans peu inclinés à l'équateur solaire. D'innombrables comètes, après s'être

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approchées du soleil , s'en éloignent à des distances qui prouvent que son empire s'étend beaucoup plus loin que les limites connues du système planétaire» Non-seulement cet astre i^t par son attraction sur tous ces gk>bes, en les forçant à se mouvoir autour de lui ; mais il répand sur eux ^ sa lumière et sa chaleur. Son action bienfaisante fait éclore les animaux et les plantes qui cou« vrent la terire y et l'analogie nous porte à croire qu'elle produit de semblables effets sur les planètes 3 car il est naturel de penser que la ma* tière dont nous voyohs la fécondité se déve*. lopper en tant de manières , n'est pas stérile sur une aussi grosse planète que Jupiter qui y comme le globe terrestre y a ses jours , ses nuits et ses années , et sur lequel les observations indiquent des cliangemens qui supposent des forces très actives. L'homme Êiit pour la température dont il jouit sur la terre , ne pourrait pas , selon toute apparence , vivre sur les autres planètes : mais ne doit-il pas y avoir une infinité (f organisations reTatives aux diverses températures des globes de cet univers ? Si la seule différence des éiémens et des climats, met tant de variété dans les productions terrestres j combien plus doivent différer celles des diverses planètes et de leurs satellites ? L'imagination^ la plus active ne peut

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s'en former aucune idée ; mais leur existence est ^ au moins , fort vraisemblable.

Quoique les élémens du systèmfe des planètes, soient arbitraires; cependant, ils ont entre eux, des rapports qui peuvent nous éclâireir sur son origine. En le considérant avec attention , oa est étonné de voir toutes les planètes se mou-* voir autour du soleil , d'occidetit en orient , et presque dans le même plan; les satellites en. mouvement autour de leurs planètes^ dans le même sens et à peu près dans le même plan que les planètes ; enfin , le soleil , les planètes et les satellites dont on a observé les mouvémens de rotation , tournant sur eux-mêmes , dans le sens et à peu près dans le plan de leurs mou* vemens de projection. Les satellites oflfrent à cet* égard , une singularité remarquable. Leur mouvement de rotation est exactement égal à lent mouvement^de révolution, en sorte qu'ils pré-* sentent constamment le même hémisphère àleur planète. C'est du moins, ce que l'on observe pour la lime , pour les quatre sateUites de Juj^fer et pour le dernier sateUite de Saturne , les seuld satellites dont on ait reconnu jusqu'ici la rotation*

Des phénomènes aussi extraordinaires , ne sont point l'effet du hasard. En soumettant au calcul leur probabilité, on trouye qu'il y a plus de

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deux cent mille milliards à parier contre un y qu'ils ne sont point l'effet du hasard j ce qui forme une probabilité bien supérieure à celle de la plupart des évènemens historiques sur lesquels nous ne nous permettons aucim doute. Nous devons donc croire, au moins avec la même confiance , qu'une cause primitive a dirigé les mouvemens planétaires.

Un autre phénomène également remarquable du système solaire, est le peu d'excentricité des orbes des planètes et des satellites , tandis que ceux des comètes sont fort alongés ; les orbes de ce système n^ofirant point de nuances intermédiaires entre une grande et une petite excentricité. Nous sommes encore forcés de reconnaître ici l'effet d'une cause réguUère : le hasard n'eut point donné une forme presque circulaire aux orbes de toutes les planètes j il est donc nécessaire que la cause qui a déterminé les mouvemens de ces corps, les ait rendus presque circulaires : il faut de plus , que la grande excentricité des orbes des comètes, et la direction de leur mouvement dans tous les sens , en soient des résultats nécessaires.

