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Saint-Victor tirèrent de la potestas solvendi dont jouit le prêtre la conséquence que la confession suivie de l'absolution est un sacrement.
Le concile du Latran de 1215 décida que tout chrétien, arrivé à l'âge de raison , aurait à se confesser au moins une fois par an au curé de sa paroisse, et que celui-ci garderait le secret sur les péchés qui lui seraient révélés. Depuis lors la confession auriculaire fait partie des pratiques légales de l'église ; les scolastiques en démontrèrent théoriquement la nécessité, les prédicateurs la recommandèrent comme le plus impérieux des devoirs. Le peuple, d'ailleurs, s'y conformait sans peine ; on lui assurait le secret, on lui imposait des pénitences moins onéreuses, dont il pouvait toujours se racheter par de l'argent. Duns Scot veut qu'on ne prescrive aux fidèles que les pénitences qu'ils acceptent le plus volontiers, et dont on peut espérer qu'elles seront accomplies.
On avait, du reste, les indulgences. Celles pour tous les péchés, les indulgences plénières, étaient accordées par les papes, même dans des intérêts politiques ; elles étaient la récompense offerte à ceux qui leur rendaient des services. Urbain If et ses successeurs les promirent aux croisés. Les gens qui ne voulaient pas partir pour une croisade, mais qui néanmoins tenaient à profiter des indulgences, s'engageaient à prendre la croix , puis résiliaient cet engagement en payant une certaine somme. Ces absolutiones a voto crucis créaient au fisc pontifical un revenu fort abondant. Des indulgences partielles, pour un certain nombre d'années ou de jours, étaient données à ceux qui assistaient à l'inauguration d'une église, qui prenaient part à certaines fêtes, qui faisaient leurs dévotions devant l'autel de quelque saint, ou qui entreprenaient des pèlerinages. Il arriva ainsi que presque chaque église eut des indulgences particulières ; les plus célèbres étaient celles de l'église franciscaine
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de Porliuncula. Ce qu'il y eut de plus grand sous ce rapport, ce fut l'institution d'un jubilé séculaire en 1300 par Boniface VIII, avec promesse d'absolution de tous les péchés pour ceux qui, dans la dernière année de chaque siècle, se rendraient à Rome.
Pour justifier les indulgences, Alexandre de Halès inventa, Albert le Grand développa et Thomas d'Aquin perfectionna la doctrine du trésor des œuvres surérogatoires des saints : les mérites de Jésus-Christ tout d'abord ont été surabondants ; les saints à leur tour en ont eu plus qu'il ne leur en a fallu pour gagner le ciel ; tous ces mérites superflus accumulés forment un trésor, qui est à la disposition de l'église; le pape, comme vicaire de Dieu, a le pouvoir d'y puiser et de satisfaire ainsi la justice divine pour les péchés de ceux auxquels il accorde des indulgences. On disait, il est vrai, que celles-ci supposent le repentir et la confession, mais la coutume de les vendre pour de l'argent rendait celte supposition illusoire.
Cependant, il y avait toujours des consciences qu'aucun de ces moyens ne pouvait apaiser. Ceux qui prenaient le péché au sérieux croyaient, comme on l'avait déjà fait précédemment, qu'on pouvait l'expier en s'imposant des pénitences volontaires. Au treizième siècle on rencontre même des populations entières se soumettant k la flagellation, dans l'espoir d'obtenir ainsi le pardon de leurs péchés et de ceux du monde. En j260, pendant que l'Italie était troublée par les guerres civiles, les habitants de Pérouse parcoururent la ville et les campagnes en se flagellant et en chantant des hymnes ; ce spectacle produisit sur les foules un effet moral pareil à celui qu'ont produit quelques moines mendiants prêchant la pénitence. De l'Italie le mouvement se répandit en Allemagne et en Autriche, mais nulle part il ne laissa des traces durables ; ce ne fut qu'une excitation momentanée qui, désapprouvée par les évêques, finit par être