Quelle est cette cause primitive ? puisqu'elle a produit ,0u dirigé les mouvemens des planètes y, il faut qu'eUe ait embrassé tous ces coips j et vu

l^Q PRBCIS DE l'histoire

les distances qui les séparent , elle qç peut avoir été qu'uu fluide d'une immense étendue, Ce fluide n'a pu leur donner un mouvement pr^qw circulaire autour du soleil dans le sçns du mou*' cernent d^ rotaÛQU de cet astre ^ et dirigé à peu près dans le plau d^ l'équateur solaire , sans avoir eu lui-m ême uii mouvement semblable; il environnait donc le soleil comme uqç atmo*sphère. Is copsidération des mouve«iena planétiûrQ» UQU9 cQaduU aijaé à penser qu'eA vertu d'une çWkur excessive , Fatmoaplière du soleil s'est primitivement étendue au-delà des orbea de tout^ lea pkftète»> ctt qu'elle ^'^t resserrée successivement )usqu'à ae^ limites actu^Ue^. Si les planètes avaient pénétré profondwiiçat dao^ cette atmosqolière, sa résistance lesi aurait feit tomber sur le aolçil; on peut doac coB)ecturer qu'elles ont été formées à ses Kmites successives, par la condensation des zones de vapeurs qu'elle |i dâ, en se refroidis^nt, abandonner dans le plan de son équateur . Les satelKttes (mï puétre formés de la même manière , par k oondensartion des atmosphères des planètes : il parait même difficile d'assigner une autre origine à Fanneau de Saturne. Je m'éloignerais trop de mon sujet y en rapportant ici les développemen» de cette hypothèse, que j*ai donnés dans V Exposition

DE I-'aSTRONOMIE. J^^

du Système du Monde où, malgré la vraisemblance qui en résulte , je Tai présentée avec la défiance que doit inspirer tout ce qui n'est point un résultat direct de l'observation ou du calcul.

Quoi qu'il en soit (Je la vérité de ces conjectures ; il est certain que les élémens du système planétaire, sont ordonnés de mamère qu'il doit

jouir de la plus grande stabilité , si des causes étrangères ne viennent point la troubler. Par cela seul que les mouvemens des planètes et des satellites sont presque circulaires et dirigés dans le même sens et dans des plans peu différens, ce système ne fait qu'osciller autour d'un état moyen dont il ne 3'écarte jamais que de quantités très petites. Les moyens mouvemens de rotation et de révolution de ces divers corps sont uniformes , et leurs distances moyennes aux foyers des forces principales qui les animent , sont constantes : toutes les in^alités séculaires sont périodiques. Les plus considérables sooH^ celles qui affectent les mouvemtns de la lune par rapport à son périgée , à ses nœuds et au soleil : elles s'élèvent à plusieurs circonférences; mais après un très grand nombre de sièdes , elles se rétablissent. Dans ce long intervalle , toutes les parties de la sur&ce lunaire se présenteraient sucfcessivement à la terçe ; sans l'attrac-

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lion du sphéroïde terrestre , qui faisant par tici? pet" la rotation de la lune , à ces grandes inégalités , ramène sans cesse vers nous le même hémisphère de ce satellite , et rend Fautre hémisphère invisible à jamais. C'est ainsi que l'attraction réciproque des trois premiers satellites de Jupjter*a primitivement étâHi ieit iriàintient le rapport que l'on observe entre leurs moyens moùvemens, et qui consiste, en ce que la longitude moyenne du premier satellite, moins trois fois celle du second , plus deux fois celle du troisième , est constamment égale à deux ailgles droits. En vfertu des attractions célestes, la grandeur de l'année sur chaque planète , est toujours à très peu près la mêhie : le changement d'inclinaison de son orbite à son équat'eur, renfermé dans d'étroites limites, ne peut apporter que de lé gères variétés dans la température des saisons. 11 âetnble que la nature ait toilt disposé dans le ciel , pour assurer la durée dtt système planétaire , par des vues semblables à celles qu'elle nous paraît siiivre si admirablement sur la terre , pour la conservation des individus ^ et pbur la perpétuité des espèces, (i)

Cette considération seule expliquerait là dis-

(i) C'est principalement à Fattraction des grands

DE L'ÀSTnONOlttlE. ■ l49

position de ce système, si le géomètre ne ^devait

pas étendre plus loin sa vue, et chercher dans

les lois primoi^diales de la nature, la cause des

pl^énQmènes le plus indiqués par l'ordre de Funi"

vers. Déjà quelques-uns d^eux ont été ramenés

à ces lois. Ainsi la. stabilité des pôles de la terre

à sa surface , et celle de l'équilibre des mers ,

l'une et l'autre si nécessaires à la conservation

des êtres organisés , ne sont qu'un simple résul*

tat du mouvement de rotation , et de la pesan-^

teur universelle. Par sa rotation, la terre a été

aplatie, etson axe de révolution est devenu l'un

de ses axes principaux ; ce qui rend invariables y'

les cUmats et la durée du jour. En vertu de la

pesanteur , les couches terrestres les plus denses

corps placés au oentrç du système des planètes et des systèmes de satellites , qu'est due la stabilité de ces systèmes queraction mutuelle de tous ces corp&, et les aitractions étrangères tendent sans cesse à troubler. Si V&o* tion de Jupiter Tenait k cesser; ses satellites que nous voyons se mouvoir autour de lui suivant un ordre àdmîz^ablc; se disperseraient aussitôt ^ les uns en décrivant autour du soleil des ellipses très alongées , les autres en s'ét loignant indéfiniment dans des orbes hyperboliques. Ainsi l'inspection attentive du système solaire, nous montre la nécessité d'une force centrale très puissante , pour maintenir l'ensemble d'un système et la régularité de ses moiivemens.

x5o PRÉdS DE l'histoire

se soirt rapprochées dû centre de la terre doni la moyenne densité surpasse ainsi celle des eaux qui la recouvrent ; ce qui suffit pour assurer la stabilité de l'équilibre des mers, et pour mettre un frein à la fureur des flots. Ces phénomènes et quelques autres semblablement expliqués, autorisent à penser que tous dépendent de ces lois, par des rapports pkis ou moins cachés; mais dont il est plus sage d'avouer ^ignorance, que d^ substituer des causes imaginées par le seul besoin de calmer nôtre inqmétude sûr l'origine des choses qui nous intéressent. Parcourons riiistoire des progrès de l'esprit humain et de ses erreurs; nous y verrons les causes finales, reculées constamment aux bornes de ses con^ naissances. Ces mêmes causes que Nevvton transporta aux limites du système solaire, étaient, il n'y a pas long-temps , placées dans l'atmosphère, pour expliquer les météores j elles ne sont donc aux yeux du philosophe , que l'expression de l'ignorance où nous sommes, des véritables causes. Portons maintenant nos r^rds, au-delà du système solaire , sur ces innombrables soleils répandus dans ' l'immensité de l'espace, à un éloignement de nous , tel que le diamètre entier de l'orbe terrestre, observé de leur centre ^ serait insensible. Plusieurs étoiles éprouveïxt dans leur

DE L'AêTROIfOnnS* . l5l

couleur et dans leur clarté^ des ehangémras périodiques rematquiaU^s : ils indiquetit à la &ït^ face decesastr^^ demandes taches que des mou^ vemebs de rotation présentent et dérobiMt alt^t** nativement à nos jéu&. D'autres étoiles ôtit parti tout-à-coup , et ont ensuite disparu après atdir brillé pendant plusieurs mois, d'un vif éclat. TellÉ fut l'étoile observée par Tjcho-Brahé tû iS-ja^ dans la constellation deCassiopée* En très peu éb temps , elle surpassa la darté dès plus brilfenté& étoiles et de Jupi^e^ «lâm^ : on là voyait en plëift jour. Sa lumières'affaiblil ensuite, et elle dispart^ seize mois après sa déeouverte.Sa couleur éptoUVfr des variations considérables : elle fiit d'abord d'un blanc éclatant , ensuite d'un jaune rougeàtre , et enfin d'un blanc plombé comme Satul^ne. Québ changemens prodigieux ont dû s'opérer Mir ce» grands corps , pour être auési sensibles à la di-» stance qui nous en sépare ! Combien ils doivent surpasser ceux que nous observons à la surfacft du soleil , et nous convaincre qUe là natui^ ^t loin d'être toujours et partout là mêtaé ! Tdtlê ces astres devenus invisibles n'ont poîtit (dl^ngé de place durant leur àppértîtion. il existe d€i«iè dans l'espace céleste , dés cofpâ opèiqiies a«Mi considérables , et peut-^tre en aussi grand noïn* bre que les étoiles^ , ^

î5a PKÈcïS DE l'histoire

Il paraît que loin d'être disséminées à des distances à peu près ^ales, les étoiles sont rassemblées en divers groupes dont quelques-uns renferment des milliards de ces astres. Notre soleil- et les plus brillantes étoiles font probablement partie d'un de ces groupes, qui vu du point ou nous sommes, semble entourer le ciel et forme la voie lactée. Le grand nombre d'étoiles que l'on aperçoit à la fois dans le champ d'un fort télescopedirigé vers cette voie , nous prouve son immense profondeur qui surpasse mille fois la distance de Syrius à la terre 5 en sorte qu'il est vraisemblable que les rayons émanés de la plupart.de ces étoiles , ont employé un grand nombre de siècles à venir jusqu'à nous. La voie lactée finirait par ofirir à l'observateur qui s'en éloignerait indéfi-, niment, l'apparence d'une lumière blanche et continue , d'un petit diamètre ; car l'irradiation qui subsiste même dans les meilleurs télescopes , couvrirait l'intervalle des étoiles. U est donc probable que parmi les nébuleuses, plusieurs sont des groupes d'un très grand nombre d'é^ toiles, qui vus de leur intérieur, paraUraient semblables à la voie lactée. Si l'on réfléchit maip-t tofiant à celte profii^ion d'étoiles et de nébuleuse», répandues dans l'espace céleste^ et aux in^ terv ailes immenses qui les séparant j l'imagina-s

DE l'astronomie. ^ l53

tioH^ étonnée de la grandeur de l'univers, ^ra peine à lui concevoir des bonies.

Herschel, en observant les nébuleuses au moyen de ses puissans télescopes^, a suivi les^ progrès de leurcondensation, non sur une seule^ ces progrès ne pouvant devenir sensibles pour nous, qu'après des siècles ; mais sur leur ensemble, comme on suit dans une vaste foret l'accroissement des arbres, sur les individus de divers âges, qu'elle renferme. Il a d'abord observé la matière nébuleuse répandue en amas divers , dans les différentes parties du ciel dont elle occupe une grande étendue. Il a vu dans quelques uns de ces amas , cette matière faiblement condensée autour d'un ou de plusieurs noyaux peu briUans. Dans d'autres nébuleuses^ ces noyaux brillent davantage relativement à la nébulosité qui les environne. Les atmosphères de chaque noyau, venant à se séparer par^une condensation ultérieure , U en résiste des nébur leuses multiples formées de noyaux brillans très voisins, et envirpmiés, chacun, d'une at-^ mosphère : quelquefois, la matière nébuleuse, ei^ se condensant d'une manière uniforme , produit les nébuleuses que l'on nomme planée tairez. Enfîn , un plus grand degré de conden. lotion , tr^ifôforme toutes ces nébuleuses., exk

l54 PRÉCIS DE l'histoire

étoiles. Les nébuleuses classées d'après cette vu^ philosophique, indiquent avec une extrême vrai-* semblance, leur transformation fiiture en étoi^ les , et l'état antérieur de nébulosité des étoiles existantes. Ainsi l'on descend par le progrès de 1^ condensation de - la nuitière nâïuleuse , à la considérËition dû soleil environné autrefois d'une vaste atmosphère ^ considération à laquelle je suis rèâionté par l'examen d^ piiénomènes du système solaire. Une i^ncontre aussi remarqua-* ble en suivant des routes opposées , donne à l'existence de cet état antérieur du soleil^ une grande probabilité. ^

En rattachant la formation des comètes à celle des n^uleuses; on peut les regarder comme de petites nébuleuses errantes de systèmes en sys« tèmes solaires^ et formées par la condensation de la matière nébuleuse répandue avec tant de profusion dans l'univers. Les comètes seraient ainsi par rapport à notre système, ce que les aéroUthes sont relativement à la terre à laquelle elles paraissent étrangères. Lorsque ces astres de* viennent visibles pour nous, ils offrent une tes-* semblance si parfaite avec fes nébuleuses, qu'on Jes confond souvent avec elles , et ce n'est que par leur mouvement ou par la connaissance de toutes lés nébuleuses renfermées dans la partie

DE î-'astronomie. i55

du ciel où ils se montxeat ^ qa'oa parvient à les en distinguefr. Cette hypothèse expUque d'une manière heureuse , l'extension que prennent le$ tètes et les queues des comètes, à mesure cp'elles approchent du soleil y l'extrême rareté de ces queues qui>,^ malgré leur immense profondeur^ n'affiiibUssent point sexisihlement l'éclat des étoiles que l'oet voit à travers ^ la direction du mouvement des comètes dans txius les sens y et la grande excentricité de leurs orbites.

Des considéraiîono prccïédeQtes fondées sur les observations télescopîques^ il résulte que ïe mouvement du système solaire est très composée La lune décrit un orbe pl'esque circulaire autour de la terre; mais vue da soleil , dJe paraît dé-^ crire une suite d'épicycloïdes dont les centres sont sur la circoiuférence de l'orbe terresti'e* Pareillement , la terre décrit une suite d'épicycloïdes dont les centres sont sur la courne que le soleil décrit autour du centre de gravité du groupe d'étoiles dont il fait partie. £»fia le sor leil décrit lui-même une suite d'épicycloïdes dont les centres sont sur la courbe décapite par le centre de gravité de ce groupe, antour de celui de l 'univers. L'Astronomie a déjà feit un gran d pas, en nous faisant connaître le mouvement de la terre,, et les épicycloïdes que lu lune et les

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satellites décrivent sur les orbes de leurs planèteât respectives. Mais s'il a fallu des siècles pour conr naître les mouvemens du système planétaire^ quelle durée prodigieuse exige la déterminatioa des mouvemens du soleil et des étoiles! Déjà les observations nous montrent œs mouve*méns : leur ensemble paraît indiquer un mouvement général de tous les corps du système solaire, vers la constellation d'Hercule; mais elles s^nr bien t prouver en même temps, queles mouvemens apparens des étoiles sont une combinaison deleurs mou vem enspropres avec celui du soleil. On remarque de plus y des mouvemens très singuliers dans les étoiles doubles : c'est ainsi que l'on nomme ces étoiles qui , vues dans le télescope , paraissent for^ mées de deux étoiles très voisines. Ces deux étoiles tournent l'une autour de l'autre d'une manière asse^ sensible dans quelques-unes , pour que l'on ait pu déterminer à peu près parles observations d'un petit nombre d'années , la durée de leurs révolutions.

Tous ces mouvemens des étoiles , leurs parallaxes , les variations périodiques de la lumière des étoiles changeantes, et les durées de leurs mouvemens de rotation ; un catalogue des étoiles qui ne font que paraître , et leur position au moment de leur éclat passager; enfin les cbanr

DE l'aStrokomië. î57

gefQéïi$ successifs de la figure des nébuleuses, déjà sensibles dans quelques-unes , et spéciale^ ment dans la belle nébuleuse d'Orion j tels sV ront relativeçient aux étoiles, les principaux objets de l'Astronomie futui^e. Ses progrès dépendent de ces trois choses^, la mesure du temps, ceUe des angles, et la perfection des iristrumens d'optique. Les deux prendères ne laissent maintenant presque rien à désirer ; c'est donc prin-^ cipalement vers la troisiè^ae que les encouragemens.doivent être dirigés ; car il n'est pas douteux que si l'on parvient à donner de très grandes ouvertures^ aux lunettes achromatiques ; elles feront découvrir dans les cieux , des phénomènes jusqu'à présent invisibles j surtout si l'on a soin de les transporter dans l'atmosphère pure et rare des hautes montagnes de l'équateur.

H reste encore à faire sur notre propre système, de nombreuses découvertes. La planète Uranus et ses satellites nouvellement reconnus ^ donnaient Heu de conjecturer l'existence de quelques planètes jusqu'ici non observées. On avait même soupçonné qu'il devait y en avoir, une entrer Jupiter et Mars , pour satis&ire à la progression double qui règne à peu près , dans les intervalles des orbes planétaires à celui de Mercure. Cesoupçon a été confirmé par la décou-

i58 PRÉCIS DE l'histoike

verte de quatre petites planètes qui sont à ded distances du soleil , peu différentes de la distance que cette progression assigne à la planète inter-^ znédiaire entre Jupiter et Mars. L'action de Jupiter sur ces planètes , accrue par la grandeur des excentricités et des indinaisons de leurs or* bes entrelacés , produit dans leurs mouvemens , des inégalités considérables qui répandront wx nouveau jour sur la théorie des attracticois célesr* tes, et donneront Heu de laperfectionnerencore*

Les élémens arbitraires de cette théorie y et la convergence de ses approximations, dépendent de la précision des observations et du progrès de l'analyse ; et par là , elle doit de jour en jour ^ acquérir plus d'exactitude. Les grandes inéga-^ Htés séculaires dies ccvrps célestes , résultantes de leurs attractions mutuelles , et que déjà l'obser* vation fait apercevoii',, se développeront avec les siècles. Des obiservations fiâtes av«o de puis^ sans télescopes , sur les satellites , perfectionne^ neront les théories de leurs mouvemens, et peut-être en feront découvrir de nouveaux. On déterminera par des mesures précises et multi^ pliées , toutes les inégaUtés de la figure de b terre , et de la pesanteur à sa surface ; et bientôt, l'Europe entière sera couverte d'un réseau de triangles qui feront connaifare exactement, li|

DE l'astronomie. iSg

})ôsition, la courbure et la grandeur de toute» ces p^rtiea. Les pliénomènes du flux et du reflux de la mer 9 et leurs ^ugulières variété» daus les différens ports des deux hémisphères , $erout déterminés par une longue suite d'observations^ et comparés à la théorie de la pesanteur. On reconnaîtra si les mouvemens de rotation et de

révolution de la terre sont sensiblement altérée»

par les changeioens qu'elle éprouve à sa surface, et par le choc des aérolithes qui , selon toutes les vraisemblances, viennent des profondeurs de l'espace céleste. Le retour des comètes déjà observées ; les nouvelles comètes qui paraîtront ; Fapparition de celles qui mue^ dans des orbes hyperboliques , doivent errer de système en système ; les perturbations que tous ces astres font éprouver aux mouvemens planétaires*; celles qu'ails éprouvent eux- mêmes, et qui à l'approche d'une grosseplanète, peuvent changer entièrementleurs orbites; enfin les altératioBS c[ue les mouvemens^ et les orbes des planètes et des satellites reçoivent delà part des étoiles, et peut-être encore, par la résistance de milieux éthérés ; tels sont les principaux objets que le système solaire offre aux recherches des astronpmeset des géomètres futurs. L'Astronomie, par la dignité de son objet et par la perfection de ses théories , est le pW

l6o PRÉCIS DE L'hiÔTOIKE

beau monument de l'esprit humain , le Ûttù lé plus noble de son intelligence. Séduit par led illusions des sens et de l'amour^propre^ l'homme s'est regardé long-temps , comme le centre du mouvement des astres^ et son vain orgueil a été puni parles frayeurs qu'ils lui ont inspirées* Enfin y plusieurs siècles de travaux ont &ii tomber le voile qui cachait à ses yeux , le système du monde. Alors il s'est vu sur une planète presque imperceptible dans le système solaire dont la vaste étendue n'est elle-même , qu'un point insensible dans l'immensité de l'espace. Les résultats sublimes auxquels cette découverte l'a conduit, sont bien propres à le consoler du rang qu'elle assigne à la terre ; en lui montrant sa propre grandeur, dans l'extrême petitesse de la base qui lui a servi pour mesurer les cieux. Conservons avec soin > augmentons le dépôt de ces hautes connaissances , lea déUces des êtres pensans. Elles ont rendu d'importans services à la Navigation et à la Géographie ; mais leur plus grand bienfait est d'avoir dissipé les craintes produites par les phénomènes célestes , et détruit les erreurs nées de l'ignorance de nos vrais rapports avec la nature j erreurs et craintes qui renaîtraient promptement , si le flambeau des sciences venait à s'éteindre.

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